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Dimanche 14 Mars 2010
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Début du Ramadhan et date de l’Aïd : entre archaïsme et aspiration
lundi 8 octobre 2007 - par Jamal Mimouni

L’observation du croissant lunaire pour la détermination du début et la fin du mois de Ramadan, est un problème séculaire auquel se trouve confronté le monde musulman depuis des décennies, et qui ne semble pas vouloir disparaître malgré toutes les avancées scientifiques[1].

Ce problème est-il lié à la difficulté scientifique de trouver une solution adéquate permettant la prédiction de la visibilité du croissant, ou bien est-il inhérent à « l’état » présent de la Oumma ? Est-ce un problème dont les termes sont à la portée des seuls experts, ou bien est-ce un débat à la portée du commun des croyants ?

Nous discuterons dans cet article des termes de ce sempiternel problème qui se trouve posé avec acuité à la veille de chaque mois de carême, tant dans sa dimension scientifique que dans sa dimension jurisprudentielle (Fiqh), puis nous passerons en revue de manière aussi dépassionnée que possible, les différentes solutions envisageables. Nous prendrons l’exemple de la scène algérienne que nous connaissons, tout en nous appuyant sur d’autres pays musulmans, où la situation est en fait fort similaire.

Il est de notre avis que les termes du débat sont largement à la portée du musulman moyen et que le problème est trop sérieux pour être laissé à des comités d’experts sans remettre en cause leurs bonnes intentions.

Le croissant et la Oumma

Ce problème n’est certes pas nouveau, citons le Cheikh Mohamed Rachid Ridha le réformateur bien connu du début du siècle dernier :

« Depuis que nous avons atteint l’âge de la maturité, jusque notre âge avancé aujourd’hui, nous entendons les musulmans se lamenter des désagréments graves qu’occasionnent la détermination du mois de Ramadan et du premier du Chawwal de l’Aïd. Nous lisons chaque année que les habitants du Levant ont jeûnés tel jour, tandis que ceux d’Egypte tel autre jour, et ceux de la Mecque tel autre jour encore ».

Il finit sa tirade par ces mots de sagesse au vu de la polémique actuelle sur l’observation visuelle :

« Le témoignage sur l’observation [visuelle] du croissant, si elle se limite à une, deux ou trois personnes, ne peut’ être qu’équivoque et non contraignant au vu de son caractère fortement incertain ».

Comment est-on arrivé à cette situation frisant l’absurde où la société et toutes les institutions de l’Etat sont tenues en otage par ce croissant facétieux qui « apparaît quant bon lui semble », nous conduisant à rester de ce fait dans l’expectative jusqu’à une heure avancée de la Nuit du Doute pour savoir si le jeûne sera bien le lendemain ?

Pourquoi les Musulmans doivent-ils toujours douter[2] alors que le reste du Monde, bien établi dans leurs certitudes, planifie une colonisation vigoureuse de l’espace[3], par le biais d’un « ballet » de satellites de communication et de télédétection.

Là où le bât blesse est que malgré les formidables progrès de la connaissance astronomique devenue à la portée de tous, la procédure adoptée par les pays Musulmans est tellement déficiente, que la grande majorité des observations prétendues du croissant du Ramadan en Algérie sont basées sur une impossibilité scientifique. Donc non seulement toute la Oumma, de Nouakchott à Djakarta, reste suspendue à l’observation d’un fugace croissant lunaire, mais lorsque l’on prétend voir ledit croissant, il n’y avait en fait le plus souvent rien à voir !

N’est-ce pas là un signe plus éloquent de la faiblesse civilisationelle de la Oumma !

Situation tellement « surréelle », que certains ont voulu y trouver un charme caché, voire une mystique, qui contraste avec la routine imposée par la vie moderne. Nous pensons pour notre part que pour une Nation en passe d’être marginalisée, cette dimension nostalgique dans l’incertitude liée à l’attente de communiqué d’observation est des plus discutable.

N’y a-t-il pas une allégorie relative à la manière dont ce croissant, emblème glorieux de l’Islam dans ses jours fastes, est devenu aujourd’hui le symbole de l’incertitude et de la désunion ?

La Formation du croissant lunaire et son observation

Décrivons brièvement la formation du croissant lunaire et en quoi consiste son observation. Rappelons tout d’abord que le calendrier hégirien est un calendrier lunaire de 12 mois[4], où chaque mois débute par l’observation de la nouvelle lune. Le mois de jeûne débute selon l’injonction coranique bien connu, par l’observation de l’occurrence de la nouvelle lune du mois de Ramadan : « …quiconque parmi vous sera témoin de la naissance de ce mois, se devra de le jeûner… ». 

Ceci est précisé dans le fameux hadith du Prophète : « Jeûner dés l’observation du croissant, et rompez le jeûne lors de l’observation du croissant [du mois suivant] ; et si le ciel est couvert, compléter le mois de Chaabane à trente jours ».

La problématique de la détermination des mois de Ramadhan et du Chaoual tourne en fait autour de la question de la vision du croissant. L’interprétation majoritaire des Fuqaha exige une observation visuelle de la nouvelle lune.

Du point de vue astronomique, la Lune dans son déplacement mensuel autour de la Terre va apparaître sous différentes phases (portions de surface éclairée par le Soleil), en raison des différences de perspective d’observation de la Lune relativement à un observateur terrestre. Chaque fois que la Lune s’intercale précisément entre la Terre et le Soleil[5] constituant la conjonction, elle sera invisible pour une durée variable (appelée « mahaq ») s’étendant sur un jour avant et après la conjonction. C’est la période entre la disparition du croissant du matin et l’apparition de celui du soir.

L’instant exact de la conjonction (ou nouvelle Lune) peut être calculé de manière très précise. Par ces calculs, on peut ainsi déterminer la conjonction du Ramadan 2025 par exemple à quelques dizaines de secondes près. Ce qui est demandé du point de vue jurisprudentiel est l’observation visuelle du croissant et non sa simple naissance. Ce croissant est observable juste après le coucher du Soleil et suivant la période écoulée depuis la conjonction. Il pourra être vu à ce moment-là, comme il pourra ne pas l’être[6].

Ainsi donc, si la conjonction est un phénomène universel c’est-à-dire se produisant à un même instant pour tous les lieux de la Terre, l’observation du croissant par contre est locale et liée à la position géographique de l’observateur, son acuité visuelle, la météo locale etc. Il découle de tout cela, que la science ne peut donc prédire à l’avance quand le croissant sera observable !

Elle peut cependant préciser les conditions qui vont rendre possible son observation, et de fait, différents critères ont été développés tant par les anciens astronomes que par ceux de la période moderne.

Rappelons en particulier celui de l’astronome français André Danjon appelé critère de Danjon qui se base sur l’observation : le croissant ne peut se former (donc avoir une partie éclairée visible) que si l’angle de séparation entre la Lune et le Soleil dépasse 7° (dit élongation lunaire). En deçà de cet angle, il n’y a aucune partie éclairée visible de la Terre et donc pas de croissant[7].

Ceci correspond à un âge d’environ de 8h30 à 15h selon la saison durant laquelle se déroule la lunaison[8]. Il y a bien sûr le cas trivial où la Lune se trouve sous l’horizon lors du coucher du Soleil et pour lequel l’observation du croissant ne se pose pas en principe.

D’autres critères astronomiques plus fins intègrent les paramètres locaux et permettent de préciser quand le croissant peut indubitablement être vu. Ces critères constituent en quelque sorte un droit de veto sur son observation potentielle. Son utilisation est incorporée dans ce que l’on appelle « Imkan al-Ru’yah » développé par les astronomes et adopté par les jurisconsultes contemporains comme garde-fous contre des observations visuelles erronées.

Ce critère est réaffirmé religieusement durant les différentes conférences sur le sujet qui rassemblent les Fouqaha et les scientifiques musulmans. Il figure par ailleurs de manière proéminente dans la liste des critères utilisés par le Comité National des Croissants Lunaires du ministère des Affaires Religieuses Algérien pour émettre ses fatwas au début à la fin du Ramadan.

Il est clair que Imkan al-Ru’yah ne peut être utilisé pour décider de la date du premier du mois, car du point de vue du Fiqh usuel, le fait que le croissant peut être vu est insuffisant. Il faut qu’il soit effectivement vu.

Contradictions avec des Vérités Cosmiques

En pratique, le critère d’« Imkan al-Ru’yah », qui est poutant présenté comme un cas d’école de l’harmonie entre la science et la religion en Islam, n’est jamais appliqué. Aussi se retrouve-t-on dans des situations incongrues où le début et la fin du mois de jeûne est en contradiction totale avec les données scientifiques. Cette situation est-elle anecdotique ?

Que nenni, cela se déroule malheureusement chaque année dans une grande partie des pays musulmans. Ainsi dans une étude novatrice, plusieurs scientifiques[9] ont montré après avoir épluché 40 années de données du Ministère des Affaires Religieuses d’Algérie au sujet des dates du mois de Ramadan et de l’Aïd, que 75% des cas d’observations présumées du croissant se trouvaient être en contradiction avec les données scientifiques, et que 14% des cas était dans une situation de contradiction « absolue », car la Lune était sous l’horizon lorsque le Comité des Croissants Lunaires (CCL) avait entériné ces prétendues observations.

Cela a continué de plus belle depuis. Pour notre part nous avons comptabilisé bon an mal an au moins un cas de contradiction entre l’observation présumée et l’impossibilité de fait[10].

Le taux d’erreur devrait approcher les 100% pour un pays comme l’Arabie Saoudite connu pour être chaque année le « précurseur » parmi les pays musulmans, et ce malgré sa position géographique défavorable pour l’observation par rapport aux pays situés plus à l’Ouest. Notons que le Maroc au fil des années semble être le plus rigoureux dans l’observation visuelle, faisant ainsi débuter le mois de Ramadhan un jour après les autres pays Arabes, malgré leur position plus à l’Ouest.

Il est un cas récent particulièrement parlant du début du mois Ramadan 2005 qui coïncide comme on le sait avec une éclipse annulaire du Soleil en fin de matinée du 3 Octobre. L’élongation angulaire de la Lune était de moins de 3° lors du coucher du Soleil ce jour-là, bien loin de la limite inférieure de Danjon, et la Lune se couchait quasiment avec le Soleil. Pourtant trois cas séparés de prétendue observation furent acceptés par le comité des croissants en Algérie, faisant fi de l’impossibilité absolue d’une telle observation.

Et pourtant le responsable de l’observatoire astronomique de Bouzaréah près d’Alger (CRAAG), représenté au niveau du comité des croissants, les avait informés de cette impossibilité. Mais là encore, « l’adorable » critère d’ « Imkan al-Ru’yah » ne fut pas invoqué. Même situation au Machreq, où plusieurs témoignages fusèrent firent débuter le Ramadan le lendemain même de la conjonction sur la base « d’observations du croissant ».

Au Nigeria, des groupes de fidèles ont « vu » le croissant la veille de la conjonction. Sur ce témoignage, les musulmans de ce pays ont débuté le jeûne le jour de l’éclipse ! Là encore, l’observation visuelle d’un quelconque citoyen semble plus crédible que la science, qui permet de faire alunir des cosmonautes et prédire les éclipses des siècles à l’avance. En fait, les cas ce type sont légion. Nous nous sommes attardés sur le Ramadan 2005, car l’éclipse solaire concomitante en fin de matinée rend encore plus patente l’absurdité de la situation.

Que dire d’une méthodologie qui se trompe au moins trois fois sur quatre ! L’observation visuelle du croissant nous a menée irrémédiablement vers une impasse.

Comment peut-on accepter que la visibilité du croissant malgré la simplicité astronomique du phénomène puisse être en contradiction avec des données scientifiques certaines ? Comment peut-on concevoir que des millions de musulmans puissent accomplir un des piliers de leur religion en contradiction flagrante avec des vérités cosmiques  ?

Comment ose-t-on encore se décrire potentiellement comme la Oumma de la science (Oumatul-ilm ) alors que l’évocation de ces chiffres terribles témoigne d’ un Waterloo de la raison ?

Rumeur de « Fitna » et cas de fétichisme

Plus grave encore, on ne semble rien apprendre de nos erreurs. Comment le pourrait-on ? Alors que le croissant qui « a été aperçu » entre en contradiction avec les déclarations des astronomes. Aucune commission d’enquête n’a été formée à aucun niveau pour percer le mystère de ces croissants, qui sont scientifiquement invisibles, surtout lorsqu’ils s’avèrent être en dessous de l’horizon lors de l’observation présumée.

Rappelons également que le grand public n’est même pas tenu au courant de cette controverse. Il ne faut pas semble-t-il créer de « fitna » (sédition) ou de « balbala » (confusion) dans la société Encore une fois, on infantilise les citoyens sous prétexte qu’il en va de l’intérêt de la cohésion sociale. Alors que certains parmi nous qui mis au courant de cette situation, n’hésitent pas à affirmer qu’il suffit d’avoir la « niyya ».

Pourtant un hadith bien connu précise  : « Ma Oumma ne s’accordera jamais sur une erreur », ce qui suggère comme règle de conduite la poursuite de la vérité au dépend d’éphémères petits gains terrestres. Un aphorisme bien connu de l’Islam affirme également que « La vérité est toujours préférable à suivre [que l’erreur] » érigeant ainsi la poursuite de la vérité comme règle générale de conduite.

L’Islam ne se définit-il pas « Din al-Haqq » (La religion de la Vérité). Le Dieu que nous adorons n’a-t-il pas pour attribut « la Vérité ». Aussi comment peut-on se complaire dans ces petits mensonges en invoquant l’excuse puérile de rechercher la concorde sociale ?

Pourquoi fait-on si peu de cas de ce critère d’« Imkan al-Ru’yah », malgré le support universel des instances religieuses pour ce principe ? En pratique, on l’invoque lorsqu’il n‘y a pas de problème, et on l’escamote dans le cas contraire[11].

La réponse la plus plausible est qu’au-delà d’un manque de confiance envers la science que cela révèle, l’observation visuelle est tenue pour absolue et la science relative. Ce qui dénote un esprit « primitif » qui donne une prééminence au jugement des sens aux dépens dépend de l’analyse et de la raison. En fait la science n’a pas pénétré les consciences et ne sert souvent dans les discours officiels, surtout religieux, que de faire-valoir.

Cette insistance sur l’observation directe pour valider l’entrée du mois, semble transformer cette observation qui était à l’époque du Prophète le seul moyen disponible, en un acte d’adoration. Alors que l’acte en tant que tel est un moyen (wasila) pour s’assurer de l’entrée du nouveau mois et non une fin en soi.

Ce renversement de l’ordre des choses a permis une sacralisation de la vision du croissant. Cette méthode d’observation a été littéralement tournée en rituel. Or sacraliser des objets, des actes, des procédures, sont autant de marques de fétichisme, ce qui est abhorré par l’ Islam.

Archaïsme des Institutions de l’Etat

Revenons sur l’ampleur de la « catastrophe ». Comment des Etats modernes peuvent-il accepter quasiment, que chaque année le début du jeûne soit en contradiction avec les données astronomiques les plus élémentaires,

Le Ministère des Affaires religieuses (MAR) à travers son CCL (Comité des Croissants Lunaires) est le seul habilité à décider de ces dates. Mais que faire lorsque l’erreur est patente et que d’autres institutions de l’Etat et de la société civile en mesure de corriger ces erreurs ne jouent pas le jeu ?

Prenons toujours le cas de l’Algérie.

Le CRAAG tout d’abord qui est un centre de recherche en astronomie et géophysique dépendant du ministère de l’intérieur, (la seule instance liée directement à l’astronomie qui existe en Algérie) est parfaitement habilité à dire si oui ou non le croissant sera visible et donc d’inférer son observabilité potentielle.

Il produit chaque année un rapport[12] à ce sujet qui malheureusement n’est guère pris en compte par le CCL[13]. De même que l’astronome présent en tant que consultant et non membre du CCL n’est là que pour être un faire-valoir, son avis n’étant guère pris en compte et son intervention en direct se limite à des généralités sur le Ramadhan et non sur l’astronomie du croissant. Interrogé sur cette question, son directeur invoquera candidement le devoir de réserve du CRAAG.

Il y a de fait un embargo médiatique[14] sur toutes les informations concernant la Lune et sa visibilité, comme si parler de ces choses serait marché sur les plates-formes du CCL.

Nous considérons pour notre part que la Lune ne leur appartient certainement pas. Ils sont seulement habilités à émettre une fatwa sur le début du mois de jeûne, et non sur le mouvement de la Lune.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur (MES) en tant qu’institution scientifique possède en son sein des centaines de chercheurs en physique, sciences de la Terre… Il pourrait à travers ses différents comités scientifiques, informer et corriger les informations qui circulent. Il s’agit bien de la science d’un Ibn Haitham, Galilée, Newton, Einstein qui s’applique à l’Univers matériel, à moins qu’on abdique en considérant que ces lois s’appliquent partout, dans le monde musulman particulièrement à la veille du Ramadhan et de l’Aïd.

La Société Algérienne de Physique, qui est une association professionnelle nationale comptent dans ses rangs des centaines de physiciens. Mais atteinte d’aphasie et de sclérose depuis sa création il y a plusieurs décennies, elle est notoirement absente de tous les débats d’idées relatifs à la science et à la société. Sa devise semble être le silence est d’or… Pourtant l’astronomie du croissant lunaire relève de la physique de base.

Il y a aussi le CTS (Centre des techniques Spatiales) d’Arzew, ainsi que ces dizaines de laboratoires de recherche[15] rattachés aux différentes universités, et spécialisés en physique, engineering, sciences spatiales, autant de voix à faire entendre sur le sujet.

L’Office Nationale de la Météorologie qui diffuse un bulletin quotidien sur l’état de la météo repris par les différents médias y compris par la télévision nationale, bulletin qui inclue des données astronomiques tels que les levers et couchers du Soleil et de la Lune. Pendant plusieurs années consécutives, le bulletin de météo du journal de 20h à la télévision nationale oblitéra les informations sur l’heure du lever et du coucher de la Lune la veille du Ramadhan. S’agissait-il d’autocensure ou de l’exercice d’un droit de réserve poussé à l’extrême ?

Il est vrai qu’il manque une voix d’autorité sur le sujet, comme celle d’une Académie des Sciences, mais malheureusement cette institution après 45 ans d’indépendance de l’Algérie n’existe toujours pas.

La presse quant à elle, a un rôle éminemment positif à jouer, en allant chercher l’information à la source sans se satisfaire de communiqués d’experts autoproclamés[16].

Cela implique qu’elle sache distinguer l’ivraie du bon grain, et elle ne charlatanise pas la science en créant « des monsieurs » Science à partir de personnalités douteuses ayant des accointances avec les milieux astrologiques, spécialistes autoproclamés en astronomie, géophysique, séismologie, météorologie, tsunamis, armes non conventionnelles, et j’en passe…

Les Carl Sagan, Hubert Reeves, Haroun Tazieff, ont été des scientifiques émérites avant de devenir des figures de proue de la vulgarisation scientifique et non l’inverse ! Cela implique aussi qu’elle ait en son sein de véritables reporters scientifiques et non pas des « colporteurs » d’information ou des spécialistes du copier/coller.

Les Solutions Possibles

Trouver une solution adéquate au problème du début et de la fin du mois de jeûne est actuellement d’une grande complexité. Cette questiona éte rendue encore plus complexe, avec l’existence de « couches de fatwas » sur le sujet émises à des périodes diverses et émanant d’instances souvent hétérogènes, d’écoles jurisprudentielles (Madhahib) différentes, et à partir de pays aux régimes très différents, sans omettre l’avancée technologique qui a rendu obsolète nombre de ces jugements sans pour autant qu’ils soient invalidés.

Nous allons désormais tenter dé dégager une typologie simplifiée des solutions possibles en vue de sortir du chaos actuel. A ce titre, nous distinguerons trois solutions.

La primauté absolue à l’observation visuelle :

La première solution consiste à continuer avec la règle implicite actuelle qui confère à l’observation visuelle directe la primauté absolue, donnant ainsi à un berger de la ville d’El Oued ou des Némenchas, le pouvoir de décider de la date du Ramadhan pour l’Algérie. Même si comme c’est trop souvent le cas, son observation est en contradiction avec les données astronomiques, ce qui constitue une porte ouverte au chaos.

Quand bien même aucune observation locale n’a été rapportée, on peut vous tirer le joker[17] que d’autres pays du Machrek l’on vu, créant ainsi une situation d’incertitude complète.

Cette règle est en général appliquée en conformité avec le principe de « Tawhid el-Matali’ » prenant la Terre comme un « horizon unique », et qui déclare que l’observation du croissant dans un lieu donné impose le jeûne[18] à tous les pays avoisinants qui partagent une partie de la nuit avec ce lieu.

Ce principe généreux en soi et unificateur, constituait dans le passé une solution admirable mais le morcellement de la Oumma conjugué au manque de rigueur et de cohérence des instances officielles chargées du suivi, l’on transformé en cauchemar.

Une critique plus radicale de la visibilité à l’oeil nu est, comme nous allons le démontrer assez facilement, expose des situations qui mènent à des mois de 28 jours, voire même de 31 jours , qu’il s’agira ensuite de « rattraper ».

Solution d’harmonisation avec considération d’ « Imkan al-Ru’yah »

Cette solution dite « tawfiqi » ou d’harmonisation consiste à prendre en considération l’« Imkan al-Ru’yah ». Ainsi se base t-on sur l’observation visuelle du croissant en adoptant comme garde fou la condition de sa visibilité potentielle telle que déterminé astronomiquement.

Cette solution a fait au fil des années l’objet de nombre de congrès associant fuqaha et astronomes. Elle constitue la solution la plus consensuelle actuellement. Ainsi aurait-on le meilleur des deux mondes, elle s’avère malheureusement en pratique difficile à mettre en œuvre. D’abord, ainsi que nous l’avons vu, il suffit d’un conflit entre une observation reportée et la possibilité d’observation pour que les comités officiels se rabattent sur l’observation visuelle annulant de fait l’ « harmonisation » escomptée.

Si cette règle est associée avec le principe de l’ « horizon unique », la confusion demeure, surtout lorsque l’on prend en considération les contrées éloignées. Si de plus, les pays musulmans ont la Nuit du Doute (le 29 du Chaabane) en des jours différents, le problème devient alors ingérable.

La règle de la conjonction

Cette règle qui dispense totalement de l’observation directe du croissant, est basée sur l’occurrence de la conjonction du 29 du Chaabane avant le coucher du Soleil à la Mecque, auquel est ajouté la pré-condition que la Lune se couche après le Soleil en ce lieu.

L’implémentation de cette règle est pleinement adaptée aux conditions des communautés musulmanes en Occident ou le caractère « nationalitaire » rend particulièrement difficile le suivi d’un pays musulman. De plus, elle permet de s’affranchir des aléas d’un jour flottant pour l’Aïd el-Fitr : les musulmans pourront alors demander à leur employeurs une journée d’absence, la réservation de salles de prière (gymnasium et autre) pourra se faire à l’avance pour un jour déterminé, alors qu’ils sont souvent astreints actuellement à réserver deux jours de suite.

Mieux encore, elle permettrait que les fêtes musulmanes soient reconnues officiellement par les autorités de chaque pays, ce qui n’est pas le cas actuellement. Aussi a-t-il été adopté par un plusieurs organisations islamiques en Occident. C’est le cas de la plus grande organisation musulmane aux Etats-Unis, ISNA (Islamic Society of North America), ainsi que pour l’Europe de l’European Council of Fatwa and Research présidé par Cheikh el- Qardhaoui, qui ont sur cette base décrétée le 1er Ramadhan 1428, le Jeudi 13 Septembre, et le 13 Octobre pour l’Aïd el-Fitr.

Le morcellement des instances islamiques en France est tel que le consensus doit être réactualisé chaque année. Le CFCM est cependant devenu au cours des dernières années une instance reconnue par l’Etat Français et dont les décisions sont assez largement suivies par les Mosquées et organisations islamiques de France. L’ISNA a quant à elle, publiée les dates du début du Ramadhan et de l’Aïd pour les cinq prochaines années.

Une telle solution pourrait-elle être adoptée par les pays musulmans eux mêmes à l’avenir[19] ?  Cela permettrait d’en finir avec cette monstruosité d’Etats en suspens jusqu’à une heure tardive de la Nuit du Doute, ne sachant pas sur quel critère, ils fonctionneront le lendemain, ou si ce jour sera déclaré jour férié. On s’habituera ainsi à connaître à l’avance le début du mois de jeûne et la fête de l’Aïd comme on s’est habitué à ne plus scruter le ciel pour repérer la position du Soleil afin de déterminer les heures de prière, mais d’utiliser la table des horaires de prières. Si la solution d’harmonisation continue à ne pas marcher, l’utilisation du critère de la conjonction par rapport à un point de référence, telle que la Mecque qui pourrait constituer la seule solution viable pour la Oumma. Il ne restera que la nostalgie de l’observation visuelle pratiquée durant plus de quatorze siècles…

Notons que même si cette solution est déconsidérée par les instances officielles de plusieurs pays musulmans (le fait qu’elle ne se réfère plus à l’observation visuelle), elle a déjà été appliquée en Algérie dans les années soixante-dix et vigoureusement défendue par le président du Haut Conseil Islamique de l’époque, le feu Cheikh Ahmed Hamani.

Une fausse solution

D’autres idées ont été proposées pour résoudre le problème du croissant lunaire. La palme de l’incongruité va certainement à l’idée de lancer un satellite « islamique » pour observer le croissant depuis l’espace. Cette idée d’une extrême naïveté semble avoir été soutenue par la Ligue Islamique Mondiale et par certaines universités égyptiennes, et même paraît-il par certains universitaires français liés aux milieux industriels.

L’absurdité de la proposition est patente quand on discute des senseurs à utiliser pour détecter le croissant. Si cela s’effectue avec des moyens optiques, il va falloir décider quelle longueur d’onde utiliser. Si c’est dans le visible, il va falloir brider leur sensibilité au risque de voir systématiquement le croissant, à moins que l’on n’envoie un astronaute musulman sur orbite, auquel cas il s’agira de prévoir une navette « islamique » prête à être lancée pour le début et la fin du Ramadhan[20].

Si on utilise les ondes radio, la Lune est déjà visible au radar situé sur Terre, donc retour à la case départ, on reste sur Terre en utilisant des radiotélescopes.

Persistant dans cette escalade de l’absurde, il est clair que la solution ultime (qui a d’ailleurs été envisagée dans certains milieux) consisterait à envoyer à chaque début du mois de Ramadhan des astronautes (des « islamonautes ») sur la Lune, précisément dans la région de formation du croissant. Là, après avoir passé un certain temps dans l’obscurité la plus complète et à des températures proches du zéro absolu (nous rappelons au lecteur que la Lune est dépourvu d’atmosphère), ils verront graduellement se répandre sous incidence ultra rasante la lumière solaire qui formera éventuellement la région illuminée du croissant, et pourront alors contacter la Terre pour annoncer la bonne nouvelle.

Voilà où nous mène une lecture littérale sans utiliser le jugement critique. En fait, et comme le souligne fort à propos les tenants du calcul, le hadith sur l’observation visuelle du croissant précité n’implique nullement que cela soit l’unique solution pour s’assurer de l’entrée du nouveau mois, mais seulement la seule solution disponible du temps du Prophète.

Les aspirations du Musulman du XXI ième Siècle

Le musulman de ce début du XXI ème, aspire à être un citoyen du monde tout en préservant ses valeurs spirituelles et morales. Cette harmonisation entre la rationalité et l’authenticité, il l’appelle de ses vœux les plus chers. Son engouement, malheureusement déplacé, pour ce qui est communément appelé l’I’jaz ilmi du Coran n’est-il pas à la mesure de son désir ardent de réconciliation entre les valeurs de ces deux mondes ?

Aussi, l’archaïsme de l’Etat et de ses institutions qui le font jeûner de manière aléatoire et en contradiction avec la science contemporaine doit cesser. C’est un Etat moderne inséré dans les valeurs de l’Islam auquel aspire le Musulman, et non un Etat aux institutions moyenâgeuses travaillant en autarcie. La crédibilité et la cohérence d’un Etat impliquent que ses instances parlent d’une seule voix, et non qu’elles se complaisent dans l’incohérence, la contradiction et un silence coupable.

Ce problème concerne la Oumma toute entière. Il est lié à la crise civilisationnelle, voire existentielle aigue auquel elle est confrontéevoire existentielle s instances de rechercher un consensust est observésolution viable pour la Oumma Affaires Religieuses..

L’interprétation littéraliste des textes, le problème de méthodologie, la manière dont l’observation du croissant est entérinée dans les différents pays musulmans, le peu d’intérêt des différentes instances dans la recherche d’un consensus, n’en sont que des symptômes.

Le Musulman de ce début du XXIème siècle et ses institutions sont comme tétanisés par leur lamentable situation socio-économique et géopolitique. Il ignore comment mettre en œuvre des mécanismes cohérents et efficaces à même de répondre aux défis présents, tout en préservant son authenticité et ses aspirations pour une religion ouverte sur l’universel.

Le Début du Ramadan cette année et sa fin

Le début du Ramadhan pour l’année 2007 ne pouvait être que le jeudi 13 septembre du fait que le croissant, le soir du mardi 11 Septembre ( correspondant à la nuit du doute en Algérie) n’était pas formé. Pire, la Lune s’est couchée avant le Soleil ce jour-là, ce qui demande que l’on complète le mois de Chaabane à 30 jours.

Quant à la fête de l’Aïd, la Nuit du Doute étant le Jeudi 11 Octobre pour les pays ayant débuté le jeûne le jeudi 13 septembre, Lune se couchant avant le Soleil ce jour-là, comme ce fut le cas au début du mois, elle ne pourra donc être vue. Ce qui implique un mois de Ramadhan de 30 jours et une fête de l’Aïd le samedi 13 octobre à la grâce de Dieu.

Il est de notre avis que les fatwas sur le début et la fin du mois de Ramadhan émises par l’instance religieuse de chaque pays se doivent d’être suivies par les musulmans. Une mauvaise fatwa qui ne touche pas à l’essentiel[21] est préférable à une « fitna » potentielle, surtout au vu de la fragilité de nos sociétés. Après tout, l’exactitude dans la performance du jeûne du mois de Ramadhan a une valeur fortement symbolique, en plus de constituer en soi un acte de taqwa, cette obéissance à Dieu qui nous pousse au respect de nos devoirs envers Lui.

Nous nous empressons d’ajouter qu’une fatwa n’a de valeur en tant que jugement légal que lorsqu’elle n’est pas en contradiction avec des faits introvertibles , ce qui serait tourner l’Islam en dérision. Et c’est ce contre quoi, en tant qu’intellectuels musulmans nous nous insurgeons.

De plus, le CCL a un devoir de transparence et de cohérence. Les termes du débat concernant l’observation du croissant sont simples et accessibles au grand public pour que ces fatwas ne soient pas émises comme on émettrait des firmans.

Un débat pédagogique serait le bienvenu lors de la veillée en direct au lieu des généralités sur le jeûne et les échanges de vœux et d’amabilité qui prennent place habituellement.

Nous espérons que les instances religieuses officielles des pays musulmans auront cette année la sagesse de prendre au sérieux le critère d’ « Imkan al-Ru’yah ». Et qu’elles ne valident pas des observations de croissant qui lui parviendraient la Nuit du Doute, de même que pour l’Aïd, nous permettant ainsi de jeûner sereinement les jours que Dieu nous a prescrit, sans ponction ni addition.



[1] En fait si le problème a toujours existé, mais à un niveau « sous critique », les prodigieux progrès scientifique , notamment au niveau des communications modernes, l’a exacerbé au point qu’il est vécu chaque année comme une source sérieuse de division, voire une « fitna » pour la Oumma.

[2] C’est bien dans le Monde Arabe que le doute sur l’alunissage des premiers astronautes a fait le plus d’émules, le tout basé sur un Cdrom à grande diffusion repiqué d’une émission insignifiante sur le plan scientifiquement produite par la chaîne Américaine câblée Fox TV.

[3] Les plans futurs la NASA parlent de missions humaines vers Mars en passant par l’établissement d’une base lunaire à moyen terme.

[4] C’est la relation entre les célébrations religieuses liées à certaines apparences de la Lune qui fait que l’adoption d’un calendrier lunaire par les musulmans est « naturel », quoique stricto sensu pas nécessaire. L’élaboration du calendrier hégirien est, comme il est bien connu, le fruit d’un Ijtihad des compagnons du Prophète.

[5] Empressons d’ajouter que l’intercalation n’est jamais très précise, sinon cela donnerait lieu à une éclipse solaire à chaque conjonction, éclipse qui est de ce fait relativement rare.

[6] En fait, l’âge du croissant est un bien mauvais critère pris de manière isolé vu que la visibilité du croissant ne dépend pas seulement de la longitude géographique du lieu (donc de l’âge proprement dit de la Lune), mais aussi de la latitude et de la période de l’année. Le record mondial de l’observation d’un croissant précoce est de quelque 13h30 pour l’observation avec des instruments optiques et de quelque 15h à l’œil nu.

[7] Ceci est dû au fait que la Lune en raison de son relief n’est pas parfaitement lisse, donc la lumière du Soleil arrivant sous incidence fortement rasante au tout début du mois lunaire ne se réfléchit pas en surface mais y est totalement absorbée, alors même que la conjonction a eu lieu.

[8] Notons que le critère de Danjon qui porte sur la formation même du croissant, joue le rôle d’un super critère. Il donne des estimations très libérales assez loin d’être réalisées en pratique.

[9] “Visibility of the thin lunar crescent : the sociology of an astronomical problem”, N.Guessoum & K.Meziane,

Journal of Astronomical History and Heritage, Vol. 4, No. 1, p. 1-14 (2001). Voir aussi des mêmes auteurs : « La visibilité du croissant lunaire et le ramadan », La Recherche, N316. Janvier 1999. D’autres études similaires touchant d’autres pays dans le Monde Arabe ont été publiées depuis, allant toutes dans le même sens, 90% d’erreur sur 50 ans pour la Jordanie, 86% pour l’Arabie Saoudite (très conservateurs comme chiffres).

[10] L’Association Sirius d’Astronomie basée à Constantine, diffuse chaque année un communiqué sur le sujet, et tient sur son site des archives de l’observation durant la dernière décennie, documentant les cas litigieux. Voir : http://www.siriusalgeria.org/ram07.htm

[11] J’apporte mon humble témoignage sur un fait vécu qui illustre parfaitement cette politique que nos bureaucrates « fitnaphobes » doivent probablement considérer comme gagnant/ –gagnant. C’était dans les années 90 en Algérie lorsque j’étais consultant auprès dudit comité, il nous a été clairement signifié que les informations sur la visibilité du croissant ne devaient pas être divulguées aux téléspectateurs, ces données pourraient en effet contredire les rapports de visibilité qui émaneraient des comités de wilaya d’observation du croissant. Dans un cas où je devais apparaître à la TV et donner une explication détaillée, posters à l’appui, sur le phénomène de lunaison, j’ai été « déprogrammé » illico lorsqu’il leur est apparu que les données sur la visibilité préemptaient en quelque sorte les résultats potentiels de la campagne d’observation de cette nuit là.

[12] Ce bulletin était largement diffusé dans les média, il y a de cela un peu plus d’une décennie, mais depuis, il est devenu à diffusion restreinte.

[13] Plus exactement, il est pris en compte a posteriori lorsqu’il n’y a pas eu d’observation visuelle préalable !

[14] Les médias officiels tels que l’Algérie Press Service (APS), la télévision publique s’imposent de même ce « devoir de réserve » et ne répercutent jamais les informations sur la visibilité du croissant.

[15] Dans une veine plus légère, il y aurait aussi le Ministère de la Santé Publique qui pourrait réagir, lorsque des rapports de visibilité de croissant sont validés alors que la Lune est positivement en dessous de l’horizon.

[16] Voir notamment « Le syndrome Bonatiro, ou le disfonctionnement de la science en Algérie », Le Quotidien d’Oran, 22&23 Juillet 2003

[17] Ce fut le cas lors du Ramadhan 2003 en Algérie où une bataille par médias interposés se déclencha entre le Ministère des Affaires religieuses et l’Association Sirius d’Astronomie pour ce « coup bas ». Ou lorsque rien ne fut observé localement, on invoqua une observation qui s’avéra par la suite être erronée en Arabie Saoudite pour déclarer l’Aïd, changeant les règles du jeu de manière impromptu.

[18] Cette règle cache en fait un problème difficile à résoudre, lié à l’existence nécessaire d’une ligne de changement de date (IDL). En général, le Moyen- Orient et l’Afrique sont pris comme bloc unique pour son application. Les pays de l’Asie situés plus à l’Est, et malgré le fait qu’ils constituent le centre de gravité démographique de la Oumma, sont de facto déconnectés du premier ensemble et d’ailleurs célèbrent l’Aïd souvent un à deux jours après nous.

[19] La Turquie l’a adoptée dans une forme plus locale, et la Libye a une règle similaire, modulo une définition différente du jour islamique qui commence à l’aube et non au crépuscule. De ce fait, elle est plus prompt à commencer avant les autres pays.

[20] Si on garde en mémoire les déboires de la navette spatiale construite par la plus grande nation industrielle actuelle, et dont chaque lancement est une ordalie, on voit dans quels beaux draps on risque de se mettre.

[21] La ligne rouge est lorsqu’il nous est demandé de jeûner sur la base d’une Lune qui n’est pas encore née, c’est-à-dire avant l’occurrence de la conjonction. Dans ce cas, qui est bien plus grave qu’une simple question d’observabilité du croissant basée sur la période écoulée depuis la conjonction, et qui est arrivé à plusieurs reprises ces deux dernières décennies. Nous sommes en contradiction flagrante avec le verset coranique qui institue le jeûne, puisque nous pouvons affirmer que le mois n’est pas encore né. Il est de notre avis que dans ce cas, tous ceux qui ont connaissance de ce fait ne doivent pas suivre la fatwa.

Mots clés

Jamal Mimouni

Professeur de Physique à l’Université Mentouri, Constantine. Membre du Bureau Exécutif de l’Union Arabe de l’Astronomie et des Sciences de l’Espace (AUASS), et président de l’Association Sirius d’Astronomie basée à Constantine.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

28 octobre 2007
Omar Mazri a dit :
Mécréant ? : je ne vois pas de dérive à moins que proclamer que la terre entière est peuplée de croyants soit la vérité. Si j’ai manqué cette vérité comme nos spécialistes manquent la lune montrez la moi avec vos définitions. J’ai dit et je confirme une vérité évidente « les mécréants se déplacent dans l’espace comme s’ils prenaient un bus » s’il y a un sens péjoratif il vise mes coreligionnaires qui ne sont pas à une flagellation près et ils l’acceptent par esprit critique et pourtant nous avons tous les arguments pour imputer ce qui nous arrive aux mécréants. Dans un forum comme celui-ci si on se met à supprimer ou à interdire ce qui est vrai mais qui gêne la susceptibilité autant pratiquer l’éradication. Le terme mécréant est coranique et sa sémantique n’est pas semblable à celle de la langue française qui le définit comme l’état de celui qui manifeste l’incrédulité en matière religieuse. Ce terme je ne l’ai pas inventé, il est dans les dictionnaires et dans le jargon chrétien. Dans la langue arabe il se dit Kafer et signifie celui qui nie et cache les bienfaits de Dieu, qui est ingrat. Son ingratitude se manifeste dans son refus de reconnaître la grâce divine sur lui, de se prosterner ou de louanger Dieu le Créateur des mondes. Sur le plan sémantique le Coran ne reconnaît même pas l’existence de ceux qui nient l’existence de Dieu car elle est inscrite dans les gênes de l’homme. Si ce terme pose problème nous pouvons le faire disparaître de notre langage mais nous n’avons aucune prise sur la réalité qui demande à être nommée sans maquillage et sans hypocrisie. Rassurez vous, les autres religions considèrent toujours les musulmans comme des mécréants, des infidèles. Notre réponse est simple : « à vous votre religion, à nous la notre, à vous vos œuvres et à nous les nôtres ». Il n’ y a pas de problème à vivre ensemble. Le problème c’est de vouloir donner raison à tout le monde sans discernement et sans différenciation. Le forum serait un prêt à penser unique. Vous aurez préféré sans doute qu’au lieu de mécréants on utilise le terme de civilisés, je veux bien mais montrez moi la civilisation qui a civilisé le monde et son élan civilisateur. Je suis preneur.
15 octobre 2007
Fadhel a dit :
BON AID A TOUS ;J’apprécie énormémment le dévouement de M. Mimouni.Il y a une règle religieuse concernant la validité du témoignage de la vue du croissant.Je résume ;1)Dans un observatoire dédié à la vue du croissant,il faut 2 témoins.S’il n’ya qu’un seul témoin,on lève le problème aux autorités 2)Dans un autre lieu qu’un observatoire,un seul témoin suffit. Ce que je ne comprends pas,c’est que,si un endroit a été choisi comme observatoire du croissant,c’est qu’il offre de meilleures garanties que d’autres Cela revient donc à donner priorité au fortuit par rapport au choix raisonné.Si quelqu’un a des lumières à ce sujet,je le remercie d’avance pour son explication. Pour l’affaire Didier concernant le terme "mécréant",je ne veux pas préjuger de la cible de l’internaute qui l’a lancé.Je voudrais dire simplement qu’une fraction de musulmans ,se basant sur un hadith sur le salut dans l’au-delà ,considère que ceci ne peut- être acquis qu’en vivant matériellement comme le Prophète(sAaws) et ses Compagnons(parler et écrire uniquement en arabe,tenue vestimentaire,s’asseoir par terre et non sur des chaises,manger avec la main,etc.)Donc,pour cette fraction,les mécréants englobent même les autres musulmans.Alors,qu’est-ce qu’elle fait avec un autre hadith qui dit qu’il viendra un temps où il suffira d’appliquer le dixième des prescriptions islamiques pour être sauvé ?
13 octobre 2007
Jamal Mimouni a dit :

"Comment ’l’observation’ d’un croissant invisible scinda la Oumma en deux"

Chers Soeurs et Frères,

Une dernière salve de remarques pour conclure la saga du croissant de cette année, qui illustre trop bien hélas certaines thèses de mon article. Ainsi donc la belle unité du début du mois de carême se transforma en cacophonie pour sa fin : l’Aïd en ordre dispersé. Le manque de vision, ou plutôt la vision fautive d’un quidam quelque part dans le Royaume d’Arabie Saoudite a eu raison de la belle unité de la Oumma pour le Ramadhan. Le Ciel avait pourtant comme "conspiré" cette année pour que le début et la fin du Ramadhan puissent être unifiés, grâce à un croissant rigoureusement impossible à voir le 29 du Chaabane et du Ramadhan, la Lune se couchant avant le Soleil dans les deux cas. L’aveuglement des hommes à voir quelque chose qui n’existait pas, a eu raison de cette potentialité. Ce quidam déclencha un réaction en chaîne, d’abord son "observation" fut entérinée par les plus hautes autorités religieuse du pays, et puis quasiment tous les pays du Machreq suivirent "aveuglement" cette vision contraire à la raison.

Et le monde islamique se scinda en deux blocs pour l’Aïd sur la base d’un croissant inexistant !

Dieu merci, les institutions islamiques françaises cette année n’ont pas suivies la malvoyance du Machreq au nom d’une pseudo unité. D’autres pays ont fait de même, se gardant de tomber dans le piège d’une unité au dépend de la vérité, notamment la Syrie et Oman au Machreq. (Voir la liste complète à : http://www.icoproject.org/icop/shw28.html). L’Algérie elle aussi s’est contentée de la non observation du croissant en Algérie le Jeudi soir pour compléter le mois de Ramadhan à 30 jours et déclarer Samedi 13 Octobre, premier jour de l’Aïd.

S’achemine t-on tout doucement vers la concrétisation du fait que : L’unité dans l’erreur n’est pas islamique !

Deux autres remarques :

- Frédéric merci pour l’info concernant le père de Haroun Tazieff, quoique je ne sache pas trop ce que cela implique en ce qui le concerne lui même.

- Concernant l’observation de Didier sur un commentaire énonçant "les mécréants envoient leurs navettes spatiales...", je trouve cette expression assez déplacée moi aussi. Est ce une tentative de paraphraser certaines traductions coraniques classiques où mécréant est utilisé pour incroyant, et que l’auteur a repris sans voir le glissement sémantique et le sens très péjoratif que ce terme a pris dans un contexte moderne ? Seul l’auteur lui même saurait nous le dire.

Jamal

13 octobre 2007
Frédéric Lavachery a dit :

Bonjour,

Voulez-vous signaler à Monsieur Jamal Mimouni, dont vous avez publié l’article "Début du Ramadhan et date de l’Aïd : entre archaïsme et aspiration", que le père d’Haroun Tazieff était musulman. Il s’appelait Sabir Aïniatoulliouvitch Tazieff, né à Yangi-Yer en 1880, mort au front en 1914. Médecin, officier du Tsar dans la "Division Sauvage", il y a tout lieu de croire qu’il était révolutionnaire, son épouse Zénitta ayant participé aux deux révolutions russes, en 1905 et 1917. Il y a des descendants du frère de Sabir du côté de Tachkent, Samarkande et Kazan.

Cordialement,

Frédéric Lavachery.

12 octobre 2007
Amine a dit :
salam wa alaikoum Pourquoi ne pas former un comité de personne sage Apolitique, pour decider et voir la naissance lunaire ??? De cette facon les politiques se devoilent et leur contradiction a propos de se sujet prend fin. Djazakoum ALLAH khire. Amine
12 octobre 2007
hicham 93 a dit :
Excellent article qui m’a permis de comprendre les divergences existant dans la décision du début et de la fin du mois béni de ramadan.Un grand merci donc à Jamal Mimouni. Après ce long article, une idée principale se dégage pour moi : il faut utiliser d’une part la science pour éviter les erreurs d’interprétation visuelles c’est-à-dire que l’on peut déterminer à l’avance à la minute près le moment de conjonction et donc qu’il est théoriquement impossible d’observer le croissant lunaire à telle heure, on peut par ailleurs déterminer les heures de coucher de lune et de soleil et donc que si ce premier se réalise avant ce dernier, il est donc impossible d’avoir la visibilité du croissant lunaire ; d’autre part, cette première condition étant remplie, on se base sur la vision à proprement parlé du croissant, et cela non pas par la vue directe mais par la vue précise par lunettes astronomiques.Ainsi, ce moyen nous permet d’éviter les situations absurdes et de concorder avec les hadiths authentiques qui conditionnent une visibilité du croissant lunaire. Dans le cas où il n’était pas possible de voir le croissant, on applique la règle des 30 jours. Je pense que c’est le meilleur moyen et cette solution prend en compte toutes les divergences de points de vue qui peuvent exister(vision-science).Il faut enfin que ces règles soient appliquées par des instances religieuses qui aient un certain poids, une force de regroupement qui permettent à tous les musulmans d’une même région d’effectuer et de rompre le ramadan en même temps.
12 octobre 2007
Ma conviction est de plus en plus ancrée que notre belle religion - al Islam - est comme une Formule 1 confiée à un charretier : il n’ira jamais nulle part avec, ... il risque même de l’adorer s’enfonçant dans un "shirk" dommageable.
11 octobre 2007
Didier a dit :

J’ai été quelque peu surpris de lire dans ce forum le texte d’un internaute qui n’a pas hésité à écrire que, je cite, "les mécréants envoient leurs navettes spatiales comme des bus qui partent toutes les 10 mn.".

Que veut dire cet anathème incongru ?

Que veut-il dire par "mécréants" ? Seraient-ils "mécréants" parce que cet internaute est convaincu qu’ils ne sont pas de la même religion que lui ? Non seulement ce ne serait pas très tolérant de parler ainsi, mais en plus, c’est un a priori totalement infondé, car il est quasi certain que ceux qui conçoivent et lancent les navettes sont de toutes confessions ou athées, souvent d’ailleurs de plusieurs nationalités. Leur seul point commun est d’être des scientifiques ou des techniciens. Ou alors seraient-ils des "mécréants" parce que justement ce sont des scientifiques ou des techniciens ?

Il existe une autre hypothèse non moins choquante, qui voudrait que ce soient des "mécréants" parce que les navettes sont lancées d’un pays particulier. Et ce serait ce pays (ou ces pays, car il y en a eu plusieurs) qui serait déclaré à priori "mécréant". Et dans ce cas, ce serait un anathème contre un pays entier ou un peuple dans sa globalité.

Dans toutes les hypothèses, cet anathème ne serait pas acceptable, comme tous les anathèmes d’ailleurs...

J’aimerais que cet internaute nous explique ce qu’il entend par "mécréant" et pourquoi il qualifie de "mécréants" ceux qui envoient des navettes spatiales. Cela permettrait peut-être de dissiper l’impression très négative de cette phrase.

Merci d’avance

11 octobre 2007
karima a dit :
quel est la date de l’aid el fitr
11 octobre 2007
mirza a dit :

salam je suis tout à fait d’accord avec l’auteur de l’article. le vrai propbleme est politique comme il l’a dejà signalé chekh azzanadani il y a deja plus de 10 ans. chaque president ou roi veut que lui meme qui decide le debut et la fin de ramadan pour SON peuple.Il savent bien que s’ils laissent les scientifiques et les thelogiens non gouvernementaux travailler sans contraintes, ils perdedront ce pouvoir de decider pour LEURS peuples.

c’est aux organisations musulmane independants dans l’occident de donner l’exemple et d’etablir des calendriers lunaire où les musulmans en occident sauraient dés le debut de l’année les jours de debut et des fin de ramadan ainsi les jours des fetes.

il ne faut rien attendre des pays arabes. je suis pessimiste mais realiste. salam

10 octobre 2007
Jamal Mimouni a dit :

Chers amis et frères,

Voici donc mon deuxième follow up sur les commentateurs que ma contribution a suscité sur la problématique de l’observation du croissant lunaire. J’ai beaucoup apprécié certains commentaires fort pertinents, parfois piquants, et j’ai même beaucoup appris. J’avais déjà fait remarquer dans mon follow up précèdent qu’il ne fallait surtout pas voir cet article comme un acte de self flagellation mais plutôt comme un exercice cathartique que nous intellectuels musulmans devons pratiquer de temps à autre. Il y a des vérités qui font mal à entendre, mais comment guérir si le diagnostic est déficient ou de complaisance.

Je ne pense pas que l’affaire soit bénigne ou comme le pense "Lola", et que j’ai amplifié voire dramatisé les choses. Que des centaines de millions de musulmans quasiment chaque année jeûnent en contradiction avec des vérités cosmiques toutes simples, et qu’un simple logiciel éphéméride amateur peut le déterminer, ne peut’ être bénin. Pour une Oumma qui se veut un modèle pour les autres "Oumam" (Nations), et qui a érigé l’amour de la Vérité comme valeur axiologique ultime, cela devrait déranger. Tant pis pour tout ces nostalgiques en extase devant le spectacle qu’offre la Oumma à chaque Nuit du Doute flottante, vacillante dirais-je, ne sachant pas de quoi son lendemain sera fait. Pis, Oumma qui aborde la Nuit du Doute en ordre dispersé, alors que Dieu édicte dans le Coran les standards : "Cette Nation est une Oumma unie, et je suis Votre Seigneur adorez moi [seul]".

Je remercie en particulier Omar Mazri pour avoir dans sa dernière intervention capturé en grande partie l’esprit de mon article. Je le cite :

"...en toile de fond le rapport du musulman au monde, à l’efficacité, à la vérité et à Dieu. Oui, reconnaissance et gratitude envers Dieu car il faut témoigner avec compétence et dans la langue des gens, celle de l’occident est celle de la science et la technologie, et nous ne pouvons pas témoigner avec des contradictions aussi flagrantes. Nous n’avons pas le droit de nous accommoder de cette situation absurde car elle suppose que Dieu nous a laissé dans l’embarras... "

"La catastrophe pour la raison et pour la foi est d’inverser le sens du verset : toute la création est assujetti à l’homme en général et au musulman en particulier mais notre indigence intellectuelle et politique a fait que nous sommes devenus assujettis à la lune qui se joue de nous."

C’est vrai que dans l’absolu, un jour ou plus ou de moins au Ramadhan ne va pas le vicier et certainement n’affecte pas Dieu. De même que l’orientation des Mosquées dont certaines se construisent encore actuellement avec une déviation qui atteint parfois 10° à 15° par rapport à la Qibla, alors qu’une simple procédure à suivre lors de sa construction aurait permis de l’orienter avec une précision d’une fraction de degré, ne va pas y invalider la prière. Mais ce qui dérange, c’est ce manque de "Taqwa" que cela implique. Taqwa est cet état supérieur du croyant qui va au delà de la simple notion de piété tel que c’est généralement traduit. C’est cette conscience aigue des implications de sa foi qui pousse le croyant à s’acquitter avec soin voire à perfection de ses devoirs envers Dieu et Sa création.

Ceci dit, il est vrai que ce manque de Taqwa s’applique un peu de manière différentielle selon les catégories de musulmans. Pour les intellectuels musulmans, et en particulier les scientifiques, qui se veulent au diapason avec leur siècle, il se doit de s’insurger contre ces attentats à des vérités cosmiques même si le commun des musulmans est prône à considérer cela comme un détail. Pour un Musulman plus porté a l’activisme social, la mollesse des Musulmans voire l’inexistence de leur condamnation de la répression sanglante en Birmanie, ou bien des réactions irréfléchies, irrationnelles à des actes ou des écrits anti-islamiques, sont aussi à considérer comme un manque de Taqwa. Pour un amoureux des belles lettres, une réplique maladroite et mal documentée à une attaque contre l’Islam doit s’apparenter de manière similaire à un manque de Taqwa. Chacun dans sa propre capacité, doit’ être le flambeau de sa communauté, cette communauté décrite dans le Coran comme mitoyenne loin des extrêmes ; et pour réaliser autant que possible cette injonction coranique : "... et pour que vous soyez témoins parmi les Hommes...".

C’est un peu comme cette mention qu’appose l’institutrice au bas du bulletin scolaire d’un brillant élève, ou du moins qui a tout pour être brillant : "Peut mieux faire".

Que Dieu guide cette Oumma, Sa Oumma, dans le "Droit Chemin",et qu’il lui pardonne ses errements dans la défense de la vérité sous toutes ses formes et ses manquements à être "Kheirou oummatin...", "...la meilleure Nation suscitée parmi les Nations : vous commander le Bien et vous prohiber le Mal..." Amin.

10 octobre 2007
Fadhel a dit :
Je vois que notre soeur Souad panique à l’idée de réforme.Ce n’est pas la religion que l’on veut changer,mais les outils tout en gardant les principes fondamentaux de l’islam.Une des merveilles que Dieu nous appelle à méditer,c’est le renouvellement de la création(khalk jadid).Certains fuqaha nous disent que le siécle présent est un siècle de corruption et qu’il faut augmenter le nombre de témoins(selon le cas 2 ou 4 dans la juridiction musulmane traditionnelle).Combien en faut-il alors pour confirmer la vision du Croissant:20,100,10000 ??Je dis ce que je pense:les ulémas actuels ne sont pas crédibles tant qu’ils n’ont pas une formation scientifique solide.Dans le passé,en Tunisie,les éléments les plus brillants faisaient l’Université islamique de la Zitouna.De nos jours,ils font les Grandes Ecoles.Moise a été envoyé auprès du Pharaon alors qu’il jouissait d’une intelligence et d’une science hors du commun.Le Prophète,bien qu’analphabète,était de cet ordre mais,par révélation et non apprentissage.N’oublions pas un hadith :Les Israelites étaient gouvernés par les prophètes et les musulmans seront gouvernés par les savants(cela englobe tout le savoir,pas uniquement les sciences religieuses).
9 octobre 2007
Souâd a dit :
Dieu Tout Puissant, préserve-nous de la réforme mais facilite notre adaptation à l’étape présente, à nos difficultés actuelles, Amin.
9 octobre 2007
enigmatic a dit :
pour être bref, en lisant l’article et en parcourant les divers i,terventions sur le forum , je trouve que c’est une trés bonne chose et que le débat est lancé donc le processu de la reforme est lancé. Patience et Bonne contination
9 octobre 2007
Fadhel a dit :
Merci à M. Mimouni pour sa réponse et son article bien documenté.Je regrette votre conviction que l’interprétation du verset cité soit consensuelle.Non seulement,elle ne l’est pas mais,en plus,cela accrédite l’idée que le Coran impose la vision du croissant,ce qui n’est pas(cf l’excellente intervention de M. Chraibi).La vision du croissant ne découle que de la Sunnah et non du Coran.D’ailleurs,le Prophète l’a justifiée par le fait que la umma n’était pas compétente en calcul et non par le fait que le calcul est une invention du diable,ce qui aurait d’ailleurs contredit le Coran lui-même.Je cite le Coran ;"Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté".Confronté à 2 solutions,le Prophète(sAaws)choisissait toujours la plus simple.Dans les temps passés,la vision du croissant était la plus simple.Le ciel est beaucoup moins pur et beaucoup plus saturé que dans les siècles passés.Les instruments de calcul actuels sont très performants.Donc,c’est la solution scientifique qui tend à s’imposer.D’ailleurs,de quoi se plaignent les formalistes,puisque l’on cherche une solution astrono-oculaire,qui laisse l’observateur contrôler par lui-meme,....quand il y a visibilité ?Je veux bien croire à la baraka,mais,le calendrier musulman actuel est artisanal et douteux,pas du tout crédible dans le monde .Pourtant,le Coran s’attache beaucoup à la consignation des contrats par écrit et on ne voit pas comment un acte mal daté puisse faire foi(vice de forme).Bonne fin de Ramadan !
9 octobre 2007
Mazri Omar a dit :

Au vu des réactions je vous demande de me supporter davantage et d’accorder plus d’attention à l’’article de Mimouni. Même s’il semble récurrent ou redondant eu égard à des interventions antérieurs il mérite une lecture plus attentive. Il ne faut pas le voir comme certains qui ironisent à un rapport de l’islam à la science. Il nous renvoie non à un problème scientifique qu’il nous faudrait débattre ici en qualité de spécialistes mais à un problème phénoménologique : le rapport du musulman au temps, au calcul, à la science, à la vérité, à la lecture de ses sources religieuses. Il ne s’agit pas d’un problème conjoncturel (début et fin ramadhan) mais de tout le système calendaire musulman : nous fonctionnons sur un temps solaire pour le calcul du temps journalier mais sur le temps lunaire pour le calcul annuel.

"C’est Allah qui fait fendre la graine et le noyau : du mort il fait sortir le vivant, et du vivant, il fait sortir le mort. Tel est Allah. Comment donc vous laissez-vous détourner ? Fendeur de l’aube, Il a fait de la nuit une phase de repos ; le soleil et la lune pour mesurer le temps. Voilà l’ordre conçu par le Puissant, l’Omniscient. Et c’est Lui qui vous a assigné les étoiles, pour que, par elles, vous vous guidiez dans les ténèbres de la terre et de la mer. Certes, Nous exposons les preuves pour ceux qui savent !" anâam 95

Al Biruni, al Kaschi et tant de savants musulmans dans le passé ont développé les connaissances des grecs et des hindoues pour répondre à l’essence du Coran qui s’esrt adressé pour la première fois à Mohamed par

"Lis, Lis au nom de ton seigneur le Généreux, qui a enseigné, par la plume, àl’homme ce qu’il ne savait pas".

Dans cet ordre coranique la science acte de dévotion devient aussi acte de facilitation, de progrès et de reconnaissance envers les bienfaits de Dieu. Dire que ce n’est pas grave ou que le problème ne touche qu’un ou deux jours dans l’année c’est se tromper. Bien entendu la miséricorde de l’islam est qu’il soit accessible au berger comme à l’épicier ne justifie pas que le savant soit frustré ou qu’il ne soit pas à l’avant garde de la recherche et de l’observation. L’islam n’oppose pas la religion et la science et il n’en fait pas des spécialisations compartimentées. Ibn Sina, Ar Razi, al Kaschi étaient des scientifiques religieux. Ibn Sina est un exégète du Coran. Les travaux de Mimouni, de Guessoum et de tant d’autres posent, en toile de fond le rapport du musulman au monde, à l’efficacité, à la vérité et à Dieu. Oui, reconnaissance et gratitude envers Dieu car il faut témoigner avec compétence et dans la langue des gens, celle de l’occident est celle de la science et la technologie, et nous ne pouvons pas témoigner avec des contradictions aussi flagrantes. Nous n’avons pas le droit de nous accommoder de cette situation absurde car elle suppose que Dieu nous a laissé dans l’embarras alors que ce n’est pas vrai comme Il l’affirme Lui même :

" Allah, c’est Lui qui a crée les cieux et la terre et qui, du ciel, a fait descendre l’eau ; grâce à laquelle Il a produit des fruits pour vous nourrir. Il a soumis à votre service les vaisseaux qui, par Son ordre, voguent sur la mer. Et Il a soumis à votre service les rivières. Et pour vous, Il a assujetti le soleil et la lune à une perpétuelle révolution. Et Il vous a assujetti la nuit et le jour. Il vous a accordé de tout ce que vous Lui avez demandé. Et si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne sauriez les dénombrer. L’homme est vraiment très injuste, très ingrat. Ibrahim 32.

La plus grande injustice et la plus grande ingratitude est de baisser les bras devant un défi scientifique alors que les mécréants envoient leurs navettes spatiales comme des bus qui partent toutes les 10 mn. La catastrophe pour la raison et pour la foi est d’inverser le sens du verset : toute la création est assujetti à l’homme en général et au musulman en particulier mais notre indigence intellectuelle et politique a fait que nous sommes devenus assujettis à la lune qui se joue de nous. Les versets suivant ne sont pas un mémoire scientifique mais la définition du rapport à la connaissance du point de vue de la foi :

"Pour vous, Il a assujetti la nuit et le jour ; le soleil et la lune. Et à Son ordre sont assujetties les étoiles. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent. Ce qu’Il a créé pour vous sur la terre a des couleurs diverses. Voilà bien là une preuve pour des gens qui se rappellent. Et c’est Lui qui a assujetti la mer afin que vous en mangiez une chair fraîche, et que vous en retiriez des parures que vous portez. Et tu vois les bateaux fendre la mer avec bruit, pour que vous partiez en quête de Sa grâce et afin que vous soyez reconnaissants. Et Il a implanté des montagnes immobiles dans la terre afin qu’elle ne branle pas en vous emportant avec elle de même que des rivières et des sentiers, pour que vous vous guidiez, ainsi que des points de repère. Et au moyen des étoiles les gens se guident." nahl 12

Le Coran se traduit par "Lecture" : lecture des paroles de Dieu, lecture des signes de Dieu dans l’univers, lecture pour interpréter la création et s’en donner une représentation conforme à l’Honorificat adamique cristallisé dans l’intellect :

"Le Tout Miséricordieux. Il a enseigné le Coran. Il a créé l’homme. Il lui a appris à s’exprimer clairement. Le soleil et la lune évoluent selon un calcul minutieux" ar rahman 1 Tout est presque accessible à l’entendement humain si l’humain utilise le pouvoir de l’intelligence et l’effort de travailler comme le stipule ce verset :

" Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ? O peuple de djinns et d’hommes ! si vous pouvez sortir du domaine des cieux et de la terre, alors faites-le. Mais vous ne pourrez en sortir qu’à l’aide d’un pouvoir [celui de l’intelligence). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ?" Ar Rahmane 33

L’homme a vaincu la pesanteur et navigue par les véhicules spatiaux et par les instruments de vision dans les galaxies mais nous nous avons du mal à nous mettre d’accord sur alahila, la lunaison ? Il y a un grave problème. Il n’est ni d’ordre scientifique ni d’ordre religieux mais de représentation du monde et de rapport du musulman au temps. Si vous voulez approfondir cette question lisez le rapport du musulman au temps par Malek Benabi (problèmes de civilisation) . Si vous voulez par contre rester dans la cohérence interne du Coran et sa logique sachez que Dieu, dans la sourate Luqman qui traite de la sagesse et de l’éducation, a montré qu’il y a 5 ghaybiyates ( mystères, inconnaissables, insondables) qui sont un défi à la prévision de l’homme :

"La connaissance de l’Heure (fin du monde) est auprès d’Allah ; et c’est Lui qui fait tomber la pluie salvatrice ; et Il sait ce qu’il y a dans les matrices. Et personne ne sait ce qu’il acquerra demain, et personne ne sait dans quelle terre il mourra."

Par contre la connaissance de la lune et de ses différents états est accessible à l’homme berger ou astrophysicien pour servir Dieu et les hommes. Chacun y accède dans les limites de ses connaissances donc de ses responsabilités et de ses devoirs. Le devoir du savant est incomparable à celui de l’ignorant. Si le savant s’eclipse devant l’ignorant il n’ y a ni islam ni civilisation ni humanité mais anarchie. La lune qui se cache et que ne savons pas dévoiler témoigne à sa façon du problème fondamental de l’islam : la responsabilité, celle du Khalifat. Le Khalifat de l’homme qui doit s’exercer en agissant sur les causes après les avoirs dévoilés. Le Khalifat de la Oumma musulmane qui ne peut être guidée sans une autorité unique et une élite noble et généreuse sous la forme d’un Commonwealth, d’une confédération ou d’une « papauté » élue démocratiquement. Nous revenons au problème essentiel celui de la bonne gouvernance et de la justice sans lesquelles tout ce que nous ferons sera toujours absurde, loufoque et plus proche de la Jahiliya que de l’islam. C’est ma conviction mais Dieu est le plus savant.

« O les croyants ! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission. Et cramponnez-vous tous ensemble au ‹Habl› (lien) d’Allah et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, pas Son bienfait, vous êtes devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de Feu, c’est Lui qui vous en a sauvés. Ainsi, Allah vous montre Ses signes afin que vous soyez bien guidés. Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable. Car ce seront eux qui réussiront. Et ne soyez pas comme ceux qui se sont divisés et se sont mis à disputer, après que les preuves leur furent venues, et ceux-là auront un énorme châtiment. « al imrane 102

8 octobre 2007
Il serait temps en effet qu’il y ait une cohérence dans ce domaine car cela devient forlklorique. Cette année encore certains pays l’ont commencé le mercredi et d’autres le jeudi. Si il faut , comme il est dit, au moins 15 heures après la nouvelle lune pour qu’elle soit visible, la conjonction du début ramadan était à 12h 45 GMT soit 14h 45 heure française. en rajoutant 15h cela nous donne 3h du matin le lendemain GMT et 5h heure française. Légitimement, le début du ramadan pouvait être reporté le jour d’après, donc le jeudi, même si le fait de le commencer le mercredi n’était pas faux. Par contre vouloir faire l’Aïd le samedi est une erreur manifeste car la lune sera bien visible la nuit du jeudi au vendredi. La nouvelle lune étant le 11 octobre à 5h 02 GMT soit 7h 02 heure française ! Plus 15h cela nous donne 20h 02 GMT et 22h 02 heure française. Seulement ce serait tomber l’Aïd un vendredi, c’est plus commode de le faire le samedi comme cela on peut mieux faire la fête... De surcroît, d’après l’ancien système, que l’auteur de cet article démontre les faiblesses, nous serions dans un mois de 30 jours. Or, l’Aïd le vendredi donnerait 29 jours ce qui n’irait pas. Donc deux raisons pour le faire le samedi et là, les calculs n’ont plus rien à voir puisque dans le premier cas c’est pour des raisons mercantiles et le deuxième pour faire à tout prix coincider l’ancien système même si l’on voit qu’il est faillible. Etant donné qu’il y a des pays qui ont commencé le jeune le mercredi 12 septempbre, ils ne peuvent faire l’Aïd le 13 octobre car cela ferait 31 jours de jeune. En conclusion de cette affaire, si l’on voit que c’est un mois de 30 jours qui s’annonce, il est important de regarder à quelle heure la lune change le dernier jour et ainsi on déterminera qu’il aurait été plus opportun, dans le cas de cette année, de le commencer le mercredi et non le jeudi. Malheureusement, "l’intelligentia islamique" est encore loin d’être intelligente et applique bètement et conjoncturellement certaines pratiques de calculs selon ses intérêts et non selon la règle de la sunnah. Abderrahmân.
8 octobre 2007
Dabeldi a dit :

Macha Allah ! L’article est intéressant dans le sens de ses développements par rapport à son sujet. Tous les autres aspects au sein même de l’article et ses commentaires sur les facultés passées, actuelles et futures de la Oumma face au monde moderne et son efficacité sur le plan temporel sont un autre sujet ; lequel n’a rien à voir avec la lune et ses humeurs !

En ce mois de Ramadane Moubarak, mesurons la chance extraordinaire qu’Allah nous octroie en nous plaçant en posture de musulmans et de musulmanes pratiquant(e)s ; et pensons à tous les autres êtres humains qui voient Ramadane passer sans le distinguer d’un autre mois ; qui voient chaque jour de l’année passer sans le souci d’une moindre salat vers Notre créateur à tous ; et qui risquent de voir toute leur vie temporelle passer sans même une pensée pour Leur créateur ... si nous nous évertuons nous même à discuter sur le futile (les pseudo rivalités temporelles à qui mieux-mieux) et négligeons de témoigner sur l’essentiel (les véritables enjeux spirituels). Or, concernant ce dernier point, il est clair que c’est à la Oumma qu’il incombe clairement de témoigner au monde et de rappeler que c’est à Dieu que nous appartenons et que c’est vers Lui que nous revenons ; et ce jusqu’à la fin de notre monde.

Et quelle commune mesure entre cet enjeu essentiel et toutes les autres conjectures ; dont la nécessité ici de savoir à l’avance, car il s’agit juste de cela, si nous jeûnerons 29 jours ou 30 jours durant Ramadane ?

Bien entendu, et sans vouloir vexer personne, il me semble que tout cela illustre un peu le dicton célèbre : « le sage montre la lune et l’imbécile regarde le doigt ».

Assalams,

Dabeldi

8 octobre 2007
Mazri Omar a dit :

Excellent article qui montre la confusion et l’absurdité des musulmans. Il s’agit de la défaillence des musulmans et non de l’islam.

Ibn Taymiyya a dit : « Chacun doit savoir qu’assurer la direction politique des gens figure parmi les plus hautes obligations. Bien plus, elle est indispensable à l’accomplissement de la religion et des affaires terrestres. » Où sont ces musulmans gouvernants ou gouvernés qui appliquent la règle du bon conseil, la quête de la vérité et la lutte contre le faux témoignage pour que la vie spirituelle et la vie sociale soient en harmonie comme l’est l’univers et comme l’est la parole de Dieu. Ces musulmans sont dans l’attente d’une fatwa qui les décharge de leurs responsabilités morales, sociales et intellectuelles. Nos élites politiques, religieuses et intellectuelles sont à l’image de notre décadence et du comportement tyrannique opposé à la bonne gouvernance :

" En vérité, quand les rois (les tyrans) s’emparent d’une cité ils la corrompent, et font de ses honorables citoyens des humiliés" - naml 34 -

Les populations et les élites caporalisées non seulement se soumettent, se laissent confisquer leurs préroigatives et leurs savoirs par des crapules, des opportunistes et des courtisans et considèrent cette absurdité comme l’ordre normal des choses " Ils dirent : ‹Non ! mais nous avons trouvé nos ancêtres agissant ainsi›"" - les poètes 74 -

Il y a pourtant une seule manière de voir cette question de lunaison à la lumière du Coran qui a la comptéence de s’expliciter lui même :

"O les croyants ! On vous a prescrit as-Siyam comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété, pendant un nombre déterminé de jours."

le verset 125 de la Baqara précise que le nombre de jour est déterminé, la détermination enlève toute incertitude ou improvisation dans le calcul ou la vision. Toute pratique visant à entretenir le doute ou la confusion est condamnable car elle est contre l’esprit du texte coranique. Dans ce même texte coranique le terme chahida ne signifie pas vision au sens de perception mais de résidence, de disponibilité ou de témoignage :

" Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu’avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu’un fait plus de son propre gré, c’est pour lui ; mais il est mieux pour vous de jeûner ; si vous saviez ! (Ces jours sont) le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc quiconque d’entre vous est présent (chahida) en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours." Al baqara 125.

Sobhane Allah ce même texte parle de guidance et de discernement, ce qui interdit la confusion ou l’erreur. Le même texte continue par l’énoncé d’une règle fondamentale en islam : la facilitation

" Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants !" - baqara 125

La suite du texte est sans ambiguité :

"Ils t’interrogent sur les nouvelles lunes - Dis : ‹Elles servent aux gens pour compter le temps, et aussi pour le pèlerinage." - baqara 189.

Nous sommes tenus de compter le temps pour planifier comme le Prophète Joseph, nous sommes tenus de compter le temps pour accomplir le rite car l’islam est la religion de l’ordre, de l’organisation. Les temps de prière comme les autres moments d’adoration, les temps de travail ou de repos comme les moments de payer la zakat ou divorcer ou se remarier sont calculés. Nous ne sommes pas tenus à un calcul arithmétique pour gérer la rente du grand père ou de la manne du pétrole mais pour construire des systèmes de prospective pour assumer le Khalifat sur cette terre et construire des systèmes d’observation pour témoigner avec connaissance de la Grandeur de Dieu et de l’intelligence qui a créé organisé et qui continue de gérer cet univers fantastique :

" Votre Seigneur est, Allah qui créa les cieux et la terre [...] Ne réfléchissez-vous pas ? [...] C’est Lui qui a fait du soleil une clarté et de la lune une lumière, et Il en a déterminé les phases afin que vous sachiez le nombre des années et le calcul (du temps). Allah n’a créé cela qu’en toute vérité. Il expose les signes pour les gens doués de savoir. Dans l’alternance de la nuit et du jour, et aussi dans tout ce qu’Allah a créé dans les cieux et la terre, il y a des signes, certes, pour des gens qui craignent (Allah). Ceux qui n’espèrent pas Notre rencontre, qui sont satisfaits de la vie présente et s’y sentent en sécurité, et ceux qui sont inattentifs à Nos signes [ou versets], eur refuge sera le Feu, pour ce qu’ils acquéraient. Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, leur Seigneur les guidera à cause de leur foi" - Jonas 3 -

" Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes, et Nous avons effacé le signe de la nuit, tandis que Nous avons rendu visible le signe du jour, pour que vous recherchiez des grâces de votre Seigneur, et que vous sachiez le nombre des années et le calcul du temps. Et Nous avons expliqué toute chose d’une manière détaillée." - al isra 12 ;

Mohamed (saws) est innocent de nos comportements de fainéants, de lâches et de stupides. Il nous a laissé sa Sunna et le Coran. Sa Sunna nous dit : "Quand le dépot de confiance est mal placé (chacun n’est plus à sa place, alors il faut s’attendre à la venue de l’Heure" Nous sommes au coeur de la fin d’un monde attendant la fin du monde ou la venue d’un nouveau Messie pour comprendre enfin le sens de la vue, de la vision, du regard, de l’observation, de la différence entre le percept et l’intellect :

" Que ne voyagent-ils sur la terre afin d’avoir des coeurs pour comprendre, et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais, ce sont les coeurs dans les poitrines qui s’aveuglent." - al hadj 46.

A titre de témoignage je dois faire savoir que le docteur Youssef Al Qaradhaoui chaque année se bat, en vain, pour faire adopter un consensus honorable en appliquant la principe logique d’ Imkan al-Ru’yah.

Que Dieu accèpte nos prières et qu’il nous rende vigilants pour prendre conscience de nos lacunes et avoir le courage de dire non à ce qui est contraire à l’esprit de ce qui a été révélé à Mohamed (saws) dont nos divergences prouvent l’authenticité de son Message " Jamais ma communauté ne s’alignera sur un égarement". Il y aura jusqu’à la nuit des temps des résistants avec des braises dans la bouche. L’imam Ahamad rapporte que le Prophète a dit :

« La prophétie durera aussi longtemps qu’Allah le voudra, puis elle s’achèvera lorsqu’ Allah le décidera. Ensuite il y aura le Khalifat sur la voie de la prophétie pour une durée qu’Allah souhaitera, puis il prendra fin lorsqu’ Allah le voudra. Par la suite, il y aura un régime héréditaire sur une période qu’Allah déterminera, puis il se terminera lorsqu’ Allah le souhaitera. Ensuite, il y aura un régime tyrannique aussi longtemps qu’Allah le voudra, puis il s’achèvera lorsqu’ Allah le décidera. Puis il y aura le Khalifat sur la voie de la Prophétie. C’est alors qu’il se tût. »

8 octobre 2007
Nasreddine YOUSFI a dit :

essalaamu alaikum,

baraka Allahu fiik ya Jamal Mimouni. Excellent article sur cette problématique.

J’aimerais focaliser sur ce Hadith du Prophète sala Allahu 3alaihi wa salam. « Jeûner dés l’observation du croissant, et rompez le jeûne lors de l’observation du croissant [du mois suivant] ; et si le ciel est couvert, compléter le mois de Chaabane à trente jours ».

Ce Hadit énonce une règle qui est à l’oeuvre dans toute notre pratique de l’Islam. La mauvaise interprétation de cette règle fondamentale nous amène cette anarchie, à cette fitnaa.

Cette règle est un des piliers de notre pratique de l’Islam : la simplicité (et donc la puissance) de ce diin el-Islam. Nulle sophistication en Islam. Nulle complication. "koul bid3aa dhalala wa koul dhalala fii ennaar". Les peuples d’avant la révélation du Qur’aan qui ont compliqué et rendu difficile la pratique de l’Islam se sont perdus.

Errassoul Sala Allahu 3alaihi wa salam a été trés clair : l’Islam DOIT être accessible au plus humble d’entre les humains.

Le berger des Aurés ou du Caucase et dans les contrées les plus reculées de notre planète les hommes doivent disposer de moyens simples et à leur portée pour déterminer les dates importantes. Ceux qui n’ont pas d’ordinateurs et d’abservatoires sophistiqués et autres navettes spatiales doivent pouvoir déterminer les dates et les moments essentielles pour vivre l’Islam.

Ainsi, sous prétexte d’unifier el-oumma, considerer que seuls les outils scientifiquement ou téchnologiquement sophistiqués doivent présider à la détermination des dates est une VIOLATION GRAVE de cette règle.

C’est le sens de ce Hadith : laa bid3aa fii eddiin.

Il n’y a aucune fitnaa dans le fait que le musulman du fin fond du désert du Kazakhstan debute "son" Ramadan un jour plutot ou plutard que le musulman américain habitant dans la base astronautique de Houston Texas. Si les observations sont rigoureuses et honnêtes et ne violent pas les données scientifiques. Pourquoi pas ?!!!

Ce Hadith va beaucoup plus loin dans son interpétation scientifique et Mr. Jamal Mimouni sait de quoi je veux parler : l’observation est relative !!!

Toute la physique et particulièrement la Mécanique Quantique sont fondées sur ce principe de l’observation HUMAINE des phénomènes.

Une machine ou un pordinateur n’ "observe" pas. Ils ne "témoignent" pas. Ils ne sont pas "présents". C’est un humain qui doit en bout de chaîne interpréter les résultat. Toujours !

Celà ne veut pas dire qu’il faut mettre de coté la science et l’observation scientifique. Loin de là ! Au contraire ! La connaissance et la science quelquesoit leur niveau doivent aider l’observation pour éliminer les érreurs et les abus et préparer l’observation. Développer la connaissance et la science des phénomènes devient ainsi un devoir islamique.

Je suis donc contre cette "unification" des dates si le prix à payer est la violation de ce principe fondamental de simplicité de l’Islam énoncé par Errassoul Sala Allahu 3alaihi wa salam.

Respectons donc cette règle de simplicité en priorité et aidons nous de tous les moyens scientifiques à notre disposition pour rendre l’observation des phénomènes plus exactes.

C’est mon opinion et je la partage.

Merci encore à Mr. Jamel Mimouni pour cet excellent article.

wa essalaam.

Nasreddine YOUSFI

8 octobre 2007
Khalid Chraibi a dit :

D’après une histoire (probablement apocryphe, mais souvent répétée pour sa valeur allégorique), les moines Byzantins disputaient savamment du sexe des anges, en 1453, dans Byzance assiégée par les armées turques. L’Empire byzantin était sur le point de s’écrouler et l’Empire Ottoman de prendre sa place, avec Istambul (ex-Byzance, ex-Constantinople) pour capitale. Mais les moines n’avaient pas d’autre préoccupation plus importante que de discuter du sexe des anges.

Chaque fois que je lis un article au sujet du calendrier islamique, je repense à cette allégorie. Les musulmans ont consacré 14 siècles à perfectionner les raisonnements et les techniques, pour connaître le début et la fin d’un mois, alors que le calcul astronomique était déjà perfectionné 18 siècles av. J.C., permettant de connaître ces données avec la plus grande précision.

Il me semble que les gens confondent, dans cette affaire, l’essentiel avec l’accessoire. L’Islam a établi le jeûne durant le mois du ramadan. C’est cela l’important. Déterminer le début du mois par l’observation visuelle, ou en usant du télescope, ou de toute autre technologie, relève de l’accessoire.

Les calendriers basés sur le calcul ont été utilisés dans les premiers temps de l’Islam, en particulier au temps de la dynastie Fatimide en Egypte, ce qui montre bien que leur usage est licite en Islam, et que seule la tradition la plus conservatrice en conteste l’utilisation, sous prétexte d’appliquer à la lettre un hadith du Prophète.

Or, des théologiens éminents, tout au long de l’histoire islamique, ont affirmé que le hadith du Prophète sur la question du début des mois ne signifiait pas nécessairement l’observation à l’œil nu. Il pouvait aussi signifier simplement l’acquisition de l’information que le mois avait commencé. C’est ce que Allal el Fassi, alem de la Qarawiyine au Maroc, et Ministre des Affaires Islamiques, a bien souligné en 1965 dans un mémoire préparé à l’intention du roi Hassan II.

Le cadi égyptien Shakir, Président de la Cour Suprême de la Charia, a pour sa part courageusement pris position sur cette question en 1939, pour dire que l’utilisation du calcul astronomique était parfaitement licite en Islam.

Pour ceux qui sont encore indécis, j’ajouterais l’observation suivante : « Pourquoi les musulmans considèrent-ils qu’il est parfaitement licite d’utiliser le calendrier grégorien, basé sur le calcul, pour gérer toutes leurs activités, mais trouveraient-ils « illicite » d’utiliser un calendrier lunaire basé sur le même calcul astronomique ? »

Il semble bien que tout ceci se ramène, en fin de compte, à une question de traditions et de mentalité de « taqlid », qui n’ont que bien peu à voir avec les prescriptions de la religion.

Le monde occidental est en train de progresser à pas de géant, et de soumettre à sa domination tous les petits Etats du monde. Au lieu de penser à cela, et de préparer leur défense contre les Etats prédateurs de l’avenir, les musulmans continuent de se préoccuper de questions dans lesquelles l’accessoire prend la place de l’essentiel. Est-ce bien raisonnable ?

8 octobre 2007
Michaël a dit :
J’ai lu ce texte avec le plus grand intérêt. J’ai appris des choses passionnantes. Je comprends à la lumière de cet article toutes les polémiques qui surgissent avant et après le mois de Ramadan. Merci à l’auteur de cet article. J’ai également lu les réactions des internautes qui affirment que la recherche de l’islam est un imépratif religieux. Alors petite question naïve : pourquoi la science semble être négligée dans ces débat sur le croissant lunaire.
8 octobre 2007
Optimiste a dit :
Des articles comme je les aime. Cet article est intègre et lucide. Il ne fait pas dans l’autocélébration et l’autosatisfaction qui malheureusemnt sont monnaies courantes chez nous. Il est important de nous regarder sans chanter d’hymne à la satisfaction. Nous progresserons mieux quand nous serons d’où nous partons.
8 octobre 2007
Mustapha a dit :

Ce que dit J. Mimouni est vraiment intéressant. L’attitude de certaines autorités religieuses ne fait que perpetuer les raisons qui ont débouché sur la décadence de la civilisation musulmane. L’incapacité de l’islam à comprendre ce qui est étranger à sa culture réside, selon lui, dans l’absence de réflexion critique sur son propre déclin historique et dans la sclérose de sa tradition philosophique.

A la suite d’une phase d’épanouissement économique et culturel au temps des califats omeyyades et abbassides, le monde islamique entre dans son Moyen Âge. Ce premier "âge d’or" de l’islam se nourrit, pour l’essentiel, de l’apport de la philosophie grecque. De même, la transmission de la civilisation islamique médiévale vers l’Occident doit s’interpréter à la lumière des capacités de réception développées par la pensée théorique européenne. Un second "âge d’or", celui des réformes du XIXe siècle, ne fut possible que grâce aux ressources conceptuelles empruntées à l’Occident.

8 octobre 2007
Fadéla a dit :
Cette année risque d’être la même que la précédente. Le même "souk" pardonnez-moi l’expression. Ce que je ne comprends pas et comprendrai jamais est que la solution existe. Jamel Mimouni vient de nous le démontrer. Alors que pourquoi et encore pourquoi ne pas utiliser la science pour donner avec précisin et à l’avance la date de l’Aïd. Allez savoir pourquoi ? Décidement je n’arrive pas à comprendre ? Qui peut me répondre ?
8 octobre 2007
Hamid a dit :
Les musulmans ont commencé à régresser intellectuellement. Et la civilisation islamique s’est mise à trembler sur ses bases, avant de s’étioler. Sans les valeureux guerriers ottomans, elle aurait même disparu avec la chute de Grenade, en 1492. Les premiers succès des Ottomans ne se sont pas accompagnés d’une renaissance intellectuelle. Les nouveaux maîtres étaient plutôt préoccupés par des questions mineures, comme celles de savoir si le port d’un pantalon moulant ou d’une casquette à visière était islamiquement licite, s’il fallait autoriser l’imprimerie ou utiliser l’électricité pour éclairer les mosquées. Les musulmans sont passés complètement à côté de la révolution industrielle. Et la régression a continué jusqu’à ce que les rébellions contre les Turcs, déclenchées à l’instigation des Britanniques et des Français, précipitent la chute de l’Empire ottoman, dernière puissance mondiale islamique, et aboutissent à la mise en place de colonies européennes, et non d’États indépendants comme cela avait été promis. Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale que ces colonies ont accédé à l’indépendance.
8 octobre 2007
Omar a dit :

Je voudrais féliciter Jamal Mimmouni pour son article qui est d’une grande qualité scientifique. Je voudrais égalemet rappeler que le Musulman se doit d’avoir le souci constant de connaître et d’apprendre ; la science n’a pas d’âge mais l’assimilation de la science à l’âge tendre est comparable à la gravure sur pierre ; par contre, l’apprentissage, dans la maturité, est semblable à un tracé tenté à la surface de l’eau ; comme le dit le proverbe.

L’Islam « est une des religions les plus compatibles avec les découvertes des sciences » ; c’est à cette liberté d’esprit que la science a pu s’épanouir, au sein de l’Islam et aboutir « aux découvertes sensationnelles qui ont bouleversé les données du savoir gréco-romain ». ce n’est donc pas la religion, dans sa réalité foncière et transcendante qui aurait entravé le progrès des sciences matérielles et empêché l’épanouissement de l’esprit critique, dans la plénitude de sa liberté.

8 octobre 2007
Passionné a dit :
Votre article Jamel Mimouni prouve que nous sommes loin de la grandeur civilisationnelle qu’ a été l’Islam à l’époque où La science était belle, inspirée et utile. On n’est pas bien loin de l’atmosphère de la Grèce antique et on peut même affirmer que sans l’école de traduction de Bagdad et la pléthore de commentateurs qui ont récupéré Platon, Aristote, Plotin et tout le néo-platonisme subséquent pour le transmettre ultérieurement à la Scolastique médiévale, l’Occident aurait oublié ses racines helléniques. Rappelons également que si Aristote était considéré comme le Magister primus, le Magister secundus était le très grand philosophe al-Farabi (v. 870-950), auteur par ailleurs de traités scientifiques et musicaux réputés. Et puisque nous évoquons la dette de l’Occident à l’égard de l’Orient, qui prouve bien que nous avons un solide fonds commun, n’oublions pas que Dante plaçait Saladin aux côtés d’Hector, d’Énée et de Jules César dans le panthéon des païens vertueux de sa Divine Comédie ; n’oublions pas non plus que Frédéric II, empereur germanique du XIIIe siècle, apprit l’art de gouverner auprès des politiciens arabes et que Machiavel, trois siècles plus tard, était en contact avec les stratèges persans par l’entremise de Venise.
8 octobre 2007
Laroussa a dit :
Islam a placé le savoir et les savants dans un rang éminent en incitant à chercher le savoir, d’autant plus que son miracle est un livre, le saint Coran dont l’un de ses versets dit : "lit au nom de Allah". En effet, nous sommes les pionniers des sciences car, à une certaine époque, l’islam avait guidé l’humanité sur les sentiers de la gloire et de la suprématie, et ce, grâce à une élite de savants arabes et musulmans. Ces derniers avaient porté le flambeau qui illuminait les ténèbres de l’ignorance, où sombrait l’Europe. Nous sommes, de ce fait, une nation dotée du plus riche patrimoine, grâce à la succession de plusieurs civilisations.
8 octobre 2007
Nono a dit :
La recherche requiert un environnement scientifique, de solides bases éducationnelles et le droit à la libre expression des citoyens. Ces besoins sont indispensables pour l’innovation et la création -conditions essentielles pour toute recherche scientifique. Le monde islamique, malheureusement, n’accorde pas beaucoup d’intérêt à la recherche scientifique, et investit des sommes extrêmement faibles dans ce domaine.. Il en résulte une hémorragie permanente de cerveaux créateurs attirés, d’une part, par l’importance que l’�tranger leur accorde et les possibilités qu’il leur offre, et rebutés, d’autre part, par des sociétés qui bloquent tout épanouissement scientifique.
8 octobre 2007
Maraouane a dit :

Un grand bravo M. Mimouni pour votre analyse sur un dossier qui prête à polémique chaque année.

Sur le plan mondial, le monde musulman est le plus pauvre, le moins alphabétisé, le plus dépendant sur le plan alimentaire, dont le taux d’espérance de vie est le plus bas, qui investit le moins dans la recherche scientifique, qui publie le moins de livres par tête d’habitant, qui lit le moins, dont la créativité est une des plus faible, dont l’innovation est presque inexistante, où la participation de la population est plus réduite, où l’abus des libertés publiques et des droits de l’homme est des plus flagrants, où la femme dispose de moins de liberté, où la corruption est la plus répandue, qui subit le plus de pertes humaines à cause de conflits internes car il est le plus divisé, qui souffre le plus des inégalités des rapports Nord-Sud, et qui fait face à la plus grande campagne organisée par les médias occidentaux contre ses valeurs culturelles et spirituelles. C’est aussi celui qui achète le plus d’armes par tête d’habitant et en même temps celui dont les dépôts à l’étranger son supérieurs à sa dette internationale. Voici toute une réalité crue qui devrait donner à réfléchir et à se préoccuper de l’avenir.

8 octobre 2007
Jiliani a dit :
Pour ces questions aussi cruciales, la parole doit être donnée aux savants détenteurs d’une véritable science. Les astrophycisiens doivent êtres coosultés, ils sont les plus aptes à nous éclairer et en finir avec les méthodes archaïques d’observations qui divisent la communauté.
8 octobre 2007
Mohand a dit :
Salam alaykoum / azul fellawen Je partage le point de vue de Mr Mimouni et je pense personnellement que le problème n’est pas un problème technique, mais plutôt un problème de pénétration de la science et de l’argumentaire scientifique dans la civilisation et la pensée arabo-musulmanne. Je vous conseille pour cela la lecture d’un récent article sur le sujet paru dans Physics Today en août 2007, rédigé par le physicien pakistanais, Pervez Hoodbhoy. Si vous voulez un lien contacter moi par email.
8 octobre 2007
Salmek a dit :
J’ai bien rigolé en lisant cet article. Que d’humour de la part de Jamal Mimouni. J’ignorais que certaines autorités religieuses musulmanes avanient pensé à envoyer un islamonautes ») sur la Lune, pour précisément voir la région de formation du croissant. On aura tout vu, ces autorités religieuses ne ssemblent vivre dans notre monde.
8 octobre 2007
Babeloued a dit :
Nous devons regarder la situation en face et admettre la faiblesse technologique dans laquelle nous sommes, quitte à blesser la fierté de nos frères et soeurs qui refusent de le reconnaître. L’article de Jamal Mimouni nous rappelle cette réalité combien triste mais véridique.
8 octobre 2007
Malik a dit :
Vous avez raison Jamal Mimouni, il faut sortir de l’amateurisme dans laquelle nous sommes. Votre article est super !
8 octobre 2007
farid d’Angers a dit :
Farid d’Angers le 08/10.essalamo alikom Les histoires commencent toujours par "il était une fois".C’est l’histoire de l’arbre et de la hache, quand la hache commençait a couper les branches de l’arbre, celle-ci criait et pleurait. Pourquoi fais-tu ça ? La hache dis c’est de ta faute. Alors l’arbre dis comment ça, de ma faute en s’étonnant. La hache dis c’est de tes branches que vient ma manche. La moralité de cette histoire " le problème de l’islam, les divergences et les désaccords qu’on vie actuellement viennent des musulmans eux même. Le jour où les musulmans deviennent UNIS ce jour l’islam triomphera in cha allah.
8 octobre 2007
Lola a dit :

"Désagréments graves", "Société et Etat pris en otage", "faiblesse civisationnelle de la Oumma", "Esprit primitif", "fétichisme", comme vous y aller Monsieur Djamal Mimouni ! Comme vous dramatisez !.

Comme je l’ai déjà dit ici, mon avis est que les Sciences profanes devraient s’atteler à résoudre les questions profanes et ne pas se substituer aux détenteurs de l’Autorité Spirituelle, fûssent-ils "primitifs" à leur entendement limité.

Qu’en cette Nuit du Destin, l’Esprit et les Anges vous comblent tous de grâces et de bénédictions, Amin.

Wa salam.

8 octobre 2007
Jamal Mimouni a dit :

Chers amis et frères,

Merci tout d’abord de vos premières réactions à cet article qui peut être vu comme un acte de self flagellation mais que nous devons au contraire voir comme catharsique… Je me permets tout d’abord de corriger une erreur qui s’est glissée dans mon texte lors de son édition de mon texte par l’equipe de Oumma.com. et qui en change tout le sens. Au lieu de : "… la science ne peut donc prédire à l’avance quand le croissant sera observable !" Il fallait bien sur lire comme il est clair du contexte : "… la science ne peut donc prédire à l’avance quand le croissant sera observé !". Elle peut au contraire déterminer de manière assez précise quant est ce qu’il sera observable.

Concernant les observations de notre frère Fadhel, je ne polémiquerais pas sur la signification du verset "faman chahida minkoum...". L’exégèse la plus consensuelle a toujours été celle de témoignage "visuel", d’autres l’ont étendue a tout "témoignage" compris comme conviction intime de son existence au dessus de l’horizon lors du coucher du Soleil meme par le calcul, les éphémérides étant après tout basés sur des siècles de corroboration entre le calcul et l’observation.

Ne rentrons surtout pas dans le jeu de l’escalade de sophistication dans l’observation spatiale du croissant. Des robots sur la Lune n’y feront rien, ce qui est demandé c’est une observation visuelle et donc humaine du croissant. Il y a nombre d’instances religieuses qui n’acceptent pas déjà l’observation terrestre avec un simple instrument optique. D’autres objections sont possibles. Il y aura ceux qui refuseront de croire que les "islamonautes" ont été sur la Lune comme ils refusent de croire qu’Armstrong a foulé le sol lunaire. Une objection plus dévastatrice est que ces astronautes sont sur un autre corps céleste et donc ont d’autres coordonnées astronomiques et que leurs observations ne nous engagent pas nous Terriens. Meme objection mais plus subdué pour un saut de puce sur orbite terrestre pour l’observation du croissant.

Clairement on ne résout rien en s’éloignant du plancher des vaches, le problème est en nous !

8 octobre 2007
Gafana a dit :

C’est très inquiétant, si j’en crois vos propos M.MIMOUNI" si d’après une étude novatrice, plusieurs scientifiques[9] ont montré après avoir épluché 40 années de données du Ministère des Affaires Religieuses d’Algérie au sujet des dates du mois de Ramadan et de l’Aïd, que 75% des cas d’observations présumées du croissant se trouvaient être en contradiction avec les données scientifiques, et que 14% des cas était dans une situation de contradiction « absolue », car la Lune était sous l’horizon lorsque le Comité des Croissants Lunaires (CCL) avait entériné ces prétendues observations.

Cela a continué de plus belle depuis. Pour notre part nous avons comptabilisé bon an mal an au moins un cas de contradiction entre l’observation présumée et l’impossibilité de fait[10].

Le taux d’erreur devrait approcher les 100% pour un pays comme l’Ababe Séoudite."

Quand je pense que certains musulmans prennent l’Arabie Saoudite en modèle

8 octobre 2007
Moncef a dit :
Propositions intéressante. Je ne comprends comment avec toutes ces compétences, on en vient toujours à se chamailler pour des histoires de dates, alors que la solution existe.
8 octobre 2007
Taremaillac a dit :

C’est gentil, Jamal, ce billet plein d’humour et de sagesse.

C’est une tradition du Ramadan : doute sur le commencement et doute sur la fin, chaque annee.

Et vu que ca fait plusieurs siecle que ca dure, l’observation scientifique n’y changera rien.

Des mesquins disent que nous avons l’air idiot chaque annee. Je reponds que c’est la dynamique de l’univers et de l’observation des astres, de meme que l’etat de conscience de l’observateur qui sont en mouvement constant et que, par consequent, determiner des dates exactes a l’avance n’est pas pragmatique :-)

8 octobre 2007
Fadhel a dit :
BONJOUR A TOUS.Je m’oppose d’abord à l’interprétation du verset"chahida minkoumou acchahr".M. MIMOUNI le traduit par« …quiconque parmi vous sera témoin de la naissance de ce mois, se devra de le jeûner… ». Or,le Coran ne dit pas "chahida... annahou acchahr".Ce verset se traduit correctement par « …quiconque parmi vous sera présent,c’-à-d chez soi pendant le mois(ramadan) se devra de le jeûner… ». C’est l’interprétation retenue par les plus illustres exégètes du Coran(Ibn Kathir,Souyouti,Baydhaoui,etc.).Si on veut utliser l’astronautique,il n’y a nul besoin de cosmonautes.Il suffit d’embarquer sur la Lune un ou 2 robots équipés de cellules photoélectriques puissantes et avec transmetteurs de signaux lumineux et acoustiques vers la Terre.En effet,la Lune tourne toujours la même face vers la Terre ei il suffit que le robot soit du côté où frappent les premiers rayons du Soleil.On peut savoir en temps réel la formation du croissant et la zone où il est formé sur la Lune même. Cela ne résoud pas la visibilité du Croissant sur Terre.D’autre part,cela ne permet pas de programmer à long terme un calendrier musulman,fiable pour les relations administratives et internationales.C’est M. Guessoum qui me semble donner une solution acceptable.
8 octobre 2007
Rachid ZANI a dit :
tres instructif et tres riche cet article. "Une mauvaise fatwa qui ne touche pas à l’essentiel[21] est préférable à une « fitna » potentielle" j’ai toujours considéré que la"nyya" supplantait l’ignorance mais force est de constater que la seule "nyya" a bon dos. Bien au dela de l’ignorance il ya la quête permanante de la vérité et DIEU aime ceux qui cherche à savoir. Une question seulement : Pourquoi les autorités saoudiennes ou égyptiennes n’appliquent t-elles pas ces règles scientifiques comme l’ISNA ou le critère de l’ Imkan al-Ru’yah par exemple ? Ne permettraient-t-elles pas ainsi de mettre un terme aux divergences absurdes dont nous sommes victimes et qui nous divisent constamment ? Combien de temps encore, devrons subir les sarcasmes et autres railleries de ceux qui se complaisent dans la moquerie ?
8 octobre 2007
Mustapha C. a dit :
Le jour de l’Aïde qui vient, je dépose une journée de congé au près du secrétariat de mon entreprise. Mais en fait ! ce sera quel jour ? impossible à savoir d’avance. Donc impossible de déposer ma journée. Impossible aussi de prendre RDV si j’emplois le calendrier musulman. Pourquoi ? Parceque nous n’avons pas encore "dessaoudiser" l’islam !

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