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Articles
Contribution de l’Islam à la renaissance de la pensée européenne (partie 2/2)
jeudi 8 novembre 2007 - par Tahar Gaïd
2 – La philosophie au présent L’impacte de la philosophie islamique sur la pensée moderne n’apparaît pas nécessairement à travers des idées concrètes qui pourraient être mentionnées dans telle ou telle œuvre d’un philosophe non-musulman. Il est néanmoins possible de mettre l’accent sur la notion du cartésianisme auquel se réfèrent les hommes de lettres voire des hommes politiques, pour ne citer que ces deux cas, afin d’exposer leurs points de vue sur un problème donné ou leur conception de l’organisation de la vie en générale. Un bref regard sur le travail accompli par Al-Ghazâlî nous édifiera à ce sujet. Al-Ghazâlî adopta le doute méthodique comme voie d’accès à la certitude philosophique. Il y traça une démarche dont il détailla les données dans son livre « Al-Munqid mina-d-dalâl » (Délivrance de l’erreur). Il argumenta avec force contre les idées irraisonnées en vigueur à son époque. Il se montra persuasif quant à la nécessité de l’autonomie de la raison dans la recherche des connaissances humaines qu’elles soient sensibles ou matérialisées, en y opposant le doute dès le départ de leur minutieux examen. Al-Ghazâlî porta le débat sur la question de la certitude et de la croyance, sur le problème de la différenciation entre les connaissances acquises par l’individu dans son état d’éveil et celles exprimées dans les songes. Il développa enfin la procédure du doute méthode, représentée sous la forme d’un esprit du mal mystificateur ou d’un devin trompeur et corrupteur. Il aboutit en définitif à cette certitude philosophique que rien n’ébranle et dont l’expression se définit par le report de la confiance sur les motivations et les impératifs intellectuels. Il parvient de la sorte, par le biais d’une méthode scientifique, à concilier le rationnel et le révélé. Le doute méthodique exposé en détail par Al-Ghazâlî eut de fortes répercussions sur la pensée de Descartes que les historiens désignent comme étant le père de la philosophie moderne. L’étude du « Munqid mina-d-dalâl » du premier et le « discours de la méthode » du second, dévoile la similitude des deux démarches. Il est possible aussi de soulever d’autres aspects de la philosophie d’Al-Ghazâlî qui eurent leur écho auprès de penseurs des temps modernes. C’est le cas du principe de causalité : Il replace le rapport de la cause à l’effet qu’elle produit dans son réel et l’estime en tant que relation temporelle de deux choses. Ce procédé d’analyse se retrouve chez David Hume. Ce fut la remarque faite en 1852 par Renan dans son livre intitulé « Averroès » : « Hume, dit-il, n’a rien apporté de plus qu’Al-Ghazâlî dans la critique du principe de causalité. Il est encore possible d’élargir la bénéfique comparaison entre les philosophes musulmans et les philosophes européens. Ce fut Spinoza qui subit l’ascendant de la pensée islamique, soit directement, soit par la voie d’Ibn Maynûn ou Maïmonide (1135–1204). De religion judaïque, celui-ci, s’imprégna fortement de la philosophie musulmane en terre d’Islam, comme l’atteste d’ailleurs son œuvre maîtresse « Le guide des égarés ». Il convient d’ajouter le groupe des Ikhwân aç-çafâ qui se constitua au Xème siècle à Bassorah, en Irak, Ils offrirent au monde une monumentale encyclopédie où figurent toutes les branches de la connaissance humaine. Ils comptent au nombre des guides du siècle de la Renaissance du XVIIIème en France. L’époque contemporaine se constitue en un espace plus ou moins stérile qui ne prépare pas loyalement la poursuite du débat entre les cultures et les civilisations. Elle renferme un danger qui ne cerne pas une culture donnée mais qui enveloppe toute l’humanité. Il est de l’intérêt des penseurs et des hommes politiques musulmans et ceux de l’Occident d’accroître leurs efforts pour se connaître d’une manière objective, équitable et sans complexe. C’est ainsi qu’il sera aisé de mettre sérieusement en branle la machine du dialogue entre les cultures. Mots clésTahar GaïdTahar Gaïd est né le 22 octobre 1929 à Timengache, Beni Yala (Wilaya de Sétif). Après des études aux médersas de Constantine et d’Alger, il exerce la fonction d’enseignant à Tighanif, près de Mascara, puis à Alger. Militant du PPA/MTLD, il participe à la lutte pour la libération nationale. Il prend l’initiative d’organiser des cellules FLN à Tihganif, anciennement Palikao. Arrêté en mai 1956, il est détenu pendant six années consécutives dans les prisons et les camps d’internements en Algérie. Dès 1963, il opte pour la carrière diplomatique en qualité d’ambassadeur dans plusieurs pays africains. En 1978, il cesse toute activité administrative. A partir de 1980, il se consacre dès lors aux aspects théoriques et pratiques de l’Islam. Il se signale par la publication du Dictionnaire élémentaires de l’Islam (OPU). Il est aussi l’auteur d’autres livres dont Réalités universselles de l’Islam( OPU ) et Religion et Politique en Islam (aux éditions Bouchene) Parallèlement à ces écrits, il publie à L’OPU un lexique philosophique arabe-français et français-arabe. Quelques ouvrages de cet auteur : Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article5 décembre 2007
opheon a dit :
Il est dommage que l’Occident ait endoctriné ses intellectuels contre certaines vérités historiques comme celles que Tahar Gaid propose à re-lire. l’hégémonie et l’orgueil de l’Occident ont toujours contribué négativement à avilir la pensée arabo-musulmane depuis plusieurs siècles comme si les musulmans étaient de trop, alors que l’histoire et crtains des historiens occidentaux que je qualifierai d’honnêtes se sont convaincus que leur civilisation doit beaucoup à celle du monde musulman. Certes, nous n’avons pas besoin d’entendre des panégiriques de la gloire du monde arabe mais l’esprit honnête de ceux qui se croient intellectuels doit accepter les faits réels de l’Histoire sans faire dévoiler leur complexe de "suprématie" qui n’est bon à rien. L’Histoire nous a toujours appris qu’une civilisation qui se croit hégémonique et pouvoir dominer les autres est une simple coquille vide. Mes respects à tout le monde.
12 novembre 2007
Lola a dit :
N.B. : quand je dis Connaissance, intellectualité, il s’agit de la Connaissance comprise et non de la Connaissance inculquée.
12 novembre 2007
Lola a dit :
A W. Je ne voulais pas vous répondre (pas le temps) mais je le ferai tout de même bien qu’il ne m’appartienne pas de le faire ni même, au fond, de m’exprimer sur ce site. Mais je veux simplement faire tinter une toute petite cloche aux oreilles des gens de la Oumma el Islamia qui s’expriment sur ce site. La remarque que vous me faites à propos du terme "intellectuels" je peux aussi vous la faire à propos du mot "mystique" que vous utilisez pour désigner une Connaissance qui se "situe" au dessus de la raison raisonnante et qui est utilisé de nos jours pour dénigrer (ne dit-on pas mystifier pour tromper ?) la métaphysique, la spiritualité véritable. Alors, cher W., ne reprochez pas aux autres les erreurs que vous faites vous-même. Ceci dit, pour moi, l’intellectualité englobe tous les degrés de la Connaissance. Quant à relire Descartes, quel en serait l’intérêt ?. Il n’y a qu’à observer les effets qui ont découlé de sa pensée, (comprise ou pas vraiment, cela importe peu). Déjà, à l’époque, Bergson lui reprochait de "découper artificiellement la réalité en morceaux". N’est-elle pas aujourd’hui à l’état de confettis ?. Cordialement. Salam. Salut. 11 novembre 2007
Waglioni a dit :
A Lola Très joli, très lourd de sens, ce que vous énoncez de façon lapidaire. Encore faudrait-il rendre tout à fait cohérents les mots et les notions. Par deux exemples, j’y vois plus qu’une difficulté : d’abord un "intellectuel" représente typiquement ce que vous semblez dénoncer, puisque ce mot et cette notion sont un héritage direct de la philosophie des lumières ; alors mettre en avant les "intellectuels musulmans" pour dire que cette philosophie est "excroissance monstrueuse" au regard de toute l’Histoire de l’Humanité (quelle belle expression !) voilà bien une contradiction, et je m’y connais. En effet, contrairement à vous, je ne classerai nullement Descartes parmi les penseurs à jeter dans les poubelles de l’histoire, même éclairées des pauvres lumières de la raison raisonnante. Vous semblez ignorer, ou occulter toute une part chez Descartes, qui puise à la meilleure des sources : tout comme Pascal, il appuie (parfois secrètement) ses raisonnements sur une certitude mystique, sur une expérience extatique qui dura plusieurs nuits. Il ne faut pas confondre Descartes, tel qu’il est expliqué aux enfants, le Descartes de la vulgate laïque, avec le vrai Descartes, que je vous incite à lire et relire, en accompagnant cette lecture de quelque bonne biographie. 11 novembre 2007
Lola a dit :
ESSALAM, Je suis de ceux qui se réjouissent du fait que les intellectuels musulmans n’aient pas trempé ni contribué à l’avènement des "Lumières", à la modernité occidentale, cette "excroissance monstrueuse" au regard de toute l’Histoire de l’Humanité. Il reste aux musulmans de s’atteler à "remonter" le temps, à retrouver leur authentique filiation intellectuelle,à retrouver la hiérarchie de la Connaissance et des Savoirs. Reconstituer "la Chaîne des Garants" de la pensée musulmane authentique, se libérer de l’esprit de système et remettre Descartes à sa place. Bien entendu, je souhaiterais que Chrétiens et Israélites en fassent autant. Wa Salam. 9 novembre 2007
Waglioni a dit :
Je ne répondrai, à l’anonyme qui ne trouve que l’insulte pour discuter de sujet sérieux, que ceci : je conteste une affirmation aussi péremptoire que "Le doute méthodique exposé en détail par Al-Ghazâlî eut de fortes répercussions sur la pensée de Descartes" et j’ai expliqué pourquoi cela me semblait un raccourci finalement trop rapide. Au contraire, je trouve que Faridb a très bien fait de rappeler l’importance d’Ibn al-Haytham, avec lequel on peut, en effet, parler de "fortes répercussions", puisque ses écrits sur l’optique sont publiés (traduits en latin) dès avant la fin du 16ème siècle, influençant très directement les travaux des géomètres et des astronomes (notamment Kepler), et par là, de Descartes, en effet. Mais Ghazâlî dans tout cela, j’en doute, et très fortement, d’un doute tout cartésien. 9 novembre 2007
Taremaillac a dit :
Abstract, le bien nomme Je n’ai pas parle d’hermetisme. Je ne parle pas de reconnaissance de l’autre. Je ne parle pas de choc de civilisation : si d’aventure j’en parlais, ce serait pour l’attester car, entre l’Islam et l’Occident, l’histoire est plus faite de guerre que de paix. N’oublions pas comment s’est terminee l’aventure musulmane en Andalousie. N’oublions pas comment Constantinople est tombee. Et voyez les guerres aujourd’hui en Afghanistan et en Irak. Je parle ici du fait historique, non de je ne sais quelle abstraction inutile. Lis ça la fin du paragraphe te concerne particulièrement. Je ne savais pas que le Soleil d’Allah brille sur l’Occident etait un livre de reference, mais bon : chacun ses sources. Ai-je conteste "l’influence décisive de la civilisation arabe sur celle de l’Europe" ? J’ai bien dit que la civilisation Occidentale doit beaucoup a tant de civilisation, y compris la civilisation islamique. Par contre, vous ne repondez pas a ma question : Quelle valeur, quel heritage artistique, scientifique ou politique ne de la Renaissance Italienne, Francaise et finalement Europeenne existe aujourd’hui dans l’islam ? Voyez-vous, abstract, vous avez seulement fait la demonstration que vous pouviez copier/coller un texte sur amazon.fr. C’est bien, mais ce n’est pas assez pour repondre a une question si simple. Quelqu’un de plus concret et de plus pragmatique pourrait-il/elle repondre a ma question ? Taremaillac 9 novembre 2007
Faridb a dit :
Bonjour, salam, On ne peut parler d’un sujet pareil sans évoquer Ahmed Djebar : "Du côté de la Renaissance. Sans minimiser les facteurs endogènes, on peut affirmer que la Renaissance, d’abord en Italie puis dans le reste de l’Europe, n’aurait pas été possible sans les apports du Moyen-age, donc sans la phase arabe de la science. Les valeurs que vous évoquez sont à l’ouvre dans la science arabe dès le IXe siècle pour certaines d’entre elles et surtout aux Xe et XIe siècles pour les autres. S’agissant de la rigueur logique, les arabes ont été les élèves des Grecs. La démarche expérimentale est au contraire le résultat d’une rupture par rapport aux conceptions anciennes. Et cette rupture s’est opérée en particulier avec le mathématicien et physicien Ibn Al-Haytham (XIe siècle). Dans l’introduction à son monumental traité d’optique (qui sera d’ailleurs traduit en latin et qui restera une référence, en Europe, jusqu’à la fin du XVIIe siècle), il affirme que la recherche scientifique procède par induction, par expérimentation et par déduction. Il applique ces principes dans ses travaux d’optique. 9 novembre 2007
abstract a dit :
Tarmillac, arrête de parler pour rien dire (place toi différemment que sous l’angle du choc des civilisations, c’est tout l’inverse que l’on expose). Le monde musulman est loin d’être hermétique comme tu l’imagines, c’est tout l’inverse, de même que l’intérêt des savants musulmans pour "l’autre" n’est pas tabou loin de là. L’ouverture d’esprit des musulmans n’est pas à démontrer, il ne faut pas se tromper d’agresseur. La reconnaissance de l’autre passe par la construction d’un soi, que font les armées occidentales dans le monde musulman ? Lis ça la fin du paragraphe te concerne particulièrement. http://www.amazon.fr/Soleil-dAllah-brille-sur-lOccident/dp/2226093583 "Alors que l’Europe se débattait dans un Moyen Age de conflits et de blocages, le monde arabe était le théâtre d’une admirable civilisation fondée sur les échanges économiques, intellectuels et spirituels. Dans toutes les disciplines - mathématiques, astronomie, médecine, architecture, musique et poésie -, les Arabes multiplièrent les plus prodigieuses réalisations. Venant d’Italie, de Sicile, d’Espagne et autres territoires soumis à la domination ou à l’influence arabe, passant par l’entremise de grands princes, comme Frédéric II de Hohenstaufen ou par le canal de nombreux voyageurs (négociants, pèlerins, croisés, étudiants), les réalisations de cette prestigieuse civilisation ont peu à peu gagné l’Europe où elles jouèrent un rôle déterminant dans l’éclosion de la civilisation occidentale. Sigrid Hunke brosse un tableau saisissant de cette rencontre entre l’Orient et l’Occident. L’influence décisive de la civilisation arabe sur celle de l’Europe - influence trop souvent passée sous silence, sinon ouvertement contestée - est enfin mise en pleine lumière. " 9 novembre 2007
Taremaillac a dit :
En admettant que la Renaissance soit vraiment islamique dans sa genese, en admettant que Al-Ghazâlî soit l’inspiration de Descartes, en admettant que tous les commentaires soient vrais, en admettant enfin que tous les articles sur la dette Europeenne a l’egard de la culture islamique soient vrais, il demeure une question primordiale a laquelle nul ne repond ici : Quelle valeur, quel heritage artistique, scientifique ou politique ne de la Renaissance Italienne, Francaise et finalement Europeenne existe aujourd’hui dans l’islam ? Je ne vois rien, de la Turquie au Nigeria, de Tanger a Djakarta qui puisse, de maniere significative, inscrire la Renaissance dans la culture islamique, ou inscrire l’islam dans la renaissance. Vraiment, si vous arrivez a repondre a cette question, alors vous aurez convaincus tous le monde. Une chose importante surtout : ce n’est pas parce qu’un peuple ou une civilation a invente quelque chose dans quelque domaine que ce soit pour que le reste de l’humanite lui en soit redevable ad vitam aeternam ! Nicephore Niepse a invente la photographie, et pourtant les meilleurs appareils photographique sont produits au Japon, alors qu’en France... Ce point de vue n’a rien de negacionsiste, et la civilisation occidentale doit beaucoup a tant d’autres civilisations. De la a dire que la Renaissance est islamique par essence, c’est vraiment pousser le bouchon un peu loin, et ce n’est dans l’interet de personne de travestire l’histoire. Salut. Taremaillac 9 novembre 2007
waglioni tu ne sait pas lire ? La réponse est inscrite dans le paragraphe que tu cites "les similitudes dans la démarche" Ce que montre justement ce texte, c’est la reprie de la pensée islamique par l’Europe. Cette reprise est ignorée surtout aussi parce qu’à l’époque les gars ne citaient pas leur source et disaient c’est moi qui l’ai fait. C’est le cas des fables de Lafontaine, c’est également par les similitudes qu’on a pu voir que le gars avait pompé. Par contre tu fais rire, c’est sur ton dernier paragraphe, c’est pire que ce que tu critiques dans la démarche... fallacieu 8 novembre 2007
Waglioni a dit :
Une question de méthode. Je voudrais soulever, cher Tahar Gaïd, une simple question de méthode. Quand vous écrivez : "Le doute méthodique exposé en détail par Al-Ghazâlî eut de fortes répercussions sur la pensée de Descartes que les historiens désignent comme étant le père de la philosophie moderne. L’étude du « Munqid mina-d-dalâl » du premier et le « discours de la méthode » du second, dévoile la similitude des deux démarches." quand vous écrivez cela, il faudrait que vous permettiez au lecteur de comprendre sur ce que vous entendez par "fortes répercussions". Car rien, dans la biographie de Descartes, rien dans le cursus de ses études chez les Jésuites, ne permet d’être aussi affirmatif. Sauf à penser que la scolastique et toute la suite de la philosophie occidentale fût imprégnée de la pensée de Ghazâlî. Sans doute, si l’on entend par là que cette imprégnation a été lente et diffuse. Mais on reste loin de ce péremptoire "fortes répercussions", expression qui suggère une action directe de la pensée de l’un sur la philosophie de l’autre. Loin d’ignorer, donc, l’influence directe ou diffuse de la philosophie islamique, l’importance des mathématiques dans la démarche de Descartes et de ses contemporains en Occident, semble plus beaucoup plus immédiat. C’est la mathématisation dans l’étude des phénomènes, qui a conduit Copernic, Galilée et Descartes à "révolutionner" l’ensemble de l’entendement. Alors, bien sûr, les mathématiques, l’algèbre en particulier, doivent beaucoup ou plus aux auteurs de la sphère islamique, mais il s’agit beaucoup plus d’un héritage reçu par l’Occident, que, là encore, de "fortes répercussions". Et puis, sans viser à refroidir l’enthousiasme pour al-Ghazâlî, il faudrait aussi rappeler que le personnage na pas eu que des facettes sympathiques. Sa participation active dans la répression de certains mouvements mystiques, me fait penser, à moi qui vis en ces débuts sinistres du 21e siècle, à certains "philosophes" actuels, qui hurlent avec les loups néo-cons. 8 novembre 2007
Comme plusieurs intervenants, je me pose la question de savoir ce qui s’est passé entre l’époque où la civilisation musulmane dépassait l’occident de la tête et des épaules, que ce soit culturellement, philosophiquement, scientifiquement, techniquement et artistiquement, et le 19ème siècle qui a connu la grande colonisation occidentale. Est-ce l’Occident qui s’est développé beaucoup plus rapidement (La Renaissance, les Lumières, l’industrie), est la civilisation musulmane qui a décliné ou est-ce les deux en même temps ? Plusieurs civilisations brillantes ont connu ou connaissent un déclin : assyriens, perses, égyptiens, grecs, romains, chinois, et l’Europe peut-être en ce moment même. S’il est vrai qu’il est inutile de ressasser la perte d’un passé brillant et glorieux, il est néanmoins utile d’analyser objectivement l’histoire. La blessure de la colonisation est encore ouverte, de nombreux articles et interventions en témoignent. Mais l’histoire ne montre-t-elle pas que cette colonisation, tout inacceptable qu’elle soit, est une des conséquences indirectes d’un déclin et n’en est pas la cause ? C’est un peu comme un homme affaibli qui attrape une bactérie et tombe malade. Si la bactérie qui a colonisé l’organisme est bien le déclencheur de la maladie, et si c’est bien elle qu’il a fallu combattre avec des traitements les plus drastiques, c’est l’affaiblissement de départ qui a ébranlé le système de défense de l’organisme et permis l’invasion par la bactérie. Une fois la maladie enrayée et la bactérie chassée, les causes de l’affaiblissement initial restent et doivent alors l’objet de toutes les préoccupations, et les soins de longue durée doivent lui être appropriés. Il serait peut-être intéressant de réfléchir sur les moyens d’y parvenir 8 novembre 2007
Jamal a dit :
Il semble qu’il y ait des individus qui soient irrités que l’on rappelle le passé exceptionnel de la civilisation musulmane. Peut-être devons-nous en avoir honte ou tout simplement devons-nous le cacher. N’en déplaise aux boudeurs, c’est une réalité incontournable. Alors que l’Europe sombrait dans les âges du Moyen Age, les savants musulmans se sont signalés par leur contribution considérable au progrès de la science, de la médecine et de la philosophie.
8 novembre 2007
Hervé a dit :
C’est reparti pour un tour, certains sur ce forum (qui est de qualité), vont encore la ramener pour dire que "nous sommes les meilleurs", l"es plus forts", que le monde entier doit tout à l’Islam et aux musulmans, le discours babituel que certains adorent pour cacher lu retard du monde arabe-musulman.
8 novembre 2007
Amina a dit :
Je voudrais rappeler à Tarmmallac et à ses amis, que grâce à la culture arabo-islamique, la culture grecque a été préservée contre la déperdition. Sans l’oeuvre des hommes de culture et des savants arabes, bon nombre d’écrits grecs ne nous seraient parvenus que dans leur version arabe. En dépit de l’éclipse de la culture arabe en Andalousie pendant deux siècles ou plus, l’Occident a continué à étudier cette culture jusqu’à l’époque contemporaine. La culture arabo-islamique a continué à exercer son charme sur de nombreux occidentaux. Un tel intérêt s’est manifesté à travers la continuation de l’oeuvre de traduction des travaux arabes qui a caractérisé l’époque de la renaissance. Ceci en dépit de l’accès direct à la culture grecque rendu possible à partir de la moitié du treizième siècle. A cette époque, les ouvrages écrits en grec ont été transposés directement dans le latin sans recours aux traductions arabes. La gloire de la culture arabo-islamique, elle la doit à son identité propre et à sa valeur intrinsèque. Bon nombre de ses apports sont restés méconnus des Grecs, qu’il s’agisse d’ajouts, de commentaires, d’inventions ou de découvertes mis à l’actif des Arabes.
8 novembre 2007
Ahmed a dit :
Dans son essai consacré à l’analyse de l’influence de la culture islamique sur l’Occident chrétien, T.C. Young affirme : « Il importe d’avoir constamment à l’esprit la dette morale que les Chrétiens ont contractée à l’égard de l’islam pendant un millénaire, en voyageant dans les capitales islamiques recevoir l’instruction des professeurs musulmans dans les branches de l’art, des sciences et de la philosophie. C’est l’islam qui a sauvegardé notre patrimoine classique jusqu’au jour où l’Europe s’est investie, une nouvelle fois, de cette responsabilité. La conscience de cette dette doit déterminer l’attitude des Chrétiens vis-à-vis de l’islam auquel nous devons porter nos dons culturels et spirituels en guise de reconnaissance. Le devoir de gratitude nous dicte d’honorer notre dette et d’affirmer notre vraie morale chrétienne, en dérogeant aux termes implacables de l’échange équilibré. Le don généreux et les témoignages de reconnaissance, voilà comment il nous sera possible de rendre son dû à l’islam ».
8 novembre 2007
Du IXe au XIIe siècle, le monde musulman connaît un rayonnement sans égal. Il s’étend de l’Espagne à l’Inde, avec des capitales de rêve : Bagdad, Cordoue, Grenade, Le Caire, Damas... De la philosophie à la médecine et à la botanique, des mathématiques à l’astronomie, son essor scientifique et culturel fascine, autant qu’il inquiète, l’Occident médiéval. Une période au cours de laquelle , la civilisation musulmane est parvenue à son zénith et dont l’éclat allait permettre à l’Europe de frayer les voies de sa renaissance. 8 novembre 2007
Bunnie a dit :
Taremaillac cherche à nier l’impact de l’islam dans la renaissance qui est pourtant un fait reconnu par tous les historiens. Mais Taremaillac préfère la négation historique à la vérité.
8 novembre 2007
Taremaillac a dit :
Oumma presente regulierement des articles de ce type. Je souhaiterais exprimer ma perplexite au sujet de la Renaissance qui serait initiee par les musulmans. Qu’y-a-il d’islamique dans la Renaissance ? C’est un mouvement ne en Italie et emplifie en France. C’est un mouvement qui puise ses racines artistiques, philosophiques, politiques, litteraires et scientifique dans la Grece et/ou la Rome antique. Que l’Andalousie ait participe d’une maniere ou d’une autre a la conservation, l’elaboration, l’amelioration et la transmission de la culture antique a une Europe qui s’extirpait d’un age sombre, pourquoi pas ? C’est sans doute vrai. Ce que je ne vois pas, chers amis d’oumma, c’est une once d’islam dans les valeurs de la Renaissance. Par ailleur, c’est assez de parler d’Age d’Or : ces ages d’or, dans quelque civilisation que ce soit, n’ont existe que pour quelques nantis - voyez aujourd’hui les USA et l’Europe : n’est-ce pas un Age d’Or ? Pourquoi tant de misere alors ? Un peu de retenue et de serieux ne peut pas faire de mal. Derniere chose : si l’Islam est a l’origine de la Renaissance, ou est celle-ci dans les arts, les lettres, la philosophie ou les sciences musulmanes ? Allons, tous cela c’est du folklore a mon sens, plus que de l’histoire. Taremaillac. 8 novembre 2007
adapa a dit :
L’âge d’or de l’islam correspond à une période d’ouverture, une partie de la populatino dont des savants et intellectuels n’étaient pas musulmans, et qu’ils soient musulmans ou pas ils avaient une certaine liberté de travail. Et d’autres part, certains dirigeants musulmans étaient ce qu’on apelle des leaders éclairés, c’est à dire qu’ils avaient le goût pour la connaissance. Puis il vint une époque, à peu prés à l’époque des croisades et des invasions mongoles, où théologiquement l’interprétation n’était plus de mise, enfermant la pensée musulmane de façon dogmatique, ce qui eu une influence sur la science et la philosophie. Et sous l’empire Ottoman, au lieu d’ouvrir des observatoires astronomiques, on les fermait. D’autre part à cause de cette fermeture, quand l’imprimerie décolla en europe, elle fut mal vue dans le monde musulman, et donc fut peu utilisée, ce qui accéléra encore plus l’écart au niveau du développement des connaissaces entre l’occident et le monde musulman. L’empire ottoman avait l’ambition de pouvoir concurencer l’occident, mais ne s’est jamais donné les moyens de réussir, car il faisait exactement l’inverse de ce qu’il fallait faire. Et même actuellement, malgrés l’intrusion de l’occident dans les pays musulmans, ceux ci restent à la traine au niveau recherche scientifique. En fait c’est la turquie, qui est la plus active à ce niveau, d’un autre côté c’est le seul pays musulman qui a cherché à se rapprocher de l’occident et à s’éloigner de la culture conservatrice du monde musulman. 8 novembre 2007
faridb a dit :
Bonjour, A lire certains commentaires il est important de préciser que le rappel, l’histoire et la mémoire de cette période faste (ouverture des communauté juive, chrétienne et musulmane) ne sert pas de pretexte pour ressasser le passé nostalgique et glorieux de la pensée islamique et de son influence sur les sociétés modernes occidentales sur le plan philosophique et scientifique. Pourquoi quand on parle de l’héritage grec ou latin de l’europe on ne crie pas au passéisme, à la résignation nostalgique du passé ??? Il est important de le dire et l’auteur Tar Gaïd a raison de le rappeler car c’est une façon de raviver la vérité historique trop souvent étouffée par la pensée unique triomphante (tenue par des pseudo historiens, journalistes, orientalistes, pape Benoit XVI ...) qui impose l’idée que le maillon de transmission islamique soit n’a jamais existé ou alors il n’a été que superficiel. Superficiel dans le sens que la pensée arabe et islamique n’a fait que traduire le corpus grec sans y apporter de valeur ajoutée ou impregner une empreinte spécifique à cette pensée musulmane. ################################## Le rappel de la vérité historique réalisé par M Gaïd est salutaire dans l’intérêt développé ci-dessus. Et das ce sens on ne peut que remercier l’auteur de sa contribution. C’est une démarche active loin de toutes considérations passéistes et stériles. Il est important non seulement pour les musulmans mais aussi pour les chrétiens, les juifs et les laïques (certains penseurs étaient athés) de connaitre cette contribution, cette vérité historique car c’est un apport ocoeménique à l’héritage européen. C’est aussi une leçon des consequences formidables de l’ouverture des communautés, de l’échange, du vivre ensemble ... ################################### 8 novembre 2007
Mario a dit :
Pourriez-vous m’expliquer pourquoi un ecivilsation aussi brillate que l’islam est aujourd’hui une civilisation qui n’ a aucune influence dans le monde.
8 novembre 2007
Tawfiq a dit :
Cet article très intéressant de Tahar Gaid nous rappelle les moments forts de la culture islamique, et ce d’autant plus à propos qu’aujourd’hui les vents de l’obscurantisme semblent souffler de toutes parts dans les pays musulmans.
J’aimerais tellement lire un autre article de Tahar Gaid, où il nous expliquerait les raisons de la décadence de la culture islamique, à l’issue de sa période de gloire.
8 novembre 2007
houd93 a dit :
Salamou’alikoum Regarder le passé n’est benefique que si on en tire des leçons pour construire l’avenir . Mais si c’est pour vivre avec des regrets ou chagrin d’un passé glorieux cela est nefatse comme dit allah dans sourate (la vache) verset 134 ! "Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu’elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu’ils faisaient" 8 novembre 2007
Amri a dit :
Ce passé glorieux de la civilisation musulmane ne doit pas cacher le retard que connait cette civilisation dans tous les domaines.
8 novembre 2007
Salam, Il y a un livre que j’ai beaucoup apprécié et qui résume bien la manière dont l’Islam a façonné le monde moderne : "Le soleil d’Allah brille sur l’occident" de Sigrid Hunke. A titre d’info pour celles et ceux qui ne connaissent pas le livre. Cordialement. 8 novembre 2007
La grande influence en effet de la civilisation et de la pensée islamiques sur la pensée européenne durant différentes époques a continué de l’orienter vers des domaines non encore investis. Il est important de souligner ici l’influence des ouvrages et des commentaires du philosophe et érudit Abou Al Walid Ibn Rochd (Averroès) des écrits d’Aristote sur l’esprit rationnel européen à partir du XIIIe siècle, influence qui a poussé les historiens de la Renaissance, dont les ouvrages sont parmi les plus crédibles, à dire que la pensée d’Ibn Rochd était à l’origine de l’évolution de la pensée européenne, de son développement et de sa libération des résidus du Moyen Âge et de l’époque des ténèbres où l’Église occidentale dominait la pensée rationnelle donnant lieu à l’ignorance et à la superstition et où un combat sans merci a été engagé contre la recherche du savoir, jusqu’à l’avènement
8 novembre 2007
Farid a dit :
Bonjour, salam, Il est important en cette période de rappeler la participation de la pensée musulmane à l’héritage philosophique européen. Car on a trop tendance à schinter le maillon musulman et lier directement l’héritage grec à la civilisation européenne. La civilisation musulmane a généré une période faste pour l’échange intelectuel c’est la période EL Andalus. Echange bouillonant entre musulman, juif et chretien jusqu’ à la Reconquista. L’exil forcé (Inquisition) a engendré une forte diaspora juive dans toute l’europe et des savants comme Montaigne, Spinosa d’origine juive mais excommunié par sa propre communauté pour ses idées laïques (la nature remplace le Dieu de Descarte ou de Newton) puis Einstein(physique), Freud(psychanalyse), Marx(économie) ... L’échange entre culture a été un terreau fertile pour l’humanité, c’est une leçon pour les adeptes du choc des civilisations qui n’engedrera que stérilité. |
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