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L’écran de fumée d’Annapolis
mardi 11 décembre 2007 - par Bruno Guigue
Mêmes acteurs vieillis (ou presque), même scénario répétitif : la dramaturgie d’Annapolis est censée enclencher la même dynamique vertueuse que les défunts accords d’Oslo. A l’approche d’une piteuse fin de mandat, le président américain pousse les feux. En quatorze mois, nous dit-on, il voudrait parvenir au règlement définitif d’un conflit cinquantenaire. Extraordinaire magie du verbe, relayée par la fascination universelle pour cette diplomatie à grand spectacle dont le principal usage est de revêtir d’un substantiel écran de fumée les ressorts mêmes du conflit qu’elle prétend régler. Annoncée avec emphase pour la fin 2008, la paix scellée au Proche-Orient viendrait ainsi auréoler la présidence impériale d’une magnifique couronne d’olivier. Mais qui croit vraiment à cette fable ? Se découvrant une vocation tardive de grand pontife des liturgies internationales, George W. Bush voudrait combler son déficit abyssal sur la scène de la paix mondiale. On le comprend aisément, tant la tâche est lourde. Jouant la montre, Israël de son côté fait à son grand protecteur les concessions de façade auxquelles il est régulièrement convié : du moment que l’essentiel est sauf, un peu de théâtre ne nuit pas. Quant aux Palestiniens, l’héritier de Yasser Arafat fait figure de caution illusoire pour un processus qui se débat dans les mêmes contradictions que celui d’Oslo. Comment le président épuisé d’une Autorité fantomatique, politiquement minoritaire, pourrait-il peser dans les négociations ? Et, d’ailleurs, cherche-t-il vraiment à y peser ? Selon la plupart des commentateurs, la seule « base » qui réunit les protagonistes d’Annapolis est la crainte de la « montée de l’islamisme » dans la région. L’arrière-pensée d’Annapolis, c’est le Hamas en ligne de mire. Mais du coup, l’appui américain à Mahmoud Abbas est comme la corde qui soutient le pendu. Désormais située dans l’orbite occidentale, la direction de l’OLP se résout à l’impuissance. Pire, en épousant la logique du « contre-terrorisme », elle se condamne aussi à l’illégitimité. La défaite politique du Fatah ne date pas des élections de janvier 2006, mais du jour où l’Autorité a accepté les livraisons d’armes israéliennes. Que l’OLP assume sans sourciller cette fonction supplétive alors même qu’elle s’adosse, elle, au droit international, est évidemment dévastateur pour la cause palestinienne. La tare originelle du processus d’Annapolis, au demeurant, se lit entre les lignes de la déclaration finale. Israël et l’OLP s’y engagent à « lancer immédiatement des négociations bilatérales pour conclure un traité de paix résolvant toutes les questions pendantes » et à « remplir immédiatement leurs devoirs respectifs édictés par la feuille de route pour une solution permanente à deux Etats ». Le programme est alléchant. Mais les responsables israéliens ont aussitôt claironné leur victoire en arguant que des négociations bilatérales excluraient toute « pression extérieure ». Ainsi le sort d’une éventuelle « conférence internationale sur le Proche-Orient », jadis réclamée par la France, est-il scellé d’avance. La deuxième victoire d’Israël, c’est l’absence de calendrier précis. Les deux parties ont simplement accepté de « faire tous les efforts » pour « parvenir à un accord avant la fin 2008 ». Démission de la communauté internationale, échéancier non contraignant : en réalité, Israël a défini à sa convenance le cadre des négociations à venir. Adepte du rapport de force, l’Etat hébreu privilégie le face-à-face avec les Palestiniens : dans le discret huis clos des relations bilatérales, il met à profit son écrasante supériorité pour ignorer superbement la loi internationale dont se prévalent ses interlocuteurs. Héritier d’Ariel Sharon, Ehoud Olmert a ainsi obtenu ce qu’il voulait : du bilatéral à l’état pur, sans aucune obligation de résultat. Du coup, la conclusion du processus risque fort d’être conforme à ses prémisses. Il est clair que, du côté américain, cette absence de résultat prévisible n’a pas la moindre importance. Le principal intérêt de cette mise en scène, c’est de montrer George W. Bush à pied d’œuvre le temps d’une spectaculaire réunion au sommet. L’issue des négociations, elle, dépendra du bon vouloir des deux principaux protagonistes, c’est-à-dire du plus fort d’entre eux. Et ils assumeront la responsabilité de l’échec qui s’ensuivra selon toute probabilité. Pour Israël, le principal objectif est d’achever le processus de déréalisation du leadership palestinien. Embrassant l’OLP pour mieux l’étouffer, l’occupant la contraindra soit à avaliser un compromis déshonorant, soit à se retirer du jeu à la dernière minute pour y échapper. Dans les deux cas, l’Etat hébreu sera politiquement gagnant, en ayant obtenu au surplus ce qui lui tient particulièrement à cœur : davantage de temps pour intensifier la colonisation des territoires occupés, afin d’y créer délibérément une situation irréversible. C’est pourquoi Ehoud Olmert a tant insisté pour retenir, parmi les textes de référence, la lettre de George W. Bush à Ariel Sharon (avril 2004) qui jugeait « irréaliste » le retour aux frontières de 1967 et avalisait ainsi de nouvelles annexions israéliennes en territoire palestinien. L’initiative de paix du sommet arabe de Beyrouth (mars 2002), qui proposait à Israël une reconnaissance unanime des Etats arabes en échange de la restitution des territoires, en revanche, est restée aux oubliettes. Comment, dans ces conditions, ce qui a échoué en 1993-2000 aurait-il la moindre chance de réussir en 2008 ? Les ressorts du conflit sont plus tendus que jamais, au point de rendre parfaitement invraisemblable le succès d’un « processus de paix » dicté par des considérations électorales exogènes. Et le moins qu’on puisse dire est que les atermoiements, les contradictions et la monumentale hypocrisie des grands acteurs internationaux sont pour beaucoup dans le marasme qui sévit au Proche-Orient. Réclamées à grand cri par la communauté internationale, les élections législatives palestiniennes de janvier 2006 ont donné lieu à une nette victoire du Hamas. Qu’importe : celle-ci fut aussitôt frappée d’illégitimité par les puissances occidentales, qui infligent encore aujourd’hui aux représentants légitimes du peuple palestinien un ostracisme s’ajoutant à la répression exercée par l’occupant. D’autant plus attachées à la démocratie, décidément, qu’elles peuvent en déterminer elles-mêmes le résultat à la place d’électeurs jugés immatures, ces puissances vont-elles désormais proposer la « dissolution » du peuple palestinien ? Présentée comme une prouesse achevant la geste d’Ariel Sharon, l’évacuation de Gaza par l’armée israélienne, elle, a finalement débouché sur le blocus de ce minuscule territoire où un Fatah moralement déliquescent a été chassé du pouvoir par ses rivaux islamistes. Et cet affrontement fratricide a créé le ferment d’une meurtrière guerre civile qui, en ruinant la cohésion du camp palestinien, offre à la puissance occupante une formidable rente de situation et contribue à éloigner davantage la perspective d’un règlement équitable. C’est dans cette atmosphère délétère que le prurit diplomatique de Washington, après des années de léthargie, vient accoucher subitement d’un énième processus de paix auquel personne ne croit. Mais les paramètres du conflit, eux, sont connus de longue date. Dictée par le droit international, esquissée à Taba puis à Genève, la solution du conflit passe par la restitution des territoires occupés, le démantèlement des colonies et la mise en œuvre d’une solution équitable au problème des réfugiés, laquelle suppose la reconnaissance officielle du préjudice infligé aux Palestiniens en échange du renoncement à l’application intégrale du droit au retour. Cette issue au conflit, l’OLP en a fait son axe stratégique majeur depuis le conseil national d’Alger en novembre 1988, et elle s’est engouffrée dans la brèche d’Oslo en espérant y parvenir par la voie diplomatique. Le Hamas, de son côté, l’a acceptée du bout des lèvres depuis 1995, date à laquelle Cheikh Yassine a proposé une trêve de longue durée à l’Etat hébreu contre la libération des territoires occupés. Mais flairant dans les accords d’Oslo un marché de dupes, le Hamas leur reprocha leur manque de clarté politique, l’absence de calendrier contraignant et le déséquilibre du processus au profit d’Israël. Déjà .. Soumis en toute impunité à un enfermement sans équivalent sur la planète, on ne voit pas pourquoi les Palestiniens devraient aujourd’hui désavouer ceux de leurs représentants dont l’analyse politique a été confirmée par les faits. Quotidiennement pris en otages par l’occupant, abandonnés par une communauté internationale assujettie à l’hyperpuissance, victimes d’une croissance ininterrompue des colonies qui atteignit son apogée durant le processus de paix (1993-2000), nul doute qu’ils sont vaccinés, eux, contre la trompeuse euphorie des conférences internationales. Mots clésBruno GuigueDiplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA Auteur de "Proche-Orient : la guerre des mots", L’Harmattan, 2003 Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article12 décembre 2007
Nass a dit :
Je constate qu’Annapolis Now est un bide et pourtant question moyens c’est du lourd : Le casting était de qualité ,que des vedettes internationales ( Abbas, Bush ; Olmert ... ) la promo était excellente et l’évènement a fait la une de tous les medias du monde. le producteur réalisateur n’a pas ménagé sa peine. La mise en scène parfaite, embrassades, congratulations, rictus ou plutôt sourires de circonstances, satisfecit, accords , compromis, agenda ..... tout y est, comme d’habitude !!! Il s’agit bien d’un navet produit en fin de règne pour contrebalancer certaines critiques.L’intime conviction de Bush et consorts n’est pas la paix et Anapolis est bel et bien un film . Pour qu’Isreal accepte de rendre les territoires et permettent le retour des réfugies il faut une révolution culturelle. Un état bâti par la violence et qui ne connaît que la brutalité comme langage ne peut pas devenir du jour au lendemain un porte drapeau de la paix. C’est beaucoup trop de demander à ce pays que d’arrêter de construire et détendre les colonies !! Et quand on chasse le naturel il revient au galop. A peine le tournage d’Annapolis Now est fini , Isreal a refait ce qu’elle a toujours fait : s’agrandir encore et encore.... Le seul qui a confondu la fiction avec la réalité c’est ABBAS. Il règne sur un territoire en forme de peau criblée de balles et il rêve d’une armée Israélienne triomphante à Gaza. Pauvre Palestine 11 décembre 2007
Knight a dit :
OUI la Conférence d’Anapolis était un écran de fumée. Il faut le dire et le répeter autant de fois que nécessaire Israël ne veut et ne souhaite faire la paix avec les Palestiniens. ET pour cause qui est le plus malheureux de la situation actuelle ce sont les Palestiniens pas les israëliens ! Israël a décidé que sa présence au Moyen Orient devait s’appuyer sur un rapport de force. Tant que ce dernier lui est favorable dans le monde principalement aux Etats Unis et en Europe il n’a aucun intérêt à faire la paix mais toujours gagner du temps. A partir du moment ou les pays arabes ont abandonné leur soutien sans équivoque aux Palestiniens le conflit va durer encore trés longtemps. Peut être qu’avec une nouvelle génération de dirigeants arabes non asservis l’espoir renaîtra. Il ne faut pas être naïf seule l’Unité des arabes et des musulmans en général permettra au Peuple Palestinien de recouvrer ses droits et sa dignité.
11 décembre 2007
signepas a dit :
Bon, il n y a pas mille solutions, soit les palestiniens négocient, et il faut avoir de quoi négocier parce-que la posture morale ne suffit pas, soit ils font la guerre mais là le rapport de force leur est nettement défavorable. 1ère hypothèse les palestiniens jouent la posture morale, peuple victime et oublié des occidentaux et trouvent une solution avec les israéliens avec le soutien des américains. Comme chacun sait, cette voie est difficile pour une raison simple, le peuple palestinien est un proxy des pays de la région, pourtant grâce à Arafat et à son successeur Abbas, les palestiniens ce sont en partie libérés de cette tutelle pesante, mais en partie seulement ; pourtant c’est la seule voie possible qui mènera à la paix Les pays arabes et musulmans frères se foutent comme d’une guigne des palestiniens, la cause palestinienne permet aux dirigeants de la region de cacher leurs incuries à leurs peuples respectifs, n’est-ce pas extraordinaire que ce sont et l’Europe et les américains qui par leurs subventions assurent le paiement du salaire des fonctionnaires palestiniens ? Jusqu’en 1967 la bande de Gaza et la Cisjordanie, étaient entre les mains de l’Egypte et de la Jourdanie respectivement et jamais les palestiniens n’ont reclamé ces territoires comme étant les leurs, ni leurs pays frères ne leur ont rendu. Finalement c’est grâce à Israel et à la guerre perdue par les pays arabes en 1967 que les palestiniens peuvent enfin réclamer ces territoires, n’est-ce pas un comble ! Comme un malheur n’arrive jamais seul, les palestiniens trouvent en Europe des faux-amis, ces révolutionnaires en chambre espèrent utiliser les palestiniens pour mener le combat contre l’impérialisme US, lassés de la classe ouvrière européenne qui s’est embourgeoisée et qu’il n y a plus rien à espérer de ce coté selon leur analyse fumeuse, les révolutionnaires et altermondialistes européens fatigués et revenus de tout,sont à la recherche d’un peuple encore combattant et croit l’avoir trouvé en les palestiniens. L’autre hypothèse, faire la guerre comme le prétend le faire le Hamas en s’opposant, chacun peut constater où peut mener ce genre de posture irresponsable. Hélas les hommes vont encore tombés dans cette région du monde, par la faute de quelques poussent au crime, il est grand temps que les palestiniens prennent leur destin en main, sans le secours des faux-frères et faux-amis. 11 décembre 2007
Amirouche a dit :
Rayllard, déja, on peut au moins s’entendre sur une chose, autant que toi je ne checrche que la paix, mais une paix juste, pas la paix sur le dos du faible, car une pareille chose ne trompe plus personne. encore une fois je ne sais pas si tu le fais exprès ou pas. donc je vais prendre tout mon temps pour répondre à chacune de tes affirmations. tout d’abord l’arabie saoudite n’est pas une référence pour le musulman que je suis. et d’ailleurs je crois que la majorité des intervenats sur ce forum le sont autant que moi.peut être pour les wahabites mais j’en sais pas un. après quels autres pays arabes : l’égypte, la jordanie, les petromonarchies, un peu de sérieux de ta part, ce ne sont pas des états ce sont des vasseaux de leur maîtres(ils ne réprensentent aucune volonté arabe, la leur peut être si ils ont en une, mais surement pas celle de leurs peuples) la syrie ? t’es pas sérieux j’espère, ce n’est q’une pirouette de la part de Bush ( et d’ailleurs je suppose que cette idée ne doit pas être d’un cuistre pareil mais plutôt de l’un des ses conseillers ou un des chefs des états arbes). la syrie veut recuperer le Golan ce que israél n’acceptra que s’il est forcé car c’est une region stratégique (Eau,Ecoutes Electroniques avec ses station Radar pour Espionner tout le moyen Orient Donc il la NSA et CIA,qui doivent être dans le coup) s’ils voulaient être pris au sérieux comme se fait-il qu’ils aient pas invité la hamas ? et pourtant un partenaire incontournable ? pour quoi du temps de Arafat( même le hamas ne mettait en doute sont autorité ) Mr Bush n’as rien fait ? il a même cautionné sa la liquidation politique puis corporel. maintenant que c’est Abbas( il n a pas carrure encore moins la légitimité politique de Arafat) qui au pouvoir on feint chercher la paix. je ne caricature pas. c’est toi qui simplifie jusqu’à la caricature. du temps de l’homme qui pouvait parler au nom tous les palestiniens on voulait pas entendre parler de paix et maintenant qu’ils ont leur homme, ils sont devenus des colombes,à la Collin Powel. moi je dit une chose : isréal avait tout à gagner en négociant avec Abbas et ils l’ont pas fait, donc j’en doute qu’ils aient en tête la paix. ************************************** salut david pour une fois je suis d’accord avec toi au moins tu reconnais que bush a complètement torpillé la paix. et pour la énième fois je te dis le sionisme c’est une idéologie raciste, xénophobe et colonialiste. l’autre fois tu me disait que en étant pour deux peuples=deux états , on peux pas être anti sioniste, à moins d’être raciste, et bah je te réponds et je dis t’as tort. et n’essaie pas de me faire dire ce que je ne veux pas dire. être pour une solution juste pour ce drame c’est faire preuve de bon sense. et pour finir c’est honnête d’avoir reconnu que ceux qui sont à la tête de l’état d’israél ne sont pas pour la paix.(t’inquiète je ne défends pas les dérigents arabes) mes amitiés, Amirouche 11 décembre 2007
Leïla a dit :
Djamal, croyez-vous vraiment que les compagnons de route des autres traditions authentiques soient définitivement hors de portée ?. Je crois encore et j’espère toujours que non. 11 décembre 2007
lecteur a dit :
L’échec de la Conférence d’Anapolis place les Etats arabes modérés dans une situation critique.
Ils ne pourront plus jamais jouer le rôle de zone tampon ni de soupape de sécurité pour la région, interdisant d’éventuelles guerres.
La mission des modérés arabes consiste dans l’engagement vis-à-vis d’une solution de paix juste et durable, en plus d’une cohabitation avec Israël. Ce, à condition que ce dernier soit sérieux, en mettant fin à l’occupation et à l’acceptation d’un Etat palestinien. Ce qui n’est pas le cas, à quelques semaines de la Conférence internationale de paix initiée par George Bush.
11 décembre 2007
Le soutien timide, frileux, voire inexistant du monde arabe à la cause palestinienne, fait froid dans le dos ! Quelle est en fait la finalité stratégique escomptée par le monde arabe, en feignant de ne pas admettre qu’un jour les palestiniens sauront montrer à la face du monde qu’ils ont su se libérer, sans l’aide de leurs frères arabes ? A-t-on déjà vu défiler, manifester dans les grandes capitales arabes des militants à la cause palestinienne ?
11 décembre 2007
Djamel Dabeldi a dit :
Tous les écrans de fumée de la contre initiation : « l’islamisme » en tête. Merci Bruno Guigue. Tout est dit et, à mon sens , relativement bien dit ; en ce qui concerne la partie visible des événements qui meurtrissent la Palestine depuis l’énonciation et la promotion de la doctrine du sionisme politique par Théodor Herzl il y a plus de 100 ans. La partie visible ce sont les enjeux palpables, les stratagèmes, les vrais mensonges et les fausses cautions-soutiens internationales, la souffrance des opprimés palestiniens, la violence multiforme israélienne, et enfin, le mythe moderne du XXIème siècle sur lequel toutes les injustices et barbaries espèrent prospérer en toute impunité : l’islamisme. Qu’est-ce que l’islamisme ? La réponse de Maxime Rodinson (Paix à son âme)- dernier occidental non musulman grand spécialiste intègre de l’islam après Louis Massignon et Jacques Berque (Paix à leurs âmes) est cinglante : "l’islamisme, çà n’existe pas !". En effet, dès qu’une velléité résistante se lève face à une injustice flagrante, et pour peu qu’elle soit portée par des résistants de confession musulmane, elle est immédiatement estampillée "islamiste" et donc, "terroriste". Le Hamas pour la résistance palestinienne, le Hezbollah pour la résistance libanaise, sans omettre la résistance irakienne … Voilà le mythe du XXIème siècle posé, avec sa cohorte de fables-événements et personnages réels ou imaginaires convoqués bon gré mal gré pour satisfaire l’exercice de style ; désormais médiatiquement et simultanément mondialement construit, transmis et entretenu. Mais c’est encore la partie visible ! En effet, qu’est-ce que le mythe de l’islamisme cherche à cacher ? Quels sont les véritables buts poursuivis par leurs promoteurs ? La promotion effrénée du matérialisme à l’échelle de la planète (c’est à dire la mondialisation) a besoin de cerveaux pleinement disponibles et corvéables à volonté : tout ce qui relève du sacré authentique, du religieux véritable, des sociétés traditionnelles, et en fait à bien y regarder, du véritable legs civilisationnel de l’humanité, est devenu un frein, un obstacle. Le credo (visible) de ce phénomène peut finalement se résumer ainsi : "Ne pensez plus à vos fins dernières. Dépensez et jouissez immédiatement, à tout prix." Le Proche-orient dans ce cadre est l’épicentre et le noeud de l’humanité : orient et occident y sont scellés ; point d’origine et de finalité de notre monde. La bataille qui s’y joue depuis le Commencement est la même : initiation et contre initiation s’y affrontent. L’humanité entière y est convoquée, comme depuis toujours. A chacun et à chacune de bien mesurer les véritables enjeux (non visibles et permanents) en présence. Synthèse complète dans sa doctrine ésotérique et dans sa morale exotérique de toutes les traditions religieuses authentiques qui l’ont précédée, l’islam est la dernière tradition et forme religieuse voulue par Dieu sous sa forme exotérique (visible) ; cette tradition est également opérationnelle et agrée par Dieu sous sa forme ésotérique (non visible) ; avec certainement comme compagnons de route les reliquats ésotériques des autres traditions authentiques mais ceux là sont définitivement hors de portée pour l’humanité présente et à venir car réduits à disparaître inéluctablement par manque de postulants (du fait de la disparition de la passerelle exotérique) et donc d’initiés, in fine. Voilà pourquoi le mythe de l’islamisme est doublement trompeur : en première apparence et de manière conjoncturelle, il agit, de plus en plus grossièrement, comme une manipulation visant des horizons tous matériels ; mais, en seconde analyse, il s’attaque au centre même de la dernière source civilisationnelle et sacrée de l’humanité voulue par Dieu : l’islam. Comment s’étonner, dès lors, qu’au delà de toutes raisons et au-delà de tous les principes élémentaires de législation temporelle systématiquement bafoués, la Palestine et les palestiniens restent et demeurent un enjeu temporel éternel. Jerusalem (Al Qods en arabe c’est à dire « la sainte ») et Makkah (La Mecque) étant les deux lieux symboliques essentiels de notre histoire humaine : points géographiques et symboliques de notre origine terrestre à tous et logiquement supposés lieux où s’écriront nos dernières pages, ils demeurent les enjeux véritables (et non visibles) des forces de plus en plus ouvertement barbares de la contre initiation dont la plupart des acteurs sont voilés à eux-même sur le plan temporel (visible)de manière conjoncturelle et sur le plan spirituel (non visible) de manière permanente. Seule l’initiation peut les sauver mais ses actions ne sont pas visibles et échappent donc ... aux écrans de fumée. Djamel Dabeldi 11 décembre 2007
elham a dit :
A Rayllard, Effectivement l’arabie et la syrie étaient présents à cette mascarade, mais ce que tu ne dis pas, c’est que ces états ont obtenu des assurances de la part GW.BUSH (l’arrêt de la colonisation israêlienne pour l’arabie et l’EAU, mise à l’ordre du jour du plateau du Golan pour la syrie). Pour israël, il y a un avant et un après annapolis, ce qui les interessent ce n’est pas la paix, ils ont réussi à défier le principe posé par la conférence de beyrouth de 2002 (reconnaissance contre restitution de terres), cette présence arabe constitue pour eux une bonne caution, et une reconnaissance implicite à moindre frais. preuve du défi : une fois de retour d’annapolis, Olmert a lancé la construction d’une nouvelle colonie. Pour pour ce canard boitteux de Bush, annapolis est l’occasion de soigner ses pattes en faisant quelques choses pour l’histoire après le fisco irakien. 11 décembre 2007
Lisa a dit :
Quel bonheur !Enfin Bruno Guigue de nouveau sur oumma !
La conférence d’Annapolis ? C’est à peu prés ce que vous écrivez :"Mêmes acteurs,même scénario répétitif".C’est peut-être de la poudre aux yeux pour gagner du temps et continuer la même politique,mais du point de vue de la survie des palestiniens la communauté internationale et les opinions publiques doivent réagir vite.Il faudrait un mouvement de protestation équivalent à celui qui a lutté contre la politique d’apartheid en Afrique du sud.
11 décembre 2007
Paul a dit :
Merci Al Andalus pour votre intervention honnête. Je suis également d’accord avec vous. Israël a raté là une occasion historique, mais l’absence de courage politique fait que l’avenir dans cette région est terne. La paix n’est pas pour demain.
11 décembre 2007
Sami a dit :
et j’ajouterais que pendant ce temps là, Le Désastre Humanitaire continu dans la bande de Gaza. Ce désastre humanitaire passé sous silence, perpétré par l’état d’israël et orchestré, au nom de sa soit-disant sécurité, par les grandes puissances occidentales à commencer par les dirigeants actuels des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et autres "bastions des droits de l’homme", ce désastre humanitaire sévit chaque jour et tue un à un les habitants d’un peuple, les Palestiniens, affamé, à bout de souffle, exsangue... Un peuple à qui l’on refuse toute assistance même sanitaire. Même Docteur Kouchner, médecin et actuel ministre français des affaires étrangères se refuse à lui prodiguer des soins, il ne daigne même pas regardé de leur coté. Lui, il préfère "se préparer au pire, c’est à dire à la guerre avec l’Iran". Pendant ce temps là, le peuple Palestien meurt à petit feu sans que les états droits-de-l’hommistes ne s’en émeuvent. Bruno Guigue a raison, l’état d’israël cherche à gagner du temps... on aura tous compris pour quoi faire. 11 décembre 2007
Alaoua a dit :
Les Etats-Unis ont l’intention de renforcer leur présence médiatique dans le monde arabe sous prétexte de lutter contre le terorisme et afin d’y atténuer l’anti-américanisme ». Une équipe d’action rapide a été constituée par le Département d’Etat pour superviser et contrôler les informations diffusées de la part des médias arabes au sujet de la politique américaine » indique Al Ahram citant Karen Hughes, l’adjointe de la secrétaire d’Etat. Karen Hughes a précisé que cette décision avait été prise en coordination avec le Département d’Etat et le Pentagone ajoutant que ce projet médiatique se faisait dans le cadre de la création d’un centre de communication au Département d’Etat afin de mener une lutte idéologique et médiatique contre l’anti-américanisme.
11 décembre 2007
Rayllard a dit :
Réponse à Amirouche ; C’est toi Amirouche qui caricature. Les principaux pays arabes étaient présents à Anapolis dont l’Arabie Saoudite,qui est une référence pour beaucoup de musulmans. Les palestiniens étaient également présents, la Syrie qui ne passe pas pour une amie des Etats-Unis était présent. Ce qui prouve qu’Anapolis est une initiative sérieuse. Ces éléments sont incontestables. Oui Anapolis c’est du sérieux !!!!!! 11 décembre 2007
alandalus a dit :
pour une fois je suis d’accord avec m. guigue : annapolis, c’est un peu le ministère de la parole. le plus rageant, c’est que les grandes lignes sont connues : retour aux frontières de 67 (avec "corrections" acceptées par les deux parties), partage de jérusalem et reinstallation des réfugiés de 1948 en PALESTINE (pas en israel) avec compensations. une large part des populations israélienne et palestinienne y sont prêtes. manque seulement le courage politique, et physique !, à olmert et abbas pour s’y résoudre ! comme je suis très attaché à son existence, donc sioniste, j’ajoute qu’israel est en train de commettre une erreur stratégique majeure : jamais un président américain ne lui a été aussi favorable, jamais le contexte international (lutte contre le terrorisme) ne lui a procuré un tel sentiment de sympathie dans les pays occidentaux. pourtant, Israel s’est montré incapable d’en profiter vraiment puisqu’il ne s’est rien passé à part l’évacuation de gaza, réalisée dans des conditions telles que personne n’en sait gré à israel ! israel a donc perdu une énorme occasion de négocier en position de force. j’espère qu’il ne s’en mordra pas les doigts.. david 11 décembre 2007
Amirouche a dit :
A Rayllard je ne sais pas si tu le fais exprès ou pas. dire que cette conférence était pour la paix, est une grossièreté. n’est ce pas plutôt une sortié honorable à Bush et son équipe après 7 années de désastres mondiaux. jamais l’amérique nétait aussi haiée même au sein des ses alliés. tu veux faire de la pub ou de l’intox pour Bush c’est ton problème mais trouves mieux alors. mes amitiés amirouche 11 décembre 2007
Makio a dit :
Bruno Guigue de retour sur oumma.com ; quel plaisir !
11 décembre 2007
ibrahim a dit :
Ce n’est pas la première fois qu’on promet un Etat palestinien dans les mois qui vont suivre. Pour cette fois-ci, mon souhait est que mon sceptissisme soit démenti par les faits. Je ne crois plus au père noel (à supposer que j’ai cru à ce fable, manière de parler évidemment).
J’accueille toutes les initiatives avec la même exigence : des faits rien que des faits...Je laisse les mots à ceux qui y sont intéressés.
11 décembre 2007
zalil a dit :
C’est certainement un écran de fumée, puisque depuis cette conférence les colonies se poursuivent...
11 décembre 2007
L’écran de fumée d’Annapolis Une association israélienne dénonce la montée du racisme contre les Arabes dans l’Etat hébreu L’Association israélienne pour les droits civiques (ACRI) a publié, samedi 8 décembre, son rapport annuel. Elle y dénonce une montée du racisme contre les citoyens arabes au sein de l’Etat hébreu. L’étude s’appuie sur un sondage réalisé en mars 2007, selon lequel plus des deux tiers des adolescents israéliens interrogés pensent que les Arabes sont "moins intelligents, incultes et violents". Plus d’un tiers de ces jeunes disent avoir peur des Arabes en général. LEMONDE.FR | 10.12.07 | 11 décembre 2007
Rayllard a dit :
Pourquoi vouloir à chaque fois critiquer une inititaive comme celle d’Anapolis qui est une véritable chance pour tous les acteurs du Proche-Orient d’aboutir à une paix véritable. Si les pays arabes étaient présents, ainsi que Monsieur Abbas, c’est justement parce qu’il y a une véritable chance, soyez plus positifs.
11 décembre 2007
elham a dit :
au delà de l’echec prévisible (excepté mahmoud abbas, le seul enthousiaste à y croire dure comme fer), cette mascarade d’annapolis (anna polis ! = je suis flic en arabe) constitue tout de même une véritable giffle pour les pays arabes y ayant participé. en particulier à l’arabie saoudite et les émirats arabes unies (EAU) qui n’ont pas établi officiellement de relations diplomatiques avec israël, et qui ont exigé comme préalable à toute particiapation à cette mascarade, un arrêt de la colonisation israëlienne, chose que ces états ont d’ailleurs obtenu de la part de G.W Bush, idem pour la syrie qui a exigé et obtenu que l’on inscrit le plateau du Golan à l’ordre du jours, mais sans que personne n’a évoqué ni de loin, ni près, puisque la star du moment en l’honneur duquel le diner (comme dans le film à Francis Veber : diner de ...) est servie s’appèlle Mahmoud Abbas qui a obtenu tout le soutien pour faire face au Hamas. Mais voilà, quelques jours après les caméras, les sourires de façade, les accolades et les tapes d’Ehud Olmert sur le dos bien carré d’Abbas, les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ; puisque israël, s’est lancé immédiatement et une fois de plus dans la colonisation en construisant aussitôt une nouvelle colonie au mont Abou-Ghnim près de Jurésalem. en se comportant aisni, les dirigeants israëliens ont minutieusement calculé leur coup : ils ont fait légitimer à moindre frais l’occupation en amenant à la table de la mascarde annapolisienne une présence arabe d’envergure qui est l’arabie saoudite, l’initiateur de la proposition de paix du sommet arabe de Beyrouth de 2002, qui proposait à Israël une reconnaissance unanime des Etats arabes en échange de la restitution des terres occupées. En conclusion, une conférence de plus, c’est plus de légitimation à la colonisation israëlienne, plus reconnaissance d’israël à moindre frais, et plus de giffles et de désohonneur pour les dirigeants arabes. |
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