Saturday 17 May 2008

La recette du poseur de bombes

Par François Burgat
vendredi 12 octobre 2007

Le 30 Octobre 1995, François BURGAT avait, dans les colonnes du quotidien Libération , commenté en ces termes les attentats terroristes qui venaient d’endeuiller Paris. Presque douze années plus tard, alors que l’un des auteurs présumés de ces attentats est jugé par la Cour d’assise spéciale de Paris, l’actualité des questions que cette « recette des poseurs de bombes » pose à l’environnement politique national et international est demeurée intacte.

Il faut traquer impitoyablement les poseurs de bombes. Police et justice l’ont fait avec détermination et on a pu penser un temps, mais à tort, que le réseau responsable de ces crimes avait été démantelé. Pour éviter que l’apparition d’autres réseaux ne rende sans cesse caducs les succès de nos policiers, il est devenu urgent de nous atteler maintenant au démantèlement d’une autre filière, plus redoutable encore : non pas celle qui fabrique les bombes mais celle qui fabrique les poseurs de ces horribles engins de mort. A Paris ou à Alger, cette enquête là ne conduit pas que dans les banlieues.

Comment donc fabrique t-on un poseur de bombes ? Prenez un pays -l’Algérie - auquel nous unissent « des liens historiques et humains importants ». Encouragez bruyamment « la marche vers la démocratie » de « nos-amis-algériens ». Mais lorsque le premier scrutin libre de l’histoire indépendante de ce pays donne une franche victoire à un parti dont le vert vous parait déroger aux trois couleurs de nos intérêts, soutenez sans vergogne le coup d’état militaire qui met un terme à l’expérience. Fermez les yeux sur les milliers d’arrestations. Fermez les oreilles aux cris des milliers de torturés.

Dès que se manifeste en revanche l’inévitable réaction à la campagne d’extermination des militants du parti vainqueur des urnes, et a fortiori dès lors que les méthodes de ces derniers se mettent à emprunter à la barbarie de celles du pouvoir, retrouvez votre vigilance et commencez à dénoncer vigoureusement « la barbarie intégriste ». Accrochez vous désormais à un double credo fort simple : L’« Intégrisme » est soluble dans « la démocratie » et « l’aide économique ». Pour la démocratie, vous soutiendrez donc tout interlocuteur capable de déclarer en souriant devant une caméra de télévision qu’il instaurera la démocratie dès lors qu’il aura débarrassé le pays de tous les islamistes. Pour « l’aide économique » versez sans compter la manne européenne dans les poches des plus corrompus de « nos amis algériens » .

« Nos amis algériens »

Par delà politique et finance, l’essentiel va se jouer sur le terrain médiatique. Les règles du traitement de l’information en provenance d’Algérie sont simples : à la faveur de l’état d’urgence , un arrêté a été imposé par la junte militaire à la presse algérienne, lui interdisant sous peine de lourdes sanctions « la diffusion de toute information à caractère sécuritaire non inscrite dans le cadre d’un communiqué officiel ou d’un point de presse ». Considérez que ce décret s’applique en France, tout spécialement aux journaux télévisés et aux radios nationales de grande audience.

L’objectif est en fait assez simple : il s’agit de cantonner la représentation des modes d’actions du camp islamiste à la seule violence aveugle contre des civils innocents et sympathiques, que l’on prendra soin de désigner pour ce faire par leur appartenance professionnelle ou familiale. Gardez en revanche présents à l’esprit les particularités physiologiques des « islamistes armés » que les forces de sécurité « abattent » par centaines. Sachez d’abord que leurs portraits s’accommodent mieux du noir et blanc que de la couleur. Sachez aussi qu’ils naissent par parthénogenèse ou scissiparité et qu’ils n’ont donc de ce fait ni mère ni père ni enfants pour les pleurer.

Les « islamistes armés » n’ont pas davantage de profession, surtout pas « intellectuelle ». Le directeur de l’institut de mathématique de l’Université d’Alger est il malencontreusement laissé en vie - et donc à même de témoigner - après avoir été torturé bestialement pendant plusieurs semaines par les forces de sécurité ? A son témoignage, ou aux centaines d’autres de ce calibre, préférez le sujet tout monté que vous offre généreusement la chaîne nationale algérienne, haut en couleurs et en émotion, sur les intrépides baigneuses du Club des Pins « résistant à la montée de l’intégrisme ».

Viendriez vous à disposer de témoignages de policiers attestant l’étendue de la manipulation de la violence, la pratique de l’assassinat par le régime de ses propres policiers, la constitution de bandes criminelles financées par le pouvoir, proscrivez la diffusion de telles incongruités médiatiques. Si le camp des vainqueurs du scrutin parvient à contourner vos défenses audio-visuelles en faisant par exemple éditer un ouvrage reproduisant le témoignage de plusieurs centaines de victimes de la torture d’Etat, faites en interdire la diffusion (1) en soulignant qu’il constitue « une incitation à la haine ».

Parallèlement, repérez en Algérie ou simplement dans le tissu de l’immigration algérienne récente ou ancienne la minorité la plus extrémiste et la plus opposée à toute forme de communication et de dialogue avec le camp des vainqueurs du scrutin. Baptisez la « société civile » et accordez lui table ouverte dans vos émissions politiques mais plus encore culturelles, littéraires, sportives etc de sorte que sa représentativité soit à peu près inversement proportionnelle à celle qui est la sienne dans sa société d’origine et aussi peu respectueuse que possible de la diversité d’opinion de la communauté immigrée.

Tenez éloigné tout représentant ou avocat du camp islamiste susceptible de générer dans l’opinion autre chose qu’un violent sentiment de répulsion ou plus largement tout individu sympathique, surtout s’il est de sexe féminin, hostile à la politique d’éradication physique du parti des vainqueurs du scrutin. Soyez vigilants : un champion du monde du 1500 mètres peut cacher un sympathisant du FIS. Un militant du FIS peut cacher un professeur de musique, un sorbonnard ou un amoureux de La Fontaine. Veillez au respect de quelques conventions terminologiques essentielles : un journaliste de la minorité éradicatrice s’appelle « un journaliste courageux ». L’expression « journaliste islamiste » ou « presse islamiste » n’a par contre pas de raison d’être non point parce que cette presse a été intégralement interdite en août 1992 mais parce que les islamistes sont « contre les journalistes » et même « contre la culture ».

Soyez enfin prêts à réagir à toute initiative intempestive de « nos-amis-algériens », dont chacun sait que la maturité politique laisse quelque peu à désirer. Les principaux partis de l’opposition parviennent-ils donc, au prix de courageuses concessions réciproques, à s’entendre sur les termes de leur cohabitation future pour restaurer la paix civile dans leur pays ? Concédez quelques couacs approbateurs de votre ministre des Affaires étrangères- (qu’il s’empressera d’oublier dès qu’il sera premier ministre) - puis, plus sérieusement, faites moquer par votre homme fort du moment les signataires du traité en question en les accusant d’angélisme et de naïveté, eux et le petit nombre de vos compatriotes qui auraient le mauvais goût de vouloir les approuver.

Les possibilités de remboursement du régime viennent elles à souffrir de l’ampleur des dépenses liées à la répression ? N’hésitez pas : rééchelonnez généreusement sa dette. Vous ferez payer ainsi à la génération suivante... la facture des moyens que vous donnez à la présente pour la réprimer (en rémunérant grassement par exemple des milices municipales) et se maintenir ainsi au pouvoir par la violence !

Mohamed et Charles

Continuez donc à vendre des hélicoptères et autres fourgons aux forces de l’ordre de « nos-amis-algériens ». Vous en fait-on-la remarque : faites observer en conservant votre sérieux qu’il ne s’agit là que d’hélicoptères civils. Expédiez par contre au Burkina-Fasso tous ceux qui seraient tentés d’ envoyer dans la même direction, mais aux vainqueurs du scrutin cette fois, ne fut-ce que des médicaments ou qui auraient seulement le double tord de s’appeler Mohamed et de faire de la situation algérienne une lecture un tant soit peu différente de celle de Charles.

Pour plus de sûreté, repérez parmi ceux qui s’appellent Mohamed quelques adeptes de la pensée de Charles et faites en les uniques « représentants » reconnus de tous ceux qui s’appellent Mohamed. Veillez à ce qu’aucune des détresses, désarrois et autre écoeurements que génère votre aveuglement politique ne puisse jamais s’exprimer ailleurs qu’au fond des caves de vos banlieues, à l’abri vigilant de tout objectif et de tout micro susceptibles de les répercuter. Voilà : le dispositif est en place .

Les résultats se font-ils attendre ? N’ayez crainte ! Pour tous ceux - ils sont nombreux autour de la Méditerranée- qui redoutent davantage les millions de bulletins de vote de la composante modérée de leur opposition (qui démontreraient l’étendue de leur discrédit) que les bombes et les assassinats de sa périphérie extrémiste (dont ils ont tant besoin pour capitaliser le soutien de l’Occident), il existe de multiples manières d’accélérer le cours des choses.

(1) Livre blanc sur la répression en Algérie, Hoggar, Plan les Ouates ,Suisse, 1995

(2) L’Islamisme en face , La Découverte, 1995,L’Islamisme au Maghreb, Payot, 1995 (Petite Bibliothèque de Poche)

François Burgat

Politologue, (auteur de L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaïda, La Découverte, 2005)

Auteur de  :

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par Ghislain - le 13 octobre 2007
François Burgat restera avec d’autres celui qui a refusé la désinformation incroyable sur les années qui ont ensanglanté l’Algérie de 1991 à 2001. François Burgat a dit non à la manipulation, à l’éradication. François Burgat a fait honneur à l’idéal des lumières pour qui un homme reste un homme quelques soient ces opinions, ses convitions ou sa race. Alots que d’autres qui se gargarisent chaque jour de concepts des droits de l’Homme n’ont fait que cautionner des crimes contre l’humanité perpétués dans ce pays au nom de la lutte contre l’intégrisme qui n’était en fait que le pretexte au maintien au pouvoir d’une caste dont les immenses privilèges étaient menacés.
Par Rachid ZANI - le 13 octobre 2007
Je rejoins Selma dans son analyse : La colonisation a gommé à jamais une partie de l’histoire algérienne.Elle a éliminé intentionnellement les élites de l’époque et elle a effacé systématiquement toutes traces historiques susceptibles d’entraver son funeste dessein afin d’asservir sa population autochtone et la contrôler définitivement .Qui se souvient de l’Emir Abdelkader ? Comment cette même population aurait-elle pu réagir face à un pouvoir autarcique et brutal qui s’obstine encore aujourd’hui à endosser la moindre responsabilité ? "Les bienfaits de la colonisation" Laissez moi rire ! Crime contre l’humanité plutôt !!!! 130 années pendant lesquelles les algeriens ont été interdit de savoir, 130 années pour abrutir ces enfants. Forcément, le résultat est là , avec ce que nous constatons chez l’algérien d’aujourd’hui:un caractère nerveux,méchant,agressif,brutal,corruptible,associable,bafouant les règles, refusant l’autorité,manifestant un égoisme sans pareil etc... L’IGNORANCE ENGENDRE L’IGNORANT. Même les dirigeants algériens n’y échappent pas,ils sont le reflet malheureux d’une éducation inexistante qui a fait place bonne à tout les exces et autres manipulations du mêmes genres. Il faudra des décennies pour réparer et parvenir à rendre son âme au peuple algérien. QUEL DESASTRE ! Une seule perspective : la religion qui offre le refuge aux opprimés,une porte qui s’ouvre vers le savoir et la connaissance, un espoir .. Peut-on connaitre DIEU sans avoir étudier ? Non ! Peut-on avoir la FOI en étant ignorant ? OUI ! N’en déplaise à tout ces anti-islamisants , l’ISLAM est la RELIGION de Lumière et de justice et quoiqu’ils fassent,quoiqu’ils écrivent, quoiqu’ils trament et quoiqu’ils télédiffusent,ils n’atteindront jamais la FOI grandissante de ces âmes qu’on a trop longtemps brimées . La roue tourne...................
Par Mazri Omar - le 13 octobre 2007

Monsieur François Burgat est une référence morale et intellectuelle, une mine d’informations crédibles pour qui veut connaître l’équation "islamiste" dans les pays d’islam. Cet article ancien reste d’actualité quand on examine les conditions socio économiques et polico culturelles qui prévalent ici et là bas. Il faut lire l’ouvrage cité (Livre blanc sur la répression en Algérie, Hoggar, Plan les Ouates ,Suisse, 1995) pour comprendre les mécanisme de la désinformation à travers des témoignages, des analyses de scientifiques comme Chomsky et tant d’autres.

Oumma en nous resservant cette excellente analyse pourrait peut être ouvrir le débat sur la situation des intellectuels et universitaires algériens "islamistes" persécutés en France après l’annulation du second tour et dont certains ont été mis en résidence administrative au Burkina Faso. Que deviennent -ils ? Après la réconciliation sur fond d’amnésie faut il oublier que leurs droits ont été bafoués et que l’exigence de justice et de réparation morale et civile demeure. Qui peut nous éclairer sur leur sort.

Autour d’un article de fond qui interpelle la conscience certains le détournent en faisant référence au soufisme comme si le soufisme est une alternative à l’islam ou au mouvement social et politique des musulmans. Ni l’islam ni les musulmans ne peuvent être confinés dans une vision "boudhisante" comme d’autres le veulent dans une vision marxisante ou libérale. Mohamed (saws) a dit : « Un oiseau se plaindra à Dieu le jour du jugement dernier contre l’homme qui l’a tué en vain (par plaisir) et non pour satisfaire une exigence ou un besoin » dit le même prophète de l’islam connu pour sa miséricorde pour toute créature vivante qui a inspiré un chameau à venir se plaindre auprès du Prophète. Cet amour de la vie, de la beauté et ce penchant admirable pour la spiritualité ne peuvent être une fuite pour ne pas faire de la politique et ne s’occuper des affaires des musulmans. Si ce moineau tué dans une partie de chasse demandera vengeance à Allah al Ahad al Qahar al Mountaqim que dira le tué, le poseur de bombe et le peuple affamé et abetisé aux gouvernants et à tous ceux qui croient que l’islam dans sa voie soufi est une forme d’esthétisme mystique, une contemplation dans la position d’inertie qui conduit au nirvana.

Les modèles soufis ne sont pas seulement Ibn Arabi, Roumi, Ataallah, Sultan Walid et tant d’autres. Les peuples opprimes sont plus sensibles à la voie soufie de Salah Ediine al Ayoubi ou de l’Emir Abdelkader qui par amour pour Dieu et pour l’humanité ont refusé que le musulman ne soit qu’un vulgaire petit moineau à porté de tir du loup colonisateur ou despotique. L’amour de Dieu doit conduire à l’action car Dieu se manifeste part le verbe et l’acte. L’amour de Mohamed est la passerelle pour l’amour de Dieu selon le Coran elle enous demande de revivifier sa sunna. Pour cela il faut se remettre à croire, à penser et à agir et non à contempler. Notre problème qui nous rend des moineaux sacrifiés inutilement est décrit entre auxtres par Malek Benabi « Ce qui manque au musulman ce n’est pas la logique de la pensée, mais celle de l’action. On ne pense pas pour agir, mais pour dire des mots qui ne sont que des mots. Mieux : On hait ceux qui pensent efficacement et disent les mots logiques, c’est à dire des mots qui deviennent, sur-le-champ, des actions. » Actions de libération, actions d’organisation, actions de production, actions de bien, actions de témoignage équitable. Toute la lecture du Coran nous montre que Dieu et ses Prophètes se manifestent dans le monde par des d’action.

Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en oeuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur. al moulk 3

Ce verset signifie entre autre que l’homme libéré de la crainte de la mort et du besoin mondain peut construire un monde à visage humain et à la mesure de l’homme c’est à dire accomplir son Vicariat comme un couple de forces contempler / agir, méditer / réaliser, penser / faire, Aimer / prouver et éprouver dans les faits. Par Dieu tant que nous nous impliquons pas à donner un contenu actant à la Sunna du Prophète nous restons loin, très loin de la contemplation et de l’action de bien car Mohamed nous a laissé cette responsabilité à exercer : " Tant que vous n’aurez pas inspiré l’amour de la vérité vous n’aurez pas cru". L’amour de Dieu passe par des médiateurs : la vérité, la justice, l’action de bien, la piété. L’amour de Dieu fait frémir le coeur et pleurer les yeux :

Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. an anfal 2

le frémissement du cœur du croyant n’est pas un luxe esthétique mais la foi active qui se traduit par une adoration sincère et pure et confirmée par la réalisation des œuvres de bien pour la cause d’Allah et non pour ses propres passions ou pour satisfaire un tyran ou un jouisseur :

Ceux dont les cœurs frémissent quand le nom d’Allah est mentionné, ceux qui endurent ce qui les atteint et ceux qui accomplissent la Salâ et dépensent de ce que Nous leur avons attribué. al haj 35

Ceux qui, de la crainte de leur Seigneur, sont pénétrés, qui croient aux versets de leur Seigneur, qui n’associent rien à leur Seigneur, qui donnent ce qu’ils donnent, tandis que leurs cœurs sont pleins de crainte (à la pensée) qu’ils doivent retourner à leur Seigneur. Ceux-là se précipitent vers les bonnes actions et sont les premiers à les accomplir. al mouminoun 67

Sans auto flagellation il nous faut reconnaître que nous sommes tous responsables à quelque titre que ce soit de notre malheur et de nos défaites. Allah n’a pas besoin de nous mais c’est nous qui avons besoin de Lui pour retrouver notre dignité :

Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. al maida.54

Aimons nous Allah ? Allah Al Wadoud (L’aimant et l’Aimé) exige des preuves et met en épreuve.

Penser et affirmer que l’islam est la religion de l’individu seul face à Dieu c’est affirmer n’avoir jamais récité la Fatiha qui exprime l’universel de la communauté croyante " C’est toi que nous adorons et c’est Toi que nous implorons" qui est l’excellence de la foi islamique. La solution en Algérie est effectivement politique. Si le sens de politique c’est se préoccuper des affaires morales, sociales, économiques, culturelles et scientifiques pourquoi vouloir croire que l’islam et les musulmans doivent être apolitiques ? Est t-il logique que dans un pays musulman on peut étaler ses références marxistes ou libérales sur le plan partisan mais non pas ses références musulmanes sous pretexte d’islamisme. Abraham était islamiste dans le sens de ce verset qui est la colonne vertébrale du comportement musulman :

Dis : ‹En vérité, ma Salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l’Univers. A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre.› Dis : ‹Chercherais-je un autre Seigneur qu’Allah, alors qu’Il est le Seigneur de toute chose ? anâam 163

Ma vie, ma vie ontologique (vouloir, savoir, devoir, pouvoir, croire), ma vie affective (aimer et haïr), ma vie sociale et politique, ma vie spirituelle et intellectuelle, ma vie actantielle ou contemplative, ma vie esthétique et éthique est pour Allah et conforme au Verbe d’Allah. Pour ne pas être islamiste il faut effacer le Coran ou le confiner dans une mosquée ou dans le coeur d’un exilé. Absurde !

ذا الشعـب يومـا أرادالحيـاة فلابـد أن يستجيـب الـقـدر ولابــد للـيـل أن ينجـلـي ولابــد للقـيـد أن ينكـسـر ومن لا يحـبُ صعـودَ الجبـال يعش ابد الدهر وسـط الحُفـر

Par Samson - le 12 octobre 2007
François Burgat dont je ne conteste pas l’autorité intellectuelle, et si à bien des égards son article demeure d’une grande actualité, à ceci près que le FIS est définitivement envoyé aux oubliettes de l’histoire. Le peuple algérien a fini par renvoyer dos à dos les islamistes du FIS et les généraux-éradicateurs qui sont les deux faces d’une même médaille. Ces deux groupes partagent en commun une conception despotique et radicalement violente du pouvoir. L’islamisme algérien a fait la preuve à la fois de son immaturité politique, oscillant entre compromission avec l’armée ou affrontement violent. Les islamistes turcs ont une intelligence politique d’avance par rapport aux islamistes algériens totalement surréalistes et peu au fait des réalités politiques et internationales, fussent-ils diplômés comme le précise François Burgat.
Par Selma - le 12 octobre 2007
Dans son article, M. Burgat s’adresse à l’opinion de son pays, et leur rappelle la "recette" du poseur de bombes" , telle qu’elle a été suivie par le pouvoir et les médias français , notamment en ce qui concerne la violence en Algérie. Le drame, c’est qu’encore aujourd’hui, ce sont les mémes ingrédients qui sont de nouveau préparés à la faveur des nouvelles violences en Algérie : la nouvelle mode : el qaida serait en Algérie, alors qu’auxqu’aux Etats-Unis de plus en plus, l’opinion découvre que El Qaida est une vaste supercherie. Quant aux commentaires sur cet article, je voudrais juste rappeler que l’Algérie a été colonisée pendant 130 ans , une colonisation féroce, inhumaine, qui nous a brisés en mille et un morceaux, à tel point que nous ignorions notre histoire et que nous ne savions plus rien de nous- mémes. La seule valeur, le seul repère que nous avions , c’était l’islam, dans lequel nous nous sommes réfugiés et grace auquel, nous avons tenu durant près d’un siècle et demi. Si on veut comprendre quelque chose il ne faut pas oublié cet aspect : notre seul drapeau , notre nationalité était l’Islam, nous n’avions rien d’autre. Après l’indépendance, la seule démocratie que nous avons eue, c’est celle du "garde champètre" colonial.... Pour de nombreux Algériens, les colons ont été remplacés par de nouveaux " pieds noirs"... Alors dans ces circonstances, on revient aux valeurs refuges :l’Islam, et il faudra combattre pour une vraie démocratie, c’est-à-dire, que les aspirations profondes du peuple soient prises en compte.
Par amazone - le 12 octobre 2007
Bravo Mr Burgat, certains de nos bons "démocrathypocrites" vous diront que ces fous de Dieu voulaient imposer une dictature (islamiste) en Algérie, tout en oubliant que nous vivions et vivons dans une dictature (militaire).
Par New-man - le 12 octobre 2007
Merci d’avoir rappelé ici que la source des "problèmes islamistes" en Algérie sont le fait de la junte et non des islamistes qui auraient du gouverner le pays, puisqu’ils avaient gagné les élections...
Par Lola - le 12 octobre 2007

Salam,

Pourquoi le Salafo-Wahabbisme a-t-il aussi bien "pris" en Algérie et a-t-il causé les horreurs inouies qui s’y sont produits ?

Quelle est la nature de cette fragilité, cette porosité qu’a présenté ce pays face à l’extrémisme religieux ?

Ne faudrait-il pas en chercher les raisons dans les dégâts énormes causés par la colonisation de l’Algérie. Destruction massive des structures sociales, culturelles, économiques, acculturation grave de sa population, et j’en passe ... . Nous n’avons même pas de vestiges historique, tout a été rasé !

Cela n’a pas été le cas des pays voisins.

C’est un véritable miracle que l’Algérie ait pu se libérer et le prix que nous avons payé est énorme.

Au plus fort de la terreur de la décennie noire, lorsque nous n’étions plus qu’une poignée de femmes à manifester dans les rues d’Alger contre la barbarie, je n’ai pas cru, pas une seconde, que les extrémistes allaient prendre le Pouvoir en Algérie.

Je ne saurais expliquer pourquoi.

Où sont les cercles de réflexion, les "think-thanks" algériens pour réfléchir à son avenir ?.

Je pense que ce n’est pas la question démocratique ou de liberté d’expression qui préoccupe le plus les algériens mais la qualité de ses élites.

Par Garamond - le 12 octobre 2007
Dès que j’ai vu le nom de Burgat, je me suis empressé de lire ce papier qui ne m’ a pas déçu. Jubilatoire de la première à le dernière ligne. Un article qui vous donne la pêche qui nous montre l’hypocrisie de nos démocraties donneuses de leçons à toute la planète.
Par Souâd - le 12 octobre 2007

A Atif et Salim :

Le Soufisme, par sa nature même, ne peut remplacer l’expression politique d’extrémistes musulmans nourris d’une vision de l’Islam Salafo-Wahabite et que vous appelez "Islamisme".

Le Soufisme est une Voie Spirituelle qu’empruntent ceux qui aspirent à l’Universel.

Avant d’atteindre l’Universel, ils doivent d’abord retrouver leur vraie nature, leur personnalité authentique, complètement débarassée de toutes les aliénations, suggestions de tous ordres.

Cette Voie est composée de trois grandes étapes : l’Islam, El-Iman et El-Ihsène.

C’est une voie de Ferveur, d’Amour et de Vérité.

Ceci n’empêche pas l’aspirant d’affronter les questions de son temps car c’est cette confrontation qui lui révèlera sa vraie nature, qui aiguisera sa lucidité, sa faculté de comprendre ce qui se cache derrière les apparences.

Saha F’tourkoum wa salam.

Par Sophia - le 12 octobre 2007

A Taremaillac : Les algériens ne vous ont jamais dit qu’ils attendianet quoi que ce soit, de qui que ce soit et votre thèse à toutes les sauces "de se prendre en mains" devient lassante.

C’est justement parce qu’ils se sont pris en main comme vous aimez le répéter, que la junte militaire algérienne, leur à déclaré une guerre sans merci.

Par Anonyme - le 12 octobre 2007
j suis pas magrebin mais pour dire que "je mets en doute toute association qui a des liens trop étroits avec un gouvernement." Que ça soit en france ou ailleur,quelle soit religieuse ou "ligth°"(laique). L’histoire du mon monde et l’expérience de mon temps m’ont mis en garde.Tel un enfant qui s’est brulé le doit une premiere fois.
le 12 octobre 2007

Tout le monde sait que le problème n’est pas d’ordre islamiste, islamique et autres attibutions vident de leur sens et qui n’ont d’ailleurs jamais rien voulu dire.

Le vrai problème que ce soit en Algerie, au Maroc, en Tunisie, en Egypte et ailleurs, c’est que les tenants du pouvoir dans ce pays ne veulent laisser place à aucune autre structure politique si ce n’est celle qui défendra leurs interets, leurs priviléges et qui sera à sa solde.

Le problème de ces partis religieux c’est qu’ils ne voulaient rien céder aux dictateurs et c’est par là qu’ils devenaient imanquablement des ennemis à abattre. Des ennemis d’autant plus dangereux qu’ils étaient suivis par un majorité de la population.

Aprés cela il ne restait plus aux dirigeants de ces dictatures de diabolisés tous partis, qui se reproseraient sur cette notion religieuse.

l’occident prenant le relais, car ses priviléges et ses interêts, octroyés par les dictateurs, qu’ils soutiennent depuis des decennies, risquaient d’être remis en question, a créer le concept d’islamiste, afin de dénaturer tout programme d’un parti issu d’une mouvance religieuse. Il fallait montrer à l’opinion internationale que ces mouvements souvent crés démocratiquement comme le FIS par exemple étaient des contre démocraties. Et là est le risible de la situation, si la situation n’était pas aussi dramatique, c’est que ces pays qui disent empêchés ces partis religieux qui veulent instaurer un état islamique avec la charia sont justement des dictatures !

Par Haoues Seniguer - le 12 octobre 2007

Il n’est pas de meilleur instrument pour évaluer le réalisme ou les capacités idéologiques voire les limites d’un parti politique, fût-il "rétrograde", "conservateur" et on ne sait quoi d’autre, que dans l’exercice effectif du pouvoir.

Quoi de plus légitime alors que de le laisser participer librement aux élections et de reconnaître, en cas de victoire, son droit à occuper des fonctions étatiques.

Les procès d’intention ou en sorcellerie ainsi que l’empressement à se focaliser exagérément sur "une partie" des discours politiques sont un leurre puisqu’ils traduisent en général, dans le monde arabe en particulier, une crainte pour le pouvoir central de perdre sa position de domination exclusiviste (représentation-incarnation).

Alors même que le pouvoir en démocratie est censé être "un lieu vide", certains hommes d’Etat, que François Burgat appellent à raison, des "Pinochet",ne le "protègent" pas alternativement, ils "l’occupent" depuis des décennies...

Tout parti politique, y compris islamiste, évolue dans un contexte et des rapports de force qu’il n’invente pas et qui généralement le dépassent ou en tout cas le limitent forcément dans ses velléités d’action (à la condition que des règles du jeu institutionnelles soient dès le départ clarifiées, aceptées et admises de tous, de la part des gouvernants comme des gouvernés).

Autrement dit, même les discours éminemment révolutionnaires tendent à prendre d’autres formes, pétries de compromis et de mesure, confrontés en cela à la "realpolitik"

Privés les islamistes d’élections, surtout lorsqu’ils veulent se présenter, voire leur interdire une victoire si elle est acquise, est matière à discréditer dès l’abord le processus démocratique ( la démocratie électorale tout du moins)en général et à détourner les gens des urnes et de la politique "officielle".

Ce ne veut pas dire qu’il n’existe pas de courants "radicaux" (mais cela ne prennent que rarement pour ne dire jamais le chemin des urnes...).

Ainsi, l’impartialité de nos analyses sociopolitiques doivent s’exercer de manière égale pour tous les mouvements.

Cessons donc, nous semble-t-il, d’user par trop de prédicats moraux lorsque l’on évalue les "discours" des courants sociaux et idéologiques du champ politique, pour nous attacher davantage à "écouter" les choix des peuples et rendre compte des "actes" politiques effectifs des partis politiques.

Par Hakim - le 12 octobre 2007
Cette article est une vraie bombe !!! Merci Mr. BURGAT !
Par houd93 - le 12 octobre 2007

Salam lisez cette article et vous allez voir quels sont les plus beaux poseurs de bombes !! Qui meme quand ils tuent, trouvent le moyen d’accuser d’autres

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-966106@51-943359,0.html

Par Salim - le 12 octobre 2007
Je suis tout à fait d’accord avec Atif : le soufisme est la meilleure alternative possible à l’islamisme. Hélas, tout le monde ne s’en rend pas compte : à Strasbourg les élus considèrent les confréries comme une secte et ont essayé de les empêcher de mettre un panneau à leur nom sur leur local, dans d’autres régions les associations musulmanes refusent aux assciations soufies de participer aux élections des C.R.C.M., etc... L’ignorance est la plaie de ce monde...
Par Loic - le 12 octobre 2007
Tout à fait en accord avec votre brillant article François Burgat. Lutter contre les islamistes n’implique pas qu’on les déshumanise. La déshumanisation est le début de la barbarie. Il faut condamner et lutter contre l’islamisme, mais il faut veiller à ne pas utiliser les mêmes méthodes que son adversaire, car on finit par perdre son âme et les concepts de démocratie et de droits de l’Homme finissent par ne plus avoir de sens et de cérdibilité auprès des islamistes et de leurs sympathisants.
Par Menier - le 12 octobre 2007
En matière de création d’Islamiste, l’Etat d’Israël en connait un rayon. N’est-ce pas cet Etat qui a favorisé l’eclosion de Hamas en vue de gêner l’influence de l’OLP qui était un interlocuteur politique plus crédible et moins "diabolisable." Israël ne peut pas à la fois se plaindre du Hamas que cet Etat a encouragé la création.
Par Sans nom - le 12 octobre 2007
C’est cette confusion entre le religieux et le politique qui rend aujourd’hui l’Islam malade, trop souvent dénaturé comme on le voit à travers l’islamisme ou le terrorisme.. Car beaucoup de musulmans confondent sacralité et temporalité, ils vivent leur religion comme une entité globalisante en dehors de laquelle rien n’est valable, en ignorant que Dieu a donné une raison pour réfléchir comme une époque pour vivre… Ils oublient que le monde s’éclaire à deux lumières : la foi et la science. Les musulmans du VIIe siècle ne correspondent plus à ceux d’aujourd’hui. Si les principes théologiques de l’islam sont éternels, ses autres dimensions doivent évoluer à l’aune des valeurs modernes. Le renouveau de l’Islam passe ainsi par une réactualisation de sa pensée religieuse.
Par Jacot - le 12 octobre 2007
Burgat frappe en plein dans la cible vraiment avec classe et brio. Comme on aimerait entendre de telles analyses à la TV ou à la radio, mais c’est impossible pour la bonne et simple raison que nous vivons sous l’empire du consumérisme qui grignotent chaque jour toutes les intelligences.
Par Marzouk - le 12 octobre 2007
La France a par sa politique au maghreb favorisait de façon incontestable les islamistes comme le démontre François Burgat. Un autre pays a favorisé par ailleurs la violence islamiste : Les Etats-Unis. Leur politique en Irak a été un nouvelle occasion pour l’islam radical de prospérer. Les américains ont rendu un grand service à cet islamisme radical nihiliste qui retardera encore plus la marche vers la démocratie des peuples de cette région.
Par Rida - le 12 octobre 2007
Les islamistes ne constituent pas un corpus idéologique monolithique et uniforme. Les islamistes sont d’une grande diversité. On ne peut regrouper sous une même bannière les islamistes au Maroc, en Algérie ou en Turquie. Certes, on retrouve des ‘occurrences sémantiques » dans la déclinaison de leur programme, mais ces islamistes sont souvent teintées des couleurs locales qui les distinguent des uns et des autres. L’’expérience dramatique du FIS en Algérie a incité les islamistes à plus de paragrammatisme en édulcorant leur programme. Ils se présentent désormais comme respectueux de la démocratie. C’est à voir…
Par fuigtui - le 12 octobre 2007
L’islamisme n’est pas né au XXe siècle. Il a des racines beaucoup plus anciennes. L’islam était une religion qui conjuguait l’expansionnisme territorial et une tolérance vis-à-vis des cultures qu’il rencontrait. C’est une religion qui a une tradition d’adaptation aux cultures dominantes. Et dans certains cas les mouvements islamistes étaient une réaction à une adaptation trop poussée menaçant l’islam.
Par malik - le 12 octobre 2007
m. Burgat vous non plus vous n’échappez pas aux analyses simplistes de la situation algérienne. La lutte entre la démocratie et un régime autoritaire n’a pas commencé avec l’annulation des élections du 26/12/1991. La gestion autoritaire de l’Algérie par l’armée et le FLN (donc par la violence) a commencé dès la guerre et s’est poursuivie à l’indépendance. Simplement les intellectuels "amis de des algériens" (comme vous ?) feignaient de l’ignorer. Les islamistes sont pour la démocratie, soit. Mais pourquoi avoir attentu un coup d’état et la répression pour le déclarer ??? En 1990 lorsque le FIS était dans sa marche pour le pouvoir, Ali Belhadj ne ratait jamais une occasion pour dire que la démocratie était un concept importé contraire aux valeurs de l’islam, etc... Au moment du coup d’état pourquoi la réponse principale choisie par les islamistes a-t-elle été la lutte armée ? Il y a eu au même moment un coup d’état en Birmanie et ce n’est pas pour ça que Aung San Suu Kyi a choisi de passer à la lutte armée !!! Le bilan est là aujourd’hui : une junte militaire déconsidérée et isolée en Birmanie, et des généraux qui peuvent se présenter comme des sauveurs de la démocratie en Algérie !!! La différence c’est que Aung San Suu Kyi s’est prononcée pour la démocratie quand elle était libre et pas eulement aujourd’hui qu’elle est en résidence surveillée. Le FIS par ses excès est devenu l’allié objectif de l’armée et du FLN( que certains comme vous oublient trop facilement aujourd’hui qu’il a été un parti unique) et a permis le maintien d’un statu quo meurtrier. PS : le champion du monde du 1500 m Nouredine Morcelli, puisque c’est de lui dont vous parliez est aujourd’hui un des fervents défenseurs de Bouteflika qui n’est pas vraiment un modèle de démocratie .... 2ième PS : Parmi les expulsés vers le Burkina Faso, il y avait le fils d’Ali Amar responsable de l’Amicale des algériens en Europe. Celui-là même qui avait déclaré en Octobre 1988 après les émeutes (près de 200 morts officiellement...) : "il ne s’est rien passé à Alger, c’est un chahut de gamins qui a dégénéré". En clair juste un rejeton de la Nomenklatura algérienne que vous voudriez abusivement présenté comme un militant de la liberté. Dans les années 60 et 70 les enfants de la Nomenklatura étaient socialistes (défense de rire), à partir de 1990 le vent a tourné et ils sont devenus islamistes !!!!Ils avaient bien appris la leçon de leurs aînés , l’important c’est être près du pouvoir, les convictions.....
Par Atif - le 12 octobre 2007
Le soufisme qui est la spiritualité de l’islam peut être une alternative à l’islamisme. Pour les guides spirituels, le soufisme constitue un cadre d’élévation spirituelle et sociale du musulman. Mais pas question pour eux de prétendre apporter une réponse à toutes les questions. C’est pour cela qu’un penseur musulman aussi illustre que Ghazali disait que le faqih n’a pas à donner de réponse politique.
Par Chadia - le 12 octobre 2007
Dans le Coran, il est dit qu’il n’y a "point de contrainte" dans l’Islam. La religion musulmane n’est en aucun cas le monopole de quiconque. Il est du devoir de chacun d’apprendre sa propre religion convenablement, comme il est de son devoir de la pratiquer autant qu’il le peut. Les extrémistes religieux se réfèrent à une interprétation complètement erronée des principes de l’islam, pour justifier des actes tout à fait arbitraires.
Par J.Claude - le 12 octobre 2007
Intéressant François Burgat. Jacques Attali a signé également un article avec lequel je suis également d’accord où il dit : "L’islam n’y est pour rien. La dictature y est pour beaucoup. L’islam, religion de l’individu seul face à Dieu, est libérateur, universel, pur et fraternel ; il est parfaitement compatible avec la démocratie, la tolérance et la modernité. C’est en cela qu’il séduit de plus en plus. Et ceux qui le transforment en une idéologie de la violence et de l’intolérance le caricaturent et lui nuisent. Cette religion doit être traitée comme les autres, qui établissent un rapport individuel avec la morale et avec Dieu, sans vouloir régir la vie politique de la société, sans vouloir devenir l’unique vérité, sans vouloir mener la guerre contre les autres philosophies politiques."
Par Samir - le 12 octobre 2007
J’ai toujours pensé qu’il fallait accepter les processus démocratiques dans les pays musulmans qui donneraient la victoire aux islamistes comme en Palestine ou en Algérie. Le meilleur moyen de disqualifier les islamistes est de les laisser arriver au pouvoir. Les islamistes verront par eux-mêmes que la politique ne se fait pas à coup de sloguans ou de solutions simplistes à des problèmes socio-économiques d’une très grande complexité. Ils seront ainsi discrédités !!!!!!!
Par Assadien - le 12 octobre 2007
Il ne faut pas confondre l’islamisme et l’islam. L’islamisme est contre l’islam. L’islamisme est une conception politique de l’islam qui pourtant sépare bien le politique du religieux. Les islamisme sont une déviation historique qui menera et qui a mené les peuples musulmans à une impasse. Il faut lutter contre l’islamisme avec des arguments et non avec des canons.
Par Taremaillac. - le 12 octobre 2007

Monsieur Burgat,

J’abhorre la junte militaire au pouvoir en Algerie.

La barbarie dechainee par ces deux entites immondes est effroyable qu’est le FIS.

L’Algerie est meurtrie de siecles de conflits. La reconciliation nationale est une exigence pour enfin sortir de la crise actuelle. Les Algeriens doivent se prendre en main et ne rien attendre de qui que se soit.

La solution en Algerie prendra enormement de temps, et cette solution n’est ni militaire, ni religieuse : elle est politique.

J’ai mal pour un pays d’une beaute rare et un peuple a nul autre pareil.

Taremaillac.

Par Andrew - le 12 octobre 2007
L’islamisme ne touche pas également le monde arabe. Il touche également l’Afrique de l’Est. Dont l’islam a toujours été orienté é depuis plusieurs siècles vers la péninsule arabique qui entretient une proximité géographique permettant de mettre les populations en contact. D’où notamment l’influence s’Al-Quaida dans cette région. Il faut suivre cette évolution avec sérieux, car elle peut être source de déstabilisation de la région. Nous devons rester vigilants et comprendre ce phénomène inquiétant pour mieux le combattre.
Par Lecteur - le 12 octobre 2007
La réapparition périodique des ilsamistes fait partie intégrante de plusieurs grandes traditions religieuses partout dans le monde. Le renouveau spirituel et culturel qui caractérise de nombreuses régions du monde islamique au cours de la deuxième moitié du 20e siècle n’est donc ni unique ni aberrant, et il ne survient ni dans un vide ni dans une situation statique. Il coïncide avec la fin de l’ère coloniale, le retrait de l’empire, la libération et l’indépendance d’une multitude d’anciens États coloniaux, l’émergence d’un système international centré sur les Nations Unies et, plus récemment, la fin de la guerre froide et la disparition du monde bipolaire Est-Ouest.
Par Farid - le 12 octobre 2007
Il faut savoir que l’islamisme est en déclain comme le prouve leur défaite auc récentes élections marocaines et algériennes. Le score entre autres des principaux partis islamistes algériens s’est effrité lors des élections législatives du 17 mai 2007, qui ne leur ont permis de gagner que 59 sièges, contre 82 en 2002 et 103 en 1997. La composante politique pour la Chambre basse de 2007 a donné sur les 389 sièges, 52 pour le MSP, 5 pour Nahdha et 3 pour El Islah.
Par Guilloy456 - le 12 octobre 2007
Nos médias raffollent des explications binaires avec des gentils et des méchants. Leur conception de l’information n’est pas de faire comprendre en sollicitant le sens critique, mais plutôt de raconter une histoire avec un casting choisi comme dans une star act. En fait les médias ne sont d’autres que l’expression d’une téléréalité qui se veut "sérieuse" et informative.
Par Concevoir - le 12 octobre 2007
Les partis islamistes dans le monde arabe ne sont en effet que les conséquences d’un contexte socio-politiques oppressant qui ne laisse d’autres alternatives qu’une opposition prosélyte et violente ( je ne suis pas entrain d’excuser la violence). Mais il ne sort rien de bon dans des sociétés vivant sous des régimes despotiques sans débouché professionel pour des générations de diplômés.
Par Freddy - le 12 octobre 2007
Merci François Burgat pour votre analyse. J’avoue humblement de ne pas comprendre tous les tenants et aboutissants des mouvements islamistes, mais les choses paraissent plus compliquées qu’elles ne le sont.
Par Matouba - le 12 octobre 2007
Il faut savoir ceux qui en France étaient pérsentés comme des laïques et des démocrates comme le RCD par exmple ont cohabité à plusieurs reprises dans le gouvernelent en Algérie avec le hamas algérien, démontrant ainsi le peu de sérieux de leur luttre contre l’inétégrisme et la démocratie.

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