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La sexualité au cœur de l’islamophobie (2/2)
jeudi 2 octobre 2008 - par Eric Vandorpe
DEUXIEME PARTIE : L’AFFAIRE DU MARIAGE ANNULE ET SES MOBILES REELS Les reproches de transgression de l’égalité sexuelle et de la laïcité, formulés par les élites françaises dans cette affaire, sont légitimes. Mais ils s’adressent à un jugement qui n’a jamais eu lieu. Ce fait divers n’a été que le prétexte à la construction d’un délire social. Un délire avec un jugement imaginaire, qui aurait fait de « la virginité des femmes avant le mariage une qualité essentielle » et la « norme du mariage républicain »[1]. Avec un mari imaginaire, un « barbare » qui se serait accordé une licence sexuelle avant le mariage mais se serait senti humilié de ne pouvoir offrir en trophée de sa conquête le fameux drap souillé. Avec des ennemis imaginaires, des musulmans qui « utilis[ent] la démocratie pour parvenir au pouvoir dans le but ensuite de la détruire » et appartiennent à « la grande ligue des obscurantistes de toutes obédiences », à « l’internationale des cagots » pour lesquels l’annulation du mariage lillois aurait été célébré comme une « victoire », « un jour faste »[2]. Un délire est toujours, nous dit Freud, la construction d’une néoréalité. Mais pas n’importe laquelle : une réalité imaginaire qui se substitue à une partie de la réalité considérée comme insupportable, trop angoissante, et de fait déniée. Dans l’histoire de ce mariage annulé, quelque chose n’a pas été supportée. Au point que, de la réalité du jugement et de la réalité des faits, on a préféré ne rien savoir ou faire comme si on ne savait rien. Et inventé une histoire, un scandale. Les psychanalystes - notamment lacaniens - affirment que le moment déclenchant d’un délire est toujours riche d’enseignement. Plus précisément, ce seraient les signifiants impliqués dans ce moment originaire qui auraient beaucoup à nous dire. Dans notre affaire, tout a commencé par un article révélant et commentant une décision de justice dans une revue juridique. Dans ce texte, trois signifiants, trois termes lus, ont en effet suffi à susciter une décharge émotionnelle incontrôlable : « virginité », « qualité essentielle », « musulmans ». Or un délire conserve toujours quelque chose de la part déniée de la réalité, dont il vient colmater la béance. Il faut donc s’interroger : que peut nous apprendre les deux éléments constitutifs de notre délire social : la violation de l’égalité des sexes et de la laïcité ? DERRIERE L’EGALITE DES SEXES, LE DENI DE LA DIFFERENCE SEXUELLE L’examen de l’argument de l’égalité des femmes nous a permis de mettre en évidence son mobile réel : le déni de la différence des sexes. Ce déni explique cette obstination à vouloir établir dans le domaine du droit une symétrie entre les sexes là où la nature a créé une dissymétrie. Au point de prôner une loi interdisant la mention de la virginité, qui, dans l’imaginaire collectif concerne exclusivement l’état d’une femme. Si ce seul mot a pu être jugé en soi « obscène », c’est parce qu’il symbolise une différence des sexes dont nos sociétés modernes ne veulent plus rien savoir. C’est pourquoi également, dans cette affaire, la confession des époux a eu un rôle décisif. Si de l’Islam on ne veut rien savoir, c’est parce que cette religion s’obstine à maintenir un ordre symbolique où la fonction de chaque sexe est distincte. Une philosophe, condamnant à son tour le jugement lillois, avoue ce qui fondamentalement lui a posé problème : l’opposition « désormais » entre « nos démocraties contemporaines » prônant « égalité des sexes et liberté des femmes » et les « dynamiques dites culturelles ou religieuses, obsédées par la séparation des sexes (ne pas être semblables, ne pas se mélanger) et la hiérarchie »[3]. L’égalité des sexes, évidement souhaitable sur le terrain du droit, est ainsi devenue prétexte au déni de la différence sexuelle, pourtant irréductible sur les terrains de la biologie et de la psychologie. DERRIERE LA LAÏCITE, LE REJET DE LA LOI SYMBOLIQUE L’imaginaire transgression de la laïcité dans cette affaire nous indique également un des motifs réels de l’indignation. Ce qui a paru insupportable, c’est que le pouvoir judiciaire dans ce jugement soit en adéquation avec – et non pas cautionne ! - un interdit moral traditionnellement porté par les religions. Et par n’importe lequel : l’interdit des relations sexuelles hors mariage. Un tel interdit est devenu aujourd’hui, pour les élites françaises, inconcevable, inimaginable. Pourquoi ? Parce que nos sociétés modernes, libérales, prônent désormais une « jouissance sans limites », où plus aucune contrainte, plus aucun interdit, ni religieux ni d’aucune idéologie, ne doit venir contrarier les désirs singuliers. C’est ce que le psychanalyste Charles Melman appelle la « nouvelle économie psychique », dont l’un des traits est qu’elle commande de « jouir à tout prix »[4] : « ce qui nous est offert aujourd’hui, c’est d’éprouver des jouissances diverses, d’explorer toutes les situations. C’est ça le vrai libéralisme, le libéralisme psychique ! »[5]. L’Islam ne dit pourtant pas que les relations sexuelles sont un mal. Plus encore, il ne nous dit nullement que sa seule légitimité est de procréer. Il reconnaît donc le plaisir sexuel comme une fin en soi. Oui mais voilà, il énonce que la jouissance sexuelle n’est possible que dans des limites définies, celles de l’union conjugale ! Or cette articulation symbolique du désir et de la l’interdit est devenue, dans nos sociétés libérales, inaudible. Pourtant, sur le plan psychique, il ne peut exister de désir sans interdit : ce sont les deux faces d’une même pièce. Si on évacue l’un, l’autre disparaît. De fait le désir authentique aujourd’hui disparaît, il se dégrade de plus en plus en une jouissance effrénée, dérégulée, qui finit par générer de l’insatisfaction. Ces êtres paradoxalement insatisfaits, que Melman nomme « l’homme libéral », ce « sujet nouveau… sans gravité »[6], les « psy » les rencontrent désormais au quotidien dans leur pratique. L’Islam n’est pourtant pas le seul système symbolique fixant des limites à la jouissance sexuelle. C’est également le cas de toutes les traditions spirituelles. Les mêmes interdits sexuels que ceux prônés par l’Islam restent d’actualité, du moins sur le plan doctrinal, dans le christianisme et le judaïsme. Mais le libéralisme psychique ayant désormais investi ces traditions religieuses, ces interdits ont perdu, pour beaucoup de pratiquants, leur portée signifiante, leur impact symbolique. Ils sont de fait de moins en moins observés. On constate d’ailleurs que le succès du bouddhisme en Occident est lié au fait qu’il est perçu comme une religion sans lois, sans interdits. Mais ce bouddhisme occidentalisé, libéralisé, n’est pas le véritable bouddhisme. L’Islam lui pose problème car il résiste, pour le moment, et pour des raisons historiques, à cette libéralisation. Peut-être plus pour longtemps ? Mais qu’on ne se méprenne pas. Le problème n’est pas que des croyants ne respectent plus les commandements de leur religion ! Le problème est tout autre : c’est qu’ils ne se posent même plus la question de savoir s’ils souhaitent les respecter ou non. La question ne fait plus sens. Ces injonctions et ces interdits ne sont plus des références symboliques, par rapport auxquelles on se positionne, fût ce pour les transgresser. On y est indifférent. C’est cela aussi une des caractéristiques du libéralisme psychique : il n’y a plus de maître à bord, c’est la mort du sujet. On ne décide plus de rien, on laisse ses émotions, ses instincts, et plus souvent l’information – aussi fluctuante soit-elle – décider à notre place de ce qui est bien ou mal, de ce qu’il faut penser ou faire. Cette position est très différente de celle du croyant qui décide de plein gré de s’affranchir, provisoirement ou durablement, de tel ou tel interdit religieux, pour une raison ou une autre. Si une telle transgression est certes religieusement condamnable, elle a le mérite, sur le plan psychologique, de maintenir le sujet dans une position active par rapport à ses actes. Il reste le pilote à bord, dût-il en payer le prix, ensuite, par ses remords. On retrouve par ailleurs aussi cette situation d’effacement du sujet chez des croyants qui respectent scrupuleusement les commandements de leur religion, mais sans savoir pourquoi. « C’est comme ça chez nous », se contentent-ils de dire. Cela aboutit parfois à des drames dans certaines familles, notamment musulmanes. Lorsque les commandements religieux perdent leur signification, ils se dégradent en des coutumes absurdes ou en des interdits vécus comme de pures contraintes, parce que leur raison d’être a été oubliée. Ainsi lorsque l’idéal de l’abstinence sexuelle avant le mariage – valant pour les deux sexes - perd de sa signifiance, il se transforme en une injonction à la virginité pesant exclusivement sur les filles, pendant que les garçons sont tacitement autorisés à vivre toutes les expériences, tant que ça ne se voit pas et ne se sait pas. Dès lors, au lieu que l’abstinence sexuelle soit un moyen pour la maîtrise de la pulsion sexuelle, elle se met au contraire au service d’une autre pulsion, scopique : on demande aux filles de rester vierges, pour que toute la famille puisse paraître, faire bonne figure, être reconnue le jour des noces comme une famille honorable, qui a bien éduqué ses enfants. L’essentiel, c’est ce qui se voit ! Voilà comment un commandement divin, même respecté, peut être détourné de sa finalité originaire. Car attester qu’ « il n’est d’autre dieu que Dieu », c’est affirmer son indépendance par rapport au regard de l’autre, aux apparences sociales, c’est se libérer du m’as-tu vu social. Mais là, on fait de l’Islam un agent de la mentalité consumériste, matérialiste, des sociétés modernes. Aucune religion désormais n’y échappe ! On comprend dès lors que certaines jeunes filles et femmes s’affranchissent d’un interdit qu’elles ne sont plus en mesure de comprendre, et qui est devenu injuste et absurde. Alors certes, il va de soi que le pouvoir judiciaire ne tire aujourd’hui plus sa légitimité de l’autorité spirituelle. Cette indépendance n’a pas à être remise en cause et ne l’a pas été dans l’affaire du mariage annulé. Mais on voudrait que désormais, ce pouvoir, non content d’être indépendant, devienne une force d’opposition à la religion. On voudrait créer des lois d’exception pour éjecter de la visibilité publique tout se qui viendrait contrarier la volonté de jouir sans fins, et toute personne qui, par son attitude, ses valeurs ou son apparence vestimentaire, ne s’inscrit pas dans cette nouvelle économie psychique. On a ainsi il y a quelques années créé une loi antivoile et aujourd’hui on voudrait créer une loi anti-annulation-de-mariage-pour-cause-de-non-virginité. Ceci aboutit à des contradictions logiques : au nom de l’égalité des sexes, on interdit à des filles d’aller à l’école, à des femmes de travailler, on les condamne à la réclusion au prétexte de les libérer ! On ne veut surtout pas savoir qu’elles portent majoritairement ce voile de plein gré. On préfère s’imaginer qu’elles sont soumises, bafouées, battues. Elles dérangent, car on voit bien au fond qu’elles sont libres : désireuses d’étudier, de travailler, de s’émanciper. Oui mais voilà, ce fichu voile indique qu’elles souhaitent inscrire ce désir dans des limites. Bref, elles contrarient l’idéal de l’homme libéral, un sujet réduit à un consommateur, un jouisseur sans limites, dans quelque domaine que ce soit. Il n’y a dans nos sociétés matérialistes plus qu’un seul impératif catégorique qui tienne : « jouis ! ». L’ISLAMOPHOBIE, UNE MODALLITE DE LA PSYCHOSE SOCIALE CONTEMPORAINE Ce n’est pas par hasard si le déni de la différence des sexes et le rejet de la loi symbolique sont au fondement du petit délire social suscité par ce fait divers de mariage annulé. C’est que ces mécanismes psychiques sont les organisateurs structuraux de tout délire. Ils appartiennent à une même économie psychique, celle de la psychose. On doit au psychanalyste Jacques Lacan d’avoir isolé le mécanisme fondateur de toute psychose : la « forclusion du Nom-du-Père »[7], autrement dit le rejet de la fonction paternelle. C’est que pour le petit d’homme, le père est à la fois le premier représentant de la loi symbolique – en tant qu’il énonce l’interdit de l’inceste – et celui qui permet d’accéder à la reconnaissance de la différence des sexes. En se référant, dans sa parole, au père, la mère permet à l’enfant de comprendre qu’il y a entre elle et lui un "intrus", un tiers séparateur, le père. Lorsque, dans une famille, l’autorité paternelle disparaît, soit parce que le père est réellement absent, soit parce qu’il n’est plus représenté dans le discours de la mère, l’enfant reste arrimé à une relation, duelle, fusionnelle, avec la mère. Il devient alors l’objet tout puissant de sa mère, pour qui il est l’enfant-roi, qui ne lui refuse rien, car ne désirant pas ou plus le père, elle est toute entière à l’enfant. Et il deviendra plus tard un psychotique, pour lequel tout sera possible, rien ne sera interdit, mais qui décompensera lorsqu’il rencontrera une figure paternelle, quelque chose qui viendra instaurer une contrainte à son désir. Le libéralisme psychique au fondement des sociétés de consommation modernes ne veut plus aucune limite à la liberté, à la volonté de jouir. On récuse l’autorité du père dans les familles, l’autorité du maître à l’école, et lorsqu’on est croyant, l’autorité spirituelle. L’autorité de l’homme - ou de la femme - politique est sous contrôle. Il doit être « au service » du peuple, si bien qu’il ne peut plus se passer de conseiller en communication ; il devient un « people », une image destinée à séduire. Il ne doit plus avoir de programme, d’idéologie, être un simple gestionnaire. Cette nouvelle économie psychique instaure de fait une « psychose sociale »[8], dont l’islamophobie n’est au fond qu’un des multiples visages. C’est pourquoi on délire autant sur l’Islam. C’est aussi pourquoi l’islamophobie en France n’est jamais aussi forte que lorsque quelque chose – souvent un fait divers – de la conception islamique de la sexualité est appelée au devant de la scène. Aujourd’hui un mariage annulé, hier des élèves se présentant voilées à l’école. A chaque fois le même déni de la réalité surgit. On travestit les faits, on les exagère. On s’invente des ennemis imaginaires : des groupes islamistes cachés qui manipulent en secret et complotent contre la République. Comme l’affaire du mariage annulé, le rapport de la Commission Stasi en 2003 - qui a débouché sur la loi antivoile - est un très bel exemple de ce déni. En effet, au terme de dizaines d’auditions échelonnées sur six mois, une commission de « sages », comprenant nombre d’intellectuels et universitaires, publie un rapport[9] où se retrouvent tous les amalgames et préjugés populaires sur l’Islam, une exagération flagrante des « problèmes » que posent les filles voilées à l’école. Sans aucune donnée chiffrée. Et surtout sans avoir auditionné les principales intéressées ! Et pour colmater le trou laissé par la réalité éjectée, on s’invente des histoires. On invite sur les plateaux une iranienne ou une sénégalaise pour parler en lieu et place des musulmanes de France. On crée des mythes : le mythe de la virginité des femmes au moment du mariage, le mythe de la femme adultère lapidée, le mythe des filles excisées, le mythe de la femme voilée soumise. Autant d’absurdités imputées à l’Islam. Il y a, dans toutes ces affaires, une volonté manifeste de ne rien savoir de l’islam – surtout de sa sexualité - et de la réalité vécue des musulmans. Y compris lorsqu’on est un « sage » ou un professionnel de l’information ou un représentant politique. Les mythes forgés sur l’Islam servent à la conscience islamophobe d’anxiolytique pour calmer l’angoisse provoquée par la rencontre avec la réalité de l’Islam. Ceux qui se sont exprimés dans la presse pour s’indigner du mariage annulé de Lille ont souvent évoqué la vive émotion - l’angoisse – qu’ils avaient d’abord ressenti en apprenant la nouvelle ; l’égalité des sexes ou la laïcité ont alors servi, dans un second temps, de bouée de secours pour exprimer l’indicible initial. De même, avant le vote de la loi antivoile, des professeurs avaient expliqué combien la « vue » d’élèves voilées dans leur classe était pour eux « insupportable ». Et voilà comment les idéaux républicains servent d’anxiolytiques contre des angoisses liées à la sexualité. Voilà aussi comment on en vient à prôner – et parfois on crée - des lois d’exception comme pare-excitation, pour empêcher le surgissement d’angoisse, en évacuant de la vue l’objet anxiogène. On veut aujourd’hui que la loi interdise à un homme - induit en erreur sur le rapport à la sexualité de son épouse - d’annuler son mariage, pour la même raison qu’on cherche à évacuer de la visibilité publique les femmes voilées. Le « cachez ce sein que je ne saurais voir » du névrosé d’autrefois est devenu un « ôtez ce voile qui m’empêche de voir » de la psychose sociale d’aujourd’hui. Dans les deux cas, une même angoisse liée à la différence des sexes. Sauf que l’angoisse a changé de nature. Autrefois, intériorisée dans des conflits intrapsychiques individuels, elle s’extériorise aujourd’hui dans un délire collectif, islamophobe. C’est que la société, autrefois malade d’un sexe trop présent - obsédant - à force d’être trop caché, est aujourd’hui malade d’un sexe trop absent - en tant que différence sexuelle - à force d’être trop visible. Car c’est cela aussi la maladie de l’homme libéral : le culte de l’apparence, l’idolâtrie du tout voir, tout montrer. Les « magazines people » dévoilent la vie privée des stars, et l’anonyme vient dévoiler son « secret » ou son intimité sur les plateaux de la « télé-réalité », dans le seul but de devenir, lui aussi, « une star ». Il y a quelques décennies, on ne jouissait pas assez parce que la loi morale refoulait le désir. Aujourd’hui, c’est l’inverse, on jouit trop parce que le désir éjecte la loi. Mais dans les deux cas, c’est kif kif, pareil : c’est le désir réel qui est manqué ! Le désir ne peut s’épanouir qu’en s’articulant autour d’une loi. Comme le serpent ne peut monter qu’en s’enroulant autour d’un tronc. Encore faut-il que la loi soit "droite", valable pour Adam comme pour Eve. Et non qu’elle enferme Fatima à la maison, tandis que Mohamed festoie dehors. On ne peut cheminer que sur un « droit chemin », le « sirat al-mustaqim » du Coran. Alors, si la loi est "droite", le tronc lui aussi sera bien droit. Et le serpent du désir pourra monter, monter, monter. Jusqu’à la cime des arbres ou jusqu’au ciel ? Ah ça, c’est une autre question ! POUR CONCLURE Quels enseignements peut-on tirer de cette approche psychologique de l’islamophobie ? D’abord que le terme « islamophobie » est à la fois heureux et malheureux. Heureux car il pointe le fait que le rejet de l’Islam est un symptôme, celui d’une société récusant toute autre idéologie que l’économie de marché dérégulée et voulant tout uniformiser, y compris la sexualité. Mais malheureux car, de fait, le diagnostic n’est pas le bon : ce libéralisme psychique, qui veut jouir sans contrôle, relève d’un système psychotique, non du fonctionnement d’une phobie névrotique, pour laquelle la loi symbolique est toujours en place. Par ailleurs cette psychose est chronique. Elle s’aggrave même avec le temps, l’angoisse qui la fonde se réactivant dès qu’un fait divers ou un évènement politique vient la contrarier. Dès lors, comment réagir face à cette islamophobie croissante ? On peut certes préférer se taire, car on ne soigne pas un fou en lui démontrant le caractère déraisonné de son délire. Mais il n’est guère plus sage de rester indifférent à toutes les injustices humaines que génère cette "phobie" de l’Islam. Que fait-on de ces femmes qu’en toute incohérence logique et républicaine on exclut au moment où on les juge victimes de l’obscurantisme religieux et de l’oppression masculine ? Comment aide-t-on ces élèves et étudiantes qu’on renvoie des établissements scolaires pour leur apparence physique, alors qu’elle ne demandent qu’à s’instruire ? Ces citoyennes mères qui veulent participer aux conseils de classe et sorties scolaires de leurs enfants ? Ces jeunes femmes voilées qui aspirent à gagner leur autonomie matérielle et qu’on empêche de travailler ? Cette jeune nordiste qui aspirait à divorcer discrètement et qu’on a voulu publiquement maintenir mariée ? Et cette marocaine à qui on interdit de devenir française sous le prétexte que son refus des « valeurs essentielles de la communauté française, et notamment [du] principe de l’égalité des sexes » serait visible dans sa tenue par on ne sait quelle matérialisation de l’esprit ? La question reste ouverte. Mais une chose est sûre : ces femmes, que la République bafoue, souffrent. Matériellement, physiquement, moralement, psychologiquement. [1] Laurent Joffrin, déclaration sur France Info, citée dans Libération, 6 juin 2008. [2] Editorial de Laurent Joffrin, Libération, 31 mai -1er juin 2008. [3] Geneviève Fraisse, « Une démarche qui rouvre le dossier de l’inégalité des sexes », L’Humanité, 31 mai 2008. [4] Lire Charles Melman, L’Homme sans gravité. Jouir à tout prix, Paris, Denoël, 2002. [5] Id., p. 116. [6] Id., p. 117. [7] Lire Jacques Lacan, Séminaire III (1955-1956), Les psychoses, Paris, Seuil, 1981 et surtout « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » (décembre 1957-janvier 1958) in Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 531-583. [8] Charles Melman, « psychose sociale et zapping subjectif », id., p. 114 -122. [9] Commission de réflexion sur l’application du principe de laïcité dans la République, Rapport au Président de la République, 11 décembre 2003. Mots clésEric VandorpePsychologue clinicien, psychothérapeute Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article9 octobre 2008
Jacques a dit :
Mais enfin, pourquoi tous ces salam maleikoum (sous des graphies diverses) et venir pester en même temps contre le poids de l’Arabie Saoudite dans la détermination de la fin du ramadan en France ?
Salam maleikoum est un mot arabe,
en France, il y a un mot pour se saluer entre êtres humains, c’est bonjour !
6 octobre 2008
N.H. a dit :
Salam, pas besoin de sortir de "saint-Cyr" pour comprendre toutes "ces affaires étalées au grand jour " depuis le 11 septembre 2001 ! Et on n’en a pas encore fini car aprés les caricatures, la virginité,j’en passe , des mures et des pas vertes, un autre scandale risque d’enflammer une nouvelle fois le monde musulman avec la biographie de Aicha, femme du prophète(Salut et paix à son ame). le livre "le joyau de Médine" raconte l’histoire d’Aïcha, la très jeune épouse du prophète Mahomet. Si l’on en croit la présentation par l’éditeur, Aïcha "se sert de son intelligence, de son courage et de son épée pour défendre son statut de première épouse, alors que Mahomet ne cesse de se marier, prenant au total deux femmes et concubines". Il semblerait que"Le Joyau de Médine" cherche éditeur désespérément Le géant de l’édition américain Random House a renoncé à publier une interprétation très libre de la vie d’Aïcha, la troisième épouse du prophète Mahomet, de crainte qu’il choque une partie de la communauté musulmane. Un petit éditeur britannique est sur le point de se désister à son tour après avoir été menacé. source : Courrier International 6 octobre 2008
Al Mansour ne te réjouit pas trop vite, à voir la réaction dans certains forum, le simple fait qu’il y ait islamique derrière finance fait pêter un plomb a plus d’un ! Du fanatisme à l’état brut pourtant il me semble que l’introduction de la finance islamique est plutôt de nature à relancer la croissance économique de nombreux secteurs. Mais bon quand j’ai vu la france viré islamophobe au moment de la loi sur le voile, j’ai eu le sentiment de voir des fous prêt à se couper le bras... Alors se fier au bon sens de nos jours c’est comme croire au père noël 5 octobre 2008
al mansour a dit :
Les plus hautes instances juridiques occidentales pensent a itroduire le system economique de l’islam dans les finances de leur etats pour faire face a la catastrophe economique que ces etats vivent actuellement. Cette crise est l’enfant d’un system qui ne connait aucun regulation ,aucune limite dans les speculations et les jouissances qu’ils s’en procurent ,irrespectueux de toute nature humaine .
Faut il attendre a une catastrophe sociale pour que l’occident ouvre les eyeux sur les norme regulatrice sociales de l’islam ?
5 octobre 2008
Oumma.com-uk-fan a dit :
« Trois jeunes musulmans blessés au fusil à Ajaccio » titre Ouest France, Samedi 4 Octobre. « Trois hommes armés de fusil de chasse et se déplaçant en voiture ont ouvert le feu vendredi soir sur un groupe d’adolescents d’origine maghrébine qui fêtaient la fin du ramadan dans un quartier populaire d’Ajaccio. L’un des trois hommes, conducteur de la voiture, a été interpellé. Trois jeunes âgés de 16 à 18 ont été blessés, dont un gravement à la tête, les deux autres ont été atteints à la poitrine. Les parents d’une victime ont expliqué que leur enfant s’était arrêté sur le chemin du retour d’une mosquée pour saluer quelques copains qui jouaient sur un terrain de sport. Quatre coups de feu ont alors été tirés d’une voiture dont le conducteur a été rapidement identifié. Les enquêteurs du SRPJ d’Ajaccio l’ont aussitôt interpellé à son domicile en compagnie de son épouse. Plusieurs armes ont été saisies. Les deux autres tireurs sont activement recherchés. Plus d’une cinquantaine de jeunes se sont rassemblés autour du périmètre de sécurité mis en place par la police. » La laicite a la Francaise c’est aussi le denie du crime a caractere Islamophobe au profit du delit Raciste. 4 octobre 2008
Omar a dit :
Voilà ce que l’on dit la laïcité est une religion comme une autre, c’est un veau d’or, elle n’est sacrée que pour certains et c’est de bien de là que naît l’irrespect, l’ignorance, la haine, la violence et l’islamophobie, merci Vincent pour ta contribution dogmatique
4 octobre 2008
Vincent a dit :
La Laïcité fixe elle aussi des limites à la jouissance sexuelle, et également au mariage, et ces limites concernent principalement les relations entre les adultes et les mineurs. Les fondamentalismes religieux - Chrétiens ou pas - ont plutôt tendance à considérer comme limite prioritaire le cadre du mariage et des pratiques associées, l’âge étant souvent considéré comme moins critique. Ce n’est pas tant la jouissance à tout prix qui est prônée, que le libre arbitre individuel par rapport à cette jouissance. La Laïcité donne en général à l’individu la priorité sur le couple. Ce qui est une façon de dire que les rapports entre hommes et femmes sont avant tout des rapports entre individus, avant d’être des rapports internes au couple. La primauté laïque de l’individu sur le couple est aussi une prise de distance par rapport au couple fondateur souvent présent dans les religions et les mythes. C’est la primauté de l’immanence des rapports entre des individus au sein d’une société, sur la transcendance du rapport entre le couple actuel et le couple originel. On retrouve cette opposition entre immanence et transcendance sur beaucoup de points qui opposent Laïcité et Religion.
3 octobre 2008
Abou abed a dit :
Merci docteur, et je dis cela sincèrement et confraternellement. Le diagnostic clinique est excellent et comme toute démarche psychanalytique offre un recul fortement régulateur. Demeure une problématique constante en psychiatrie, quelle prise en charge thérapeutique... ? Pour l’instant pas de molécules ou de thérapies comportementales miracles.
3 octobre 2008
Crédophile a dit :
Bismillah, Farid merci pour ton intervention Ce qui me fait réagir, peut-être pas très clairement, comme tu le fais remarquer ce n’est pas particulièrement Amira NASSI, disons qu’il s’agit d’un zoom sur ses propos… Les musulmans ont besoin de se justifier encore et toujours, on les attaque, ils se justifient, c’est au point qu’aujourd’hui un musulman quand on lui parle d’Islam il ne peut entendre que si c’est teinté de justification… Les musulmans ont besoin de justifier l’Islam, pourquoi ? C’est ridicule et pourtant c’est la tendance, une remise en cause dicté par les islamophobes qu’au final on suit, à reculons mais on suit. On nous jette un os et c’est parti, on fait un débat sur la virginité, on traite les choses au cas par cas et on démonte progressivement ce que l’on est pour en faire quelque chose d’insipide. Dès que le moindre fait est prétexte à stigmatisation, il devient notre point d’ancrage, on ne parle plus que de ça et on intègre progressivement. Mais dire les choses simplement, c’est devenu tabou ? Combien ont ce besoin de se justifier ? Et n’est-ce pas ce que fais Amira, elle comme tout le monde, trouver une justification ? Mais quand on nous pose une question il faut bien répondre ? Non ? Peut-être mais vaut-il mieux répondre bien ou s’abstenir (trop dur dès qu’il s’agit de se mettre en avant ça se bouscule). Avoir des relations sexuelles hors mariage c’est hram. Oui ou non ? Le hram c’est important oui ou non ? Tout le monde sait à quoi s’en tenir, à quoi rime tous ces discours culpabilisé sans queue ni tête et pour quel résultat ? Alors maintenant si on est musulman que l’on fait des efforts sur soi, si on faits des choix plutôt que de faire comme tout le monde, on doit se justifier ? On est celui qui a un problème ? De quoi attend-on honte ? On ne peut se dire musulman et rester les bras croisés se comporter comme si toutes ces atteintes étaient normales ou les cautionner en voulant les justifier. Je veux bien discuter échanger, réfléchir mais d’égal à égal je n’ai pas besoin de condescendance ni de paternalisme. Tu veux critiquer, monsieur laïciste ? Tu refuses que j’avance ce qui est sacré pour moi ? Alors fais-en autant et épargne moi ton choquisme mécanique et la surdité dont tu fais preuve quand tu brandi le sacré de tes concepts artificiels. Pendant ce temps, c’est clair l’individualisme est bien intégré et c’est sûr, il nous faut maintenant faire avec, drôle de vie, plus il y a de monde et plus les gens s’isolent. (D’ailleurs c’est le conflit que l’on retrouve dans beaucoup de discours, la foi au service de l’indivualisme, au final ça fini par des slogans sorti d’on ne sait où et qui mixe tout, c’est bien mais dans les faits ? Du vide comme les concepts individualistes avec lesquels on raisonne). On stigmatise les maghrébins comme étant macho, violents dominateurs et les maghrébines comme étant plus ouvertes alors de facto on a posé la défiance et la division entre les deux. Et ça marche bien. Et qu’est-ce qu’on fait ? On laisse faire et on débat sur des concepts à deux sous. C’est faire l’autruche rien de plus. Tous ces concepts artificiels que l’on intègre ne sont pas musulmans, ils ne sont pas une manière d’être et d’aborder le monde en tant que musulman, bien au contraire. Et il suffit de quelques slogans pour fermer les yeux et pour ne plus oser même se remettre en question. Nous parlons bien volontiers du bien fondé de l’Islam mais quand il s’agit de s’y tenir, les rangs se vident … Dès qu’il s’agit de critiquer, de corriger un musulman ça s’est clair on est les premiers et ce n’est pas pour l’aider dans son dine qu’on le fait, on général c’est plus pour protéger notre image. Je me rappelle avoir étudié un comportement chez l’enfant qui vers 8 ans, se met à faire la police avec ces petits frères pour être le relai de l’éducation de ses parents sauf qu’ici les parents en question se sont ? Les médias ! Ils occupent notre cerveau car dans les faits ils ne sont pas là, uniquement à la télé, les journaux ou les affiches mais on garde en nous ce qu’ils disent ou pensent bien plus que ceux que disent nos vrais parents. Alors on se justifie, on a soif de discours basé sur la raison qui nous permettent de dialoguer et de se justifier mais le résultat, on intègre peu à peu le sacré qui n’est pas le nôtre tout en rejetant tout discours qui mets en avant la foi. Comme ce besoin artificiel de paraître autonome, libéré. On a critiqué avec force un mode de vie et aujourd’hui c’est pour faire pareil ? Nous sommes hypocrites alors ? Il n’ya qu’à voir comment on est réceptif à ce qui ce dit sur nous et très peu à ce qui se dit sur le dine, et ce sujet et ce débat en est l’exemple. Le nombre de maghrébins qui n’hésite pas à s’invectiver à se traiter de tous les noms, à insulter les pieux savants sur le simple prétexte qu’ils sont d’un pays arabe, c’est pathétique. Il n’est pas étonnant que les paroles des pieux touchent de moins ne moins de personnes. Ce que ces dernières recherchent ce n’est pas de connaître le dine, ça pour elles ça va de soi, mais c’est un discours qui leur permet de s’inscrire dans la place, le paraître en somme. Bien sûr l’image de soi est importante mais faut-il se travestir au nom de cela ? Qu’est-ce qu’on gagne et qu’est-ce qu’on perd ? Et au final qu’est-ce qu’on est ? Et puis c’est agréable en bien ou en mal d’être sur le devant de la scène, d’être important n’est-ce pas ? Wa salam 3alaykoum 3 octobre 2008
Amazone a dit :
Sur le site de Libé ce matin : Le Pape Benoit XVI dit que la Seule contraception admise par l’Eglise catholique : « L’observation des rythmes naturels de la fertilité de la femme. » Où sont les fémnistes pour hurler au scandale ? Où sont les défendeurs de la laicité ? Où sont ceux qui criaient haut et fort " que nous reculons" ? Oups, nous n’entendons personne comme ce fait ce ? 3 octobre 2008
grya26 a dit :
dans un premier temps j’ai zappé le premier article en me disant, un de plus sur une question qui défraye la chronique. Mais ce matin en lisant la partie deux je découvre que des horizons nouveaux se dessinent, que je suis interpellé par cette façon de prendre le problème en considération qui tient compte des véritables enjeux ; à savoir ceux qui nous font peur, ceux qui traduisent notre hantise de se voir imposer un mode de vie, une culture qui nous serait distillés de façon insidieuse par nos ennemis héréditaires que sont les musulmans.Les croisades,la colonisation ont laissé des traces profondes dans les subconscients. Et puis,ils ne sont pas morts les vieux démons qui sont obnubilés par cette volonté de désigner comme l’homme à abattre tous ceux qui n’épouse pas la fois des chrétiens ou qui ressemblent de prés ou de loin à un arabe.Ils font feu de tout bois afin que ne meurt pas la haine qui les animes.
Ceci dit, là n’est pas l’essentiel dans le propos qui est développé par l’auteur. Ce qui m’interpelle au plus haut point c’est qu’il fait intervenir dans le débat un facteur nouveau pour le moins original, la psychologie, et pas n’importe laquelle, celle dont on ne nous parle pas habituellement," le libéralisme psychique". Je serais tenté de dire cette philosophie post soixanthuitarde qui consisterai à interdire d’interdire. Cette catastrophe sociologique qui porte bien les intérêts des tenants de la société de consommation. Cette opération de décervelage qui cause tant de ravages dans nos populations. Cet instrument du désespoir qui à fait perdre le nord à tant et tant de monde qui aujourd’hui trouvent refuge dans l’usage d’une gamme de psychotropes et d’hallucinogènes avec l’espoir de se couper de la terrible réalité d’un monde qui à fait de l’homme un simple consommateur à qui il ne reste que le droit de payer.Enfin, il faut bien que j’en termine avec mes délires en vous disant que finalement j’ai pris la peine de lire la partie 1 de cet article fameux. Merci.
3 octobre 2008
Farid a dit :
Salam, Texte très intéressant. Merci à l’auteur. Credophile, je sais pas pourquoi tu prends un ton agressif vis à vis de Mme NASSI. Je trouve personnellement que son intervention est pertinente et c’est un rappel pour tous. Comme elle l’a dit elle a fait juste un "zoom" sur un point précis. Quant à "Réveil", je n’ai pas compris pourquoi tu t’es acharné sur Marie !!!? Qu’a t-elle dit qui soit si offusquant ? Je suis un homme, musulman, pratiquant et je partage totalement son avis. Un peu de modération svp... Salam 3 octobre 2008
Rachid ZANI a dit :
l’ islamophobe comme le raciste a ce besoin maladif de créer des situations tendancieuses visant à dénigrer le responsable de ses tourments.
Ici, en l’occurrence,il dénonce,persuadé par son seul fantasme dont suinte toute l’ironie de l’histoire mêlée de frustrations et de complexes,objet de tous ses maux, un point faible imaginaire : le musulman dont la femme son talon qu’Achille avant lui léguât,est une brute misogyne.
Whaou quelle scoop !
C’est fou ce que l’idée d’une fille vierge peut titiller un être frustre. .
Alors que la société nous dicte une consommation effrénée,la notion du plaisir disparait peu à peu derrière les seules statistiques qui tendent à nous en procurer.
Ne dit-on pas qu’il faut user et pas abuser ?
N’a t-on pas tant "désacraliser" le sexe qu’aujourd’hui pour ressentir un simple plaisir,il faille corrompre son âme ?
la virginité,pour ma part,est le plus cadeau qu"une femme puisse offrir à un homme : elle lui témoigne du plus merveilleux des présents : la vie.
Malheureusement Les hommes sont immatures et bcp d’entres eux ne s’en soucient guère .Ils font naitre chez la femme le remord nécessaire qui lui fera oublier son dessein originel et devenir l’homme que le raciste s’en ira aussitôt décrier.
2 octobre 2008
Salim a dit :
A vous entendre la femme dans un couple ne serait qu’une pauvre victime qui subit à la limite elle n’y a pas sa place sans faire de bras de fer Salam aleikoum, Excellente remarque de credophile que je partage totalement comme l’essence de son intervention. On touche là , il me semble un énième tabou et mythe entretenu dans la communauté musulmane et dont les islamophobes irascibles se servent avec délectation. A ce propos le texte de mr Vandorpe est éloquent et pertinent à bien des égards. En effet qui feint de croire encore aujourd hui que les hommes musulmans sont des abrutis, qui bavent dans l’idée d’épouser une femme vierge ? O certes il doit bien exister des cas de ce type, mais plus beaucoup..En tous les cas tout autant que les femmes musulmanes qui s’imagine que c’est là le summum de la piété..Mais serions nous, les hommes, aussi primaires que cela ? voudrait on nous enfermer dans ces schèmes désuets ? L’image de la femme musulmane qui s’échine dans la cuisine et éduque ses 4 enfants préparant religieusement le repas, je n’en veux pas et je n’y crois plus depuis belle lurette..Non, je ne suis ni marié, ni divorcé..J’ai observé et je continue à le faire, cet espèce de lecture unilatérale de la relation de couple..L’homme, animal primaire qu’il faut assouvir..la femme, objet.. Bizarrement, je connais aussi également de nombreux musulmans pratiquants restés chaste jusqu’au mariage, étonnement ils ont parfois épousé des filles voilées ( les sœurs dans notre jargon..)qui ne l’était plus..Et bien il n’en n’ont pas pour autant fait une histoire. On aimerait tellement et je parle aussi des musulmanes, que nous les hommes ressemblions à ce portrait au demeurant ridicule. Qui est le plus chaste et pudique de l’homme ou la femme ? qui est le plus complexé sur la question de la mixité, des relations humaines ? Qui fantasme le plus ? Ou sont les vraies frustrations ?..etc..et tant de questions auxquelles certaines féministes ou femmes voilées pensent avoir forcement la réponse..or la réalité est tout autre bien souvent. Je refuse en tous les cas de porter ce fardeau qui n’est pas le mien..je suis musulman pratiquant, je n’ai aucun fantasme sur la femme modèle, la soeur "ma cha allah", je suis retombé sur terre depuis des années.. 2 octobre 2008
crédophile a dit :
A Amira Nassi "Par conséquent, que l’on soit un homme ou une femme, la virginité ne se prouve qu’à soi-même !" Désolé mais tu ne focalises que sur la virginité et sur la preuve et sur la mysoginie aliénation féminine des temps modernes (ce qui ne veut pas dire que les hommes violents et sans éducation n’existe pas, il ne sont pas une raison pour créer une secte artificielle) A vous entendre la femme dans un couple ne serait qu’une pauvre victime qui subit à la limite elle n’y a pas sa place sans faire de bras de fer Bien que tu sembles dire tout et son contraire, je te rappelle qu’il faudrait plutôt traiter le problème de la virginité dans son contexte et non comme cas particulier (bien qu’apparemment ce soi ton métier de le faire). Il s’agit comme tu le dis, d’un tout, la question de la virginité n’est pas en soit un critère et tu le sais (une veuve ou autre) elle fait partie d’un tout et malheureusement homme ou femme le respect et la crainte d’Allah ne sont pas pris au sérieux or que l’on soit homme ou femme que ça se voit ou que ça ne se voit pas c’est du pareil au même le résultat se voit. Pour moi, il n’y a pas à faire d’amalgame entre l’homme et la femme, et dire qu’une femme est un homme me paraît complètement ignard (maintenant j’ai déjà rencontré des féministes dans l’âme avec lesquelles tu discutes mais que personnes n’a envie d’approcher ça c’est clair et c’est pas quelques artifices qui vont y changer durablement quelque chose) Vous restez comme dab avec les occidentaux, focalisés sur le comptable or on ne peut pas prendre un chemin en pente descendante et prétendre être le premier à l’arrivée en haut du sommet En ce qui me concerne, le fait que le mariage soit annulé ou pas, c’est du blabla sans intérêt, par contre que le gars face celui qu’on a trompé j’ai des doutes, ou alors c’était très travaillé... parce qu’en effet, aussi bien la fille que le garçon peuvent très bien savoir qui ils ont en face s’en en venir aux rapports sexuelles, après on a toujours tendance à se faire des films farfelues. Comme si une vie heureuse c’était forcément comme décrit dans les feuilletons... n’importe quoi Pur info je suis resté vierge très tard quand j’ai voulu me marier avec une fille instruite, belle et intelligente, ... je suis tombé de très haut. Alors le discours sur l’égalité homme-femme je le mets où je pense. 2 octobre 2008
Nos-el-dine a dit :
En France tout le monde se dit musulman ou se mêle d’Islam mais la réalité l’Islam en France se résume à peau de chagrin à la grande satisfaction des islamophobes. La question qui se pose concernant cette affaire c’est pourquoi ils se sont mariés ? Certains argueront que la fille était contrainte, c’est facile, on pourrait dire dans ce cas qu’elle a été contrainte tout sa vie. Que ça choque ou pas garçon ou fille, j’ai du mal à comprendre que l’on puisse avoir des relations sexuelles hors mariage avec quelqu’un pour aller voir ailleurs ensuite, cette attitude me choque point. Mais et le garçon dans tout ça ? Il espérait quoi ? Comme s’il pouvait être niais à ce point et croire comme cela au conte de fée, il faut arrêter les blagues 5 minutes, si la fille n’était pas celle avec laquelle il voulait faire sa vie une fois qu’il s’est rendu compte qu’elle n’était pas vierge alors elle n’était pas celle là avant le mariage alors sur quoi s’est-il basé pour l’épouser ? Si la fille a menti c’est bien parce qu’elle s’est senti obligée de le faire, si on pose une question a quelqu’un s’est aussi pour entendre ce que l’on espère entedre. Les musulmans droit dans leur tête sont où ? Est-ce de cela dont nous avons besoin ? Moi non. Je ne veux pas faire ma vie ou me retrouver impliqué avec quelqu’un de contraint ou d’hypocrite. Je sais ce que j’ai dans le coeur et dans l’âme, je ne veux pas passer ma vie à ramer à contre courant avec quelqu’un qui me voit comme une prison et qui n’attend rien de moi si ce n’est répondre des contraintes sociales. Nous devons aussi au sein de la communauté tirer les leçons de cette affaire et faire preuve de discernement et de sagesse. On ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre, c’est dur mais c’est la loi de la vie, chaque chose se paie. Alors évitions l’arrogance et le mépris, la défiance et le déni. Puisse Allah faire ravivée la foi dans les coeurs de ce qui y aspirent. Wa salam aalaykoum 2 octobre 2008
Réveil a dit :
Les grands mots toujours les grand mots, On oublie que l’on a à faire à des enfants. Hier la France était colonie américaine, elle a donc logiquement épousée toutes les contraintes venues du pays du capitalisme Aujourd’hui le monde se réveille et la France en profites même pour s’affirmer face aux américains grâce au courage des seuls musulmans. Ce sont les seuls qui osent ouvertement dire non. La France c’est le pays du chapeau à plume du matuvu et des grandes gesticulations pour ne rien dire, c’est également le pays du mépris et de la haine notamment de la liberté et de l’indépendance. Comment dans un pays où tout le monde suit béatement, certains se permettent de moquer l’ordre établit et de lui pointer ses incohérences et ses faiblesses, bref son archaïsme. Une certaine élite qui n’est plus élite de rien du tout se croit encore le droit de contrôler en prétendant se placer au dessus du lot, ils invoquent du recul et se disent libres et impartiaux alors qu’ils n’impressionnent que peu de monde... C’est en pleine vague de populisme de médiocrité d’arrivisme (et quel modèle ce Sarko, il est fort en manipulation c’est sûr) que l’on se permet de se prendre pour des guides ??? 2 octobre 2008
Oumma.com-uk-fan a dit :
« L’égalité des sexes, évidement souhaitable sur le terrain du droit, est ainsi devenue prétexte au déni de la différence sexuelle, pourtant irréductible sur les terrains de la biologie et de la psychologie. » Eric Van Dorp, vous avez raison de souligner les differences psychologiques qui existent dans le domaine sexuel entre hommes et femmes. Des recherches récentes(1,2) suggèrent que les adolescents, en particulier les filles, qui ont des rapports sexuels peuvent presenter un risque accru de dépression.Pour les garçons, les chercheurs ont constaté que les choses soient un peu différents. Les garçons qui font un certain nombre de choses malsaines, comme de fumer des cigarettes tous les jours, de fumer de la marijuana, et de boire de l’alcool, étaient plus susceptibles d’être déprimé. (1)Hallfors, Denise D., et al. "Which Comes First in Adolescents - Sex and Drugs or Depression ?" American Journal of Preventive Medicine. 29, 3 (2005) : 163-170 (2)Udry, Richard J., et al. National Longitudinal Survey of Adolescent Health : Wave II. Los Altos, CA : Sociometrics Corporation, 1996. Il semblerait que les filles soient beaucoup plus affectés par l’activité sexuelle précoce que les garçons. D’ apres Ann M. Meier, chercheur a l’Universite du Minnesota, pour les garçons, d’avoir des relations sexuelles à un âge précoce n’entraîne pas un accroissement de la dépression ou la baisse d’estime de soi.Pour les garçons, d’avoir des relations sexuelles à un âge précoce n’entraîne pas un accroissement de la dépression ou la baisse d’estime de soi-meme. 2 octobre 2008
Réveil a dit :
Marie sort de ces aliénations mécaniques c’est franchement fatiguant. Arrêtes avec tes valeurs tu ne fais que suivre La notion de la dignité humaine que tu évoques est à vomir, tu te conçois peut-être comme une femme objet parfaitement en phase avec la société de consommation mais c’est alors liée à ta culture et ta non éducation faite de principes artificiels sans aucun fond. Mais quant tu vois tes fameuses élites pratiquer tous les vices est-il possible qu’il en soit autrement au sein du peuple ? Quel peuple ayant des valeurs accepterait le mensonge ouvert, le piston et autre promotion canapé ? Pour que cela te soit acceptable ma chère marie, il faut que tu sois toi aussi idem... Le fond du principe de la laïcité c’est de ne pouvoir interroger les leaders sur leur vertus mais s’en tenir à ce qu’ils disent... Tu connais la fable du corbeau et du renard, ben voilà... Il faut lutter contre l’individualisme, le consumérisme, le superficiel et l’artificiel et cela passe par l’éducation et la foi. Je t’invite à te comporter autrement que comme un produit de supermarché ça changera réellement le monde. et remet ton échelle de valeur à l’endroit comment peux-tu dénigrer ceux qui font des efforts sur eux pour avancer et ceux qui ne sont que des marionnettes dont on dispose au gré de quelque slogan. Mais enfin... Réfléchis si ça doit changer c’est pas pour être pareil qu’hier Oublies le blabla et regarde le résultat, consumérisme à donf nothing else. Comprend que tout le monde ne veuille pas de ce monde sans cervelle. est-ce qu’on est obligé de supporter le disctat des 68ard et des usa ? Moi je dis non, on a le droit de choisir d’être des hommes et des femmes aimants, responsables et éduquées... 2 octobre 2008
Amazone a dit :
Bizarement je ne partage pas complétement cette analyse car celle ci vient en fait contredire un point essentiel. En effet, les arguments que vous avancez pour expliquer cette hystérie, autour de cette affaire, déculpabilisent ceux qui ont montés cette affaire en épingle, cela voudrait dire qu’"ils" n’ont rien d’islamophobes mais seraient seulement motivés par des idéaux. Ce dont je doute fort. Je crois que cette affaire de jugement revet plutôt un caractére politique qu’autre chose. Elle est le reflet d’une "fascisation" des esprits non seulement de la masse mais surtout et là, est le danger, des élites. Il est devenu inconcevable aujourd’hui qu’une communauté issue de peuples anciennement dominées, ne suive pas pas, n’adhère pas et ne collabore pas à la vision du monde du dominant. Comment des populations considérées jusqu’alors comme "arrièrées" n’épousent elles pas les idéaux du dominant : laicité et baliverne ? Comment des populations jusqu’alors subjuguées par le modèle dominant, rejettent ces codes alimentaires ou vestimentaires telles ces femmes voilées ? Comment, nous dominants, que nous sommes, dont le rayonnement ébloui le monde, ne sommes nous pas copié, singés, par cette communauté ? Voilà toutes ces questions, qui remettent en cause cette suprématie, dont les peuples dominants se gargarisent, cette suprématie au nom de laquelle ils ont colonisés, massacrés, erradiqués, guerroyés des peuples entiers. 2 octobre 2008
Patrick a dit :
Cette affaire est un procès d’intention pur & simple. Il s’agit bien de haine envers l’Islam. L’annulation du mariage pour les motifs évoqués est on ne peut plus conforme à la française, & la religion n’a rien à y voir. Il s’agit de tromperie sur la marchandise ; on ne vend pas pour neuf un produit d’occasion. Cela vaut aussi pour les humains. Dans l’exemple présent, ou vous êtes vierge, & vous vous donnez pour vierge, ou vous êtes non-vierge& vous vous donnez pour non-vierge ; ainsi, la tractation est honnête.
Il est on ne peut plus légitime de punir le fraudeur, par l’annulation du contrat ; & de rendre justice à la victime, qui est l’individu abusé. Certes, la société française traverse, comme d’autres, une phase d’extrême dégénérescence ; mais ses lois ne sont pas abrogées.. Elles avaient cours au moment de la demande d’annulation. Pour précision, je suis français, & sans religion autre que ma foi dans le divin. Tout le problème ici est celui d’un pouvoir vieux, aux mœurs relâchées, confronté à la menace d’une force plus jeune, aux mœurs plus strictes.
2 octobre 2008
Amira NASSI a dit :
Salem Aylekoum Merci beaucoup pour cet article très bien amené dans l’ensemble et extrêmement intéressant. Il soulève de vraies questions et touche les réels problèmes de fond. Merci encore. Je me permets juste d’intervenir sur une petite partie de votre texte qui m’a interpellée. L’unique objectif de mon intervention est vous l’avez compris, d’enrichir le débat et d’éviter peut-être une certaine confusion pour le lecteur. Vous écrivez : « Ce déni explique cette obstination à vouloir établir dans le domaine du droit une symétrie entre les sexes là où la nature a créé une dissymétrie. » (2/2) « Pourquoi se donner autant d’énergie pour instaurer sur le terrain du droit une symétrie là où la nature a créé une dissymétrie ? » (1/2) En terme de droit français, dans le consentement mutuel chacun est libre de choisir ou non d’avoir des rapports sexuels avant, pendant et après le mariage. Sans distinctions de sexe… D’une certaine manière, en Islam « l’égalité des sexes » est aussi une donnée essentielle et fondamentale dans la définition de l’intimité du couple musulman. Pour les croyants désireux de se retrouver au plus proche de l’idéal religieux, il est très important de se rappeler que l’impératif divin relatif à la chasteté, à la fidélité, au consentement, ect. concernent tout aussi bien les hommes que les femmes… sans distinction ! Qu’ils soient « naturellement » différents n’enlève rien à la « symétrie » de leur responsabilité réciproque et devant Dieu. Quant à « la nature » qui aura prévu que la virginité féminine se prouve par la présence du sang de l’hymen (provoqué lors du premier rapport sexuel)… et bien là aussi c’est un leurre ! Rappelons que la forme et la résistance de l’hymen sont très variables d’une femme à l’autre. Il arrive généralement que pendant la pénétration, la verge « déchire » l’hymen et provoque une légère perte de sang. Cependant, toutes les jeunes filles ne saignent pas lors de leur première relation sexuelle. Certaines naissent par exemple sans hymen. Pour d’autres, il a disparu pendant l’enfance, lors d’une mauvaise chute ou au cours d’activités physiques ordinaires (comme faire de la bicyclette, de la gymnastique ou encore de l’équitation). Il est aussi tout à fait possible que l’hymen soit rompu par la mauvaise utilisation d’un tampon. Sans compter que certaines femmes ont un hymen si épais qu’une intervention chirurgicale est nécessaire afin d’éviter une douleur trop importante pendant l’acte sexuel. Par conséquent, pour toutes ces raisons et bien d’autres, l’hymen ne doit pas être considéré comme le garant de la virginité féminine. (extrait du livre : Le manuel des corps mariés). Malheureusement au nom d’un soi-disant savoir biologique, la virginité féminine a été (est ? ) l’objet de toutes les obsessions. La gente masculine quant à elle, ne vit pas aussi sévèrement cette « honte sociale » parce que nous ditons, elle ne peut pas se « prouver ».... et puis c’est bien connu « les hommes se sont des hommes ! ». Chez la (future) mariée, les conséquences de cet état d’esprit peuvent être dramatiques avec des attitudes machistes dans sa définition la plus extrême (suspicion, calomnie, violences, humiliations, angoisses prénuptiales, déshonneur, répudiation, viol conjugal avec obligation de résultat, etc.). C’est aussi parce qu’on donne autant d’importance à la virginité féminine, sans explications profondes, que d’autres dérives se manifestent comme la reconstruction de l’hymen, les mutilations sexuelles, les tentatives de sorcelleries, les contractions des MST pour ne pas avoir recours à la pénétration vaginale, etc. Notons que le flou sémantique s’élargit davantage dans certaines circonstances. Comment « définir » par exemple les femmes ayant eu recours à une réparation hyménéale ? Et les victimes de viol ? Vierges ou non ? Il nous paraît donc essentiel que chacun comprenne que l’abstinence de rapports sexuels jusqu’au mariage est un état d’esprit, un choix personnel, une exigence et un engagement pour Dieu, et aucunement pour satisfaire l’ego d’individus misogynes. Par conséquent, que l’on soit un homme ou une femme, la virginité ne se prouve qu’à soi-même ! Je vois trop souvent dans le cadre de mon travail les séquelles d’un héritage pratiqué au nom d’un Islam imaginaire… Ce qui explique peut-être mon intervention « engagée ». Quoiqu’il en soit je ne remets absolument pas en cause vos analyses. Je sais que nous partageons les mêmes convictions… Voyez ce texte plutôt comme un zoom, un éclaircissement peut-être et un rappel pour tous. Bon courage à vous… Amira NASSI Conseillère conjugale et sexologue. 2 octobre 2008
Marie a dit :
Monsieur, vous n’avez pas compris. L’absurdité de ce jugement vient du fait qu’il est impossible d’apporter la preuve matérielle de la non-virginité de la jeune fille ou du jeune homme d’ailleurs. Il n’y a pas forcément coulée de sang ! Pourquoi tant d’humiliations dans le monde musulman ??? La dignité d’une femme est son bien le plus précieux. Si vous souhaitez placer le débat au niveau de l’égalité, l’égalité que je revendique est celle face à la dignité humaine.
2 octobre 2008
un musulman pratiquant et republicain (si si ca existe !) a dit :
Cher Monsieur Vandorpe,
Merci pour cette deuxieme partie aussi interessante que la premiere. Toutefois, comparee a cette derniere, j’ai releve quelques points obscurs sur lesquels j’aimerais attirer votre attention.
Il y a des defauts dans votre argumentation. Lorsque vous evoquez le contenu du message islamique, vous dites simplement L’Islam est ceci, l’Islam est cela, sans meme donner de references. Ainsi, vous adoptez la meme attitudes des medias que vous critiquez (avec raison). Plutot qu’une affirmation peremptoire, ne serait il pas mieux d’etre moins affirmatif et de donner des references emanant de musulmans eux-memes ? Qui vous a dit que l’Islam ne prone pas l’egalite des sexes ? La encore, a l’instar des medias vous posez l’Islam en opposition a un systeme des valeurs, voire meme a une region geographique (L’"Occident" et l’"Islam") qui aboutit a des apories implicites (vous ne pouvez pas etre "occidental" et "musulman") Qu’est ce que la "fonction d’un sexe" ? Vous voulez dire que l’homme et la femme a une fonction ? Cette idee me semble hautement bizarre et dangereuse, c’est pourquoi je souhaiterais que vous clarifiez votre propos. Vous evoquez l’utilite de la regle morale pour susciter le desir reel, et a partir de la vous defendez les regles etablies par l’Islam. Mais plus loin vous ecrivez : "C’est que la société, autrefois malade d’un sexe trop présent - obsédant - à force d’être trop caché, est aujourd’hui malade d’un sexe trop absent - en tant que différence sexuelle - à force d’être trop visible". Ici, on pourrait vous retorquer : "mais la societe ou l’Islam domine, a l’instar du christianisme, hindou ou judaique, n’est elle pas une societe malade ou le sexe est tres present a force d’etre cache ?" Vous vous attaquez a la societe actuelle, du "liberalisme psychique", en fustigeant son "materialisme". Voila une declaration, qui revient souvent ds la bouche d’un B. 16 ou d.un Dalil B., mais qui a une portee politique considerable, pour ne pas dire grave, dont vous ne semblez pas etre conscient. Aussi je vous recommande volontiers de revenir sur votre texte apres lecture de l’ouvrage suivant : Zeev Sternhell, Les Anti-Lumieres, Paris, Fayard, 2006. Merci encore pour ce texte tres pertinent. |
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