La repentance et les femmes de l’homme barbu
Par François Burgat
lundi 2 juillet 2007
« Je vais en finir avec la repentance qui est une forme
de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres. »
« Une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de
ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique mais,
au contraire, de prendre la tête de ce combat, parce que ce qui est en jeu
c’est le sort de l’humanité toute entière. »
« À toutes les femmes martyrisées dans le monde, je veux
leur dire que la fierté et le devoir de la France sera d’être à leur côté. […]
La France n’abandonnera pas les femmes qu’on condamne à la burqa, la France
n’abandonnera pas les femmes qui n’ont pas la liberté ».
Nicolas Sarkozy, 6 mai 2007
Avant de rejoindre le camp de Nicolas Sarkozy et d’y gagner un portefeuille ministériel, le socialiste Éric Besson avait décrit son adversaire électoral d’alors comme « un “néocon” américain à passeport français ». De fait, dès le soir de son élection, notre « néocon » a développé une très sélective vision de l’altérité.
Le thème de la sécurité a eu beau envahir la campagne électorale, les perspectives tracées sur ce terrain, dans et hors de l’hexagone, constituent autant de trompe l’œil qui risquent de nourrir les pires malentendus. Si demain la France ne devait plus disposer, pour communiquer avec les rives musulmanes de la Méditerranée, d’autre langage que celui de la confrontation, il faudrait se souvenir que l’aiguillage, ou l’engrenage, du 6 mai 2007 y aura été pour beaucoup.
« Halte à la repentance ! »
« Halte à la repentance », nous a d’entrée de jeu signifié le chef de l’État. Qu’est-ce à dire ? Que, quand bien même n’aurait-on pas encore fini de l’écrire, il faut dès aujourd’hui tourner la page de la colonisation. La colonisation, avait expliqué le candidat Sarkozy, a moins été en effet l’expression d’un « rêve de conquête » que celle d’ « un rêve de civilisation » [1].
De cette « repentance », on chercherait en vain la moindre trace dans les programmes scolaires, ou dans la mémoire législative de la France. Elle a pourtant, nous a dit le président élu, envahi la conscience nationale au point de nourrir la haine des « bons Français ».
Evoquer les crimes coloniaux ou seulement tenter de savoir pourquoi et comment, ici et là, la vieille fracture coloniale continue à travailler notre société et ses relations avec le monde [2] ? Masochisme, dévoiement de la conscience et auto-flagellation ! Nicolas Sarkozy – qui « parle Bruckner » [3] couramment – entend nous épargner ces « sanglots de l’homme blanc » accusés d’alimenter une intolérable « concurrence des mémoires ».
Rideau, donc, sur toute inscription de la lecture des tensions régionales dans un cadre historique qui intégrerait le précédent fondateur de l’actuel « choc des cultures ». Rideau sur toute tentative d’explication profane des bruyantes mais banales (ré)affirmations identitaires d’une rive Sud du monde longtemps privée de sa voix et son lexique. Et honte sur ceux qui, sur les deux rives, pour mieux regarder leur avenir, entendent poser leur regard sur les ombres autant que sur les lumières de leur histoire partagée.
En ce début de XXIème siècle, les multiples malentendus n’auraient donc rien à voir avec une quelconque volonté de résurgence des anciens dominés ou de leurs descendants ; et les défis que nous devons surmonter, rien à voir non plus avec notre difficulté à envisager la sortie du confort de l’hégémonie politique, économique et culturelle ancrée dans la relation coloniale. L’ « Halte à la repentance » signifie simplement que nos difficultés quotidiennes ne sauraient nullement s’ expliquer par nos erreurs passées ou présentes mais bien par celles des « autres » et par celles-là seulement.
Tout devient dès lors …si simple. Ce sont les colonisés qui nous ont trahis et non l’inverse ! Ce sont ces ingrats (et leurs enfants devenus Français) qui ont l’insolence de bouder aujourd’hui la Marianne généreuse qui a condescendu à les civiliser. Ce sont eux qui refusent de reconnaître les « Lumières » dans les halos médiatiques artificiels que braquent sur eux-mêmes nos (nouveaux) « philosophes » ! Qu’ils le fassent dans leurs nouvelles frontières, dans ce monde où rôdent les « intégristes » de tout poil, passe encore.
Mais, que dans nos propres cités, d’impertinents « indigènes » osent de plus en plus ouvertement rappeler à Marianne les plus criantes de ses contradictions, c’en est trop ! Tout s’enchaîne ensuite logiquement. Comme dans La Tyrannie de la pénitence, le refus de toute reconnaissance de l’histoire réelle sert surtout à annoncer le refrain qui, de Charlie-Hebdo à Philippe de Villiers et d’Alain Finkielkraut à Robert Redecker en passant par « l’immortel » Max Gallo, fédère aujourd’hui comme jamais les rangs du discours médiatique qui s’est substitué en France à celui de la pensée.
Notre mal-vivre, les malentendus qui surgissent ici et là avec le Sud musulman, voire avec quelques-uns de ces trublions de nos banlieues, n’auraient donc rien à voir avec nos égoïsmes ou nos propres crispations identitaires et …communautaristes. Ils n’auraient rien à voir avec les raccourcis que persistent à emprunter les politiques, sociale ou étrangère, de la France, de l’Europe ou de ces grands alliés que nous sommes plus que jamais invités à admirer. Pas question en effet, autre point fort du discours fondateur, de nous opposer moindrement aux Américains si ce n’est sur… le réchauffement de la banquise.
Rien à redire aux bombes avec lesquelles eux mêmes, leurs alliés ou autres protégés « réchauffent » l’Irak, le Liban, la Palestine ou l’Afghanistan. Rien à reprocher aux manipulations sectaires – quoi de mieux qu’un chiite pour nous débarrasser d’un sunnite ou qu’un Arabe pour nous débarrasser d’un Perse – dont leurs officines « contre-terroristes » font plus que jamais leur miel. Rien à redire au soutien aveugle accordé aux pires dérives des occupants israéliens : silence devant ceux qui, eux aussi, au nom de leur « sécurité », (en fait pour coloniser plus, encore et toujours), asphyxient en dressant murs et check-points, confisquent les ressources financières, kidnappent élus et ministres, assassinent les uns, affament les autres, ligotent tout un peuple qui a mal voté pour oser ensuite dénoncer impunément son incapacité à faire régner l’ordre ! Rien à promettre, donc, à aucun réfugié Palestinien, Irakien ou Afghan à aucun veuf, orphelin ou veuve de ces guerres là. Ceux-là… menaceraient notre identité nationale.
A l’origine de tous nos maux : le machisme du mâle musulman…
Si l’on comprend bien Nicolas Sarkozy, la vraie violence qu’il soit à la fois politiquement correct et rentable de dénoncer et de combattre, la seule à faire des victimes suffisamment nobles pour nous faire oublier nos sacro-saints quotas migratoires, ce n’est surtout pas celle de Guantanamo ou d’Abou Ghraïb, ni celle d’Hébron ou de Gaza : c’est le machisme des mâles musulmans contre leurs filles et leurs épouses !
Nous y voilà ! Tout le mal-vivre du monde ne vient que de l’insupportable culture de ces « Autres » qui ont moins le tort – inavouable – de nous résister que celui – impardonnable – d’avoir des épouses portant des vêtements d’une insupportable longueur. Seules ces victimes-là méritent notre volontarisme diplomatique. Elles seules pourront franchir les barrières ouvrant la félicité républicaine de la France magnanime. Avec nos encouragements tacites, l’Amérique de Georges Bush peut donc pérenniser la militarisation suicidaire de sa diplomatie pétrolière.
A l’abri de tout risque d’ « ingérence humanitaire » de nos French Doctors, les geôliers maniaques du terrifiant ghetto de Gaza peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Au Sud ou à l’Est de la Méditerranée, du « modernisateur » tunisien Ben Ali au « libéral » palestinien Abbas, les « Pinochets arabes » peuvent se réjouir à l’unisson de la clairvoyance réaffirmée de leurs partenaires occidentaux. Les généraux algériens qui, pour garder le contrôle de leurs pétrodollars, ont plongé depuis 1992 leur pays dans une terrifiante guerre civile, étaient du bon côté de l’histoire (c’est-à-dire, bien sûr, le nôtre).
Moubarak et ses homologues peuvent continuer à « benladeniser » les plus légalistes de leurs opposants et à brandir une explication « théologique » – luttons ensemble contre les fous de Dieu– occultant tout autant les ravages de leur autoritarisme que l’écrasante complicité de leurs sponsors et partenaires occidentaux.
De l’Afghanistan au gouvernement « Fillon 2 », tout s’enchaîne ! La vieille boucle coloniale se referme : comment osez vous vous plaindre, vous dont nous sommes en train de libérer les femmes ! Les fils de ceux que la République a importés par milliers pour assurer la croissance de l’après-guerre peuvent demeurer dans le rang, aussi soigneusement écartés des bancs du gouvernement que de ceux de l’Assemblée nationale.
Ceux là, pour sûr, porteraient atteinte à notre « identité nationale ». Pères, maris et fils peuvent moisir dans leurs banlieues. En Afghanistan ou en Irak, ou dans leurs bantoustans palestiniens, leurs cousins peuvent continuer à se passer de notre sollicitude. Comment ceux dont les épouses portent des vêtements d’une telle longueur oseraient-ils se plaindre d’une domination qui leur apporte les Lumières de la modernité ?
Bienvenue en revanche aux … femmes des hommes potentiellement barbus, et à elles seulement. Sans même nous montrer trop exigeant sur leur talent, nous sommes même prêts à leur confier des responsabilités gouvernementales… faites spécialement à leur mesure : c’est à elles qu’il revient désormais de nous protéger contre cette menace partagée que représentent, pour elles comme pour nous, leurs pères, leurs maris et leurs frères !
Méditerranée : quelle « union » ?
A bien y regarder, il existe deux bénéficiaires potentiels de cette « sécurité » dont on nous parle tant. Les premiers sont…les destinataires désignés et théoriques des politiques mises en œuvre en leur nom ; les seconds - titulaires de privilèges qu’ils sont peu enclins à céder – sont les auteurs et …les bénéficiaires réels de ces politiques « sécuritaires ». Lorsque ceux-là se proposent de veiller sur notre sécurité, c’est en fait… celle de leur élection ou de leur réélection qu’ils cultivent.
Pour la garantir, il leur suffit malheureusement de parler à nos tripes, de conforter nos peurs (face aux « égorgeurs de moutons » et autres amis de Ben Laden) de cultiver notre méconnaissance (de l’origine profane des violences qui déchirent le Proche-Orient et de la part de responsabilité essentielle qui nous en revient) bref…de creuser tous ces malentendus qui sont inexorablement en train de nous conduire vers la confrontation.
Protéger réellement notre sécurité couterait en fait bien trop cher …à leur carrière : Il plus bien plus dur et donc plus couteux politiquement de parler au cerveau d’un électeur qu’à ses tripes, plus ingrat de raisonner ses peurs que de s’en servir comme tremplin oratoire.
C’est ainsi qu’en 2007, d’un bout à l’autre de l’Europe, les politiques du gyrophare et les raccourcis criminalisants du « Karcher » viennent de marquer des points. Un succès électoral s’est construit sur la gestion cynique de nos penchants xénophobes. Cette victoire sucrée pourrait bien vite prendre un gout amer : celui des fausses routes qui se terminent dans l’impasse de vrais conflits – ceux que nos « néocons » à la française se targuent bruyamment de vouloir prévenir.
« Archives ouvertes de François BURGAT »
http://halshs.archives-ouvertes.fr/
export_listeperso_xml.php ?url_id=0000000001099
[1] « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranée. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. » Toulon 7 février 2007
[2] Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire (dir.), La Fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial, La Découverte, Paris, 2005.
[3] Pascal Bruckner, La Tyrannie de la pénitence. Essai sur le masochisme en Occident, Grasset, Paris, 2006.
François Burgat
Politologue, (auteur de L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaïda, La Découverte, 2005)
Auteur de :
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L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaida (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon), La Découverte, 2005
-
L’islamisme en face (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon), La Découverte, 2002
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L’islamisme au Maghreb (cliquez ici pour vous procurer ce livre sur Amazon), Petite bibliothèque Payot, 1995
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
Vous semblez comprendre que cet article cautionnerait le machisme subsistant dans certains pays musulmans. Il me semble plutôt y lire la dénonciation de l’ hypocrisie de ceux qui justifient que la société de Gaza toute entière soit écrasée sous les bombes sous prétexte ….que les luttes féminines n’y auraient pas encore atteint tous leurs objectifs.
La France n’a jamais été aussi riche que lorsque qu’elle s’est retirée du bourbier financier de ses colonies.
Ce n’est qu’ après qu’elle a pu entamer sa marche des trente glorieuses.
L’apport de main d’oeuvre à bon marché a constitué en réalité un frein à l’innovation technologique.
Pendant ce temps, le Japon qui n’a pas fait cet appel a été amené à se moderniser beaucoup plus vite et nous a taillé des croupières.
Quant aux pays de la « diversité », entre islam, farniente, népotisme et opression des femmes la plupart n’ont même pas été capable de conserver le même niveau de vie à leur population.
Enfin, la Burqa, ce n’est pas seulement une question de « longueur de tissu », n’en déplaise à Mr Burgat, mais une manière de soustraire la moitié de l’humanité de la vie publique, pour ne pas dire de la vie tout court sans troubler, semble-t-il, la digestion de Mr Ramadan.
Bonjour,
C’est un honneur pour la France que d’aider les femmes sous le joug de la Burka à accéder au savoir et à la connaissance, à mieux maitriser leurs corps pour qu’une naissance soit toujours un événement heureux pour elles et pour leurs familles.
Beaucoup de musulmans oublient que la première sourate révélée fut iQraa, c’est à dire lis et que le prophète Mohamed que la paix et les bénédictions soient sur lui a rappelé à ses compagnons leurs devoirs vis à vis de la gente féminine lors de son son pélérinage de l’adieu....et pourtant biens des musulmans négligent l’éducation des filles ...sans parler de leur liberté, de culte également....mais au fond on ne sait donner ce qu’on ne possède pas....
Quant à la France, je ne suis pas si sûre qu’en interdisant un léger foulard inoffensif à l’école, elle libère ses filles, en fait, soit elle les assigne à résidence, soit elle les enferme dans des géttos ou encore elle les invite à s’exiler sur les rives egyptiennes puisqu’on a jugé utile de faire appel au cheich Tantaoui de l’azhar pour justifier cette loi infâme ...et pourant si je me trompe, la femme est l’avenir de l’homme.
Aida BOUCHADAKH
Les ex-colonisés s’en foutent de la repentance !... Que les ex-colinisateurs travaillés par leur conscience aillent vomir leur sentiment de culpabilité dans leur bénitier si ça les soulage, ce n’est pas l’affaire de ceux qui exigent simplement une reconnaissance historique des faits.
Cette soi-disant demande de repentance n’est en fait qu’un cache-sexe arboré par les maquilleurs d’histoire pour empêcher tout debat constructif sur le colonialisme.
Ce sont les mêmes qui approuvent les "aspects positifs de la colonisation française en Outre-Mer " et qui n’ont pas digéré que les ex-colonisés leur renvoie sans ménagement la fausse monnaie de leur pièce.
Les mal-repenteux passeront, le vérité historique s’imposera.
De la violence « barbare » à la violence « civilisée » ?
Durant de longues années, et aujourd’hui encore, il nous arrive souvent d’entendre, voire de discuter du thème de la violence, et de ses corollaires : la guerre, la rébellion, l’insécurité, la délinquance, le sexisme, le racisme, l’antisémitisme, l’homophobie, les viols collectifs, le terrorisme, etc. Mais de plus en plus, celle-ci ne semblerait caractériser que les jeunes issus de l’immigration africaine et maghrébine en France 1, tout comme les noirs aux Etats-Unis. Souvent y est associée une raison ethnico-religieuse, dont la cause semblerait être liée à la nature de l’islam 2. Ceci a été maintes fois repris par les médias 3 de manière systématique et en raisonnance aux événements internationaux, tels que le conflit israélo-palestinien, la guerre au Liban, le terrorisme islamiste, etc. Très souvent on objecte à ceux qui ne seraient pas d’accord, le fait que si l’occident a usé par le passé ou use encore de nos jours de violence, c’est que celle-ci est nécessaire, nous dit-on, contrôlée, intellectualisée, réflechie, étudiée, débattue au sein d’assemblées telles que l’ONU, pour le bien, nous dit-on, de ceux qui en seraient les ’’bénéficiaires’’ (exemple, les afghans, les irakiens, etc). L’Occident seul, semble avoir la sagesse requise pour se doter de bombes nucléaires, d’armes de destruction massive, etc. Faisant fi, des milliers de morts d’Hyroshima et Nagasaki : simple détail de l’Histoire ? Or, qu’est-ce qui fait que ces représentations d’un islam violent, conquérant, persistent, alors que le monde arabe vit une crise interne qui dure depuis des sciècles ? Et que corrélativement, la violence que produit l’Occident, violence symbolique, dont les effets indirectes sont biens réels, n’est pas perçue comme telle ?
La violence __thème qui a inspiré bien des penseurs, des philosophes, des historiens, des sociologues, des anthropologues, des psychanalystes… et autres chercheurs quelque fut leur spécialité__ parcourt le temps et l’Humanité, jalonnant l’Histoire de conflits, de guerres, de révolutions, et autant de dates mémorables, voire tragiques.
La violence définit le caractère de ce qui se manifeste, se produit ou produit ses effets avec une force intense, extrême, brutale. Elle peut être émancipatrice ou destructrice. En effet, elle peut avoir des significations radicalement opposées selon les situations et les intentions des acteurs.
A la violence est souvent assimilée la démesure : du latin violentia, elle peut caractériser l’abus de la force ; mais elle peut renvoyer aussi à violare que l’on peut traduire par « violer » ou « agir contre » ou « enfreindre une loi et l’espace des autres ». Déjà chez les grecs, la violence ou hybris, caractérisait l’abus de la puissance, la profanation de la nature, ainsi que la transgression des lois les plus sacrées.
Cependant, Galliclès avait montré dans le Gorgias, que cet excès n’est que l’autre nom du désir. Chez Freud au contraire, l’Homme est foncièrement agressif, voire cruel.
Dans les religions monothéistes (judaïque, chrétienne, islamique) la violence est considérée comme le fruit de l’orgueil symbolisé par Satan, qui refusa de se plier aux injonctions divines, à savoir, se prosterner devant Adam. Qui lui-même ainsi que Eve seront tentés par celui-ci, mangeant du fruit défendu ou le symbole de la désobéissance, afin de déchoir du paradis, perpétuant ainsi sur cette terre le modèle du bien contre le mal.
Dans toutes les tarditions religieuses ou non, la violence est une tension naturelle et nécessaire : le yin et le yang. Elle est la preuve même du libre arbitre : la reconnaissance ou la désobéissance envers le créateur, l’autorité. Contrôler son ego, se contrôler, se retenir, requiert une certaine maîtrise de soi, qui implique une forme de violence : lutter contre son avidité et sa cupidité, qui ne sont que des désirs naturels, implique de lutter contre soi-même. De même que, laisser libre court à ses passions, peut provoquer une certaine violence, si celles-ci ne sont pas régulées, encadrées, délimitées, dans le respect des autres. D’où l’adage « la liberté s’arrête là où commence celle des autres ».
En effet, la violence paraît inhérente à l’Homme, constitutive même de sa nature, tout comme la notion de bien et de mal. Mais comme le remarque François Jullien 4, celle-ci fait l’objet d’un jugement, qui est l’exclusion. Je dirais même, l’exclusion de nous-même en quelque sorte : occulter notre propre violence et la projeter sur l’Autre. Ce que le monde animal ne distingue pas par ailleurs, certainement par défaut de conscience, et mu par la logique de la chaîne alimentaire et de sa nature prédéterminée : herbivore, carnivore, etc. Il n’accusera pas l’autre d’être violent, car c’est la loi de la survie, de la nature.
La violence peut être appréhendée sous deux aspects chez l’Homme : légitime et illégitime, qui induisent le respect ou le non-respect de la loi. Ce qu’on ne dit pas ou ce qu’on oublie, c’est que la loi a été élaborée à travers les âges, les traditions, les coutumes, les religions, autant de traces vivantes des siècles passés ; en somme, incluse dans un processus historique, et écrite ou déterminée par les plus forts. Et c’est ce qui caractérise l’Homme des autres espèces. Comme le soulignait si bien Pierre Bourdieu 5 : « Ainsi, le seul fondement possible de la loi est à chercher dans l’histoire qui, précisément, anéantit toute espèce de fondement. Au principe de la loi, il n’y a rien d’autre que l’arbitraire (au double sens), la « vérité de l’usurpation », la violence sans justification. L’amnésie de la genèse, qui naît de l’accoutumance à la coutume, dissimule ce qui s’énonce dans la brutale tautologie : « la loi, c’est la loi, et rien davantage ». Qui voudra « en examiner le motif », la raison d’être, et la sonder « jusque dans sa source », c’est-à-dire la fonder en remontant jusqu’au premier commencement, ne découvrira jamais autre chose que cette sorte de principe de déraison suffisante. »
Quoiqu’il en soit, la violence est souvent la conséquence d’une injustice. Selon Michel Wierviorka 6, elle peut-être aussi la manifestation d’une fêlure, voire d’une fracture du sujet, dans les moments où le sens se dérobe, se distord ou s’emballe.
Elle permet aussi la dissuasion, l’équilibre des forces 7, comme lorsque le bloc soviétique et le bloc occidental se faisaient face, pendant la guerre froide.
La violence a été représentée, symbolisée dans toutes les civilisations, renvoyant l’autre aux marges de l’Humanité : le barbare sans foi ni loi. Elle n’était pas encore analysée comme de nos jours de manière sociologique, politique, historique, etc. Elle était perçue comme l’essence même de l’autre. Tout comme les observateurs musulmans de l’époque des croisades qui percevaient les croisés chrétiens comme des Franj (Francs) 8, des infidèles qui pillèrent et massacrèrent en Terre Sainte (Jérusalem) au nom du Christ durant deux siècles ; les chrétiens de la même manière, voyaient en l’Islam un ennemi héréditaire, qui avait conquis l’Espagne, la Sicile et était arrivé jusqu’à Poitiers. Mais cette incursion hégémonique de l’Occident, du XVIIIème jusqu’à nos jours, marquait le début d’une longue période de dépendance du monde musulman ou non-musulman 9 : colonisation, pseudo-indépendances, françafrique, tiers-monde ou pays en voie de développement, le tout sous couvert de dette, et de corruption, de despotisme, etc.
Mais alors, pourquoi cette persistance dans la représentation de la violence arabo-musulmane, comme étant l’incarnation même de la « violence barbare » ; contrairement à celle occidentale qui resterait néanmoins __ malgré la traite négrière, l’esclavage, la colonisation, la déportation, l’holocauste, le libéralisme sauvage__ une violence « intellectualisée » ? En somme, une violence « civilisée », « légale légitime », « reconnue », « pensée », « contrôlée », « étudiée », voire « nécessaire », renvoyant à une violence « barbare », « illégitime », « illégale », « irrationnelle ».
Edward Saïd 10 est de ceux qui auront donné une esquisse historiographique et analytique du discours et de la construction des représentations qu’a « l’Occident » sur « l’Orient », et qui ont réussi à démontrer que « l’Orient » n’existe que de manière à exorciser les craintes, les délires de puissance, et d’impérialisme de cet « Occident ».
Déjà, à l’époque coloniale, fut élaborée une théorie sur la nature violente de l’Algérien, tel que l’écrivait Frantz Fanon 11 : « Parmi les carctéristiques du peuple algérien telles que le colonialisme les avait établies nous retiendrons sa criminalité effarante. Avant 1954, les magistrats, les policiers, les avocats, les journalistes, les médecins légistes convenaient de façon unanime que la criminalité de l’algérien faisait problème. L’Algérien, affirmait-on, est un criminel-né. Une théorie fut élaborée, des preuves scientifiques apportées. Cette théorie fut l’objet pendant plus de 20 ans d’un enseignement universitaire. Des Algériens étudiants en médecine reçurent cet enseignement et petit à petit, imperceptiblement, après s’être accomodés du colonialisme, les élites s’accomodèrent des tares naturelles du peuple algérien. Fénéants-nés, menteurs-nés, voleurs-nés, criminels-nés. »
Et comme l’écrit si bien Vivianne Forrester 12 : « Au nom de leur suprématie, avec un sens inné de l’arrogance et la certitude d’une supériorité foncière justifiant leur prépotence universelle, les Occidentaux se sont donné le droit de décréter, sans états d’âme et telle une évidence, la non-importance du nombre de vivants estimés encombrants et la nullité infra-humaine de populations entières, voire leur nocivité présumée. Dès lors, spolier, opprimer, persécuter, assassiner sans limite ces masses allogènes considérées importunes et souvent funestes, devenait recevable, même nécessaire ou mieux : éxigé. (...) Y eut-il le moindre effet de scandale lorsque, les Indiens d’Amérique liquidés, les Etats-Unis déversèrent sur leurs terres ainsi débarrassées d’eux, une population noire capturée en Afrique et lui confère un statut d’esclaves ? Même une fois l’esclavage aboli, on a vu pendant plus d’un siècle encore ces Noirs légalement traités en sous-hommes, persecutés comme tels, exclus et méprisés avec énergie dans le pays le plus moderne, défini comme le plus démocrate du monde. Quant à la question coloniale, qui regardait l’Europe jusqu’à la moitié du XXème siècle, elle ne fut pas même, ou si rarement, considérée comme une « question ». (...) Inaperçus, ces scandales étaient acceptés sans la moindre vergogne par un Occident décidément bien rodé, préparé à ne pas s’indigner ni même s’étonner outre mesure des crimes nazis et moins encore y réagir ! Le principe, le germe en était familier : les permissivités officielles du mépris, le concept d’une sous-humanité. Le refus du respect. »
Ce que l’Occident aura le mieux réussi, c’est de retourner cette image de violence contre ceux qu’il avait opprimé, humilié. Aujourd’hui encore, en son sein, il persiste à dire que le problème vient de ses minorités. Ces mêmes minorités qui l’ont aidé à se battre contre son propre cancer hégémonique (le nazisme), à se reconstruire dès l’après-guerre mondiale (l’immigration), sans jamais reconnaître ses erreurs. Repentance ? Comment l’Occident pourrait-il se repentir, emporté lui-même par cette machine infernale libérale, prisonnier du commerce mondial, pris à son propre jeu : encore plus de dépendance énergétique, économique. Jouant au gendarme-pyromane, annonçant de libérer des peuples, au nom de la démocratie et de la justice, alors qu’il n’apporte avec lui qu’une forme néo-coloniale, avec son lot de drames, de souffrances, de morts. Risquant de détruire la planète 13. Le plus contradictoire, est le fait que ce même Occident trahi ces principes auxquels il fait référence, comme lorsqu’on exhibe un passe-droit : Liberté, Egalité, Fraternité, droit de l’Homme ; alors, que ne prévaut à son avantage que la loi du plus fort, et la partialité la plus totale, deux poids deux mesures. Et qu’en son sein, des minorités peinent à être reconnues, à être élevées à l’autel démocratique, à cause d’un déficit d’intégration nous dit-on, de culture incompatible, de communautarisme suspect, alors que ceux-ci sont relégués malgré eux en marge de la société. N’est-il pas bon que ces nouveaux français soient représentés démocratiquement, et qu’ils ne soient pas écartés ou sinon cooptés. Serait-ce une résurgence des pratiques coloniales ? Tout comme ces dictateurs soutenus par un occident complice. Ne doit-on pas montré au monde que les minorités peuvent acceder au rêve démocratique, de peur que cela provoque des révolutions, que le modèle s’exporte réellement. Si tous les peuples sont représentés par des gens qui défendent réellement leurs intérêts, n’est-ce pas là le plus beau des idéaux ? Mais qui souhaite sincèrement cela ?
Quand les immigrés de confession musulmane sont arrivés, ils n’étaient que de la main-d’oeuvre servile, maléable et corvéable à merci. Leurs enfants, eurent la nationalité française, mais ils ne sont pas encore totalement reconnus comme tels, parce que suspectés de part leur religion et leur culture, d’infiltration, d’islamisation, de communautarisme. Violence vécue tous les jours par ces populations, marquées au fer rouge. Quand on est d’origine africaine, on ne peut le cacher. Même si l’on ressemble à un blanc, reste le nom et le prénom.
Pourquoi alors s’étonner d’un repli identitaire, d’une ré-islamisation ? On leur a promis la liberté, l’égalité, et la fraternité, et en retour, ils n’ont eu que vexation, relégation, exclusion, stigmatisation, suspicion.
Certes, l’occidentalisation est irréversible. Elle a touché le monde entier. Les moeurs, les modes de vie en ont été influencé : bien matériel, richesse, apareils, engins, gadgets, vêtements, etc. Mais l’erreur que fait l’Occident, c’est d’avoir ériger ses propres créations en finalité, en but à atteindre. Alors que la bonne direction est bien le droit et l’égalité des Hommes.
Si l’Islam a marqué et marque aujourd’hui encore plus profondément des milliers, des millions d’individus, c’est parce qu’il a comme principe fondamental : « Nul ne sera croyant tant qu’il ne souhaitera pour son frère, ce qu’il souhaite pour lui-même ».
L’Occident à beaucoup à apprendre des autres, mais tant qu’il ne s’ouvrira pas, il connaîtra alors le même sort que toutes les civilisations antérieures : son déclin.
Tant que ses actes ne seront dictés que par des intentions coupables, alors l’Humanité ira à sa perte, et se détruira par l’effet de sa propre violence. Aujourd’hui, toute violence est inacceptable, fut-elle justifiée par des valeurs démocratiques, surtout si les conséquences n’en sont pas calculées. Les irakiens le disent : « La situation en Irak est devenue pire que sous Saddam. Et quitte à être dominé, humilié, autant l’être par l’un des nôtres. »
Assemi Djamel
1_Laurent Mucchielli, ’’Le scandale des « tournantes » : dérives médiatiques, contre-enquête sociologique’’, éditions La Découverte. 2_ Anne-Marie Delcambre, ’’L’islam des interdits’’, éditions Desclée de Brouwer. 3_Thomas Deltombe, ’’L’islam imaginaire’’ : La construction médiatique de l’islamphobie en France, 1975-2005, éditions La Découverte. 4_ François Jullien, ’’Du mal/Du négatif’’, Essais, éditions Points. 5_ Pierre Bourdieu, ’’Méditations Pascaliennes’’, Essais, éditions Points. 6_ Michel Wierviorka, ’’La violence’’, éditions Hachette Littératures. 7_ Jean-Baptiste Duroselle, ‘’Histoire diplomatique de 1919 à nos jours’’, Paris, Dalloz, 1990. 8_ Amin Maalouf, ’’Les croisades vues par les Arabes’’, Livre de Poche. 9_ Ibn Khaldun, Malek Bennabi. 10_ Edward Saïd, ’’L’Orientalisme : L’Orient crée par l’Occident’’, édition Seuil. 11_ Frantz fanon, ’’Les damnés de la terre’’, éditions La découverte. 12_ Vivianne Forrester, ’’Le crime occidental’’, aux éditions Fayard. 13_ Hervé Kempf, ’’Comment les riches détruisent la planète’’, éditions Seuil.
La repentance ?
Oui les anciennes puissances coloniales doivent reconnaitre les massacres passés et le fait d’avoir détruit les sociétés qui si elles n’avaient pas connu encore la modernité, permettaient aux autochtones de vivre en harmonie avec leur culture. Cette modernité imposée de l’éxtérieur par la force a provoqué des ravages sur l’âme des peuples ainsi soumis ? Mais pourquoi ne parle-t-on jamais de la repentance que doivent TOUS les gouvernements post-indépendance à leurs citoyens Je parle en tant qu’algérien(mais pour les marocains, tunisiens, congolais etc...la situation n’est pas différente° Cette exigence de repentance est utilisés par des pouvoirs autoritaires ou dictatoriaux dans le monde arabe pour se légitimer Avant d’exiger de la France(et non pas du système colonial !)des excuses, les gouvernants de ces pays devraient commencer par respecter leurs peuples Leur exigence n’en aurait que plus de poids. Pour ma part j’ai beaucoup de mal à voir la différence entre la dictature FLN+armée qui a pris le pouvoir en 1962 en algérie et le système colonial qui l’a précédée
Il y a pourtant un féminisme musulman qui n’est pas celui des féministes laiques occidentalisées dont l’impact sur le monde musulman est nulle.
Le statut des femmes dans le monde musulman a, ces dernières années, fait l’objet de multiples études et controverses, déchaînant les passions, exacerbant les fantasmes, créant des stéréotypes souvent déconnectés d’une réalité bien plus complexe. Néanmoins, le discours et le mouvement émergeant, que l’on nomme « féminisme musulman », sont bien moins connus et débattus.
Il ya des les travaux d’un nombre de plus en plus grand de femmes musulmanes (Américaines, Pakistanaises, Indiennes, Françaises, Espagnoles, Nigérianes…) et leur implication dans la transformation de leur société, en particulier dans la lutte contre le patriarcat et toutes les inégalités de genre, à partir de leurs références musulmanes, mais aussi comme partie du mouvement mondial pour les droits des femmes.
A travers le monde entier, ces intellectuelles et militantes cherchent et élaborent des outils de réflexion et des méthodes d’action pour lutter contre les inégalités dans leurs sociétés. Les stratégies et les priorités peuvent varier, mais toutes placent l’éducation au cœur du processus d’autonomisation des femmes. Les féministes musulmanes interrogent la question du statut des femmes dans les sociétés musulmanes et offrent une approche alternative des droits des femmes dans l’islam à partir d’un retour aux sources, d’une relecture et d’une réinterprétation des textes sacrés.
Mahmoud Abbas s’inscrit dans la lignée des chefs d’états arabes qui ont mené leur pays à leur perte. Mahmoud Abbas est l’allié des américains et l’allié objectif d’Israël qui l’instrumentalise au détriment de la dynamique nationale palestinienne. Mahmoud Abbas est à sa manière dun petit "éradicateur" qui a refusé le verdict des urnes et n’ jamais dirigé la victoire de Hamas acquise démocratiquement. Rien de nouveau, oui en effet Abbas est un petit "pinochet arabe".
N’oublions pas tout de même que Mahmoud Abbas, s’il torture effectivement moins que les généraux algériens (encore qu’il y aurait beaucoup à dire sur les pratiques de la milice dirigée à Gaza par son représentant personnel Dahlan), partage avec eux un penchant essentiel : celui de refuser le verdict des urnes. Lui aussi n’a pas hésité à solliciter – contre les intérêts de son propre camp - l’aide de la communauté internationale (ici, celle des Israéliens et des Américains) pour mettre à mal la majorité parlementaire qui lui était hostile. Si cela n’est pas l’une des caractéristiques essentielles des « Pinochets arabes » cela y ressemble fort.
J’avoue ne pas comprendre pourquoi Abbas est un "pinochet arabe" ! Le comparer avec Ben Ali me semble relever du pur et simple amalgame plus que de l’analyse politique. Il a bien été élu démocratiquement non ? Qui a-t-il torturé Quels journalistes sont en prison ? Où sont ses victimes ? Qu’il y ait des luttes entyre les factions c’est un fait, il n’y a pas un gentil et un méchant. Ce n’est pas parce qu’il est modéré qu’il est un "traître". Il est aussi nationaliste que les autres et il l’a prouvé. Monsieur Burgat, vous m’avez habitué a plus de recul d’habitude ...
Il faudrait envoyer ce texte à Nicolas Sarkozy ou à un de ces conseillers. Mais Nicolas Sarkozy qui a comme amis des intellectuels aussi brillants que Faudel, Richard Virenque , Johnny Halliday ou l’animateur Steevy Boulet, risque d’avoir quelques problèmes de compréhension. Ce texte si convaincant, s’adresse plutôt à des lecteurs politisés, et doués d’esprit critique, tout ce que n’ ont pas Sarkozy et sa petite bande de copains nouveaux intellos de la France sarkozienne.
Je suis en accord total avec votre brillant papier. Malheureusement la société française se droitise. Le besoin d’ordre et de sécurité est énorme, et les politiques dont Sarkozy surfe sans états d’âme sur la vague sécuritaire. Et souvent dans ces cas là, ce sont les plus faibles ( souvent les minorités) qui subiront le contrecoup de cette politique sécuritaire.
Vous ne pouvez nier la persistance d’un système neo patriarcale au sud, et même dans nos banlieues. Les filles en effet doivent accéder à des responsabilités qui sont autant de gages d’intégration et de libération. Je ne vous comprends pas M. Burgat, votre texte fait l’impasse sur l’essentiel et se contente d’ une analyse des rapports nord-sud qui n’ont rien à voir avec la question féminine.
Les pinochets arabes comme vous les appelez, risquent non seulement de perdurer mais également de se reproduire. Les dirigeants arabes lèguent toute honte bue le pouvoir à leur enfants "République" ou "monarchie" même combat. On a vu le cas de la famille Assad, mais aussi celui de Mohammed VI, et bientôt papa Moubarak qui va passer le relais au filston , en attendant de voir le rigolo de Kadafi passait le pouvoir au jetseteur de son fils, là voilà l’évolution politique démocratique dans le monde arabe à laquelle l’occident tient tant.
Merci François Burgat pour ces vérités si bien rédigées. Je crains hélàs que l’autisme des élites en France ne puissent comprendre votre analyse si subtile.
Vous êtes certes un spécialiste reconnu de l’islamisme François Burgat, mais précisons ceci :
" Non, la conquête de l’Algérie ne fut pas un génocide, les chiffres invoqués n’étant que des hypothèses peu fiables. Non, le crime de guerre et le massacre n’ont pas été inventés aux colonies : ils n’ont pas attendu si longtemps. Non, l’Afrique du Nord n’a pas été une vache à lait, car l’apport de ses ressources est toujours resté secondaire et le solde des échanges souvent négatif pour la métropole. Non, la France n’a jamais invité les ouvriers algériens à émigrer en masse pour les rejeter ensuite. Non, ils n’ont pas été plus mal accueillis que les autres immigrés. Non, il n’y a pas eu d’islamophobie dominante en France."
"Bienvenue en revanche aux … femmes des hommes potentiellement barbus, et à elles seulement. Sans même nous montrer trop exigeant sur leur talent, nous sommes même prêts à leur confier des responsabilités gouvernementales… faites spécialement à leur mesure : c’est à elles qu’il revient désormais de nous protéger contre cette menace partagée que représentent, pour elles comme pour nous, leurs pères, leurs maris et leurs frères ! "
A qui faites-vous allusion M. Burgat. On devine aisément, mais je me rejouis pour ma part de l’arrivée de ces femmes qui nous épaterot tous et toutes.
Je ne pense que Nicolas Sarkozy adoptera une attitude neo conservateur au cours de son mandat. Il faut distinguer les propos de campagne (proche de la réthorique d’extrême droite) de l’action présidentielle qui sera certianement consensuelle. C’est pourqoui même si le constat de François Burgat est juste, je pense au contraire que le réalisme de Sarkozy fera merveille à nouveau en politique étrangère.
Réflexion intéressante qui offre une alternative au discours ambiant de ceux qui attisent les antagonismes tout en se prévalant des meilleurs intentions.
