Bagdad zone rouge
Entretien avec Anne Nivat
lundi 5 mai 2008
Après avoir couvert plusieurs conflits (Tchétchénie, Afghanistan), Anne Nivat est actuellement une des rares journalistes françaises à se rendre en Irak sans bénéficier d’aucune protection. Dans cet entretien sur Oummatv, elle évoque la façon dont elle travaille dans ce pays en étant totalement intégrée à la population irakienne. De retour d’Irak, Anne Nivat publie un remarquable livre « Bagdad zone rouge » paru récemment aux éditions Fayard qui témoigne du quotidien des Irakiens.
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Vos réactions et commentaires sur cet article
Vous parlez de l’ampleur du traumatisme du 11/9. Le peuple irakien n’y était strictement pour rien.
Chomsky pense que le choc du 11/9 est davantage lié à l’identité des victimes.
Les événements semblent lui donner raison, puisque la communauté internationnale et les médias ne s’émeuvent absolument pas du massacre du peuple irakien.
Vous mêmes vous affirmez que les informations sur l’Irak sont telles qu’elles nous rentrent dans une oreille pour sortir de l’autre !
Enfin, pour les arabes, la destruction de Bagdad est aussi un traumatisme évident.
Vous dites : "la zone rouge,en fait, c’est tout l’Irak ; l’Irak qui vit."
Je trouve cette affirmation tres belle et tres forte, parceque la vie est plus forte que la haine et la sottise humaine qui accablent les irakiens depuis bientot 20 ans.
On ne peut être que reconnaissants de l’action de Anne Nivat. Les femmes sont plus courageuses que les hommes. Combien d’hommes journalistes seraient capables d’aller en Irak ? Vous nous redonnez espoir et force, nous vous remercions pour votre action et pour votre courage exceptionnel.
une question simple pour Mme Nivat : les grands médias vous ouvriront-ils leur porte à la suite de la publication de votre livre ?
Sinon merci et bravo pour votre courage.
| 18.04.2008 Bagdad zone rouge
« Rouler ! Rouler dans Bagdad, indéfiniment, sans vraie raison, si ce n’est que tu veux voir, voir ce qui se passe, même s’il ne se passe rien de sensationnel. Tu ne te lasses pas de regarder à quoi ressemble une ville morte, figée dans la peur, une ville où personne n’est censé se promener. Rouler dans cette ville, c’est se laisser aller à l’envoûtement du spectacle qui défile devant tes yeux, comme au cinéma. Sauf que tu es à Bagdad-la-mystérieuse, Bagdad-la-maudite, Bagdad-l’oubliée. Rouler à défaut de pouvoir faire autre chose, rouler pour se convaincre qu’on existe, que la ville n’est pas un mirage, qu’elle fonctionne cahin-caha et que tu en témoigneras. Rouler, ici, c’est comme prendre un tranquillisant, ou un excitant, ou peut-être bien les deux, ça dépend. Car rouler c’est se perdre, et c’est aussi se laisser aller à franchir courageusement d’invisibles frontières. » Anne Nivat
« Dans les rues de Bagdad, le temps de survie d’un Occidental lâché sans protection est de 12 minutes », pouvait-on récemment entendre dans un reportage d’Envoyé spécial sur l’Irak. A deux reprises en 2007, et pour la quatrième fois en trois ans, Anne Nivat est restée plusieurs semaines dans cette ville. Elle a choisi de vivre non protégée pour pratiquer au plus près son métier de reporter. Après la Tchétchénie et l’Afghanistan, la journaliste sillonne l’Irak décomposé, un seul souci en tête : faire parler ceux que l’on n’entend jamais.
source:reporters sans frontieres
Quand les médias français se taisent sur le cas Sami al-Haj , j’éstime que la liberté d’expression ainsi que la démocratie Française sont en danger.
NG.
Merci de nous faire partager votre témoignage immersion dans le quotidien bagdadis :
"Même tapie, même par intermittences, la ville te montre qu’elle continue à vivre comme elle peut."
Madame NIVAT, les gens comme vous sont rares dans ce pays. Enfin un reporter qui nous ouvre l’esprit sur ce trou noir de l’actualité internationale, dont on parle tous les jours. Vous auriez des lecçons à donner à cette clique de speudo-journalistes petits bourgeois indécrotables qui pulullent dans nos médias (à vomir). Et comme toujours,je suis surpris par la qualité technique des montages sur votre oummatélé, de l’émotion, de la clarté et surtout de la grande vérité . Ce n’est pas la première fois que je regarde vos reportages, alors j’aimerai enfin savoir qui sont vos journalistes et vos spécialistes du montage ! Sont-ils des déçu des médias traditionnels ou une nouvelles générations de journalistes ?
J’ajoute ma voix a toutes les autres. Merci Anne et tres bonne continuation a toi a Bagdad et ailleurs insh’Allah.
Maintenant, il faut aussi joindre l’acte a la parole et acheter le livre, faire de la publicite autour de vous ; inviter Anne Nivat a des reunions publiques...
Splendide Anne Nivat qui nous donne ici une formidable leçon d’humanisme et de professionalisme. Une interview qui redore l’image journalistique particulièrement ternie par les pratiques de certains d’entre eux qui en arrivent à oublier une des raisons d’être de leur profession à savoir le "Devoir d’informer avec indépendance."
Bravo Madame Nivat. Vous faîtes honnneur à la profession de journaliste. Je mesure la portée des risques encourus. La fonction de journaliste exige prise de risque et intégrité. Vous cumulez ces 2 qualités. Si tous les journalistes agissaient comme vous, les puissants de ce monde seraient moins méprisants.
Le journalisme n’est plus ce qu’il a été (à supposer qu’il a été quelque chose un jour). Une fois qu’on affirmé les principes, il faut croire c’est plus difficile de les pratiquer. Que l’effort de ceux et celles qui continuent à faire leur travail avec professionnalisme soit reconnu comme tel. Dans ce sens, soyez en remerciée pour vos efforts Anne Nivat quand bien même, sur bien des points, il y aurait encore des choses à dire. Dans le fond, l’enjeu en Irak est ailleurs. Ce n’est pas un problème de journalisme. Les Américains sont là pour leurs intérêts. Toute personne qui chante la gloire de des Américains sont les bienvenues, par contre pour ceux et celles qui veulent exercer leur esprit critique...enfin !
Bon courage et que Dieu nous protège !
de anne nivat
je regarde depuis ce matin les réactions à cette vidéo et je suis très heureuse ; à tous, merci d’estimer que ce genre de reportage est intéressant, qu’il se démarque du flux informationnel habituel. Merci aussi aux remarques de Faridb sur le voile : bien sûr, je suis tout à fait d’accord : le fait de ne pas porter le voile n’est pas en lien direct avec la modernité, bien des femmes en irak ou ailleurs, qui portent le voile sont des femmes modernes, et j’en ai rencontrées, même si je ne peux les citer toutes. Donc, je m’excuse, je me suis sans doute mal exprimée, ou trop rapidement, mais je SAIS pour passer du temps sur place, que le port du voile n’est pas synonyme d’arriération et vous avez eu raison de le faire remarquer. anne n
Pour completer les remarques de Faridb
Avant l’invasion américaine en Irak en 2003, les femmes étaient libres d’aller à l’Université, de travailler et de prendre des responsabilités Aujourd’hui, du fait de l’insécurité et de la répression du gouvernement, elles sont forcées à rester à la maison
Que les femmes soient présentes au parlement ne fait pas tout. Il ne faut pas oublier que les députées ne représentent finalement pas les femmes irakiennes. Elles sont été désignées et choisies pour représenter les intérêts des USA, et n’ont rien fait pour les femmes d’Irak. Elles n’ont jamais été des activistes des droits des femmes. La plupart des Irakiennes ne les connaissent pas
source:solidariteirak.
Très belle vidéo qui atteste du courage et de la sensibilité de Anne Nivat. Beaucoup de journalistes devraient s’inspirer de son exemple. Ces journaleux qui bien souvent sont à l’abri derrière leurs petits écrans informatiques et osent ensuite prétendre nous informer.
La guerre américaine contre l’Irak est perdu pour les américains dépuis son déclenchement en 2003. Son bilan est désastreux pour les USA qui auraont du mal à s’en remettre.
Je suis en admiration devant le courage de Madame Nivat qui prend des risques pour faire son métier et nous informer.
Il est vraie qu’on peut se demander en quoi est-il moderne le fait de dévoiler sa poitrine aux autres , moi au contraire je trouve ça provoquant , touchant à la liberté d’autrui , et remontant à la période de l’ignorance préislamique ...
Bonjour, Salam,
Deux réactions par rapport à votre intervention. Une positive et l’autre négative. Vous êtes "témoin direct" de la situation en Irak, et je vous remercie de partager cette expérience et denous donner des informations sur la vie quotidienne des irakien. cependant, je reprend votre propos " Elle ne porte pas le voile parcequ’elle l’a choisi, il y a encore des jeunes femmes modernes ..."
Vous subordonner le non port du voile à la modernité et cela est fort dommage car si vous vous impregnez de la culture irakienne et donc musulmane vous comprendrez assez rapidement qu’on peut être moderne et porter le voile. Je regrette que vos séjours en Tchétchénie et en Irak ne vous ont pas démontré cela. Le port du voile n’est pas Mme Nivat un signe d’arrièration, il est dommage que vous ne soyez pas tomber sur des femmes irakienne qui portent le voile par conviction personnel et qui ont fait de hautes études,occupent des postes importants en terme de responsabilté et completement integrées dans la modernité.
Si vous parvenez à vous débarrasseez de vos référents cultures et évitez de projeter votre propre culture sur celle des autres alors vous gagnerez en objectivité. Je ne vous en veux absolument ceci est un vieil héritage des ethnologues, des anthropologues et orientalistes qui travaillent sur l’objet arabe et musulman.
Merci à Madame NIVAT d’être plus qu’un grand reporter, d’être plus que ces journalistes qui mangent dans la gamelle et ne respectent plus cette noble professions. Merci aussi à oumma.com de donner des leçons quotidiennes de grand journalisme...C’est le monde à l’envers car se sont des ex colonisés qui font preuve de déontologie et professionnalisme .
Bravo bravo merci merci, à Anne Nivat et à Oumma.com
Tant de courage et de simplicité et de compétence donne de l’espoir. Merci pour tout ça
Merci à oumma.com de faire ce que ne font plus les médias dominants, donner la parole à des intellectuels , de l’authenticité dans cet entretien... A quand une télé oumma ?
Pierre NOVACQ (un ami de la vérité)
Le peuple irakien en est à sa 28 ème année de guerre conscutive. Depuis la guerre contre l’Iran, ce peuple n’a cessé de vivre en état de guerre. Une épreuve d’autant plus rédoutable, que le peuple Irakien a été confronté à la coalition des puissances armées de ce monde. L’Irak grand pays jadis est devenu la proie des prédateurs pétroliers.
La tradition des grands reporters se perd. Cette profession s’est transformée en "journalistes embarqués", notion crée par l’armée américaine. "Embarquer", veut tout simplement dire manipuler et instrumentaliser. Anne Nivat semble être une exception. Mais combien sont-ils à perpétuer cette tradition des grands reporters. On peut les compter sur les doigts d’une main.
Quel courage, il en faut en effet pour se rendre dans ce pays, alors que nos petits journalistes bobos n’oseraient même pas mettre les pieds à l’aéroport de Bagdad. Pour parler de ce pays, faut-il encore y aller ?
Respect Madame Nivat !
Un grand merci à vous Madame Nivat
