Friday 16 May 2008

« Censure », « droit au blasphème » et islamophobie

Réflexions sur une étrange tempête

Par Laurent Lévy
mercredi 7 février 2007

On se serait bien passé de cette tempête ; cela n’empêche pas de chercher à y comprendre quelque chose, et à interroger ce qui s’y joue.

Une série de dessins « satiriques » a fait scandale en Scandinavie, et déclenché la fureur, dans un certain nombre de pays musulmans, de secteurs entiers de l’opinion publique, et bien souvent des Etats eux-mêmes. Rassemblements et manifestations, menaces, imprécations se succèdent à rythme accéléré. Le directeur de publication d’un quotidien français qui les a reproduits est démis de ses fonctions par le propriétaire du journal.

En elle même, cette série de faits aurait pu n’appeler aucun commentaire. Il est devenu terriblement banal que se publient des dessins de mauvais goût ; que ce qui semble sacré aux un-es soit traité irrévérencieusement par les autres ; que des personnes protestent lorsqu’elles se sentent blessées ; que des violents exercent ou menacent d’exercer des violences ; qu’un patron remercie son subordonné. Ce sont pourtant ces banalités qui ont provoqué la tempête.

Il n’est pas certain qu’on aide à la compréhension des choses en évoquant simplement dans cette affaire des « caricatures » ou des dessins « satiriques ». La satire est un exercice dans lequel défauts et vices des personnes qui en font l’objet sont moqués ou mis en évidence d’une manière plaisante. Sur l’un des dessins en cause, celui qui a le plus fait scandale, le prophète de l’islam est présenté coiffé d’un engin explosif. Il ne s’agissait donc pas là de dénoncer ou de critiquer un trait caractéristique du personnage ainsi représenté, mais d’affirmer son caractère intrinsèquement criminel, et même terroriste - et à travers lui celui de l’ensemble du monde musulman.

Une caricature doit ressembler à son sujet. On ne peut reprocher à un caricaturiste de forcer certains traits, et de dessiner par exemple des oreilles d’éléphant à qui aurait simplement de grandes oreilles : il ne fait là que son métier de caricaturiste. Le dessin en cause n’est pas de ce registre ; il n’est ni satirique ni caricatural : il est simplement l’exposé d’une thèse dénonçant l’Islam comme terroriste par définition (sous le turban même de son prophète) - ou le terrorisme comme musulman par essence. Il est donc, de ce fait même, une incitation raciste à la haine islamophobe - dans un contexte où, bien souvent, toute incitation est hélas en la matière superfétatoire. « Vous voyez celui-là, votre voisin, l’Arabe, avec sa femme voilée et son fils à casquette, dit-on en substance : méfiez vous de lui, c’est un terroriste en puissance. »

On a ici l’illustration du fait que ce que l’on dénonce comme racisme islamophobe n’est en aucune manière une simple « critique de la religion musulmane », ni même sa simple détestation en tant que religion : dire que l’islam est par nature « terroriste », ce n’est pas critiquer l’islam, c’est en donner une représentation qui, pour être fantasmatique, n’en produit pas moins tous les effets du racisme ordinaire. De la même manière que dire que les Noirs sont paresseux, les Juifs avares ou les Jaunes cruels, ce n’est pas critiquer l’Afrique, la religion juive ou l’Asie, mais alimenter des stéréotypes et tenir des propos racistes.

Quoi qu’il en soit, ce autour de quoi le débat a tourné, curieusement, n’est pas la portée de ces dessins ou la signification politique de leur publication. Dans le contexte actuel, où la mondialisation capitaliste prend bien souvent les formes d’une guerre de l’occident contre le reste du monde ; où l’index est pointé vers l’Islam pour mieux faire admettre, sous le nom de guerre au terrorisme, les menées impérialistes des États Unis et de leurs alliés au moyen Orient et au delà ; où des dictatures féroces se présentent comme « musulmanes », et font de l’identité religieuse un dérivatif aux populations qu’elles oppriment ; où l’islam est instrumentalisé par de troubles mouvements politiques ; où les minorités musulmanes d’Europe font l’objet d’un racisme structurel, qui sert d’instrument à leur surexploitation, et à la division des victimes du système économique et social ; ou l’islamophobie sert de ciment idéologique à tout cela ; dans ce contexte, donc, il y aurait pourtant eu beaucoup à dire sur la publication de ces dessins.

Pourtant, même ceux qui l’ont condamnée ou regrettée se sont bien souvent bornés à évoquer l’injure ainsi faite aux musulmans, mais sans en proposer l’analyse - laissant ainsi entendre que l’essentiel résidait, non pas dans le contenu des dessins, mais dans leur simple existence. Au demeurant, même ce débat est demeuré accessoire ; l’essentiel a porté sur la question de la « censure », de la liberté de la presse, de la liberté d’expression. Or, de tous côté, même cette question a été abordée par le plus petit bout possible de la lorgnette.

La publication de ces dessins se justifie, explique-t-on, parce que la liberté d’expression est un principe supérieur à tout autre. En quoi consiste ce principe, en quoi il serait menacé, en quoi la publication de ces dessins en serait la simple mise en œuvre, ou la défense, voilà ce que l’on ne nous explique pas.

Notons d’abord qu’il n’existe pas, en tous cas en France, de principe général de la liberté d’expression. Présenter un tel principe comme l’un des apports de l’universalisme occidental est une filouterie. La loi sur la liberté de la presse, qui régit cette question, lui donne des limites : il est interdit - et pénalement sanctionné - de diffamer autrui ou de l’injurier ; il est interdit d’inciter à la haine raciale. Injures, diffamations, incitations à la haine, sont d’autant plus interdites qu’elles visent des groupes particuliers à raison de leur appartenance réelle ou supposée à une race, à une religion, à un peuple, ou à raison de leur origine, de leur orientation sexuelle, de leur état de santé, etc.

De ce seul point de vue, on peut dire que, par exemple - et puisque c’est bien de cela qu’il s’agit en l’espèce - la provocation à la haine à l’encontre des musulmans est pénalement sanctionnée par la loi française. Dans quelle mesure cette loi est-elle effectivement mise en œuvre, cela est une autre question. Dans quelle mesure la pénalisation de certaines expressions se justifie en est encore une autre.

Il n’est pas inutile de remarquer sur ce point que la voie pénale n’est pas la seule qui soit offerte, même en demeurant dans le domaine du contrôle judiciaire des comportements, pour combattre les propos qui portent atteinte aux personnes, à leur dignité, à leur sécurité, etc. On se rappelle par exemple la condamnation de Jean-Marie Le Pen pour avoir dit que les chambres à gaz nazies étaient un simple « détail » de l’histoire du vingtième siècle. Aucun texte, alors, ne réprimait ce genre de négationnisme ; il n’y avait pas encore de « loi Gayssot ». C’est au nom du principe juridique général qui veut que « tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer » (article 1382 du Code civil) que des associations d’anciens déportés, des associations antiracistes et de défense des droits de l’homme, etc., avaient poursuivi en justice l’auteur de ces propos et l’avaient fait condamner à leur verser des dommages et intérêts : la portée symbolique d’une telle condamnation vaut bien celle d’une condamnation pénale.

Outre ce recours aux règles de la responsabilité civile, qui veut que l’on est tenu des fautes que l’on commet, des mesures peuvent toujours être prises en cas de troubles à l’ordre public, commis ou risquant de l’être, à travers une publication par ailleurs en elle-même licite ; ou lorsque est en cause le respect dû à la vie privée, que la loi protège également. Dans de tels cas, il appartient aux tribunaux d’arbitrer entre les principes de liberté d’expression et de protection de la vie privée ou de l’ordre public, principes tenus par la loi comme également respectables - même si la notion « d’ordre public » est en elle-même extrêmement confuse, et sujette aux pires dérives. La requête de certaines associations musulmanes tendant à faire interdire la sortie du numéro de Charlie-Hebdo reproduisant les fameux dessins a semble-t-il été écartée pour des raisons de forme ; rien ne permet donc de dire si, quant au fond, elle n’aurait pas pu être accueillie.

Par ailleurs, lorsqu’il s’agit de lutter contre des propos ou des comportements, on n’est pas tenu de recourir aux tribunaux : les combats idéologiques sont avant tout politiques, et la condamnation morale de l’opinion est sans doute la meilleure qui soit ; des décisions de justice peuvent y contribuer, mais ne sauraient la remplacer ; par ailleurs, les juges eux mêmes sont des hommes et des femmes qui n’échappent pas comme par miracle aux idées dominantes. Leurs décisions, lorsque doivent être appréciés d’une manière somme toute subjective la valeur des principes et des intérêts en cause dans un cas déterminé, sont aussi fonction de l’état de l’opinion ; les juges partagent les évidences communes, et la voie judiciaire suppose souvent, pour avoir quelque efficacité, qu’existe au moins un courant significatif de l’opinion allant dans le sens de la décision recherchée.

Donc, la liberté d’expression n’est pas, en France, un absolu intangible ; mais à supposer qu’elle le soit, rien ne permettrait de dire pour autant que la publication de nos caricatures se justifiait : ce n’est pas parce qu’on a « le droit » de faire une chose qu’il faut absolument la faire ; si ce « droit » peut, pour un tempérament légaliste être une condition nécessaire à la publication, il n’en est certainement pas une condition suffisante. On peut donc parfaitement considérer que même s’il était loisible de le faire, il ne l’aurait pas fallu. Nulle « censure » à cela.

Certains ont dans le débat brandi ce qui apparaît aujourd’hui comme un lieu commun dans certains milieux islamophobes : le « droit au blasphème ». L’expression est à tout le moins curieuse. Pour qui n’est pas croyant, le blasphème est sans portée. On ne peut pas vouloir déplaire à un « Dieu » dont on nie l’existence. Le blasphème ne peut concerner que les personnes pour qui il a un sens, c’est à dire celles qui sont croyantes ; et pour elles, dans une société où coexistent toutes sortes de croyances et toutes sortes d’incroyances, l’interdit n’a pas à résulter de la loi générale applicable à tous les membres de celle-ci : il résulte déjà des règles de leur religion, auxquelles elles adhèrent librement. Ceux qui prônent le « droit au blasphème » ne le réclament à l’évidence pas pour ceux qui, par leur adhésion à une religion, se refusent de toutes façons à l’exercer. Non : ils le réclament pour eux mêmes. Or, pour qui n’est pas croyant, le blasphème n’a en tant que tel aucun sens, et si l’on s’interroge sur les raisons qui peuvent les pousser à en réclamer le droit - qu’au demeurant personne ne leur conteste - on voit que la raison est simple : puisque injurier « Dieu » n’a pour eux aucun sens, ce sont simplement les croyants qu’ils veulent injurier.

Il est paradoxal, soit dit entre parenthèses, de constater que ceux-là même qui disent que la religion doit demeurer de l’ordre des choses privées, strictement domestiques, voire clandestines, ne se proposent pas de blasphémer dans le secret de leur boudoir. S’ils exigent que chacun garde sa foi bien au chaud dans son for intérieur, ils souhaitent quant à eux exhiber à tous vents leur irréligion.

Au demeurant, républicanistes de tous poils devraient y réfléchir à deux fois à propos de blasphème : leur religion a également ses idoles sacrée, à tel point qu’ils ont institué en délits les outrages faits au drapeau tricolore où à l’hymne guerrier qu’est La Marseillaise. Les adorateurs de ces idoles, le fait est significatif, n’ont eu l’idée de cette pénalisation qu’après le 11 septembre 2001, et plus précisément après qu’au mois d’octobre de cette même année, des jeunes gens eurent commis l’irréparable sacrilège de « siffler » le célèbre refrain affirmant que les « ennemis de la France » ont un « sang impur ». Les quelques momies qui défilaient en ordre dispersé en décembre dernier pour célébrer le centenaire de la loi de 1905 arboraient un badge indiquant : « laïcité sacrée ! »

La question, cela dit, n’est donc pas simplement celle de la liberté d’expression, mais celle de l’expression elle-même, de ses raisons d’être, de sa signification idéologique et politique.

On admirera à cet égard la perversité de l’argument - également entendu dans ce débat - que la publication des dessins en question permettait de manifester un soutien au directeur de publication licencié de France-Soir.

Considérer que cet ancien directeur doit être soutenu, c’est considérer qu’il aurait été licencié « à tort ». Mais cela pourrait avoir plusieurs fondements ; or, il ne semble pas que qui que ce soit ait contesté, par exemple, le droit d’un patron de presse à décider de la ligne éditoriale de son journal, et à disposer, comme d’autant de mouchoirs jetables, de ses subordonnés : les questions ainsi posées n’auraient dans une telle hypothèse, plus grand chose à voir avec le contenu du dessin publié par France-Soir, et tout à voir avec l’organisation des entreprises en général, et des entreprises de presse en particulier, dans un système capitaliste. Or, si ce dont il s’agit n’est pas le droit régalien du propriétaire du journal de se défaire de son directeur de publication s’il ne partage pas ses choix, c’est qu’il s’agit des motifs précis du renvoi de ce directeur : il lui a été reproché d’avoir publié le dessin en cause, et c’est cela qui est contesté ; en somme, le soutien à ce directeur consiste à dire qu’il a eu raison de publier ledit dessin. Mais alors il est hypocrite de dire que c’est pour le soutenir qu’on le publie également : c’est en réalité simplement parce que l’on pense qu’il fallait en effet le publier. Ni la solidarité journalistique, ni la liberté d’expression n’expliquent donc cette nouvelle publication. Il faut l’expliquer par elle-même.

On a vu que ces dessins se caractérisaient d’abord et avant tout par leur islamophobie, par leur dénonciation des musulmans en général comme agents du terrorisme ; il n’est pas pour autant certain que toute reproduction ait ou ait eu une visée raciste. Quand le débat fait rage, quand dans le monde entier, manifestations, violences et menaces se succèdent, il peut être légitime de donner à chacun les moyens de savoir de quoi il retourne. Si le dessin litigieux a été commandité, dessiné, initialement publié, puis reproduit, dans une intention islamophobe, il pouvait parfaitement être reproduit une fois le débat lancé pour les seuls besoins de l’information du public. Donner à voir le dessin dans de telles conditions ne signifie pas forcément : « Regardez comment je vois Mahomet », mais peut signifier : « Regardez quel est le dessin que beaucoup jugent scandaleux ». Rappeler que l’on a reproché à Le Pen de dire : « détail », cela n’est pas la même chose que dire soi-même : « détail ». On peut dès lors s’interroger sur le sens de la publication dans France-Soir, mais aussi dans Le Nouvel Observateur, de ce dessin ; et on peut, pourquoi pas, accorder à ces journaux le bénéfice du doute, dès lors qu’ils n’ont pas simplement dit publier un portrait du prophète de l’islam, mais simplement voulu mettre à la portée du public l’un des éléments d’un débat en cours. Et la vérité est en effet que l’on comprend mieux l’émotion soulevée par un dessin tel que celui-là une fois qu’on l’a vu.

Pourtant, tout le contexte de ce débat rend assez transparente l’intention raciste de Charlie Hebdo dans cette publication. D’abord parce que ce journal n’est pas un journal d’information ; ensuite parce que l’islamophobie est désormais l’un de ses fonds de commerce favoris. La mise en avant complaisante de son caractère décidément irrévérencieux ou anticlérical ne suffit en aucune manière à excuser une telle ligne éditoriale. Au demeurant, il y a quelque chose de lamentablement indécent, de voir un journal qui s’était illustré par son irrévérence à l’égard des puissants de son propre monde, et qui choisit aujourd’hui, la fatigue de ses collaborateurs aidant peut-être, de faire porter dans un spectaculaire et confortable retournement d’alliances et de valeurs, son irrévérence sur les déshérités, victimes de ces mêmes puissants. Que des Français, blancs, de tradition chrétienne, se moquent de l’Église catholique, cela peut avoir du sens. Que des Arabes, des Iraniens, des Afghans, ou des Pakistanais entendent combattre l’islam, cela les regarde. Que ceux qui ont tout s’en prennent aux convictions intimes de ceux qui n’ont rien, cela devient une autre histoire.

Quoi qu’il en soit, le débat autour des « caricatures » du prophète de l’islam donne l’occasion d’approfondir la spécificité, à l’intérieur des idéologies antireligieuses, des attaques permanentes dont l’islam fait l’objet : à cet égard, Charlie Hebdo n’est jamais qu’un symptôme parmi d’autres, simplement un peu plus minable que d’autres.

Les agents de l’islamophobie contemporaine, qui s’obstinent à prétendre n’y voir qu’une manifestation légitime du droit - incontestable dans une démocratie - à « critiquer » les religions seraient bien inspirés, au lieu de se borner à les déplorer avec condescendance, de s’interroger sur les réactions que suscitent les attaques contre l’islam chez de nombreuses personnes, hommes et femmes, qui ne se considèrent pas à titre personnel comme religieuses, qui ne se soumettent à aucun des préceptes de la religion musulmane, et qui se sentent néanmoins visées par ces attaques.

On disait jadis, pour désigner - quelle que soit leur origine effective - les personnes issues de l’immigration maghrébine, « les algériens ». Plus tard, on a dit « les immigrés ». On a inventé les « beurs ». Désormais, les voilà étiquetés « musulmans ». Quand une personne se voit en permanence assignée à une identité, il faut bien qu’elle finisse par s’y reconnaître. Tel jeune homme dont le nom trahit une origine maghrébine, qu’il ne cherche d’ailleurs pas à cacher, se voyait demander dans le courant du dernier mois de Ramadan, alors qu’il était en plein déjeuner accompagné d’un verre de vin, s’il pratiquait le jeûne. Puisqu’il sait qu’on le considère, quoi qu’il fasse ou dise, comme « musulman », il est assez naturel qu’il considère de son côté que les attaques lancées contre l’islam le concernent de près. De toutes façons, quelle que soit leur attitude personnelle à l’égard de la religion, les personnes issues de l’immigration maghrébine ou sahélienne ont généralement certaines attaches avec l’islam, par exemple en tant qu’il est la religion de leurs parents, de certains de leurs frères ou de certaines de leurs sœurs, d’amis, de cousins, de voisins, etc. Il savent d’emblée, lorsqu’on s’en prend en termes généraux aux « musulmans » que ces proches, dont ils mesurent à quel point ils n’ont rien à voir avec les caricatures que l’on dresse d’eux, sont victimes de ces attaques. Il n’est pas rare que se définissent aujourd’hui comme « musulmans » des gens dépourvu de toutes pratiques religieuses, et qui n’auraient pas eu idée de se définir ainsi jusqu’à ce que, un matin de septembre 2001, ils ne s’aperçoivent qu’on les regardait tout à coup d’un œil différent.

On peut regretter la violence des réactions suscitées par l’affaire des caricatures dans le monde musulman ; on ne saurait s’en étonner. Le monde musulman a toutes raisons de considérer qu’il ne reçoit de l’occident que mépris et humiliations. Les dictatures au pouvoir ont beau jeu de s’appuyer sur les manifestations de ce mépris pour canaliser contre d’autres qu’elles mêmes les rancœurs populaires : l’occident fournit pour cela surabondance de prétextes ; il n’est pas surprenant qu’à l’occasion, les intéressés s’en saisissent.

Les provocations de Nicolas Sarkozy avaient naguère provoqué quelques incendies de voitures ; celle d’un journal danois aura provoqué celui de quelques ambassades. Ceux qui prêchent la « guerre des civilisation » ne peuvent s’étonner de voir riposter leur ennemi désigné.

Laurent Lévy

Auteur du livre " Le spectre du communautarisme" aux éditions Amsterdam

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par Asmaa - le 16 mars 2007

Pour répondre à Botanical :

Je ne suis pas d’accord avec 99% de ce que vous dites mais je me contenterai de répondre à une seule phrase, qui exprime malheureusement une grande ignorance de votre part : "D’aiileurs la meilleure preuve est que la situation inverse ( religion chrétienne en pays musulman) est impossible" Ah bon ? et d’où tenez-vous vos sources ? C’est bien sur totalement faux, apprenez cher(e) ami(e), que les chrétiens sont très respectés dans les pays musulmans en général, ils sont à 100% libres dans leur culte ( statues de "crèches" illuminés de bougies en pleines rues de Damas, où d’ailleurs les cloches des églises sonnent librement à deux pas de la mosquée... et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres !) ... c’est la présence chrétienne que vous dites "impossible" dans les pays musulmans ?? Sachez plutot que les musulmans sont encore plus sévères lorsque les frères chrétiens sont agressés, que lorsque ce sont des musulmans comme eux... et je sais de quoi je parle ! C’est bien loin du cas de l’islam en france malheureusement...et je dis bien en france, car la situation est bien meilleure dans le reste de l’europe...mais je crois que c’est une habitude historique de la france d’avoir toujours "un train de retard"...bien dommage pour notre beau pays.

Par botanical - le 28 février 2007

Bonjour,

Il y a plus d’un siècle que les catholiques sont critiqués, ridiculisés, montrés du doigt et pourtant, la réalité cultutrelle sociale montre combien le monde occidental est pétri par le christianisme. Que ce soit les comportement, les references culturelles, tout, en occident, montre cet enracinement. Si les musulmans veulent vivre dans un pays chrétien, ils ne peuvent ignorer ce passé et doivent faire leur adaptation. On ne peut donc comparer les religions au nom d’une égalité de droit. D’aiileurs la meilleure preuve est que la situation inverse ( religion chrétienne en pays musulman) est impossible. Une carte mondiale des conflits montre que la majorité de ceux-ci sont dûs à une interprétation religieuse de l’Islam. Un vrai débat aujourd’hui devrait se tenir sur le thème de la spiritualité (pas de la religion) sinon on ne s’en sortira jamais. Mais aborder aujourd’hui le spirituel pur est encore mission impossible.

Par nanny - le 15 février 2007

Merci Laurent LEVY pour votre article, il est bien articulé et plein de bon sens . Dés le début, j’ai pensé comme vous : ces caricatures ressemblent à leurs auteurs : stupides et en dehors de toutes les règles du bon goût .

Par ailleurs s’agissant de journaux , il n’en reste pas grand chose après les avoir lus mais leur donner toute cette importance risque au contraire de laisser des traces dans la mémoire. Alors de grâce , oublions ces torchons !!

Par Nosi - le 13 février 2007
Hello à tous, Je propose de faire un dessin à l’image de ce qui a été publié par Charlie Hebdo. Je ferai une caricature de Philippes Val avec un stylo explosif glissé dans une de ses oreilles et qui se tient la tête dans ses mains. Je préciserai la légende suivante : "C’est dur d’être lu par des cons" Je signerai donnerai toutes mes coordonnées et aprés on va voir si moi aussi j’ai la liberté d’expression Amicalement et pacifiquement N.E.
Par Godefroy-de-Bouillon - le 12 février 2007

Excellent article, qui m’a enfin permis de mieux comprendre a quel point la communaute mulsulmane, au dela des recuperations politiques, s’est sentie blessee et agressee :

"Or, pour qui n’est pas croyant, le blasphème n’a en tant que tel aucun sens, et si l’on s’interroge sur les raisons qui peuvent les pousser à en réclamer le droit - qu’au demeurant personne ne leur conteste - on voit que la raison est simple : puisque injurier « Dieu » n’a pour eux aucun sens, ce sont simplement les croyants qu’ils veulent injurier.Or, pour qui n’est pas croyant, le blasphème n’a en tant que tel aucun sens, et si l’on s’interroge sur les raisons qui peuvent les pousser à en réclamer le droit - qu’au demeurant personne ne leur conteste - on voit que la raison est simple : puisque injurier « Dieu » n’a pour eux aucun sens, ce sont simplement les croyants qu’ils veulent injurier."

Je n’avais pas encore vu ce probleme enfin traduit en ces termes, qui me semblent pourtant justes et evidents.

J’entend beaucoup de musulmans autour de moi dirent qu’ils sont excedes par toutes ces provocations penibles, qu’ils considerent comme autant d’humiliations, s’ajoutant a tous les autres proces d’intention en obscurantisme religieux dresses parfois avec un degre d’ignorance qui depasse le stade de la caricature, quand il ne s’agit pas d’amalgames terriblement offensants, islam = islamisme = terrorisme. Cela pousse meme certains a adopter des positions parfois excessives, par reaction a ces provocations, ou simplement par reaction d’honneur, alors qu’ils sont pourtant des gens de raison bien loin de toute intention de violence. Mais la resistance a l’insulte a aussi ses limites.

L’Occident, pardon, l’Europe, majoritairement blanche et chretienne, se metisse de plus en plus. C’est ainsi : le refuser est mener un combat d’arriere-garde. De toutes mes lectures de livres d’histoire, il y a peut etre une seule chose a retenir : a chaque fois qu’un pays, un etat, une nation, a expulse une communaute minoritaire (Juifs, Protestants, Musulmans, whatever ...), il y a systematiquement eu une periode de recession economique, sociale, artistique, philosophique. Systematiquement. L’Espagne s’est enfoncee dans l’obscurantisme chretien le plus reactionnaire a la suite de la Reconquista, la France ne s’est jamais remise des Guerres de Religion et d’avoir massacre ou expulse environ 1.5 million de protestants, qui sont partis aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre, accueillis par leurs freres, ils y ont prospere et aujourd’hui, beaucoup de grandes entreprises anglo-saxonnes sont a la base des initiatives de Francais chasses de leur pays par l’intolerance religieuse.

Je suis tres attache a la defense de l’identite culturelle : j’aime le monde dans sa diversite et je n’ai aucune envie que le metissage des societes nous conduise a une sorte de melting-pot inodore (ha les odeurs ...) et sans saveur. Nous n’avons pas vocation a etre tous rigoureusement semblables, mais nous n’avons pas le choix : il va nous falloir vivre ensemble. Qu’on ne me fasse pas croire qu’avec un peu d’education, cela ne soit pas possible.

Precisions : je suis Francais, laic, blanc, chretien mais non croyant (donc le qualificatif "chretien" a pour moi une valeur culturelle, que je ne renie absolument pas, il est la, c’est un fait, je dois faire avec), je m’interesse enormement a l’histoire, aux civilisations, aux religions et aux textes sacres, a la geopolitique, et bien sur aux problemes d’aujourd’hui, mais je n’ai ni la connaissance ni le talent de m’exprimer comme le fait l’auteur de cet article. Mon pseudo peut sembler un peu provoc, mais rassurez-vous, je n’ai nullement l’intention d’organiser une nouvelle croisade, mais ma famille est originaire de Bouillon, et j’aime l’histoire :)

Je crois qu’il faut persister dans ce genre de demarche : analyser, decortiquer, essayer de comprendre en empruntant la grille de lecture de l’autre.

La raison doit triompher. Ceux qui la defendent sont une petite legion, mais ils se reconnaissent entre eux.

Par Roi_Philosophe - le 10 février 2007

bonjour tout le monde ;

chab, je te remercie t’as su dire ce qui me fait bruler de l’interieur comme un torchon sans verser dans la langue de bois et j’ajouterai que on a pas à s’expliquer ni à signer des pétitions chaque fois qu’un pseudo-philosophe, ou théologien qui se trempent de débats sont menacés. puisqu’ils sont pour la liberté, qu’ils soient dignes de ce qu’ils disent. pour ma part je me cachespas derièrre volataire, d’ailleurs je méprise cet homme autant que je méprise bush, ce petit con de voltaire passait son temps à se moquer d’Euler et lambert( par ce qu’ils chrétiens pratiquants ) et pourquoi, pour être accepté dans les salons des ses semblables mais au final ces savant géiniaux ont laissé leurs travaux et sont vénérés par ceux qui comprennent quelques choses à cet univers et voltaire a laissé ces écrits pour qu’ils soient les agruments de ceux qui insultent les autres.

coradialement

Par chab - le 9 février 2007
Bonjour à ceux qui disent que les juifs et les chrétiens sont plus tolérants, je les renvoie aux procès contre le film "la dernière tenantion du christ" (procès et incendies de cinéma entre autres délires..je les renvoies aux plages séparées en Israel chez les orthodoxes..ce que je veux dire c’est que dans chaque religion se développe, à coté de pratiques normales ,des pratiques déviantes et extremistes. A partir du moment où on médiatise les comportements des extremistes pour des raisons évidentes de marketing et de gros sous, on donne l’impression que c’est les musulmans, les juifs ou les chrétiens dans leur grande majorité qui sont extremistes..or en vérité, tout comme poru les autres religions, la grande masse des musulmans n’aspire qu’à vivre dans la paix et la prospérité. Maintenant, moi personnellement je dénie à qui que ce soit de parler en mon nom (je suis musulman pratiquant) puisque chacun sait qu’en Islam, il n’y a point d’intermédiaire entre Dieu et le fidèle. Je laisse donc les excités avides de pouvoir et de reconnaissance à leur conscience devant le Créateur, chacun rendra des comptes au moment venu. Moi je prefere l’Islam du savoir et de la paix, celui du Prophete Mohamed. je pense que porter plainte suite aux caricatures a été une erreur, piusque il y ’a toujours eu et il y aura toujours des gens pour se moquer de telle ou telle religion, pratique ou population. Seulement le combat à mener est plutot contre le deux poids deux mesures en occident et de manière plus générale, sur la critique q’on peut emettre à l’encontre de certains états, sans pour autant se faire taxer d’antisémite. je suis pour la liberté d’expression mais pour tout le monde et de la même manière. je suis contre toute censure et contre toute manifestation violente parceque l’Islam condamne la violence et n’autorise que la légitime défense, de manière très reglementée. Messieurs revenons aux fondamentaux et chacun pourra vivre dans la paix et le respect. merci
Par Laurent Lévy - le 9 février 2007

Stoch écrit, dans le forum d’un autre article :

« Chers amis. Je suis athée ou agnostique(ça dépend des jours) et je suis un fervent partisan de José Bové. Je tiens quand même à signaler que ce dernier est totalement opposé au procès des caricatures au nom de la liberté d’expression qui "ne se discute pas"(entendu ce matin sur France Inter et je suis complêtement d’accord). Comment Laurent Lévy peut il soutenir Bové dans ces conditions après son article "censure droit au blasphème et islamophobie" »

D’autres post suggèrent également que je me serais prononcé pour la prohibition.

Je préciserai simplement que l’article en question ne milite pas pour l’interdiction (juridique, voire policière) des fameux dessins, mais s’attache à en analyser la signification. On n’y trouvera pas une phrase pour la prohibition. Mais on y trouvera l’affirmation suivant laquelle ce n’est pas parce que l’on a le droit de dire ou d’écrire quelque chose qu’on doit se sentir obligé de le faire…

Puisque le propos a pu sembler ambigu, ou en tous cas a pu être compris de travers, je mets ici les points sur les « i ». Je considère que les questions idéologiques et politiques (et le développement du racisme islamophobe dont Charlie Hebdo est l’un des vecteurs est l’une de ces questions) doivent trouver une solution dans les combats politiques et idéologiques, et non dans la répression, les mesures de police, les décisions administratives, ou les jugements des tribunaux. C’est à mon sens une illusion de vouloir faire trancher par les cours de justice les questions idéologiques et politiques, comme si ces questions pouvaient faire l’objet de jugements objectifs, et comme si « les juges » étaient au dessus du sens commun. Or, c’est bien le sens commun qu’il s’agit de modifier…

J’observe que l’on peut trouver dans mon article – qui date d’il y a un an – des éléments de réflexion en ce sens, et aucun pour militer pour l’interdiction.

Cela dit, une stricte application de la loi – et l’article le rappelle également – conduirait normalement à la condamnation des propos racistes ; et les dessins en cause relèvent (le point est aussi démontré dans l’article) du racisme islamophobe le mieux caractérisé.

Mais est-on obligé d’être favorable à la loi ?

Par Calagan - le 9 février 2007

Vous êtes tous rongés par le ressentiment et ce que Spinoza appelait "les passions tristes". Aucun de vos arguments n’est convainquant : même dans l’hypothèse où Philippe Val est islamophobe, les caricatures publiées ne devraient pas vous choquer et être interdites. Ca fait des années que les religions sont caricaturées en France. Ca fait des années que l’on trouve en France des journaux qui critiquent systématiquement Israël (par exemple le Monde Diplomatique, assez réputé tout de même et diffusé dans le monde entier), et des journaux qui critiquent les chrétiens ou "la" religion en général. Vous trouvez dans tout pays démocratique des journaux avec une ligne éditoriale spécifique (de gauche, de droite, athée, religieuse) qui critique ou argumente en fonction de son idéologie. En vertu de quel délire faudrait-il que toute critique de la religion musulmane soit considéré comme un blasphème (dire par exemple qu’elle créée du terrorisme, ce qui est un fait, et qui ne signifie pas que tout musulman est un terroriste en puissance - cf. le musulman algérien qui a témoigné pour Philippe Val) ? Et pourquoi pas interdire aussi les écrits machistes, les gens qui disent du mal de la région Poitou-Charente ou ceux qui se moquent des gros en dessinant d’eux des caricatures... Si donc d’une part les réactions et la ligne éditoriale de ce site sont liberticides en vertu des réflexions qui précèdent, d’autre part elles me semblent ridicules quand on se rappelle les réactions du "monde musulman" auquel vous semblez vous identifier (il en existe d’autres, des "mondes musulmans") : des manifestations extremement violentes, des ambassades attaquées, des menaces de mort... C’est à dire au final une attitude plus terroriste et irrationnelle que franchement "calme et raisonnable". Quelqu’un, dans les réactions, dit comprendre les raisons du terrorisme mais pas les actes (les raisons, c’est Israël et l’Irak, les actes c’est des anglais ou des américains tués de façon arbitraires). Je trouve cela choquant, désolé. La resistance irakienne et palestinienne sont légitimes (ce sont des pays occupés, qui se défendent contre leurs occupants). Le fait de faire exploser des bus à Londres ou des trains en Espagne est tout bonnement odieux - comme le fait de menacer de mort tout critique de l’Islam...

Pourquoi est-il devenu, ces dernières années, impossible de se balader à Alger sans démontrer constamment sa ferveur religieuse et son respect des interdits musulman (câd, difficile d’y boire un coup tranquille ou de tenir des propos progressistes), avec toute l’hypocrisie qui accompagne un tel mouvement de pudibonderie : parce que la fièvre identitaire des peuples de culture musulmane est devenu si délirante qu’ils sont en train de revenir plusieurs siècles en arrière. D’un point de vue politique, il n’y a pas trop de différence avec ce qu’on appelle en France le nationalisme identitaire, habituellement plutôt exclusif et réactionnaire, représenté en France par quelqu’un comme Jean Marie le Pen... Merci de publier ce post et de ne pas le censurer...

A bon entendeur, salut...

le 9 février 2007
Je suis algérien et je pense que la liberté d’expression n’existe pas en france, elle existera le jour ou des journaux français oseront critiquer israel comme ils le font avec les musulmans quand on critique israel c’est le blasphème mais les musulmans c’est la liberté d’expression. A mon avis philippe val est en croisade contre les musulmans et l’islam pour qu’elle raison ? Je ne sais pas peut être pour des raisons économiques (plus de tirage pour charlo hebdo !), politiques (sarko), victimisation(il rapporte gros ce statut en France) ou simplement surfer sur la vague du moment (musulman=benladen(s’il existe)=terroriste).
Par louise - le 8 février 2007

Liberté d’expression à géométrie (très) variable...

Déposer une plainte est un droit citoyen... d’aujourd’hui...

Commençons par cesser de pousser des cris d’offraye concernant Charlie Hebdo et comparons avec la médiatisation de la vingtaine de procès intentés (et gagnés) par Dieudonné par exemple, concernant "la liberté d´expression" justement...

Quant à Nicolas Sarkoszy et à son soutien invoquant la censure...

...là c’est vraiment l’église qui se fout de la charité ou la m qui se fout du balai quand on sait qu’il a censuré 100’000 exemplaires d’un bouquin sur Cécilia...

Il ne lui a fallu qu’un coup de cuillère à pot (une petite menace fiscale) pour arriver à ses fins...

Par nasro - le 8 février 2007
information pour lili .vous dites que les autres religions ne reagissent pas aux caricatures .alors pourquoi l’humouriste dieudonné a été exclu des média (démocratique) quand il a tout simplement imité un juif intégriste ?
Par Dominique Nugues - le 8 février 2007

Je donne mon avis sur cette question des caricatures dans un article que j’ai publié sur mon blog., dans lequel je soutiens les musulmans dans leur foi. Je suis catholique non-partiquant mais nullement insensible aux questions religieuses.

Dominique Nugues

Par papolitikmencorekt - le 8 février 2007
Ces caricatures et la réaction provoquée sont à placer dans le contexte de politique internationale.Les médias français s’en sont servi pour fabriquer le concept d’islamophobie et le mettre à la place du mot racisme.Quelques hommes politiques et intellectuels ont suivi pour se faire une notoriété.Le meilleur moyen c’est de boycotter ces journaux .
Par MONTAIGNE - le 8 février 2007

Bonjour,

Permettez que je vous soumette un article parue sur le site ACRIMED et riche d’enseignement sur la notion de liberté d’expression chez le clownesque Philippe VAL : cela se passe en 2003.

"Suite à une brève anodine dans Libération, le patron de Charlie Hebdo, furieux, a obtenu de ses dessinateurs qu’ils fassent repentance et cessent leur participation à CQFD . Heureusement, comme c’est un journal de gauche, ils n’ont pas été obligés de s’autoflageller à coups de fouet."

D’autres part je me souviens d’un reportage il y’a deux ans ou Philippe Val parlant de Malek Bouti paffirmait que ce dernier avait des propos interressant lorqu’il parlait des musulmans et que Chalie Hebdo se devait de s’interreser à exploiter ce nouveau filon.

Et mon sentiment personnel est qu nous vivons une période semblable à celle qui prévalait à la veille de la 2nde guerre mondiale avec les campagnes anti-juives . Aujourd’hui il faut remplacer juif par musulmans .

le 8 février 2007
Ne votez ni pour Sarko ni pour sego mais pour LCR…
Par sadek - le 8 février 2007

Charlie Hebdo défenseur de la liberté d’expression ? Philippe VAL le nouveau Voltaire de ce siècle ? Des musulmans « déviants » dans le rôle de la lourde menace qui pèse sur cette liberté ? Foutaises !

Si Philippe Val et les autres s’étaient mis, rien qu’une journée, dans la peau d’un arabo-musulman de France, il aurait constaté avec étonnement la grande tolérance et le sang froid dont il ou elle fait preuve face au déluge continu d’images et de textes ouvertement racistes et islamophobes depuis plus de 5 ans. A force de s’entendre dire, jour après jour, qu’ils ne sont plus « beurs » mais musulmans comme au temps des colonies, les arabes de France (femmes & hommes) ont fini par accepter, chérir, protéger cette petite part d’identité qu’on maltraite si durement.

Au nom de cette composante identitaire du peuple français d’aujourd’hui, il fallait, cette fois-ci, demander des comptes.

Par fabe37 - le 8 février 2007
Cela même qui disent défendre la liberté d’expression ont trainé dieudonné dans la boue pour une satyre politique d’israel.
Par revel29 - le 8 février 2007

l’amalgame commis par Boubakeur qui consiste à justifier les reactions de defense des musulmans à l’attaque faite à leur religion , par comparaison à la vigilence dont font preuve les juifs pour toute negation de la Shoah , releve du vrai probléme que traverse l’islam , la shoah releve du fait Historique , l’islam releve de la Croyance , contester un fait historique appelle à l’argumentation scientifique , contester une croyance releve du droit legitime qu’exerce tout individu à s’exprimer dans le champ de l’irrationnel , vouloir comparer le factuel avec l’irrationnel c’est vouloir imposer la croyance comme verité , c’est la marche vers la loi religieuse , et le retour au moyen age ...

Desesperant !!

hervé Gourio , athé et de plus en plus fier de l’etre , de plus en plus vigilant aussi !!

Par Kamel(de Clichy Sous Bois) - le 8 février 2007
Je suis pas étonné que les gens du CFCM n’ont pas démissionnés après cet affront de sarko vis à vis des musulmans ;leurs petits intèrèts mésquins l’emporte sur l’intèrèt des musulmans de france.On savait les socialos particulièrement islamophobes... Sarko devoile sa dangereusité...aujourd’hui la seule altèrnative de vote c’est José Bové ou le vote blanc. Kamel
Par Karim B - le 8 février 2007

Bismillah ar-rahman ir-rahim

Je l’aime bien celle-là, d’ailleurs on l’entend souvent : pourquoi les musulmans ne sortent-ils pas dans la rue pour dénoncer les atrocités commises en leur nom ? Tout d’abord, il faut vraiment ne pas connaitre les Musulmans pour s’imaginer que dans les foyers musulmans les gens ne discutent pas des atrocités commisent au nom de leur religion et ne les condamnent pas dans leur coeurs, leurs foyers et avec autrui.

Un grand nombre les condamne, un nombre plus restreint les approuvent et une quantité d’autre personnes n’y pensent même pas. Franchement, exiger d’1 milliars de Musulmans qu’ils sortent dehors à chaque fois qu’on commet un crime en se justifiant de l’Islam c’est comme demandé à 1 milliard d’Occidentaux de prendre les pancartes pour crime commis en se justifiant de principes issus de l’héritage occidentale : c’est absurde.

Cette exigence de mea-culpa collectif et à grande échelle sent mauvaise. Ceux qui résistent aux agressions finissent trop souvent par faire eux-mêmes des injustices. L’aveuglement est de ne pas reconnaitre qui a eu agression en premier lieu. Je désaprouve dans mon ame et conscience les attentats suicides mais je comprends et je partage entièrement les raisons qui ont menés à l’acte pas l’acte lui-même.

En somme, telle est la position de l’écrasante majorité des Musulmans de ce monde sur les attentats terroristes comme on les appelent (comme si les Musulmans étaient les seuls a pratiquer le terrorisme : le nettoyage ethnique des Palestiniens par le gouvernement d’Israel et le martyr des Irakiens par les décideurs étasuniens, c’est quoi ? La colonisation et le nécolonialisme économique ce n’est pas du terrorisme à grande échelle peut-être ? Nous avons beaucoup de refoulé à exorciser !) on aime pas les moyens mais on est d’accord sur les motifs : c’est fondamental.

L’aventure des "caricatures" qui n’en sont pas est une manufacturation complète et totale visant à accentuer la séparation entre ces entités "Occident" et "Islam". Renseignez-vous, l’auteur des dessins est un ami proche de DANIEL PIPES. Leurs publications est le fruit de son conseil. Les réactions les plus vives sont venus de l’Iran, de la Syrie, de l’Afghanistan et du Pakistan : elles sont de nature politique et ne sont pas spontanée. Enfin, à propos des attaques contre des Églises en Palestine, je vous laisse faire vos propres recherches et conclusions mais je dirai simplement que les Palestiniens musulmans réalisent que les Palestiniens chrétiens ont eu a souffrire tout autant du régime sioniste et n’ont nul intérêt à s’en prendre aux Églises palestiniennes centenaires et millénaires qui font partie du patrimoine commun des Palestiniens.

Quand l’Occident ne dominera plus le monde économiquement (FMI, BM, OCDE, G7, OMC, Réserve Fédérale américaine, Club de Paris, Clus de Londres) militairement (OTAN) et politiquement (Conseil permanent de sécurité de l’ONU), ne soutiendra plus les dictatures du monde et n’exercera plus une influence indue sur le reste de la planète alors je prendrai mes pancartes à chaque fois que des Musulmans font des crimes au nom de l’Islam. Pour l’instant, je suis plus sélectif avant de sortir et me contente de parler avec les gens, musulmans ou non. J’affirme que l’acte illégitime peut avoir une justification légitime qui ne rend pas plus l’acte illégitime légitime. Néanmoins, on continue a croire au Nord que la domination d’une partie du monde sur le reste de la planète est légitime et que toute opposition est illégitime : ça, ça passe pas. Non. Jamais.

Les Musulmans n’ont pas a sortir dans la rue à chaque qu’un crime est commis au nom de leur religion pour rassurer à une poignée d’Occidentaux. Des gens qui ne pensent pas une seule seconde à leur sort et dont nombre d’entre eux s’imaginent que c’est leur religion en générale qui est la cause des problèmes dans le monde et l’Islam en particulier.

Alors par dessus le marché faudrait dire : ah, oui ! C’est bien les "caricatures" ! S’il y a des gens qui considerent encore certaines choses comme étant sacrés c’est mal. Nous sommes en 2006. Cracher sur la référence moral et spirituelle d’1 milliards de Musulmans, c’est la liberté. Ce sont les forces du bien à l’oeuvre ! Oui, merci, encore un peu s’il -vous-plait. et pour ma part je dénonce fermement les intégristes, vous savez ceux qui croient en l’Islam et son Prophète. Pas beaux les barbus. Je suis normal, aimez-moi. J’aime sans aucunes restreintes tout ce qui provient de l’Europe et des États-Unis !

C’est comme on dit au Québec : "c’est prendre des vessies pour des lanternes"

Je réalise tout de façon que je perds probablement mon temps, ici. Ceux qui exposent de tels idées (les Musulmans doivent condamner ceci et cela, les ’’caricatures" c’est bien) sont sourd, aveugles et ne raisonnent pas. Malheureusement, ils ne sont pas muts : il savent brairent. Leurs cris est un test pour le reste de l’humanité. Que Dieu protège Laurent Lévy, une lumière de lucidité.

Allah alam.

le 8 février 2007

Le scandale absolu dans tout ça, c’est que PERSONNE n’a relevé que Philippe VAL qui s’érige en défenseur d’une liberté d’espression qui n’a jamais été une arche sainte, à lui même censuré un dessin de Lefred-Thouron qui caricaturait les déboires de Patrick FONT (ancien ami que VAL a laissé tomber dans la difficulté) et c’est à ce moment là que j’ai arrêté d’acheter Charlie Hebdo, qui est devenu en quelques années un journal très médiocre, même plus l’ombre de ce qu’il a été.

C’est Philippe VAL le CENSEUR.

Par Roi_Philosophe - le 7 février 2007

bonsoir tout le monde ;

mon commentaire est à l’adresse de caroline ;

je sais pas ce qu’on a pas compris, mais j’espère que tu pourra l’expliquer. en tant que musulman ces dessins de mauvais goût me sont complément indifférent, d’ailleurs le prophète même de son vivant il s’est fait insulté à maintes reprises et il n’a pas répondu . mais ce qui me révolte c’est tu nous traite de cons. Ces dessins sont aussi dangereux que les bombes des terroristes islamistes, des missiles américains et israéliens. Je constate que toi et les tes chers journalistes – ces prétendu penseurs- que quand iil s’agit des vos missiles ou bombes ou mensonges( invasion de l’Irak) ils n’en parlent même pas. Quand c’est de l’islam, c’est autres chose. La liberté d’expression, de quelle liberté tu me parle, des journalistes américains qui vendent les guerres d’Irak ? je te laisse apprécier de toi-même. Une dernière chose : pourquoi ben Laden quand il combattait les russes, il était un combattant pour le liberté et maintenant il devenu un terroriste. Pour moi il était et restera le même, un terroriste autant que bush, sharon , blair, chirac , et tes journalistes. Cordialement

Par Fabienne - le 7 février 2007
Mais que font les principaux acteurs politiques de notre pays ? En plein tapage médiatique de pré-campagne, ils devraient tous se faire les chantres de l’apaisement social, cela les honorerait... Défendre coûte que coûte la "sacro-sainte" liberté d’expression quand celle-ci n’est plus de la caricature mais de la diffamation, quand elle fait de dangereux amalgames, en l’occurrence toujours le même, quand elle crée le trouble dans l’opinion, j’estime que continuer à la cautionner aveuglément, sans la nuancer, est totalement irresponsable. Oui à la laïcité, oui à la liberté d’expression mais dans le strict respect des différents cultes et des croyants, et des athées... Il serait nettement préférable de mettre à profit ces principes pour se familiariser avec les vrais fondements de l’islam et établir des ponts de "LA Connaissance" avec les français de confession musulmane, et plus largement avec tous les français... Et qu’on ne me dise pas que c’est de l’utopie, c’est là toute la noblesse de l’action politique...
Par Pelemele - le 7 février 2007

Que dis tu "Moi Meme" ? "...un français a du mal a comprendre que ceux qu’ils considere comme des integristes sont souvent vus comme des resisrants par la population locale " ???

Te rends tu compte que cela veut dire que la population locale est integriste elle aussi, passive peut etre, certes, mais integriste quand même puisque’elle soutient les integristes. ?

As tu conscience de ce que cela pourrait expliquer entre autres les raisons des emeutes dans les banlieues et le refus de la presence policiere dans ces quartiers ??

le 7 février 2007

salam mounir,

de quel silence parle tu ? vis tu dans la campagne profonde où quoi ? je ne peux te laisser dire ça ! il y a eu des dizaines et des dizaines de conferences organiser à Paris pour condamner l’amalgame faites entre l’islam et la lapidation,la peine de mort ( qui n’existe pas dans l’islam),la violence des femmes,l’excision etc.... Sans compter, les associations qui n’ont pas pu organiser de debat car les salles ont été bizarrement refusé. Des milliers de musulmans condamnent tout ceci,mais le probleme est que notre mecontement n’est pas mediatisé à l’echelle national tout simplement. Eh oui mounir !, il faut quitter le petit ecran de temps en temps. Malheureusement,l’expression n’appartient qu’à de gros groupes politiques, mediatiques ou industriel ! Ce n’est pas nous, musulmans,qui donnons une mauvaise image de l’islam ,mais bien sur les medias ! Et qui se cache derriere les medias ? Je te laisse deviner ! Et puis l’islam est aussi une religion de savoir , d’ouverture , de curiosité , de recherche de la verité. Il faut chercher plus loin que la television ! Pour finir , ce jugement est un combat contre l’islamophobie grandissante dans ce pays et non pas un combat contre la liberté d’expression, tu te trompe malheureusement de combat et d’ennemis.

Par jeanne - le 7 février 2007
"C’est le plus fin qui se tait" disait-on dans le temps. En l’occurrence, "le plus fin" n’est pas de la partie. Quand l’islam en occident aura rejoint le niveau d’audience des autres religions européennes, on ne se posera même plus la question.
Par hamid - le 7 février 2007
salam aleykom c’est la honte d’etre francais sous pretexte qu on est sur le territoire on doit forcement etre du cote de ce qui ce moque de notre islam et en plus essayer de les comprendre et de compatire. Non merci pas pour moi .Nous ici on est encore en paix et on a le recule necessaire pour refléchir. Dans d autre pays il sont en guerre et en resistance contre un modele qu on essaye de leur imposé malgres eux.il est sure qu il n y a rien de bon qui pourra sortir d un pays sous pression .Mais qui a intéret a toujours les voir dans cette situation ?pas moi en tout cas.Ne nous faisons pas gardien d un systeme que nous serions les premiers a en denoncer les consequences si ca nous arrivé.nous sommes dans un noyau dure qui touche les autres,combattons pour plus d’egalité.On ne peux pas mettre sur le meme canal de la sois dite"liberté d’expression" qui est censé véhiculé des valeurs qui construise une société et en meme temps des messages douteux là il y a un vrai danger pour l ’équilibre de la la laicité de notre pays la france(liberté egalite fraternité et respect pour tous ) barakla o fikoum
Par lili - le 7 février 2007
Pour ma part je suis croyante, catholique et meme si certains dessins du Charlie ne m’ont pas toujours fait rire, il ne me viendrait pas à l’esprit de les croire "christianistophobe". Et quand un journal a ce ton satirique, qui nous amuse souvent, pourquoi devrait il se censurer auprès d’une communauté ? parce qu’elle est plus sensible ? La loi est la même pour tout le monde il me semble. On se moque du pape, du gouvernement, et personne ne dit rien, c’est normal, c’est la liberté d’expression. Mais on s’en prend aux intégristes musulmans et c’est comme si on insultait tout l’islam ! (je fais référence à la couv du Charlie)D’où vient cette sensiblerie ? Un jour viendra où les gens ne réagiront plus à ce genre de chose (comme c’est le cas des autres religions) et là je pense que le Charlie aura atteint son objectif : la liberté de la presse ne doit pas reculer face à l’intimidation d’un tel ou d’un autre et surtout pas face à la religion. Pour ma part les critiques sur les catholiques intégristes, je ne les ai jamais prises pour moi car perso, je ne suis pas intégriste...
Par naoufel - le 7 février 2007

Le procès porte sur 3 dessins. Bizarrement, le commentaire ne parle que d’un seul. Sur les 3 dessins, un seul est de "charlie hebdo". Les autres sont des reprises des dessins danois. Ceux qui ont pris la peine de lire le journal incriminés savent que CH ne les a publié que dans le cadre de sa conception de la liberté d’expression. D’ailleurs, le journal dit du dessin au turban "Ce qu’il représente, ce n’est pas l’islam, mais la vision de l’islam et du prophète que s’en font les groupes terroristes musulmans. Ils prétendent que le prophète leur inspire des meurtre et des attentats." (CH du 8/2/6, page 3).

Le seul dessin de CH à être poursuivi est celui de la couverture. Avec comme titre "Mahomet débordé par les intégristes" ; il fait dire à un Mahomet manifestement malheureux (il pleure) "C’est dur d’être aimé par des cons..." Il est évident que ce dessin cible, non pas le Prophète, mais les intégristes.

Où se trouve donc l’islamophobie dans le fait de dénigrer les intégristes ? Sauf à ce que l’auteur considère que les intégristes sont les seuls vrai musulmans...

Par Amazone - le 7 février 2007
Musulmans : arrêtons de nous justifier en permanence, arrêtons de vouloir prouver que nous sommes intégrent, arrêtons de montrer pate blanche ; Apprenons à ne plus tendre l’oreille aux propos offusquants, fermont les yeux sur ces textes racistes et islamophobes que nous versent tous les journaux en ce moment. Devenons aveugles à la provocation. Ce que pensent de nous les autres il nous faut ne pas en tenir compte et avancez sans se laisser démonter.
Par Sébastien - le 7 février 2007

Interessante analyse bien que je n’en partage pas les conclusions. Comme le disent certains ici, le problème est d’abord le décalage entre la religion dans ses principes nobles et les hommes "religieux" n’hésitant pas à prononcer la haine ou leur mutisme face aux violences de toutes formes. (et cela ne concerne pas que l’Islam) La "carricature" est une conséquence et non une source du problème portant actuellement grand tort à la religion musulmane.

Pour rebondir sur le précédent post, la question de l’enseignement est fondamentale. Mais l’Histoire enseignée doit d’abord sortir de son carcan politique. Tant qu’un gouvernement ou du moins une influence politique s’exercera sur sa rédaction, nous aurons toujours une éducation faussée. Seule une présentation comparative de notre Histoire empêchera la prise de parti grossière et le manichéïsme. Théologie comparative et Histoire des religions (liée d’ailleurs à la géopolitique) Histoire comparée permettant pour un même évenement d’exposer les faits vu par les différents antagonistes. etc etc... Ce sont là des débats fondamentaux dans l’acceptation, la découverte et l’appréciation de notre bulle quotidienne toujours plus internationale. (au passage, remettre dès le lycée des cours de rhétorique ferait pas de mal afin de forcer nos "chers" politiques à faire des efforts)

Par Moi-même - le 7 février 2007

Finalement, un siècle après la France retrouve ses vieux démons.

Après tout, y-a-t’il une différence profonde entre les caricatures antisémites du début du XXème et les caricatures islamophobes actuelles.

Les caricatures antisémites nous paraissent choquantes ? Elles ont été en leur temps légitimées, comme celles envers l’islam actuellement.

L’auteur de l’article aborde un point essentiel : qu’en est-il de la "laïcité sacrée" ? Ceux qui hurlent à la liberté d’expression (Charlie et ses drôles de dames) sont les mêmes qui ont fustigé les atteintes à la Marseillaise, au drapeau tricolore, à la Fransse de Monsieur R et aux dessins obscénes représentant Marianne dans des positions "incongrues".

Deux poids, deux mesures ? Non, plus grave. Le français lambda ne possède pas la capacité de se rendre compte qu’il puisse exister ailleurs un point de vue autre que le sien ; un fruit de son éducation héritée des Lumières en quelques sortes.

De la même manière, un français a du mal à comprendre que ceux qu’ils considèrent comme des intégristes, sont souvent vus comme des résistants par la population locale.

Aux yeux des musulmans, une attaque du Prophète est très grave, car il est le modèle humain parfait, doté de toutes les qualités. L’attaque c’est attaquer l’homme dans son essence, dans ce qu’il a de meilleur : la compassion, l’humilité, le don de soi, le respect, l’amour du prochain etc.

Par Mounir - le 7 février 2007

Merci pour votre analyse intéressante qui a le mérite de poser de bonnes questions même si je n’en partage pas les conclusions. Je suis français et musulman. Or, même si certaines caricatures ne m’ont pas fait sourire, même si certaines ont des relents islamophobes, et ça n’est pas le cas des dessins de Charlie Hebdo, je n’oublie pas que je réside au pays de Voltaire et je me battrai jusqu’au bout pour le droit à leur diffusion. En revanche, je suis extrèmement choqué par le silence de mes frères et soeurs de religion quant à la lapidation, la peine de mort ou d’autres actions violentes perpétrés au nom de l’Islam. L’Islam est avant tout une religion d’amour, de respect et de tolérance. Malheureusement, nous en montrons exactement le contraire et ce procès ne peut qu’attiser les incompréhensions.

Mounir

Par Fullwood - le 7 février 2007
Votre analyse est bonne. Je respecte la religion musulman comme toutes les religions pourvu qu’elles ne prônent pas la violence et que leurs pratiques n’engendrent pas d’atteinte aux droits et la la dignité de l’humain (femme comprise...) Pourtant, je ne peux m’empêcher de constater que quelques caricatures soulèvent une levée de bouclier générale dans le monde musulman, alors que curieusement, les attentats ou paroles incitant à la guerre ou à la haine envers l’occident, ou les fatwas n’engendrent de la part des musulmans modérés et tolérants que des condamnation discrètes, parfois du bout des lèvres, ou parfois assez ferme mais uniquement d’un ou plusieurs dignitaires religieux qui parlent au non de leurs communauté, mais rarement de réactions de masse. descendez dans le rue pour manifester contre la minorité d’entre vous qui prône la haine, rebellez vous contre leurs paroles et agissements avec la même force que celle que vous employez vis à vis des caricatures, montrez leur qu’ils sont indignes de se réclamer Musulmans, et vous verrez que vous en sortirez grandis aux yeux de tous, y compris aux vôtres puisque ces intégristes bafouent la religion musulmane au moins autant que ces le dessin du prophète surmonté d’une bombe. Dans le cas contraire, nous pourrions penser que vous vous sentez finalement plus proches de vos frères qui tuent que des leurs victimes, ce qui n’est évidemment pas le cas.
le 7 février 2007

L’idée exposer dans le commentaire précédent est tout a fait interressante , reduire la distance séparant les peuples pour mieux connaitre son prochain

Une personne renseigné sur la culture de l’autre sera beaucoup moins en proie au arguments defendant Quelque intérets plus ou moins floues et ferait moins le jeu des personnes qui en parlant de choc des civilisation le concrétise de plus en plus

le 7 février 2007

Je suis extrémement susppris que l’auteur oublie ici ce qui a déclenché les foudres des intégristes de tous poils : la simple représentation de leur prophète, même sans caricature était le principal grief.

"T’as pas le droit de dessiner mon prophète" ! J’en suis navré mais que cela vous plaise ou non j’ai le droit de le faire. Vous semblez bien plus complaisant avec ceux qui appellent tous les jours à la haine et au meurtre de celui qui n’appartient pas à la même religion ou qui n’en a pas.

Certes beaucoup de ces caricatures danoises n’étaient pas de bon goût mais de là à dire que cela attise la haine c’est que vous êtes devenus iconoclastes.

Par Martony - le 7 février 2007
Je suis d’origine algérienne, et profondément républicain. Qu’on aime ou pas ces caricatures, on ne doit pas les interdire ! Cela laisserait la porte ouverte à des censures bien plus importantes et à l’aveuglette car comment distinguer le censurable du non censurable... L’incitation à la haine raciale a bon dos.
le 7 février 2007

A mon tour, alors, d’être partial et partiel :

Non ce n’est pas un journal danois qui a « provoqué » quelques « incendies d’ambassades » (...et d’églises, au fait, vous semblez l’oublier). C’est un journal danois qui a caricaturé les actes de violence commis au nom de l’Islam et qui existaient avant les caricatures (le 11 septembre -pour ne pas remonter plus loin dans les siècles-, vous connaissez ?), qui ont continué après (vous trouvez d’ailleurs cela normal), continuent d’exister à peu près partout sur la planète. Votre perspicacité vous permettra sans doute de vous apercevoir qu’ils sont toujours dirigés contre ceux qui ont le malheur de ne pas être musulmans, ou de ne pas pratiquer le même islam. Il est lassant de voir les agresseurs perpétuels se poser perpétuellement en victimes pour tenter, dans les pays où les massacres ne sont pas praticables, de bâillonner la liberté d’expression, la politique, l’art, la culture, le débat et les caricatures.

Par caroline - le 7 février 2007
vous n’avez visiblement rien compris à ces dessins qui visaient à critiquer les intégristes et qui ne visait pas à critiquer les musulmans. les musulmans "normaux" auraient tout à gagner à défendre ceux qui dénoncent l’intégrisme. critiquer ceux qui dénoncent l’intégrisme, c’est cautionner l’intégrisme et donc passer le message que les musulmans ne sont pas contre avoir en leur sein des fous d’allah. et ça, c’est bien dommage. je trouverai plus sain que les musulmans dénoncent eux aussi les intégristes et les expulsent de leurs religion car ces fous font du tort à l’islam.
le 7 février 2007

Détends-toi ami. Bien sûr, on peut être un bon musulman et ne pas poser de bombe. On peut aussi l’être et être français, par exemple, et prendre le détachement culturel et "laïque" suffisant pour en rire. Un Jesus multipliant les pétro-dollars n’aurait fait pleurer personne par ici...

Il faut avouer que si ces caricatures existent, c’est que le monde musulman c’est mis en une position telle qu’il puissent être aussi malhabillement critiqué.

Si les états en sont rouges de colère, et si les populations se sentent agressées au point d’entrer en révolte, c’est qu’il y a au fond quelque chose de blessant. Mais quoi ? N’y a jamais que la vérité qui blesse ?

N’entendrons-nous jamais que la voix des musulmans revanchards et jamais celle des musulmans de la raison ?

Et au fond, l’image du monde musulman ne ressort-elle pas plus salie par ses propres réactions que par des mots et des gribouillages venus d’ailleurs ?

Par violette 1 - le 7 février 2007
Remarquable exposé, qui ne pêche que par un seul point, l’analyse qui est faites de la caricature de Mahomet une bombe sur la tête.Celui ci a t’il préché la violence ? a t’il été violent ?Si la réponse est oui, alors il s’agit bien d’une caricature, telle que la définit Mr Lévy.Si la réponse est non, alors il à raison.
Par François Lecomte - le 7 février 2007
Je suis francais et profondément laïc, et j’adhère complètement à votre analyse. Nombre de mes amis et collègues sont d’origine étrangère (arabes, asiatiques, ...), et je suis sidéré que certains occidentaux encouragent de cette facon la haine envers les musulmans en particulier. Y trouvent-ils un interet ? Je ne crois pas. Je pense qu’il s’agit avant tout d’une réaction de peur face à une culture et une religion qu’ils ne connaissent pas, mais dont ils percoivent malgré tout la force. Je ne vois donc qu’une seule solution : nos enfants doivent, dès le colllège, suivre des cours d’histoire des religions et des cultures. cela permettrait de démystifier les musulmans et l’islam pour les occidentaux, et de faire une vraie place aux musulmans dans notre société occidentale, d’héritage catholique. Sincères salutations

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