Samedi 12 July 2014
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La problématique de la violence conjugale dans le Coran

La problématique de la violence conjugale dans le Coran
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Parmi les nombreuses problématiques abordées par le Coran et dont la complexité permet toutes les manipulations, la question de la violence conjugale, soi-disant cautionnée par l’islam, est un sujet de controverse prisée chez ceux qui ne veulent rien comprendre.

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Parmi les nombreuses problématiques abordées par le Coran et dont la complexité permet toutes les manipulations, la question de la violence conjugale, soi-disant cautionnée par l’islam, est un sujet de controverse prisée chez ceux qui ne veulent rien comprendre.

Ces derniers s’empressent en effet de brandir la preuve de leur désir et de leur préjugé en citant le passage coranique que vous pouvez lire dans sa version française comme suit : « … celles dont vous craignez la désobéissance(nuchûz), exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les(iDribû). Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles … » (Sourate 4 Verset 34).[1]

Nous voyons tout de suite combien l’apparence de ce verset a été une aubaine pour tous ceux qui ne veulent pas prendre le temps de comprendre la vertu éminemment pédagogique de l’enseignement qu’il contient. Ils ont préféré se borner à accuser l’islam de reléguer la femme dans un fantasmatique statut d’épouse soumise dans l’obéissance et résigné sous la violence.

Qu’en est-il réellement ?

En fait, nos interprétateurs en herbe oublient toujours de passer par trois étapes nécessaires à une appréhension plus honnête du discours coranique :

1. Tout d’abord, l’analyse sérieuse du texte arabe

2. Ensuite, la compréhension du contexte d’énonciation

3. Enfin, la connaissance de la pratique et des commentaires du Prophète sur le sujet

Suivons donc cette procédure.

La première étape exige de nous une étude linguistique du verset. En effet, l’interprétation des mots est toujours la première phase à travers laquelle l’exégète commence à déformer le potentiel de signification d’un discours. Ici, la déformation passe par une lecture biaisée de trois termes clés du passage coranique concerné.

Le premier est le terme nuchûztraduit par « désobéissance ».

Le second est l’impératif iDribûtraduit quant à lui par « frappez-les ».

Le dernier es le verbet ata`natraduit enfin par « si elles obéissent ».

A partir de ce choix de traduction, nous comprenons qu’une bonne épouse ne doit en aucune façon désobéir à son mari mais que, surtout, dans le cas contraire, ce dernier est en droit de la frapper jusqu’à ce qu’elle revienne à obéissance !

Pourtant, le nuchûzdans le Coran n’est pas un état qui qualifie uniquement l’épouse mais tout autant l’époux. Ainsi, lisons-nous, toujours dans la sourate 4, au verset 128, la même appréhension de ce phénomène : « si une femme craint de son mari lenuchûz… » est-il dit. La crainte du nuchûzest donc partagée entre le mari et la femme et ne peut, par conséquent, s’identifier à de la « désobéissance », à moins d’exiger des deux conjoints une mutuelle et simultanée obéissance !

D’ailleurs, le terme en arabe ne porte aucunement ce sens mais plutôt celui d’un « sentiment de supériorité ». Ainsi, retrouvons-nous sous la plume de nos commentateurs classiques du Coran les explications suivantes :Le nuchûz, pour le Cadi Malikite Abou Bakr Ibn `Arabî, «signifie le fait pour elles de se rendre inaccessible(« امْتِنَاعَهُنَّ مِنْكُمْ ») […] Ce terme provient du « nashaz »(« النَّشَز ») : « ce qui s’élève au-dessus du sol »[2].

Quant à Râzî, il parle notamment de :« … désintéressement ou d’attitude hautaine envers (le mari) dans le désaccord(«الترفع عليه بالخلاف »). Et son origine vient de l’expression « nachaza » se rapportant à l’idée d’élévation(« نشز الشيء إذا ارتفع ») »[3]. Qurtubî ne dit pas autre chose lorsqu’il rappelle que nachaz,« c’est ce qui « s’élève au-dessus de la terre »(« ما ارتفع من الأرض »). Puis il rajoute : « On dit : l’homme fait l’action de « nachaz » lorsqu’il est assis puis se redresse pour se lever (« فنهض قائما ») (…) »[4]

Enfin, Ibn Kathîr, toujours proche du mot, conclut: « le nuchûz, c’est l’attitude hautaine(« الارتفاع »), et donc la femme ennuchûz est celle qui s’élève au-dessus de son époux(« المرتفعة على زوجها »), »[5]. D’ailleurs, s’il s’agissait vraiment de désobéissance, il ne serait pas question de « craindre » puisque la « désobéissance » est un fait. Non, le Coran parle bien de l’homme qui appréhende et perçoit dans l’attitude de son épouse un changement de l’ordre du mépris, dommageable toujours à l’équilibre des rapports au sein d’un couple.

Et là, nous arrivons à un autre mot clé, celui de tâ`at(provenant du verbe ata`na) que nos traducteurs, logique dans leur démarche, rendent par de « l’obéissance » puisqu’il s’agit justement de mettre fin au nuchûz, compris chez eux comme de la « désobéissance ».

Or, il n’en est rien comme nous venons de le voir. Le nuchûzétant plus exactement un « sentiment de supériorité », la tâ`atdoit être alors ce qui s’oppose à ce sentiment, soit un « sentiment de complémentarité ». Nous pourrions dire « un état coopératif ». Et en effet, la langue arabe confirme notre dire puisque la racine t.w.`, d’où provient notre verbe, exprime tout ce qui renvoie à la notion de « coopération ». Le verbe atâ`a signifie essentiellement « être disponible », « se prêter à quelque chose », « coopérer », …

D’ailleurs, le Coran oppose toujours le taw`au karh, le karhrenvoyant à tout ce qui se fait « à contrecœur », « avec ressentiment », … Ainsi, dans les versets 83 de la sourate 3 et 53 de la sourate 9, l’utilisation de ces deux termes antagoniques vient mettre en balance l’action faite de bon cœur, dans un esprit de coopération à l’action faite à contrecœur, dans un état de coercition.  

Il s’agit donc, pour en revenir à notre verset 34, de dire de celui qui craint un revirement de son épouse éprouvant soudain un sentiment de supériorité et adoptant une attitude de non-coopération (nuchûz), de la ramener à de meilleurs sentiments dans le but de rétablir un esprit coopératif (taw`) au sein de leur relation. Ainsi, une simple étude linguistique sérieuse place le discours coranique dans une autre perspective. Dès lors, nous pouvons attaquer la seconde étape de l’analyse consistant à cerner le contexte d’énonciation du verset.

Pour cela, il nous suffit de lire le début du verset 34 qui pose un cadre bien précis avant d’aborder la problématique de l’éventuel nuchûzféminin. Mais quel est ce cadre ? Il s’agit tout simplement du devoir de coopération et de complémentarité de l’homme et de la femme au sein de leurs relations. En effet, le début du verset nous dit que les hommes ont un devoir impérieux vis-à-vis des femmes qui consiste à les « porter », les « soutenir » ou encore les « élever » (qawwâmûna), et ce, en leur faisant ressentir qu’elles sont en sécurité et en pourvoyant également à tous les besoins du foyer.

En réponse, les femmes qui se marient bien (sâlihât) à ces hommes engagés sont compréhensives et donc, « sobres », plus encore, « dévouées » (qânitât) à la bonne marche du foyer dont elles « préservent » l’« intimité » et la « cohésion » (hâfidât lil ghayb). Dit autrement, chacun des éléments du couple est en devoir vis-à-vis de l’autre. C’est exactement ce que recommande le début du verset 34. Or, afin que cette complémentarité des devoirs s’opère harmonieusement, il est nécessaire que l’égalité de considération, donc l’esprit de coopération, prévale entre eux.

Sinon, l’équilibre se rompt. C’est cela que détruit le nuchûz, qu’ilsoit le fait de la femme ou de l’homme ! Voilà pourquoi le Coran introduit cette problématique à cet endroit-là du discours.

Maintenant, si nous devions passer à la troisième étape de l’analyse touchant à la pratique prophétique, nous ne ferions que corroborer nos conclusions, tout le monde connaissant le comportement exemplaire de Muhammad avec ses épouses même durant les moments de conflit.

Mais nous préférons revenir plutôt sur le dernier terme clé que nous avons identifié au début de notre propos. Il s’agit de l’ordre iDribûqui soulève la problématique du Darb. Une fois de plus, le terme a été traduit sans une analyse sérieuse de la signification essentielle portée par la racine arabe D.r.b., ainsi que sans prise en compte du contexte d’énonciation et encore moins du commentaire prophétique sur la question.

Reprenons ces trois étapes d’analyse.

D’un point de vue linguistique, le Darbrenvoie à toute action « ferme » ou « vigoureuse » qui permette de mettre en mouvement une situation donnée ou de la transformer. Ainsi, dit-on :

« ضَرَبَ خَيْمَةً » pour « élever ou dresser la tente »

« ضَرَبَ الْأَرُزّ » pour « décortiquer le riz »

« ضَرَبَ آلَةً مُوسِيقِيّةً » pour « jouer d’un instrument de musique »

« ضَرَبَ مَثَلًا » pour « proposer un exemple » ou « citer une parabole »

« ضَرَبَ الصّلَاةَ » pour «  accomplir la prière »

« ضَرَبَ مَوْعِدًا » pour « fixer un rendez-vous »

« ضَرَبَ عَدَدًا » pour « multiplier un nombre » … etc.

Le Darbrenvoie bien à une action en profondeur qui opère un mouvement de transformation ou de correction vis-à-vis de l’objet sur lequel elle s’applique, entraînant souvent le surgissement d’une nouvelle réalité. Ainsi, la toile devient « tente », la paille : « grain », l’instrument : « musique », le fait : « parabole », le geste : « prière », l’instant : « rendez-vous » et le nombre : un autre nombre.

Chaque fois, une réalité latente se révèle. Ainsi, à partir des instruments de musique, l’action de Darbfait ressortir une mélodie harmonieuse, à partir de la prière, le Darbactualise la célébration avec le divin et amène la grâce, enfin, à partir du lait aussi, le Darbpermet d’extraire le beurre.

Maintenant, nous devons nous interroger sur la réalité du Darbcoranique spécifique à la situation de nuchûz ? Quelle est-elle ? Pour répondre, il est nécessaire de passer au contexte d’énonciation du mot. Dans quelles circonstances apparaît-il ? Dans celles d’une procédure progressive de résolution qui nous fait passer d’une phase d’exhortation puis de distanciation pour terminer enfin dans celle du Darb.

Or, la première phase d’exhortation consiste en une série de dialogues rappelant les conséquences d’une telle attitude nuchûzique. C’est ce que renferme comme sens le verbe utilisé wa`aDhaqui porte l’idée d’« évocation des conséquences d’un acte ». La seconde phase de distanciation est décrite comme suit dans le verset : « exilez-vousd’elles dans les « madagi’i » ». Le termeMadagi’i veut dire tout lieu où l’on s’adosse sur le flanc. On pourrait traduire par « cessez avec elles toute relation allongé sur le côté » donc toute intimité et toute tendresse.

Cette progressivité nous dit quelque chose d’essentiel. Que la phase première d’exhortation devait se faire encore dans la douceur, voire dans une démarche amoureuse qui ne cesse que lors de la seconde phase où les rapports intimes, les caresses, les mots doux s’effacent effectivement pour laisser place à un rapport distancié.

Or, de même, la dernière phase de Darbimplique que la seconde phase, si elle abolit le lien de tendresse, reste empreinte malgré tout d’une démarche conciliante, puisque le Darbrenvoie, comme nous venons de le voir, à un rapport de fermeté.

Nous comprenons alors qu’à l’image de la phase d’exhortation qui se veut être tout simplement l’idée d’un dialogue tendre, et à l’image de la phase de distanciation qui se veut être l’idée d’un rapport froid, la dernière phase de Darbest également une idée, un nouvel état d’esprit qui correspond à  l’abolition, et du lien tendre, et de la démarche conciliante.

Dit autrement, après l’affection puis la distanciation, nous passons à la confrontation.

Comprenez ! Cela signifie qu’il est demandé au mari, devant une attitude hautaine et non-coopérative de son épouse, de ne pas se défendre dans un premier temps mais de dialoguer doucement … puis froidement … avant de pouvoir, enfin, faire preuve de fermeté.

Mais la question se pose toujours de savoir quelle forme doit prendre ce nouvel état d’esprit qu’est le Darb ?Car un passage à la fermeté peut se faire dans la violence physique, dans la confrontation verbale ou dans une fermeté plus symbolique du comportement.

Passons alors ici à la troisième étape de l’analyse qu’est le recours à la Tradition prophétique.

Au-delà du fait que Muhammad n’a jamais usé de la moindre violence physique dans sa vie privée, il se trouve qu’il a lui-même commenté ce verset 34 lors de son discours d’adieu à La Mecque. Il suffit donc de s’y reporter. Que dit-il ? Il explique clairement que le Darbdont il est question dans le verset 34 de la sourate 4 est « un Darb qui ne fait pas mal »(ضَرْبًا غَيْر مُبَرِّح)[6]<>

Or, qu’est-ce qu’un Darbou une action de fermeté qui ne fait pas mal sinon celle qui n’utilise pas la force physique mais bien plutôt d’autres voies comme l’action verbale ou symbolique ? Il existe d’ailleurs une tradition rapportée par un des savants les plus connusparmi les « Successeurs »[7], disciple notamment d’Abdallah Ibn `Umar et Abdallah Ibn `Abbâs, qui a conceptualisé le principe du Darbdans ce sens-là.

Il s’agit de `Atâ’ Ibn Abî Rabâh qui aurait répondu à ceux qui l’interrogeaient sur le passage en question: « Ilne la frappe pas  (« لَا يَضْرِبُهَا »)même si elle n’est pas disposée à son égard dans ce qu’il lui demande et ce qu’il lui défend (« وَإِنْ أَمَرَهَا وَنَهَاهَا فَلَمْ تُطِعْهُ »).Maisil peut se mettre en colère contre elle(« وَلَكِنْ يَغْضَبُ عَلَيْهَا ») »[8]

Regardez ! Il explique que l’homme ne doit pas frapper, car ce n’est pas cela le Darb préconisé dans le verset, mais il peut enfin se mettre en colère après être passé par les phases de tendresse puis de distance. Voilà le Darb : c’est le passage à un nouveau face à face offensif après une double phase défensive de conciliation et de calme.

Certains se demanderont alors comment peut se manifester concrètement cette phase de confrontation ? En fait, cela dépendra des multiples configurations que peut prendre un conflit de couple selon le type de nuchûzmais aussi le type de conjoints. Voilà pourquoi le verset reste général sur les modalités d’application des trois étapes de la procédure.

Le peu d’espace que me laisse un article ne me permetpas d’être exhaustifsur ce pointmaisnous prions le lecteur désireux d’en savoir plusde se référer à notre ouvrage sur la question[9]. Pour rester bref, disons que les états d’esprit des différentes phases du processus se déclinent de la sorte : douceur, froideur, vigueur. Ou encore : exhortation, distanciation, confrontation. Ou enfin : rapport d’affectivité, rapport de rationalité, rapport d’autorité.

L’objectif de tout ce processus, ne l’oublions pas, est de ramener l’épouse à un état de coopération minimale. En cela, le mari a obligation de recourir en dernière instance à une certaine fermeté s’il désire préserver l’équilibre et la bonne marche du foyer qu’il est censé construire avec son épouse et ses enfants.

Si, malgré tout, la relation ne devait pas s’améliorer, il n’est jamais demandé de forcer quoi que ce soit de la situation, car ce serait du karh(coercition) et non du taw`(retour à coopération). En cela, même si les modalités de manifestation du Darbrestent vagues, une limite existe bel et bien en fin de processus.

Cette limite à ne pas franchir en cas de statu quo, le Coran la définit dans le verset 35 qui suit immédiatement. Ce verset parle de la limite du chiqâq(brisure) ! Il informe que si un chiqâqvenait à apparaître pouvant mener justement à ce que refuse le Coran depuis le début, c’est-à-dire une situation de karh(ressentiment), des sages appartenant à l’entourage des deux conjoints ont obligation d’intervenir pour apaiser les tensions et rechercher les termes d’une conciliation.

Si la médiation ne devait pas porter de fruits et que, dans le même temps, l’homme et la femme se refusaient au divorce, mettant alors en péril l’équilibre du foyer et donc celui des enfants, les sages de l’entourage ont prérogative à exiger unilatéralement la dissolution des liens du mariage.

Il s’agit alors de prévenir les conséquences d’un chiqâq, comme par exemple d’éventuels actes de violence ou de mutuelles destructions, en retirant au couple son pouvoir de décision quant aux liens du mariage qui les unissent.

La prévention de la violence va jusque-là dans la jurisprudence islamique. Comment peut-on alors affirmer que le Coran cautionne la violence conjugale ?

Notes

[1] La traduction donnée est celle supervisée par le « Complexe Roi Fahd pour l’impression du Saint Coran ».

[2] Abu Bakr Ibn `Arabî, dans son livre « Les Jugements du Coran ». Commentaire du verset 34, 9ème point.

[3] Fakhr-dîn Ar-Râzî, « Les Clés de l’Invisible ». Commentaire du verset 34 de la sourate 4.

[4] Al Qurtubî, « La Compilation des Jugements du Coran ». Commentaire du verset 34 de la sourate 4.

[5] Ibn Kathîr, « Commentaire du Coran ». Commentaire du verset 34 de la sourate 4.

[6] Muslim, « La Compilation Authentique », Livre du Pèlerinage, Chapitre 19. C’est un hadîth authentique que nous retrouvons aussi chez Aboû Dawoûd, « Traditions », n°1905. Discours d’adieu rapporté par Jâbir Ibn Abdillah.

[7] Ce que l’on nomme les « Successeurs » (« تابعي ») sont les disciples directs des Compagnons du Prophète.

[8] Commentaire rapporté par le Cadi Abu Bakr Ibn `Arabî, dans son livre « Ahkâm El Qur’ân ». La citation se trouve dans le chapitre sur le verset 34 de la sourate 4 au niveau du 14ème point.

[9] « Conflit de Couple et Violence Conjugale dans le Coran », Editions « Maison d’Ennour », 2012.

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Commentaires

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Samovar
5 points

J'ai toujours eu du mal avec ces doctes qui t'expliquent que en fait vous n'avez rien compris au Coran, que tout les Oulémas reconnus se trompent et que eux par un prodigieux tour de passe-passe linguistique vont vous expliquez que si vous n'êtes pas une imminence de la langue arabe, ce n'est même pas la peine d'essayer de réfléchir par vous même car eux par des extrapolations extraordinaires peuvent vous expliquer tout.

Pourquoi ne pas dire tout simplement que "Darb" signifie vraiment bastonner légèrement sans faire mal pour faire ramener l'épouse à la raison, et que ce verset correspond à une volonté d'Allah de ne pas heurter les traditions et la mentalité machiste régnante à l'époque, et que Soubhanahou contrebalance ce verset par tout les autres versets où Il exhorte les hommes à êtes cléments, protecteurs, libassoun pour leurs femmes. Que ce verset est propre à un contexte particulier comme peut l'être de celui " n'approcher pas la prière tant que vous êtes ivres".

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Liliane Bénard
-309 points

Cette analyse est impeccable comme sa méthodologie :
- analyse du texte arabe
- étude du contexte d'énonciation
- connaissance de la pratique et des commentaires du Prophète sur le sujet.
En d'autres termes, la langue, l'Énonciateur, le Prophète : ces trois points nous rappellent que le Coran est écrit dans une langue particulière. Celui qui l'écoute peut faire des contresens tout comme les traducteurs

La question de l'énonciation est fondamentale. Nous devons nous souvenir que c'est Dieu qui parle et non un mari trompé. Ce souci de l'énonciation importe comme l'idée que nous nous faisons de Dieu. Le contexte joue aussi un rôle. Eva de Vitray Meyerovitch indique que les relations entre les sexes évoluent selon les classes sociales et l'environnement géographique. Chacun sait que la parole de Dieu, l'Énonciteur divin n'a guère été entendue.

Le commentaire du Prophète est certes le meilleur comme notre connaissance de sa pratique, amoureuse de la justice.

Merci pour cette analyse

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roberto
-17 points

Selon ma version anglaise (Dawood) du Coran le verset 4:34 est traduit ainsi:

"Men have authority over women because God has made men superior to the other, and because they spend their wealth to maintain them. Good women are obedient(...) As for those from whom you fear disobedience, admonish them, forsake them in beds apart, AND BEAT THEM (et battez-les)..."

Pour moi rien ne peut être plus CLAIR dans un Kitab qui se présente lui-meme comme CLAIR.

Autre remarque. Le Coran dans ce verset s'adresse CLAIREMENT à des hommes, non à des femmes. Par ailleurs, je ne trouve aucun verset dans le Coran où les destinataires seraient spécifiquement des femmes.

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doublemo
1 points

Darb ne veut plus dire frapper mais renvoie à une idée de "fermeté"! Comme si on disait que Qatala ne voulait plus dire tuer mais renvoyait à une idée de fermeté mais très ferme!

Pourquoi ne pas affirmer haut et fort que darb veut aussi dire frapper (c'est à cela qu'il renvoit d'abord dans l'imaginaire arabe), mais, comme dans d'autres versets, chacun doit comprendre que c'est une possibilité qui ne doit pas être appliquée. Autrement dit, qu'il y a un autre sens au delà du sens litteral, premier. Et à partir de là, vous pouvez développer.

Cherchez à revenir à la lettre comme vous vous y efforcez c'est logomatique : vous trouverez toujours un linguiste ou un "savant" qui n'est pas d'accord avec le sens litteral que vous prônez, et pourra justifier tout autant que vous un autre sens litteral, avec un contexte, et en soulignant que le prophète, bien qu'il ne frappait pas ses femmes, ne l'a pas interdit.

C'est pourquoi ce sens litteral doit être dépasser.

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yamin_de_lyon
4 points

salem alikoum

attention à ne pas se livrer des interprétations sans savoir Khanail. Tu compares ce verset à "n approchez pas la prière tant que vous êtes ivres" .Ce verset est abrogé alors que celui ci qui parle de relation conjugale ne l'est pas. C'est bien de débattre et d exposer ses idées sur internet mais attention à ne pas commettre d'injustice à l égard de notre Seigneur en parlant de choses qu'on ne maîtrise pas.

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Liliane Bénard
-309 points

Regardez l'émission d'Envoyé spécial sur la Tunisie et la menace du salafisme.
Un prédicateur salafiste dit que le bon musulman bat sa femme et qu'il a le droit de tuer l'homme.
Vous voyez bien qu'une telle interprétation contredit l'esprit du Coran.
Demandez-vous d'autre part ce qu'en pensent les femmes musulmanes et les hommes considérés comme de la chair à canon....

J'ajouterai que Dieu parle dans le Coran tant aux hommes qu'aux femmes. C'est déjà évident dans le verset étudié en 4,34. Un peu plus loin, Dieu parle aux femmes qui ont à se plaindre de leur mari...

Je le répète il est dangereux de considérer Dieu comme un mari trompé qui crierait vengeance. Dieu est le miséricordieux. S'il accepte une guerre défensive, ce n'est pas en vue de tuer (Dieu seul est maître de la vie et de la mort) mais pour lutter contre des oppressions trop humaines. Tout au long du Coran, Dieu n'oppose-t-il pas le pardon à la vengeance ?

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Katous Thabit
1 points

@ bou
pourquoi le verset sur l'ivresses est-il abroge
et pas celui du darb?

Je crois que la question de Khanail est de dire qu'au lieu de faire des contortions et des grands ecarts qui ne sont possibles qu'a ceux qui sont tres souples, ne faut-il pas plutot revoir les fondements meme de l'interpretation tels que naskh/mansukh(abrogation), concensus...

tout le monde parle d'ijtihad... mais l'ijtihad lui meme n'a-t-il pas besoin d'ijtihad?

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Liliane Bénard
-309 points

Katous,
Sans faire le grand écart ou faire appel à une doctrine très contestable comme celle de l'abrogation, chacun est capable de juger de la justice d'une relation conjugale.
Le Coran envisage les choses d'un point de vue masculin et féminin, respectant l'égalité des sexes même s'ils ne disposent pas des même capacités. Reste certes à réfléchir sur l'égalité de droit malgré tant d'inégalités de fait.
Vous parlez de l'interdiction de prier lorsqu'on est ivre. Qui pourrait l'abroger, sachant bien que dans cet état notre conscience de Dieu n'est pas claire. Un ivrogne peut certes prier Dieu mais il n'accomplit pas alors une prière rituelle comme recommandée par Dieu.
De même un homme peut battre sa femme un jour parce qu'il est excédé, cela ne veut pas dire qu'il fait la volonté de Dieu. En bonne conformité, on dira qu'une maman excédée peut donner une fessée à son fils. Ça ne veut pas dire qu'elle le fait selon la volonté de Dieu.
La lecture du Coran nous invite à réfléchir....

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Maicha
25 points

Il est vrai que le mot" darb" peut avoir de multiples acceptions,reste à savoir si dans ce verset ,il peut vouloir dire autre chose que son sens premier et initial.Il est sur que si c'est le cas ,ce serait une objection de poids à ceux qui taxent le Coran de machiste.

Moi ,je voudrai revenir sur les versets soit disant abrogés .Beaucoup de savants disent aujourd'hui que c'est une invention.Allah ne peut pas avoir abrogé un verset car rien ne peut être ou avoir été enlevé du Coran à un moment ou à un autre.Ceux qui ont transmis cette idée d'abrogation de certains versets ont mal compris ou mal transmis.Il s'agirait plutôt en fait, d'abroger ce qui a pu exister dans des révélations antérieures tels que La Torah ou l'Evangile.

Wa Allah Aalem!

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Veli
10 points

Khanail et Mo ont bien résumé le problème.

Sommes nous sûrs que le seul moyen de contrer l'islam violent est de construire, de toutes pièces, un islam bisounours ?

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roberto
-17 points

Liliane écrit:

"J'ajouterai que Dieu parle dans le Coran tant aux hommes qu'aux femmes. C'est déjà évident dans le verset étudié en 4,34. Un peu plus loin, Dieu parle aux femmes qui ont à se plaindre de leur mari..."

Non, le Coran parle AUX hommes au sujet des femmes dans 4.34, exactement comme dans les versets suivants:

« 31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur voile sur leurs poitrines"(An-Nur)

« 59. ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles » (al Ahzab)

Le Coran ne dit pas "O croyantes, baissez vos regards", "Ramenez sur vous vos grands voiles" etc. Le Coran positionne le destinataire de son message comme étant un homme.

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roberto
-17 points

Maicha,
Je vous propose de bien lire le Coran car le principe de l'abrogation y est annoncé de manière claire et distincte. Il y a le verset abrogeant (nâsikh) et le verset abrogé (mansûkh):

16:101
« Quand Nous remplaçons un verset par un autre – et Allah sait mieux ce qu’Il fait descendre – ils disent : «Tu n’es qu’un menteur. » Mais la plupart d’entre eux ne savent pas.»

2:106
« Si nous abrogeons un verset ou si nous le faisons passer à l’oubli, Nous en apportons un meilleur ou un semblable. Ne sais-tu pas qu’Allah est omnipotent ? »

Comme avec l'interprétation savante de notre expert sur le verset 4:34 où le mot 'Darb' n'a strictement rien à voir avec les châtiments corporels qu'un mari a le droit d'infliger à son épouse, avec ces deux versets il devient plus facile de faire dire au Coran tout et son contraire...

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Liliane Bénard
-309 points

Robert,
Regardez le verset 4,128 :
Ce passage s'adresse au Prophète qui est interrogé sur les lois concernant les femmes. Dieu lui répond :
"Si une femme a raison de craindre un mauvais traitement de la part de son mari ou qu'il l'abandonne ( ou qu'il s'en détourne) , il ne sera pas mauvais pour les deux d'envisager les choses paisiblement au regard de leurs droits réciproques. La paix est meilleure et l'égoïsme est toujours présent dans l'esprit humain. Mais si vous agissez bien et si vous êtes conscient de Dieu, voyez, Dieu est toujours conscient de ce que vous faites. "
Ce conseil concerne certes les deux et leurs relations.

Muhammad Asad conteste la doctrine de l'abrogation, rappelant que Dieu ne doit pas être confondu avec un écrivain qui ferait de multiples corrections. Sa parole est sûre du premier coup !
Le remplacement d'un verset par un autre pourrait signifier la multiplicité des révélations, aucune d'elles ne nécessitant de corrections !

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Liliane Bénard
-309 points

Robert,
Chaque révélation correspond à des prophètes differents à travers le temps. Chacun d'eux entend autrement la parole de Dieu même si le message demeure celui de l'Enonciateur divin.

Chaque révélation offrait à un peuple les moyens d'accéder au salut...

Les changements rendent compte du même ou du meilleur pour un environnement différent.

Le Coran s'adresse à tous les croyants et dans tous les contextes. Il convient de le lire en totalité pour saisir l'esprit du message.

Doit-on ajouter qu'il est ici question de relations humaines. Muhammad Asad traduit 4,34 avec ces mots : " les hommes doivent prendre grand soin des femmes (Men SHALL take full care of women...)-

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Djamel.Djazouli
18 points

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Salam à tous, je suis l’auteur de cet article et je me permets de répondre rapidement à certaines objections.

Tu as raison, Khanail, de dénoncer tous ceux qui utilisent des tours de passe-passe pour faire avancer leurs propres lectures superficielles, prétendant implicitement que tous les Oulémas du passé n’ont rien compris mais que eux si !

D’ailleurs, je peux me rendre compte en prenant ma propre expérience en exemple que nombre de positions qui me « gênaient » étant plus jeunes (sans que je ne les remette en cause car j’ai toujours eu conscience du respect que je devais aux savants) me sont apparues les plus proches de la vérité après une étude approfondie du contexte et des finalités. Je me rendais compte alors combien ma gêne n’était due qu’à mon ignorance des enjeux de la problématique.

(suite ...)

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Djamel.Djazouli
18 points

Post 1

Salam à tous, je suis l’auteur de cet article et je me permets de répondre rapidement à certaines objections.

Tu as raison, Khanail, de dénoncer tous ceux qui utilisent des tours de passe-passe pour faire avancer leurs propres lectures superficielles, prétendant implicitement que tous les Oulémas du passé n’ont rien compris mais que eux si !

D’ailleurs, je peux me rendre compte en prenant ma propre expérience en exemple que nombre de positions qui me « gênaient » étant plus jeunes (sans que je ne les remette en cause car j’ai toujours eu conscience du respect que je devais aux savants) me sont apparues les plus proches de la vérité après une étude approfondie du contexte et des finalités. Je me rendais compte alors combien ma gêne n’était due qu’à mon ignorance des enjeux de la problématique.

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Djamel.Djazouli
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Post 2

Mais je pense que vous faites erreur suite à la lecture de mon texte et j’en suis sûrement le premier fautif étant donné qu’un article ne permet jamais de rendre compte de la densité de la réflexion qui fut la mienne. Et je vois qu’il y a eu en l’occurrence ici une mésinterprétation de mes propos, notamment chez Mo, Veli et Khanail.

Mon objectif n’était pas de dire que Darb ne veut plus dire « frapper » mais qu’il s’insère dans un processus en trois étapes qui, chacune, renvoie à un état d’être.

Prenons la seconde étape : « éloignez-vous d’elles dans les lits (madâgi`) ». L’objectif en soi ici n’est pas de s’éloigner pour s’éloigner mais bien de « cesser tout rapport sexuel ainsi que tout rapport d’affection ». Tous les Oulémas, Khanail, le disent. Dit autrement, si l’homme « cesse toute relation dans le lit » comme le demande le Coran, cela ne signifie pas qu’il peut quand même fait l’amour à sa femme debout.

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Djamel.Djazouli
18 points

Post 3

La seconde étape ne veut donc pas dire stricto sensu, « éloignez-vous des lits » mais « cessez les rapports sexuels et l’affection ».

Donc, lorsque Mo m’accuse de dire que : « Darb ne veut plus dire frapper mais renvoie à une idée de "fermeté"! », c’est comme s’il accusait les Oulémas d’affirmer que, pour eux, « s’éloigner des madâgi ne veut plus dire « s’éloigner des lits » mais que le mot renvoie à l’idée de « distanciation » ».

Or, il n’y a pas de contradiction entre les deux affirmations.

Certes, j’ai dû être maladroit dans mon propos, mais je réitère ma déclaration : oui, Darb renvoie bien à l’idée de fermeté. Cela ne signifie pas que je lui enlève sa signification « frapper » !

Liliane a bien compris que ma démarche consistait à offrir une méthodologie et c’est sur cela que j’aurai voulu que vous vous arrêtiez en priorité. Et cette méthodologie est celle de nos Oulémas que j’ai voulu suivre au mieux en réalité.

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Djamel.Djazouli
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Post 4

En effet, la conclusion à laquelle j’arrive est celle d’une grande partie de nos Oulémas, anciens comme modernes, voire de la majorité. Je n’ai fait comme eux que reprendre le commentaire du Prophète : « un Darb qui ne fasse pas mal » en tentant de le comprendre.

Regardez ! Quant Ibn Abbâs répond à la question, « qu’est qu’un Darb qui ne fasse pas mal », il dit : « avec un siwâk ou ce qui s’en rapproche », c’est-à-dire un petit bâtonnet inoffensif.
Regardez ensuite : qui nous rapporte cette tradition ? C’est Ata Ibn Abi Rabah, un Successeur, qui commente en disant qu’il ne s’agit pas de frapper en soi mais de se mettre en colère. Et c’est Abu Bakr Ibn Arabi, un grand juriste du 12ème siècle, qui reprend cette exégèse.

Regardez encore : Râzî, un autre grand commentateur du Coran du même siècle rappelle que les savants, pour commenter la recommandation prophétique, ont parlé notamment d’un Darb qui se fasse avec un mouchoir enroulé.

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Djamel.Djazouli
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post 5

Comprenez mon propos : ts les commentateurs sont d’accord pour dire que la 2nd étape renvoie à la distanciation de la relation. Cette idée est déduite de l’image « s’éloigner du lit ». Pourtant, si tous sont d’accord sur l’idée, les divergences sont nombreuses quant à savoir les modalités de cette distanciation (certains disent par ex. que l’homme doit dormir dans le même lit mais sans toucher sa femme). Je liste les points de vue dans mon ouvrage.

C’est l’idée de distanciation qui est fondatrice, et quiconque a étudié les sciences du Coran et les fondements du droit connaît cela, et sait que le discours coranique oscille entre la Lettre / Esprit, Général / Spécifique, Explicite / Implicite, … toutes notions que nous ne pouvons développer ici.

Juste comprenez que la lettre du discours ne suffit pas. Et autant le « madagi’ » (lit) (qui est le littéral du discours) renvoie à la distanciation (l’esprit de la proposition), autant le « darb » renvoie à la fermeté.

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Djamel.Djazouli
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Post 6

Tous les Oulémas, avec qui je vais dans le même sens contrairement à ce qu’en dit Khanail, sont d’accord sur l’idée de la fermeté. Là où les Oulémas divergent, c’est justement sur les modalités d’application de cette 3ème étape (comme pour la 2nd étape).

A partir de l’idée de fermeté sur laquel il n’y a pas de divergence, c’est le Prophète qui est la boussole parlant d'un « Darb qui ne fait pas mal et ne doit pas être insistant" selon le sens de « ghayr moubarrih » utilisé par lui.

Plus encore, à partir de l’interdiction explicite du Prophète d’user de violence physique, Shâfi’î a avancé que cette interdiction n’est pas remise en cause par le verset. Le musulman doit faire sien le choix de ne pas user de violence physique dans la troisième étape. Bien qu’elle reste une option de possibilité puisque le Darb, en langue arabe, peut aller jusque là avec toutes les conditions qu'il faut y mettre).

à suivre ...

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Djamel.Djazouli
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post 7

On voit ici que la majorité des savants ont dit que le Darb ne devait pas arriver à une telle extrémité pour respecter, et l’interdiction prophétique, et son commentaire sur ce que devait être le Darb. Ainsi en est-il de Ibn Abbas avec le siwâk, Ibn Abi Rabah avec la colère, les savants shafiites avec le mouchoir enroulé, … etc.

Toutes ces modalités sont des illustrations de ce que peut être le Darb, et comme peut le constater Khanail, aucune ne parle de bastonner, même légèrement, la femme ; Ce qui ne signifie pas que ce que tu dis ne peut se faire, mais ce n’est pas ce que disent tous les Oulémas (que je serais censé mépriser selon toi (que Dieu m’en préserve)) comme tu peux le constater.

S’il y a bien une chose sur lesquels les savants sont d’accord, c’est bien que le Darb renvoie à la confrontation et à la fermeté. Pour tout le reste, il y a divergence. Je ne comprends donc pas pourquoi ces commentaires méprisants de la part de nos frères du net.

à suivre ...

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Djamel.Djazouli
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post 8

Au-delà même d’une ignorance des sciences du Coran et des fondements du droit, il y a une méconnaissance de ce qu’est la langue arabe.

Lorsque Mo écrit : « vous trouverez toujours un linguiste ou un "savant" qui n'est pas d'accord avec le sens litteral que vous prônez, et pourra justifier tout autant que vous un autre sens litteral », il ne comprend pas que toute la richesse est là.

Pourquoi ? Je l’ai expliqué brièvement dans mon article : « Certains se demanderont alors comment peut se manifester concrètement cette phase de confrontation ? En fait, cela dépendra des multiples configurations que peut prendre un conflit de couple selon le type de nuchûzmais aussi le type de conjoints. Voilà pourquoi le verset reste général sur les modalités d’application des trois étapes de la procédure. » Si donc, Mo, les sens divergent, ce n’est pas en se contredisant mais en se complétant.

à suivre ...

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Djamel.Djazouli
18 points

post 9

A une femme violente répondra un Darb plus ferme. Chaque situation impliquera une autre réaction. Tous les sens que recèle la racine Drb seront mis à contribution pour réagir au mieux.
Reste que le sens fondamental de l’étape du Darb est bien la fermeté (absente des 1ère étapes). A partir de cette idée-base, le Darb prendra la forme d’une colère, de paroles dures, …etc.

Pourquoi pas aussi une violence physique, diriez-vous ? Oui et non. Car le fait de bastonner, comme en parle Khanail, mène trop rapidement au chiqaq qui n’est pas voulu dans pareil cas. Maintenant, la chose est complexe et ces discussions sont dans mon ouvrage. Ici, on ne peut approfondir. Mon article ne reste qu’une indication.

Je terminerai avec Khanail, Mo et Veli, en vous mettant en garde contre votre approche qui consiste à faire référence « à un contexte particulier » (khanail) , ou à dire que « le sens litteral doit être dépasser » (Mo).

à suivre ...

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Djamel.Djazouli
18 points

post 10

Vous critiquez ma supposée logomachie linguistique sans vous rendre compte que votre démarche mène à nier d’une certaine façon le texte ou sa portée immuable.

Car il n'y a pas de contexte particulier (Bou a raison de rappeler à khanail que le Darb n’est pas abrogé) mais une vérité (car c’est le Coran) qui est à méditer en tout temps. Le Darb est aussi actuel aujourd’hui qu’hier et ne dépend pas de l’état de « sauvagerie » d’un peuple. La fermeté de l'étape 3 sera toujours d’actualité dans un conflit de couple. Quant aux modalités, elles ne se distingueront pas suivant uniquement un contexte historique mais suivant les couples, les situations, ... Le rappel que je fais du potentiel de signification du mot Darb permet de répondre à cette multiplicité des cas de conflit de couple au 7ème comme au 21ème siècle.

à suivre ...

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Djamel.Djazouli
18 points

post 11 (fin)

Il ne faut donc surtout pas dépasser la lettre en l’occultant ou en disant qu’elle n’a plus d’effet aujourd’hui comme semble le suggérer Khanail, Mo et Veli(cela s’appelle du tahrîf ), mais bien de la pénétrer et d’en faire fructifier les sens intérieurs. C’est un dépassement qui se fait dans la lettre elle-même et non en dehors d’elle.

Je pense donc que ma démarche est plus proche de la tradition du tafsîr et des règles données par notre sunna jurisprudentielle que ce qu’en ont laissé penser certains de nos frères ici;

Ceci étant, l’erreur est d'abord mienne car en vulgarisant ma réflexion, je l’ai mal précisé et induit mes frères en erreur. Je m’en excuse auprès d’eux. Juste, j’aurais aimé un peu plus de compassion dans leur commentaire.

En remerciant tous ceux qui ont pris le temps de comprendre ma démarche méthodologique, à Liliane et aux autres, ainsi qu’à ceux qui ont critiqué mon texte dans une bonne intention, que la paix vous accompagne,

Djamel Djazouli

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michel7520
-1952 points

Un article d'une grande intelligence, des approbations et des objections intéressantes de la part des commentateurs, une ample mise au point de l'auteur, j'ai rarement trouvé autant matière à une réflexion approfondie sur le site Oumma.com !

Je remercie donc Djamel Djazouli pour son travail de recherche exégétique, qui m'a passionné, ainsi que pour la "modestie" dont il a su faire preuve ensuite, en s'attribuant la responsabilité des incompréhensions que son texte a pu susciter chez certains commentateurs. J'y associe Lilane, qui a résumé avec précision la méthodologie mise en oeuvre par l'auteur et souligné son intérêt.

Je remercie aussi kanail, Mo et Veli pour m'avoir ouvert les yeux sur ce que les musulmans "lambda" peuvent reprocher à une telle démarche. Même si Djamel Djazouli a cherché à leur répondre dans sa longue mise au point (11 "post"...), leurs propos conservent à mes yeux une valeur certaine.
(à suivre)

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michel7520
-1952 points

(suite)
J'ai été très intéressé d'apprendre, grâce à Bou, Katou, Maïcha , Robert Olorenshow et Liliane, qu'il existait une "théorie de l'ABROGATION" avec des références coraniques précises, mais qu'elle conduit à des interrogations (des contradictions?) sur la révélation mohamedienne. Et, à mon humble avis, jusque sur les "noms de Dieu". Etant "omni-potent", celui-ci peut bien abroger des versets du Coran mais, étant "omni-scient", pourquoi aurait-il révélé d'abord une version inadéquate, pour la corriger ou l'éliminer ensuite ? Serait-il, en plus, "omni-opportuniste" ?

J'ai apprécié la remarque de Robert Olorenshow quant aux DESTINATAIRES de la révélation mohamedienne (ceux auxquels elle s'adresse dans son énonciation) : << Je ne trouve aucun verset dans le Coran où les destinataires seraient spécifiquement des femmes. >> Et : << Le Coran positionne le destinataire de son message comme étant un homme. >>
Les objections de Liliane à ce sujet m'apparaissent bien faibles.
(à suivre)

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michel7520
-1952 points

(suite 2)
Le problème de fond m'apparaît être celui entre le "tafsir", dont se réclame Djamel Djazouli, et le "tharîf" qu’il refuse dans son dernier 'post' : << Il ne faut surtout pas dépasser la lettre en l’occultant ou en disant qu'elle n'a plus d'effet aujourd'hui. >>

Je relève d’abord que ce n'est pas exactement ce que prônent ses contradicteurs. :
- KHANAI : << Pourquoi ne pas dire tout simplement que "Darb" signifie vraiment "bastonner légèrement sans faire mal pour ramener l'épouse à la raison", et que ce verset correspond à une volonté d'Allah de ne pas heurter les traditions et la mentalité machiste régnante à l'époque ? [..] Que ce verset est propre à un contexte particulier ? >>
- MO : << Pourquoi ne pas affirmer haut et fort que "darb" veut aussi dire "frapper" (c'est à cela qu'il renvoie d'abord dans l'imaginaire arabe), mais que, comme dans d'autres versets, chacun doit comprendre que c'est une possibilité qui ne doit pas être appliquée. >>

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michel7520
-1952 points

(suite 3)
- VELI : << Khanail et Mo ont bien résumé le problème. Sommes-nous sûrs que le seul moyen de contrer l'islam violent est de construire, de toutes pièces, un islam bisounours ? >>

Djamel Djazouli leur objecte : << Votre démarche mène à nier d’une certaine façon le texte ou sa portée IMMUABLE. [..] Car il n'y a pas de contexte particulier mais une vérité (car c’est le Coran) qui est à méditer en tout temps. >>

Mais ainsi, il ne prend en compte ni la réaction de Khanai, que je qualifierai d’« anti-cléricale », ni la suggestion de KATOUS :
- KHANAI : << J'ai toujours eu du mal avec ces doctes qui vous expliquent que, en fait, vous n'avez rien compris au Coran [..] et que, si vous n'êtes pas un expert de la langue arabe, ce n'est même pas la peine d'essayer de réfléchir par vous-même [..] >>