Saturday 17 May 2008

Islam/Palestine, l’impitoyable acharnement

Par Esther Benbassa, François Burgat
jeudi 8 juin 2006

Où passe la frontière entre l’islam et le terrorisme, le musulman fréquentable et l’agent de Ben Laden, le bon « citoyen » et le vilain « communautariste », le Palestinien résistant à une impitoyable occupation militaire et le « suppôt des intégristes » ? À la lecture des discours dominants en Europe et en France, il devient de plus en plus difficile de le dire : pour rester un interlocuteur acceptable, il semble qu’un musulman ne doive plus être seulement « laïque », mais aussi abdiquer, le verre de vin à la main, les marqueurs de son appartenance religieuse et/ou culturelle. À défaut, les peurs qu’il suscite sont capables de déstabiliser certains éléments de l’intelligentsia française, d’ébranler leurs principes sacro-saints - République, citoyenneté, laïcité, etc. - ou de les conduire à en user de manière peu rigoureuse et biaisée.

La longue liste des raisons d’ordre humanitaire pour lesquelles le soutien à l’économie agonisante de la Palestine occupée doit reprendre d’urgence a déjà été dressée. Faut-il encore, et toujours, en réaffirmer le bien-fondé et secouer l’hypocrisie et l’immobilisme de la France et de l’Europe. Mais la seule démarche « humanitaire » demeure parfaitement insuffisante et à terme contre-productive. Elle exige des contorsions diplomatiques et juridiques intolérables, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de contourner le résultat de l’un des rares scrutins en pays arabe - après avoir été dûment surveillé par les observateurs du monde entier - à ne pas être contesté.

Le Hamas « refuse de reconnaître Israël ». Mais près de dix années après que l’a fait avant lui l’OLP, où en sommes-nous de la reconnaissance réciproque d’un État palestinien par Israël, dont les frontières fluctuent au gré de ses majorités électorales et qui annexe impunément semaine après semaine de nouveaux hectares de la Cisjordanie ? Le Hamas refuse d’abandonner la violence, nous assène-t-on quotidiennement en guise d’analyse. Celui-ci a pourtant depuis dix-huit mois déclaré une trêve explicite et s’y est tenu. Que dire en revanche du recours systématique à la violence des assassinats « ciblés », c’est-à-dire des exécutions extrajudiciaires, à celle des maisons détruites par centaines, à celle de la canonnade incessante de la grande prison « bouclée » de Gaza ? Le Hamas, enfin, « ne veut pas reconnaître les traités de paix » ? Mais qu’en est-il d’Israël qui, de la feuille de route au plan saoudien de 2002 - approuvé par l’Autorité palestinienne, l’Union européenne, les États-Unis et l’ONU - ne les respecte pas depuis des années ? Tout cela ne signifie certes pas qu’il ne faille pas inciter le Hamas, dont le développement aurait autrefois été encouragé de surcroît par Israël, pour, déjà, diviser le camp palestinien, à quitter définitivement les habits du terrorisme, à reconnaître Israël et à employer plutôt les armes de la politique et de la négociation. Mais il y a sans doute pour cela d’autres voies que le pur et simple déni de sa légitimité.

Comment parvient-on avec une telle inconscience à justifier le boycottage des urnes et par là même à escamoter le droit international et tous les droits ? Comment un tel unilatéralisme de l’action occidentale parvient-il à triompher aussi facilement ? À y bien regarder, si le déni de justice que nous faisons à « leurs » urnes et à « nos » principes démocratiques ne suscite pas davantage de protestations, c’est qu’il mobilise une nouvelle fois la magie des peurs instinctives de l’Autre qui « parle musulman », et serait donc théocrate. En Israël non plus, il n’y a pas de séparation entre l’État et la religion. Cela suffirait-il à le déclarer non démocratique ? Sa fondation aussi fut précédée par des actes terroristes juifs contre l’occupant britannique. Cela a-t-il disqualifié à tout jamais les Israéliens pour créer un État moderne ? Et que dire du poids de ces partis orthodoxes et ultra-orthodoxes (pas spécialement féministes ni tolérants envers les LGBT) sans lesquels aucune coalition parlementaire n’est possible dans le pays jusqu’à ce jour ?

Lorsqu’il s’agit des musulmans, principes éthiques et politiques n’opèrent pas de la même manière. « Peut-il être des nôtres, celui qui refuse de boire son verre comme les autres ? » À cette question, de Philippe de Villiers à Charlie Hebdo, en passant par des pans entiers de la droite et de la gauche parlementaire, un vaste « front national » répond énergiquement non. En fait, le Hamas ne menacerait donc pas seulement l’existence de l’État le plus puissant de la région, soutenu par la première puissance mondiale. Il mettrait en péril aussi la « modernité », la rationalité des « Lumières » et, argument suprême sans cesse réitéré, les droits des femmes et ceux de toutes les minorités ! Là résident les motifs non avoués au grand jour des mesures prises contre le nouveau gouvernement palestinien. Tout cela sans se demander pourquoi les Palestiniens ont voté pour le Hamas et sans mesurer les risques d’une guerre civile qui plongerait le pays dans une détresse plus grande encore et ne ferait avancer d’un pouce ni la démocratie ni les pourparlers de paix.

Notre intérêt passionné pour la « libération des femmes musulmanes », menacées par les « intégristes », en vient insensiblement, dans le cas de la Palestine, à prendre le pas sur la défense de leur humanité la plus élémentaire. Elles ne méritent en effet notre sollicitude humaniste que pour autant que la menace identifiée soit celle de la violence machiste de ces hommes barbus qu’elles ont pourtant massivement élus et non celle des bulldozers ou des balles de l’armée qui perpétue son occupation. Leurs pères, maris, frères ou fils, leurs mères, filles, sœurs ou elles-mêmes sont-ils asphyxiés économiquement et financièrement, expropriés de leur maison, jetés à la rue, ou éliminés par les balles ou les missiles de l’armée d’occupation ? Peu importe : conservons intact notre émoi pour « lutter contre l’intégrisme » du Hamas. Quitte à cautionner l’humiliation et la misère qui résultent de la suspension de l’aide internationale et de la confiscation des taxes douanières par Israël, et qui ne sont clairement pas de nature à faire reculer l’intégrisme ni le terrorisme, mais au contraire à les nourrir.

Les projecteurs de quelques-uns de nos « journalistes d’investigation » et les « Lumières » de nos grands philosophes médiatiques se garderont bien d’éclaircir ce côté-là des ténèbres de notre temps. Depuis que, dans l’Algérie en guerre, l’épouse du général français Jacques Massu expliquait aux Algériennes que la France se devait de rester chez elles pour les « dévoiler » et donc les libérer, cette « tribalisation de l’universel » que constitue le détournement et l’instrumentalisation du combat des femmes au service de logiques de domination se poursuit avec la même ardeur et, malheureusement, la même efficacité.

À coups de canon, sans pain et, surtout, sans respect, on ne « modernise » personne. Nos idées « éclairées » ont besoin de pragmatisme, plus que de ces fantômes qu’on agite pour justifier des politiques dont l’Occident a été si friand au XXe siècle et qu’il continue d’affectionner au XXIe, susceptibles de mener à l’impasse de la confrontation sans fin.

*Cet article est paru le 5 juin dans Liberation sous un autre titre : "Non au boycott du Hamas"

Esther Benbassa

Esther Benbassa est directrice d’études à l’École Pratique des Hautes Études et vient de publier Juifs et musulmans : Une histoire partagée, un dialogue à construire, aux éditions La Découverte, 2006

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

François Burgat

Politologue, (auteur de L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaïda, La Découverte, 2005)

Auteur de  :

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par Idris - le 9 juin 2006

Il n’est plus possible de prendre au sérieux aucune des parties palestiniennes.

Tout le monde parle de l’union nationale, des intérêts du peuple palestinien et d’empêcher le sang de couler. En même temps, aucune des parties n’hésite à poignarder l’autre.

Les dirigeants palestiniens du Hamas veulent nous faire croire que la situation peut encore être redressée alors que la dégradation est à son comble. Aucun responsable ne nous a expliqué pourquoi les dirigeants du Fatah et du Hamas sont friands de déclarations rassurantes alors que les frictions et affrontements entre les militants des deux factions se poursuivent sans relâche.

Par Rogerio - le 9 juin 2006

Le mouvement islamiste Hamas et le Fatah de Mahmoud Abbas fourbissent leurs armes pour régler leurs différends. Les Territoires palestiniens semblent n’avoir jamais été aussi proches d’un conflit armé interne généralisé. Le seul dialogue qui est en cours est celui des armes et cela ne manquera pas de peser sur la rencontre prévue jeudi prochain. Une rencontre qui semble se limiter aux représentants du Hamas et du Fatah, en ignorant les autres partis et factions, et surtout en ignorant toute représentation de la société civile.

Gaza a été le théâtre durant le week-end de deux attaques contre des hauts responsables du Fatah et des services de sécurité, lesquels relèvent directement du président et non pas du Premier ministre.

Ainsi, le chef des renseignements palestiniens, Tarek Abou Rajab, un proche de Abbas, a été grièvement blessé samedi 20 mai par l’explosion d’une bombe dans un ascenseur et transféré dans un hôpital israélien. Le lendemain, Rachid Abou Chabak, chargé par Abbas d’assurer le commandement collectif de plusieurs services de sécurité, a échappé à un attentat à la bombe. Dans les deux cas, les services de sécurité ont accusé ouvertement le Hamas d’avoir organisé ces "tentatives d’assassinat" alors que le gouvernement dirigé par le Hamas promettait une enquête diligente.

Des Terroristes restent des terroristes : Le Hamas accusé pour l’attentat contre Tarek Abou Rajab

Un garde du corps du général Tarek Abou Rajab, chef des renseignements palestiniens, a été tué ce matin, dans l’attentat qui s’est produit au siège des services de renseignement de l’Autorité palestinienne, à Gaza. Une dizaine d’autres personnes ont été tuées et Tarek Abou Rajab lui-même a été transféré vers un hôpital de Tel Aviv après avoir reçu les premiers soins à Gaza. Il souffrirait de nombreuses lésions et hémorragies internes et risque de devoir être amputé d’une jambe.

Le général Rajab, l’un des interlocuteurs privilégiés des Israéliens en matière de sécurité et, aujourd’hui, l’un des fidèles du Président Mahmoud Abbas avait déjà été grièvement blessé dans un attentat il y a deux ans, deux de ses gardes du corps étant tués. L’attentat n’a pas été revendiqué mais tous les regards se tournent vers le Hamas alors qu’une épreuve de force sans précédent oppose cette organisation - qui domine aujourd’hui le Parlement palestinien et a formé le gouvernement de l’Autorité - et le Fatah du Président Abbas.

General Mussa Arafat lui aussi été assassiné par les Palestiniens a l’époque.

Par Hamid - le 9 juin 2006

Une fois encore, le chaos et l’anarchie qui règnent en Palestine font les grands titres et touchent l’opinion palestinienne au cœur. La possibilité d’une guerre civile à venir devient l’objet de craintes, des analystes comme du public. Cet affrontement, et les défis aux autorités et au pouvoir à Gaza pourraient finir par mener les Palestiniens à la pire des situations.

Il faut prendre au sérieux la position de l’opinion publique palestinienne, en particulier quand tous les secteurs ont pris l’initiative de présenter leur vision d’une position palestinienne unifiée. Toutes ces initiatives suivent le même modèle : rejet de la détérioration de la situation, appel à toutes les parties pour qu’elles adoptent un programme commun en vue de parvenir à un Etat palestinien viable, sûr et pérenne, et évitant ainsi la guerre civile.

De nombreux Palestiniens, individus, factions et organisations, affirment que la solution à deux Etats est la seule solution possible et acceptable, et que la Déclaration Nationale Palestinienne d’Indépendance de novembre 1988 (par l’OLP à Alger, qui reconnaissait l’Etat d’Israël) constitue la meilleure base pour tout gouvernement. Ces initiatives sont clairement des appels au Hamas pour qu’il adopte cette vision et aucune autre.

Le président Abbas a eu tout à fait raison de souligner la nécessité de s’adresser de nouveau à l’opinion par référendum sur cette question, dans la période sensible et cruciale que nous traversons. Ce référendum pourrait le seul instrument possible pour apaiser le débat interne palestinien et le conflit entre le Hamas et le Fatah. Le Document des Prisonniers a reçu un large soutien dans l’opinion, car il présente une position palestinienne unifiée, mais il manque de vision. Il serait beaucoup plus important que le référendum présente une nouvelle vision stratégique commune palestinienne, ou un "nouveau programme palestinien" qui soulignerait les intérêts palestiniens.

Les sondages sont une indication des besoins et des tendances de l’opinion. Or, pour l’essentiel, l’opinion soutient les principes de la déclaration du président lors de l’ouverture du dialogue national. Il faut maintenant parvenir à un consensus sur une stratégie palestinienne réaliste et sur une politique tournée vers l’avenir.

Le résultat de ce dialogue national n’a apparemment rien apporté de plus aux Palestiniens qu’un signe modeste de bonne volonté entre les différentes factions. Il semble qu’aucun consensus ne soit intervenu sur les questions essentielles touchant au conflit, et qu’aucune solution concrète et applicable n’en sortira.

En même temps, le nouveau gouvernement Hamas et son ministère de l’intérieur sont davantage déterminés à faire évoluer la situation vers un conflit sanglant entre les deux chefs de l’Autorité palestinienne. A la fois pour Abbas et pour Haniyeh, c’est une question "d’être ou ne pas être", une chance de profiter au mieux de la situation. Le ministre de l’intérieur (Hamas) est en train de réexaminer sa mauvaise décision de redéployer sa soi-disant "unité de renfort" dans les rues de Gaza.

Cette mauvaise décision, qui consiste à utiliser des forces parallèles pour maintenir la sécurité à Gaza, est une erreur, et elle n’apportera pas la sécurité aux Palestiniens. Cette décision hâtive n’a été qu’un défi au Fatah et à ses membres affiliés. Le message, c’est : "c’est le Hamas, et seulement lui, qui est au pouvoir et qui contrôle l’Autorité". Cela a provoqué la pire des situations dont les Palestiniens ont besoin en ce moment. Les questions non posées et restées sans réponse demeurent : pourquoi avons-nous besoin de toutes ces milices armées à Gaza ? Et qui exactement est l’ennemi ?

Gouverner le peuple, ce n’est pas déployer des milices armées dans les rues au nom de la "sécurité". Pour faire respecter la loi, il faut une autorité officielle, légitime et constitutionnelle, et non des délinquants.

Le déploiement de ces milices surarmées montre que le Hamas a travaillé de façon intensive à son armée. Il a fait de gros efforts pour préparer cette armée à défendre le Hamas. Il s’est servi de la période d’accalmie avec Israël pour l’entraîner et l’équiper en hommes en armes nécessaires pour juguler les Palestiniens. Cette armée n’a pas été préparée pour combattre l’occupation, mais pour combattre le Fatah et s’emparer de l’Autorité palestinienne et de l’OLP.

Le président Abbas doit savoir que les Palestiniens n’ont pas besoin d’une nouvelle armée ou d’une "nouvelle garde présidentielle", qui ne peut représenter qu’un fardeau financier supplémentaire et inutile. La solution n’est pas d’engager des combattants supplémentaires, surtout quand la direction palestinienne n’a pas de quoi payer les salaires des forces plus anciennes et qu’elle est incapable d’intégrer les milices dans les services existants.

/...

Le Hamas doit envisager de modifier ses positions dogmatiques. D’abord, il doit penser à la manière d’unifier le peuple palestinien, et si cela s’avère impossible, il doit penser avant tout à éviter la guerre civile, même si cela implique la démission du gouvernement et l’organisation de nouvelles élections. Ce n’est pas le moment de nous lancer dans de dangereuses guerres intestines. L’intérêt collectif des Palestiniens doit toujours l’emporter sur l’intérêt d’un groupe ou d’une faction.

Il semble que le Hamas lui-même ne soit pas uni sous une direction et un programme, ce qui augmente la confusion. Ainsi, il semble y avoir de réelles contradictions entre les positions de la direction du Hamas de l’intérieur et sa direction de l’étranger, à Damas. Il apparaît qu’il y a une crise croissante au sein du Hamas. De plus, il est maintenant évident que le premier ministre Haniyeh n’a pas gagné le soutien plein et entier de la direction du Hamas.

La direction du Hamas de l’étranger, qui contrôle la milice (les brigades Al-Qassam) semble constituer une autorité qui prend le pas sur la direction de l’intérieur. Les "durs" de l’intérieur et la direction de l’étranger travaillent main dans la main, avec un programme différent qui est incompatible avec le Dialogue national, et qui va bientôt provoquer de graves dissensions au sein du Hamas.

La direction du Hamas à l’étranger, hébergée par le gouvernement syrien, joue le jeu de la Syrie et de l’Iran et est au service de leurs intérêts régionaux. Cette politique va radicaliser les positions palestiniennes et faire qu’une fois de plus, la cause palestinienne sera utilisée par des éléments externes pour servir leurs propres intérêts stratégiques régionaux.

En cas d’échec des tentatives de parvenir à un consensus national, le président Abbas doit envisager sérieusement de dissoudre le parlement et de constituer un gouvernement de salut public. Ce n’est pas pour contrer le Hamas et sa stratégie, mais bien pour sauver les Palestiniens de la destruction totale et du conflit interne qui s’éternise. Les Palestiniens sont suffisamment patients pour donner au Hamas une carte blanche limitée pour qu’il fasse ses preuves, mais tant qu’il n’y a aucun progrès, le Hamas doit garder à l’esprit qu’il doit rendre des comptes au public, qui n’attendra pas éternellement alors que la société tout entière se détériore. Le Hamas doit être assez sage pour prendre ses décisions au mieux des Palestiniens et pour promouvoir ce que la plupart des Palestiniens souhaitent : la création d’un Etat indépendant, souverain et viable qui vivra en paix avec ses voisins.

Khaled Duzdar est le co-directeur palestinien pour les affaires stratégiques de l’IPCRI (Israel/Palestine Center for Research and Information) à Jérusalem

Par Marouane - le 9 juin 2006
Merci pour cette franchise Mme Benbassa et Mr François ! Je vous remercie d’autant plus chaleureusement que ces paroles justes coutent a ceux qui les "proferent", extremement cher dans nos societes ou la norme de l’opinion officielle regnent sans partage et ou les voix discordantes sont excommuniees et punies finement dans un respect subtil des lois de notre democratie et de nos valeurs de liberte d’expression. Merci !
Par Thau - le 9 juin 2006

A alandalus

Je suis quasiment certain que les auteurs vous rejoindraient sur votre proposition de 2 peuples/2 états, qui correspond à peu près au contenu des accords de Genève ou ceux de Taba.

De même, ils seraient sans doute d’accord pour reconnaitre une part de responsabilité aux pays arabes et à l’OLP dans l’échec à trouver une solution de paix (pas besoin de refaire l’historique du sionisme depuis Théodor Herzl pour en convenir).

Ceci étant, sans "réhabiliter les mouvements intégristes" ni "faire d’israel l’unique responsable", force est de constater :

- que cette solution (2 peuples / 2 états) nécessite une reconnaissance de l’Etat Palestinien par Israel (qui serait le pendant de la reconnaissance de l’Etat d’Israel par l’autorité palestinienne depuis plus de 10 ans), donc une renonciation au grand Israel. On attend toujours.

- que la communauté internationale pratique allègrement le 2 poids 2 mesures entre un peuple palestinien, immédiatement sanctionné d’avoir élu le Hamas, et un peuple Juif, dont le gouvernement bafoue depuis toujours le droit international, sans la moindre conséquence.

Le lien entre ce conflit là bas et la crispation autour des questions d’antisémitisme et d’islamophobie ici, est évident. La France est sans doute le pays où les diasporas respectives sont les plus importantes (d’où sans doute cette crispation). On peut rêver mais je me dis que la réussite d’un dialogue ici (comme celui initié par Esther Benassa et Jean-Christophe Attias), pourrait être la source d’une résolution du conflit là bas.

Or, un grand nombre d’acteurs de ce débat en France se sont montrés favorables aux accords de Genève. S’ils étaient sincères, pourquoi ne pas dialoguer autour de ce projet ici, et le porter communément là bas ?

Par Hanna - le 9 juin 2006
Remarque sur le commentaire de alandalus : Quelle criante objectivité !!! Bon sans blague,les dates que tu donnes et les références sont incontestables ,mais ta manière de les interpréter est abherrante. Que tu penses détenir une science ,soit,mais ne fais pas comme si c’était la vérité . Deplus,il me serait facile de critiquer Israel pendant deux paragraphes et de signifier quand meme mon objectivité en signant enfin ,"Pierre,pro-israelien" !! Ton point de vue est critique mais pas impartial. Il est vrai qu’aujourd’hui ,les gens ont beaucoup de mal à se mouiller,et si on admet que les palestiniens et les musulmans sont "un petit peu"chatouillés,il faut tout de suite contrebalancer avec leur terrible mauvaise foi,et leur coté belliqueux qui font d’eux ,bien sur, des hermétiques à la paix... Au moins cet article,ne fais pas dans la langue de bois, pour une fois,et relate ce que la France (grande amie des peuples musulmans...) ne trouve pourtant pas digne de l’information.
Par Abraham - le 9 juin 2006
Bravo aux auteurs de cet article très juste, profond et empreint d’une grande lucidité. C’est vraiment un bel exemple d’humanisme et d’universalisme. Rien à voir avec l’humanisme et l’universalisme version BHL...
Par kirikou - le 8 juin 2006

kirikou

en lisant cet article je me suis senti gonflée comme michelin enfin de la probité intellectuelle , une denrée rare de nos jours je reste confiante malgré les grosses douleurs que nous font subir au quotidien nos quotidiensTv radio enfin la vérité fni toujours par l’emporter elle est en marche et rien ne peux l’arreter comme l’a si bien dit Emile zola

Par Abdelkader Boutaleb - le 8 juin 2006

Assalam alaykum,

Les intellectuels honnêtes et courageux sont une espèce en voie de disparition. Ceux qui "osent" comme Esther et François sont malheureusement minoritaires et souvent abondonnés à l’invective de ceux qui prétendent défendre des valeurs universelles. Les colonialistes anglais parlaient du "burden of the white man" (fardeau de l’homme blanc). Il est vrai que pour ce qui est de la réaction des auto-proclamées démocraties du monde "libre", (concernant l’élection du Hamas) l’hypocrisie ne pouvait être en meilleure compagnie. Comme dirait Berthold Brecht, en Palestine, il faut changer de peuple. Le drame pour l’homme "civilisé" moderne c’est de ne plus avoir de référents éthiques. L’homo politicus français souffre toujours de ce que je diagnostiquerai comme une "algérianophobie aigue" qui malheureusement ne subsiste pas seulement au niveau des anciennes générations mais qui se transmet paradoxalement aux nouvelles classes politiques (suivez mon regard) qui n’ont pas nécessairement un souvenir direct de cette tragédie . Et c’est à travers ce prisme que les crises actuelles sont percues. Que ce soit l’Iraq, l’Afghanistan ou la Palestine c’est toujours le facteur algérien qui hante les esprits des "humanistes" et qui influence leurs jugements. Ceux qui veulent que nous soyons pragmatiques et que nous acceptions le dictat du plus fort se leurrent. Le droit au retour des palestiniens déracinés de leur "matrie" est un droit inaliénable qu’aucune négociation ne peut diluer. Il est temps qu’il est ait en France un débat sur le lobby sioniste israélien et son influence sur la politique et la société francaise (l’Europe suivra). Aux Etats Unis le tabou est désormais brisé. Merci encore pour les auteurs qui ont inspiré ce commentaire

Wassalam

Abdelkader l’occidentaliste

Par Habiba - le 8 juin 2006
Le présent article, qu’il nous faut méditer à plus d’un titre, nous offre un constat des plus alarmants et qui n’a d’exemple nulle part ailleurs dans le monde. On sait dans quelles conditions et avec quelle âpre rudesse se déroule, dans des lignes nouvelles, le"processusdepaix" dont le caractère inhibiteur nous mène sur un chemin circulaire et sans issue. Mais disons-le tout net, il ne faut pas se faire trop d’illusions quant à la reconnaissance d’un Etat palestinien, avec tout ce que cela comporte, tant le discours dominant en Occident n’a de cesse de répéter avec insistance l’importance de reconnaître Israël alors que le souci légitime aujourd’hui est la reconnaissance d’un Etat palestinien. Tout ce méli-mélo diplomatique ne signifie en réalité qu’un renvoi à un délai indéterminé, qu’une remise à plus tard du "processusdepaix".
Par grya - le 8 juin 2006
Bravo pour cet article,qui ouvre d’autres perspectives au cauchemard que vivent ces deux peuples. Oui, il faut du courrage aujourdhui pour parler de la sorte de ce conflit instrumentalisé par les réactionnaires de tous crins et de tous horizons.Mais le seul fait de ces prises de position qui se multiplient annonce l’inéluctable, c’est à dire,que la seul voie possible, la voie de la raison et de l’humanisme, finira par conduire ces deux peuples sur le chemin d’un règlement pacifique de cette nécessaire cohabitation imposée par l’histoire. Certe, la route est encore longue, mais rien n’y fera,ni les allégations les plus fallacieuses, ni les crimes les plus abjectes ;n’empècheront qu’un jour Palestiniens et Israëliens vivent enfin en paix côte à côte. le combat de tous ceux qui oeuvrent en ce sens finira par payer.
le 8 juin 2006
Bravo pour cet article,qui ouvre d’autres perspectives au cauchemard que vivent ces deux peuples. Oui, il faut du courrage aujourdhui pour parler de la sorte de ce conflit instrumentalisé par les réactionnaires de tous crins et de tous horizons.Mais le seul fait de ces prises de position qui se multiplient annonce l’inéluctable, c’est à dire,que la seul voie possible, la voie de la raison et de l’humanisme, finira par conduire ces deux peuples sur le chemin d’un règlement pacifique de cette nécessaire cohabitation imposée par l’histoire. Certe, la route est encore longue, mais rien n’y fera,ni les allégations les plus fallacieuses, ni les crimes les plus abjectes ;n’empècheront qu’un jour Palestiniens et Israëliens vivent enfin en paix côte à côte. le combat de tous ceux qui oeuvrent en ce sens finira par payer.
Par Selma - le 8 juin 2006
Les mots me font défaut pour décrire l’émotion ressentie lorsque j’ai lu cet article. Les auteurs ont su traduire ce que je pensais. Merci du fond du coeur
Par Philippe - le 8 juin 2006
Les différents points développés dans cet article sont intéressants, et j’avoue que je ne voyais pas les choses ainsi. C’est parfois une bonne chose que d’être bousculé dans certains de ses préjugés que nous pouvons tous avoir.
Par alandalus - le 8 juin 2006

je vais détonner dans ce concert de louanges mais cet article ne me parait ni très "modéré" ni très original : pas modéré parce qu’il fait d’israel l’unique responsable du conflit et de son pourrissement, ni très original parce que cette position, avec la réhabilitation des mouvements intégristes, est la vulgate d’une grande partie de la gauche en france et une des lignes directrices du quai d’orsay dans le cadre de la fameuse "politique arabe de la france".

or, il faut vraiment connaitre très mal l’histoire du conflit israélo palestinien (ce qui n’est pas le cas des auteurs), soit faire preuve d’un aveuglement sélectif et volontaire (là par contre...) pour ne pas dire clairement que tout n’est pas la faute d’israel : les pays arabes et les palestiniens ont une grande part de responsabilité dans la situation actuelle. D’abord parce qu’en 1948, ils ont refusé la déclaration de l’onu, provoquant 1. l’agrandissement d’israel et 2. la non-création de l’Etat palestinien prévu. Ensuite par le refus de toute discussion avec l’ "entité sioniste" en gros jusqu’à la fin des années 1970. Enfin par l’instrumentalisation de la cause palestinienne, cf. le sort des réfugiés palestiniens en syrie, en jordanie, au liban (voir article de mouna naïm dans le monde d’hier) et dans le golfe : belle solidarité ! Je n’exonère absolument pas israel de ses (nombreuses) responsabilités : je dis juste que les Etats arabes et les palestiniens eux mêmes sont co-responsables !

par ailleurs, la politique arabe de la france, on en a quand même un peu vu les limites : soutien aux régimes autoritaires : algérie, tunisie, égypte indulgence face aux dictatures : libye, syrie-liban. Le tout pour ménager les approvisionnements en pétrole. Parallèlement, réhabilitation d’une frange présumée fréquentable des mouvements islamistes au nom du refus du "choc des civilisations". En fait, un cache sexe à l’anti-américanisme amer des hautes sphères françaises... Résulta ? En vrac : FIS+GIA+maintien du FLN pour les algériens, attentats pour les français ; khadafi pour les libyens, ben ali pour les tunisiens, attentats pour les français encore ; Arafat pendant 40 ans+autorité palestinienne corrompue+hamas pour les palestiniens ; maintien des assad en syrie pour les syriens, occupation syrienne du liban après le retrait israélien et dégommage de hariri pour les libanais.

Chapeau !

In fine, la france a perdu toute crédibilité et toute influence dans la région : chacun de ses clients exige d’elle des déclarations de principe anti-bush et de sortir le portefeuille pour arroser tout le monde...sauf les populations qui continuent de subir l’incurie et la corruption de leurs dirigeants et la violence de leurs islamistes (pas tous). Ni les palestiniens, ni les israéliens, ni les Etats arabes ne considèrent la france et plus largement l’europe comme autre chose qu’un vague observateur alors que c’est eux les plus grands contributeurs.

Bref, tout ça nous éloigne de l’article. En conclusion, un dernier mot : une position vraiment modéré, c’est 2 Etats pour 2 Peuples, c’est à dire retrait d’israel dans ses frontières de 67 (avec rectifications en accord avec l’autre partie et contre échange), création d’un Etat palestinien en Cisjordanie et à Gaza (reliés par voie terrestre ou souterraine) avec Jérusalem est pour capitale ET renonciation au droit au retour des palestiniens en Israel (mais compensations financières, conformément à la résolution 194). (Sans cette dernière condition c’est 1 Etat pour un peuple (Gaza+Cisjordanie vidées des implantations) et 1 Etat pour 2 peuples (israel avec 4,5 millions de juifs + 1,5 million d’arabes israéliens+ entre 3 et 4 millions de réfugiés palestiniens) : comment penser une seconde qu’un PM israélien puisse accepter ça ?!) Une très large partie de l’opinion publique israélienne est favorable à ces grandes lignes. Il est probable qu’une majorité du peuple palestinien s’y résoudrait de guerre lasse. Par contre le Hamas ne veut pas en entendre parler. C’est quand même très dommage que les auteurs de l’article oublient de le préciser...

david sioniste et pro-palestinien

Par Mamadou - le 8 juin 2006
enfin un peu de vérité dans ce monde hypocrite. le désarroi d’un peuple entier ne peut etre passer sous silence.je félicite cette initiative. Si seulement ce texte, cette réalité pouvait éclater au grand jour... Si seulement le monde pouvait se détacher de cette hypocrisie qui consiste a nier la flagrance de cette situation...Si seulement ce débat pouvait se tarrir de lui meme et déboucher sur la liberté pour chacun de pratiquer librement sa religion... Soyons patient, ce qui doit advenir adviendra inch’allah.
Par Luc Paris - le 8 juin 2006
Je suis catholique de droite qui lit le Figaro et je fais complètement la différence entre un terroriste qui prétend agir au nom de l’islam et une musulmane pratiquante portant le voile par conviction religieuse. Je déteste la posture intellectuelle qui revient à dire : "l’autre à tort et ne comprends pas toute la subtilité et l’intelligence de ma pensée". Quand ferez-vous votre autocritique ? Vous mêmes, vous vous comportez exactement comme le font vos supposés adversaires. Vous simplifiez à outrance leurs idées pour mieux vous poser en victime et ainsi ne pas réfléchir à vos contradictions et approfondir votre pensée et l’ouvrir à la pensée de l’autre. C’est assez décevant pour des gens qui devraient aider à faire découvrir l’islam pratiqué par des gens vivant en France.
Par Mus’ab - le 8 juin 2006
Félicitations pour cet article, il dépeint avec succès l’état délétaire dans lequel sont nos gouvernements et nos institutions pseudo-démocratiques. Ceux-là s’évertuent à vouloir donner des leçons de morale aux pays musulmans sur leur armement et leur mode de vie, alors qu’ils feraient mieux de s’occuper de cet état voyoux qui violent toutes les résolutions de l’ONU émises à son encontre depuis plus de 30 ans.
Par Bahim - le 8 juin 2006
La diabolisation des militants palestiniens (surtout de couleurs musulmanes) et l’attribution d’auréole à Israël semblent être une figure imposée en France. F.Burgat et E.Benbassa sont d’une grande lucidité avec cet article. L’avènement du net permet l’expression d’une autre parole, heureusement d’ailleurs, car il y aurait de quoi se suicider chaque matin en écoutant sa radio et ou la TV.
Par Akim - le 8 juin 2006
La désinformation de grande ampleur à laquelle se livre certains médias et autres politiques, sur l’islam et sur le conflit israélo-palestinien est un modèle de propagande unique dans l’histoire. Des moyens immenses sont mobilisés à cet effet. Mais la réalité dépasse souvent le mensonge même incessamment martelé. Madame Benbassa et Monsieur Burgat ont signé un article qui avec d’autres transpercera le mur de la haine que certains s’emploient à bâtir pour que se réalise le scénario du choc civilisationnel. Nous sommes nombreux à penser comme Benbassa et Burgat qui sont loin d’être isolés, en dépit du conditionnement des esprits répandus par une partie de la sphère ploitico-méditique totalement décrédibilisée.
Par Baptiste - le 8 juin 2006
A l’issue d’un petit déjeuner indigeste, la lecture du texte de Burgat/ Benbassa m’a requinqué pour la journée. Des articles comme cela, on devrait en lire chaque matin. Standing ovation !!!!!!!!!!
Par Roger - le 8 juin 2006

Passionné d’histoire, j’ai été amené à tenter de comprendre le conflit israélo-palestinien à travers de multiples lectures. Je vous avoue mon effarement dans le traitement dudit conflit en France qui est marqué par une distorsion énorme entre la réalité historique et l’approche binaire du microcosme politico-médiatique, renforcé par l’introspection fragmentée d’intellectuels pro-israélien qui capitulent devant tout sens critique, auquel ils substituent souvent une fourberie dans l’analyse qui dépasse l’éthique intellectuel la plus élémentaire.

Le même constat peut être établi quant à l’appréciation du phénomène « islamiste » réduit sa dimension la plus violente, et dont on peut douter du ressort uniquement religieux censé l’avoir engendré. A ce sujet, François Burgat, dont je suis un lecteur assidu nous en livre une exploration savante, particulièrement éclairante sur ce courant d’une grande complexité. J’adhère à l’intégralité du texte d’Esther Benbassa et de François Burgat, dont je veux affirmer ici qu’ils font honneur à l’idéal intellectuel, que notamment le grand Edward Saïd a incarné.

Par Boualem - le 8 juin 2006

Cet article souligne parfaitement la duplicité de ceux qui prétendent parler au nom des valeurs de l’occident. Quand Alexandre Adler écrit dans le Figaro, 6 septembre 2004, je cite : « (...) Je soutiens donc le maintien des dictatures les plus éclairées possibles- voire pas éclairées du tout- En Egypte et en Aarbie saoudite plutôt que l’application, dans ces régions du monde , des principes démocratiques qui dans l’immédiat, ne seraient que porteurs de désordres et de violences » Qu’Alexandre Adler aille dire ceci aux prisonniers politiques détenus et torturés dans les geôles arabes, Qu’Alexandre Adler aille dire ceci à une mère dont l’enfant a été torturé et tué pour avoir manifester pour ses droits, Qu’Alexandre Adler aille dire ceci aux journalistes aux poètes, aux écrivains arabes harcelés et privés de parole. Alexandre Adler, lui en revanche sait bénéficier des bienfaits de la démocratie en France en ayant des chroniques et des entrées dans plusieurs médias. Si on se mettait à raisonner comme lui en soutenant les dicatatures du proche-orient, le courageux Alexandre Adler ne serait même pas chroniqueur dans une radio clandestine de quartier.

Heureusement qu’il existe encore en France des Burgat et Benbassa pour qui il ne faut pas transiger avec les valeurs démocratiques.

Par Yass - le 8 juin 2006

Ça serait bien qu’un article aussi pertinent soit publié dans le Monde Diplomatique. On peut en douter avec un laïco-républicaniste comme Cassen qui signe des tribunes avec Caroline Fourest, et Lepage.

Un lecteur hyper déçu du monde diplomatique

Par mohamed - le 8 juin 2006
La route est longue, et les auteurs de ce texte nous permettent d’espérer que l’histoire prendra un raccourci
Par Benjamin - le 8 juin 2006
J’ai beaucoup de respect pour Esther Benbassa qui prouve que l’on peut être attaché à l’Etat d’Israël tout en étant pour un Etat Palestinien viable. J’ai assisté à la semaine du Paris du vivre ensemble. Esther Benbassa est une intellectuelle intègre, et fait honneur à l’humanisme universel.
Par Fadela - le 8 juin 2006
Hip hip, hip houra !!!!!et you you you !!!!!! pour les auteurs de ce papier
Par Mahfoud - le 8 juin 2006
Une femme comme Esther Benbassa est exemplaire. Son attitude rapproche les communautés, alors que d’autres les divisent, les montent les unes contre les autres. Qu’il y ait des Benbassa dans toutes les communautés, et la paix jaillira !
Par Fabien - le 8 juin 2006
La réflexion fascinante d’Esther Benbassa et de François Burgat, illustre qu’il est vain de dire qu’une civilisation est supérieure à une autre. Car aussi bien dans le débat autour du voile que dans celui de la position à l’égard de Hamas, la thématique de la supériorité de la civilisation de l’occident à celle de l’islam est implicitement instillée dans ce débat biaisé, qui consiste à affirmer que seul l’occident est porteur de modernité progressiste. « Comment peut-on être Persan ? »(Montesquieu, Lettres persannes). Nous considérons spontanément notre civilisation comme supérieur aux autres : Universalité de ce phénomène d’ethnocentrisme. Les civilisations sont des adaptations à des milieux différents. Elles répondent donc à des exigences et des projets différents (cf. la typologie des civilisations d’A. Toynbee). Ne peut-on juger de leur réussite ou échec par rapport à la réalisation de leur projet ? La finalité réelle d’une civilisation n’est-elle pas d’assurer le bonheur aux hommes ? N’est-ce pas là le seul critère autorisant une hiérarchisation ? Mais cette notion de bonheur n’est-elle pas elle-même culturelle ? Une civilisation ne peut être jugée que par rapport à elle-même, à ses contradictions internes et non à une autre. Que les nombreux donneurs de leçons en occident qui baignent dans ces mêmes contradictions réfléchissent à deux fois avant de s’exprimer.
Par Fraternel - le 8 juin 2006
François Burgat et Esther Benbassa sont effectivement "des voix" qu’on gagnerait à écouter et diffuser davantage. L’article co-signé, en sus, d’expliquer les impasses d’une diplomatie internationale à géométrie variable, sous-tend avec force arguments, l’idée suivant laquelle les pressions exercées continuellement sur les Palestiniens au travers de mesures éminemment anti-démocratiques à l’encontre du Hamas (élu démocratiquement), font courir le risque d’une résurgence, voire d’une montée en flèche de nouveaux attentats. Il n’est pas humainement acceptable de laisser un peuple constamment humilié et sous le joug d’une puissance colonisatrice exsangue ; il ne s’agit évidemment pas de justifier le terrorisme (à condamner sans réserves), mais d’exposer les motifs rationnels qui peuvent l’expliquer (ce qui est tout à fait différent). Les injustices et les exactions sont à dénoncer d’où qu’elles proviennent !
Par Ahmad - le 8 juin 2006
salam,il faut aujourd’hui interpeller les médias,les journalistes dans leur articles,qui véhiculent une information à sens unique et qui pour se donner bonne conscience place de temps en temps un article à contre sens,de plus dans une rubrique faites pour cela et donc ne s’incrivant pas dans l’orientation générale du journal,comme le fait libération avec rebonds,il faut etre le contraire des grands quotidiens nationaux qui aujourd’hui par leur absence de position claire contre la politique criminels,d’israel,des usa et de l’union europèenne portent une lourde responsablité dans la soufrance,la terreur et le sang qui coulent chez le peuple palestinien,Allahou Alam,salam
Par Chakib - le 8 juin 2006
En tant que musulmans, on est fatigués d’être caricaturés. Merci à Madame Benbassa et à Monsieur Burgat pour cet article qui nous redonne espoir et confiance en nous.
Par Nadira - le 8 juin 2006

Je ne comprends pas que dans les médias, des voix comme Benbassa, Burgat, Gresh, et d’autres encore ne soient pas plus entendues que cela. On nous bassine à longueur de journées avec des Levy, Basbous, Alain Finkielkraut, Antoine Sfeir, Encel qui sont là pour « effrayer le prolo bourgeois » comme dirait le chanteur Renaud à coup, non pas de chars russes, mais d’ ayatollah et de kamikazes palestiniens ou d’ islamistes sanguinaires

Bravo aux deux auteurs pour cet excellent article

Par Sadjia - le 8 juin 2006
Dans ce monde de compromission et de lâcheté, ceux qui sont pour l’application du droit international sont soupçonnés d’être en faveur des palestiniens, au détriment d’Israël, si vous êtes contre les sanctions économiques qui frappent le peuple palestinien, on dira alors que vous êtes pour les islamistes. Je vous remercie pour cet article qui dit des vérités essentielles que chacun de nous doit avoir à l’esprit
Par Lilian - le 8 juin 2006
Quel remarquable texte qui va complètement à rebours des analyses partielles que nous lisons souvent dans nos médias qui font une analyse manichéenne du conflit israélo-palestinien. On se sent mieux après la lecture d’un tel article. Un merci chaleureux à Esther Benbassa et à François Burgat pour leur grande hauteur de vue !

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