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Mardi 6 Janvier 2009
Articles
La démocratisation de l’islam

vendredi 16 novembre 2007 - par Asef Bayat

Les mouvements sociaux et le tournant post-islamique.

Le débat sur le « déficit démocratique » au Moyen-Orient n’est pas récent. Ce qui est nouveau c’est l’attention excessive accordée à l’islam comme facteur entravant les réformes démocratiques. Avec l’accent mis sur la souveraineté de Dieu et son caractère patriarcal, l’islam est perçu comme fondamentalement incompatible avec la démocratie. "

Bien qu’un grand nombre de musulmans réfute cette perception en suggérant que Dieu a accordé aux hommes la souveraineté pour se gouverner eux-mêmes, que la justice islamique rejette la discrimination basée sur le rang social, la race ou encore le sexe, le débat s’est généralement enlisé dans des terrains entièrement textuels et philosophiques, avec peu d’efforts entrepris pour comprendre la politique d’affiliation religieuse et comment dans la pratique, les musulmans perçoivent leur religion par rapport aux idéaux démocratiques.

Dans la démocratisation de l’islam, je suggère que la question, si fréquemment posée, n’est pas de savoir si l’islam est compatible ou non avec la démocratie (un concept lui même), mais plutôt comment et à quelles conditions les musulmans peuvent-ils faire adopter l’éthique démocratique à l’islam. Rien dans l’islam - ou dans n’importe quelle autre religion- n’en fait une religion naturellement démocratique ou anti-démocratique.

Cela dépend des prismes multiples à travers lesquelles les croyants filtrent et vivent leur foi : certains déploient leur religion en des termes exclusifs et autoritaires, alors que d’autres voient en elle justice, représentation et pluralisme.

Pourquoi les individus et les groupes perçoivent et présentent les mêmes textes sacrés de manière différente, demeure une question fascinante et fort complexe ; question qui dépend principalement de leurs différences "biographiques", de leurs positions sociales et de leurs intérêts personnels.

Alors que l’on évoque régulièrement, les tendances fondamentalistes de l’islam qui résultent souvent d’interprétations puritaines et exclusives de la doctrine, on en sait très peu en revanche sur les mouvements sociaux - ce que j’appelle le « post-islamisme » - qui essaient de rapprocher l’islam et la démocratie.

Conséquence de ces particularités politiques islamistes, le post-islamisme représente une volonté de faire fusionner religiosité et droits, foi et liberté, islam et liberté. Il veut renverser les principes qui soutiennent l’islamisme en mettant l’accent sur les droits plutôt que sur les devoirs, sur la pluralité au lieu d’une voix unique autoritaire, sur l’historicité plutôt que sur des écrits figés et sur l’avenir plutôt que sur le passé.

La correspondance entre les idées démocratiques et islamiques dépend principalement de la capacité des partisans de ces deux tendances - islamisme et post-islamisme - à instaurer leur hégémonie au sein de la société et de l’Etat.

L’histoire des mouvements socio-religieux en Iran et en Egypte depuis les années 1970 offre un terrain fécond pour examiner la logique, les conditions et les forces qui ont fait de l’islam une religion démocratique ou anti-démocratique.

En Iran, la révolution de 1979 et l’instauration d’un Etat islamique ont permis la montée des idées post-islamistes et des mouvements qui visaient à dépasser l’islamisme dans la société et la gouvernance.

Ce livre examine dans le détail comment, dans leurs batailles quotidiennes, les femmes, les jeunes, les étudiants, les intellectuels religieux musulmans et d’autres groupes sociaux ont introduit les notions de droits individuels, de tolérance, d’égalité des sexes et celle de séparation entre la religion et l’Etat dans leur foi.

Par leur présence et leurs campagnes actives, ils ont obligé les dirigeants religieux et politiques à prendre un tournant « post-islamiste » paradigmatique. Le gouvernement réformateur du président Khatami (1997-2004) représenta l’aspect politique de cette tendance qui pénètre la société.

En Egypte à la place d’une révolution islamique, on vit le développement d’un mouvement islamiste avec une vision morale conservatrice, un langage populiste, une attitude patriarcale et une adhésion aux textes sacrés.

Accablés par ce « mode islamiste » envahissant, les principaux acteurs de la société égyptienne (l’intelligentsia, les nouveaux riches, les féministes musulmanes, al-Azhar, les élites dirigeantes et l’Etat) ont tous adopté le langage du nativisme et une éthique morale conservatrice pour mettre en œuvre la révolution religieuse « passive » égyptienne.

Cette « révolution passive » gramscienne en Egypte a représenté une restauration islamique contrôlée dans laquelle l’Etat (cible originale du changement), réussit à conserver ses prérogatives tout en marginalisant les voix critiques, la pensée religieuse innovatrice et les exigences démocratiques.

Par conséquent, ni le mouvement islamiste égyptien, d’une part, n’a achevé « l’islamisation » complète de l’Egypte, ni le post-islamisme iranien, d’autre part, n’a permis la démocratisation de la République Islamique. Ces mouvements se sont tous deux heurtés à une opposition farouche de la part des élites étatiques.

En d’autres termes, l’impasse politique qui caractérise ces deux pays est due moins à la fonction religieuse en soi, qu’aux obstacles structurels et aux intérêts personnels des élites au pouvoir.Dans quelle mesure les mouvements sociaux peuvent-ils changer le statu quo politique au Moyen-Orient sans avoir recours aux révolutions violentes dans une région prise au piège par les régimes autoritaires (aussi bien laïques que religieux), l’opposition islamiste fondamentaliste et l’évidente domination étrangère ?

Un argument majeur en faveur de la démocratisation de l’islam réside dans les mouvements sociaux qui ne se réduisent pas à des expressions monolithiques susceptibles de disparaître sous la répression. Ce sont plutôt des processus durables aux facettes multiples qui reflètent les actions et le changement avec le flux et le reflux, et dont les liens préétablis peuvent relancer la mobilisation populaire lorsqu’une occasion se présente.

A travers leur production culturelle — par l’établissement de nouveaux modes de vie et de nouvelles manières de penser, par leur manière d’être et de faire les choses — les mouvements peuvent rénover, ou encore socialiser les Etats et les élites politiques et les sensibiliser, aux idéaux et aux attentes de la société.

La socialisation des Etats est un concept qui peut contribuer à comprendre l’impact des mouvements sociaux et comment une « citoyenneté active » peut parvenir à soutenir un tournant démocratique dans les sociétés musulmanes.

Cependant, les mouvements sociaux ne se développent pas dans le vide ; ils ont besoin d’un terreau intellectuel fertile et de sensibilités élémentaires fondamentales qui peuvent non seulement nourrir un mouvement collectif pour le changement, mais aussi englober les institutions démocratiques.

Apres tout, le changement des attitudes dans les sociétés est une pré condition pour un tournant démocratique durable. Un tel changement peut être déclenché grâce à l’information et l’éducation, mais le facteur déterminant est la citoyenneté active des gens "ordinaires " (les enseignants, les étudiants, les jeunes, les femmes, les travailleurs, les artistes, les intellectuels) qui, dans leur quotidien expriment leurs exigences, dénoncent les abus, assument leurs responsabilités et excellent dans ce qu’ils font.

Les citoyens musulmans ne peuvent pas mener une offensive démocratique à moins de maîtriser ce que j’appelle l’art de la présence – l’habileté et l’esprit pour revendiquer la volonté commune en dépit de tout, en détournant les contraintes, en utilisant ce qui est possible, et en découvrant de nouveaux espaces dans lesquels ils peuvent se manifester pour être vus et entendus.

A travers leur présence active au sein de chaque espace social disponible, les citoyens "ordinaires "peuvent transformer leur société en une société qui rejette le caractère autoritaire, qui transcende les élites qui la gouvernent et qui devient capable de faire valoir ses aspirations collectives à l’Etat et ses relais.

Texte traduit de l’anglais par Sonia Soum

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Débat 

Asef Bayat

Directeur académique de l’ International Institute for the Study of Islam in the Modern World (ISIM) à Leiden.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

18 novembre 2007
François a dit :
Messieurs Dames, bonsoir, Cher Omar, je me permets de vous tutoyer, si cela vous déplait, dites le moi et je cesserai de le faire. Je continue ici notre échange que nous avons engagé sur le sujet de « Universalité et actualité du message (...) (Lire la suite)
18 novembre 2007
Omar Mazri a dit :
Habiba, j’ai déja répondu plus tôt, assez longuement et avec force détails. Je rappelle à ceux que tu essayes en vain de convaincre que personne ne nie la lapidation ni les autres houdouds (peines légales) de la Chariâa islamique. Sa (...) (Lire la suite)
18 novembre 2007
Rachid ZANI a dit :
Encore une intervention d’Omar MAZRI très riche et pleine de sagesse. Pour revenir à tariq , j’ajouterais ceci : DIEU dans le CORAN dit à peu près ceci : "j’ai fais pour vous des versets clairs pour que vous soyez bien guidés (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
Selma a dit :
Pour compléter l’intervention de Habiba : En ce qui concerne l’adultère, en droit musulman strict, c’est "le délit impossible" c’est -à-dire, que les conditions exigées avant de lapider sont impossibles à réunir : Il (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
arifino.skyblog a dit :
salam les amis lol à entendre jacques, on pourrait croire kon a à faire à un ordinateur à force de copier coller. 1) Si g bien compri : democratie = absence de peine de mort, ok, mé alors rappelle moi ce que faisait la france aux condamnés à (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
Zaïnab a dit :
A Jacques : Puisque personne ne vous répond sur ces questions (les musulmans consultent les théologiens sur les questions de ce genre) je préfère vous dire ce que j’en sais plutôt que de laisser dénigrer ma religion (au cas où vos (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
toufek a dit :
Quote :Par Jacques - Je vois que vous refusez de répondre à mes questions certainement embarassantes. Auriez-vous per d’affronter les faits et la vérité ? Je reprends tout de même ces questions. Contestez-vous que la charia "prévoit" la (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
Habiba a dit :
Jacques a raison de demander une réponse à sa question même si son intention est de discréditer l’Islam. Je ne suis pas spécialiste mais je peux répondre ceci : l’apostasie étant une déclaration publique du rejet de sa religion, (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
Franck Morellato a dit :
Réponse à Jacques : Bonjour Jacques, A votre plume alerte et frénétique, permettez-moi de répondre à vos questions : " Contestez-vous que la charia "prévoit" la condamnation pour apostasie et la lapidation pour adultère ? N’est-ce pas (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
Omar Mazri a dit :
Oumma.com a publié en deux parties des extraits de Malek Benabi sur l’islam et la démocratie : http://www.oumma.com/Islam-et-democratie-partie-1 elles sont la réponse magistrale théorique et scripturale de l’islam par un homme qui (...) (Lire la suite)
17 novembre 2007
Jack a dit :
emabarassante pour vous Jacques...pourquoi devrait on vous faire plaisir et vous repondre "oui monsieur bwana,nous trouvons la lapidation contre les femmes adultères ignoble..."Qu’est ce que ça changera ?humm ?rien...rien du tout et (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Jacques a dit :
Je vois que vous refusez de répondre à mes questions certainement embarassantes. Auriez-vous per d’affronter les faits et la vérité ? Je reprends tout de même ces questions. Contestez-vous que la charia "prévoit" la condamnation pour (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
oumma.com-uk-fan a dit :
Voici l’information publiee par Jean Quatremer, journaliste de Liberation sur son blog le 14 Novembre : "L’histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre irlandais, Bertie (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Sonia a dit :
Un sujet fort interessant qui a provoque des commentaires pertinents de la part de certains mais qui a aussi demontre les prejuges qui demeurent encore dans les esprits de certains contre l’islam... L’islam, tout comme la democratie, (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Selma a dit :
Tout d’abord, une remarque concernant le titre de l’article :" La démocratisation de l’Islam " ? L’Islam est l’une religion , donc une foi et comme toute religion, elle n’est ni démocratique, ni (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
François a dit :
Cher Jacques, La différence sociopolitique majeure entre le Christianisme et le Judaïsme d’un côté et Islam de l’autre, est que dans les deux premières c’est le Peuple de Dieu qui est au fondement de la théologie, le Livre est (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Jacques a dit :
A Class Je ne comprends pas votre réaction. Contestez-vous que la charia "prévoit" la condamanation pour apostasie et la lapidation pour adultère ? N’est-ce pas une réalité ou préfériez-vous nier cette réalité. Repondez je vous prie à ces (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
class a dit :
jacques est halucinant de bêtise...Il ressort exactement tout ce qui est dit par la télé ! Etes vous obtu à ce point là ?Quand une diatribe est répétée,elle devient vérité...Mais qu’est ce qui vous pousse à dire des chose pareil (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Franck Morellato a dit :
Salam a Todos, Si la Démocratie est le meilleur système pour des êtres isolés de se réunir et de se sentir à égalité avec les autres, quand 20000 à 40000 malaisiens, musulmans et non musulmans, défient leur gouvernement pour plus de Démocratie, (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Jacques a dit :
A François, Merci pour votre réponse. Même si votre réponse est argumentée, vous ne répondez pas à ma question.La charia est une réalité islamique inspirée des textes sacrés quand ce n’est pas purement et simplement une reproduction de (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
"Par Tariq - le 16 novembre 2007" Magnifique intervention. Conclusion est faite. Aujourd’hui le mal est plus ou moins défini, trouvé...mais la question est la suivante : Comment ? On a tout de même aujourd’hui des dizaines de (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
François a dit :
Messieurs Dames, bonjour, Monsieur Jacques écrit : J’aimerais qu’on en précise ce qu’il y a de démocratique dans l’islam quand on voit la charia ? Cette loi musulmane qui peut condamner une personne pour apostasie !!!! (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Erwin a dit :
Un pays super puissant comme l’Arabie Saoudite ne permettra jamais la démocratisation de l’islam. Les pétrodollars, en particulier provenant de l’Arabie Saoudite, ont alimenté les mosquées, les madrasas, les associations (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Matoub a dit :
L’islam n’est pas un mode de gouvernement ou un système politique. L’islam est une religion mystique qui s’adresse à l’homme en lui indiquant un cheminement spiriruel. Faire de l’islam un programme (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
cousin a dit :
l’Islam politique n’est pas la seule force réactionnaire dans le monde. Toutes les religions le sont, à des degrés divers, et bien des idéologies non-religieuses le sont également. (Lire la suite)
16 novembre 2007
toufek a dit :
Quote : Par Jacques - J’aimerais qu’on em précice ce qu’il y a de démocratique dans l’islam quand on voit la charia ? Cette loi musulmane qui peut condamner une personne pour apostasie !!!! La charia qui permet de (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Tariq a dit :
L’islam est-il incompatible avec la démocratie ? Ou bien est-ce que ce sont les gens qui détiennent le pouvoir dans les pays musulmans qui rejettent la démocratie, et qui se servent de la religion comme outil de manipulation des masses, en (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Caroline a dit :
Certes, l’Islam politique est vaste, Mais les pratiques sociales de l’islamisme ne sont pas uniquement issues du Coran, mais proviennent des usages défendues par les groupes et les états qui s’en réclament. l’islamisme (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Anasti88 a dit :
Je ne parviens pas à voir cette ouverture démocratique dans le monde musulman. Je ne vois que violence et fanatisme de la part non pas des peuples, mais de ceux qui se disent porteurs d’un projet politique dit musulman. Vous êtes (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Always a dit :
Un livre qu’il faut lire celui de Abdelwahab Meddeb " La maladie de l’islam" Si, selon Voltaire, l’intolérance fut la maladie du catholicisme, si le nazisme fut la maladie de l’Allemagne qu’ausculta Thomas Mann, (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
sami a dit :
un texte intéressant, car nous voyons bien les dyniamiques dans les pays musulmans sont plutôt en faveur d’ouverture démocratiques et de libertés. Mais l’invasion de l’Irak, nous démontrent comme le disais Edward Said a fait (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Farouk a dit :
A Jacques... Vous confondez une interprétation d’un texte religieux avec le texte lui même. Vous affirmez ensuite que l’islam n’est pas démocratique. Une réduction facile qui n’a rien à voir avec la (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
La constitution d’un état musulman qui se veut conforme à l’islam est en tous points opposée aux constitutions des états démocratiques. Les oppositions sont évidentes : Dans l’islam le pouvoir temporel et le pouvoir religieux (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Fazia a dit :
Je rejoins l’auteur de ce papier. les sociétés musulmanes sont demandeuses de droits humains, de démocratie et de liberté religieuse et d’expression. Ce sont, s, les dirigeants totalitaires qui ont adopté cyniquement les idées (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Laïquiya a dit :
La tolérance est un concept moderne. Introduit au XVIIIe siècle par Hume, Locke, Rousseau et Voltaire, il n’a pas eu le temps d’apparaître en Islam et le manque d’accès à une éducation de haut niveau contribue à ce vide, même (...) (Lire la suite)
16 novembre 2007
Jacques a dit :
J’aimerais qu’on em précice ce qu’il y a de démocratique dans l’islam quand on voit la charia ? Cette loi musulmane qui peut condamner une personne pour apostasie !!!! La charia qui permet de lapider une femme pour (...) (Lire la suite)
 
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