La sexualité en Islam
Le manuel des corps mariés
Par Amira Nassi
mardi 6 mai 2008
Il fallait oser relier l’Islam à la sexualité et à la féminité. On avait jusqu’alors, pris l’habitude de réunir ces mots pour mieux les opposer. Mais en réalité, seuls ceux qui cherchent humblement à découvrir la teneur de ces trois conceptions, y voient un lien fort et une réelle interdépendance, au-delà des préjugés, des « on-dit » et des tabous.
En effet, n’en déplaise à certains, la religion musulmane reconnaît pleinement l’importance de l’acte charnel dans la vie spirituelle des hommes et des femmes. Elle nous enseigne sans complexe les nécessités, les normes et les règles de conduite qui définissent cette dimension essentielle de l’être humain.
La sexualité est donc loin d’être une affaire « sale » et rien de religieux ne saurait justifier l’ignorance et la méconnaissance de certains musulmans sur ce sujet précis. Par conséquent, comme tout autre fait social, elle doit s’étudier et faire l’objet d’attention, de lectures et de réflexions. Parce que le « besoin de chair » s’impose de lui-même, chacun se doit donc de s’interroger sur sa propre condition et par la suite, éviter les réponses trop hâtives.
Qui suis-je en tant qu’entité sexuée ? Qu’est-ce qu’une femme et qu’est-ce qu’un homme ? Quelles sont les spécificités psychologiques et les caractéristiques physiques propres à chacun ? Quelles sont les perspectives et les finalités du « mariage des corps » et comment se construit à long terme, une sexualité à deux ?
Il est clair que nous ne pouvons répondre à toutes ces interrogations sans mettre en relief les mécanismes naturels, la composition biologique et les différentes approches religieuses, sociologiques et psychologiques qui définissent notre personnalité. Nous y reviendrons donc !
De part notre travail sur le terrain, nous observons que malgré l’omniprésence du sexe dans les médias, de nombreuses questions sur le sujet demeurent. Il s’avère terriblement difficile d’établir un lien direct entre toutes ces données et soi-même. Il semblerait que ce soit encore plus compliqué pour les musulmans, qui porteraient en eux le lourd fardeau de la « honte », héritée, exportée et mal comprise de générations en générations.
Visiblement, la définition exacte de la pudeur « religieuse » s’est perdue au fil du temps, au détriment des traditions et des coutumes locales des pays d’origine. Le glissement des mots a fini par installer la peur, la gêne et le tabou ; ce qui explique pourquoi chez certains, toute discussion en rapport avec la sexualité dérange profondément. Tout plaisir sensuel est alors considéré comme un luxe terrestre, qui n’est réservé qu’aux « autres », les non-musulmans.
Or, cette réflexion est contraire à l’esprit de l’Islam (pourtant mis en accusation). Celui-ci encourage vivement la sensualité dans le cadre du mariage, qui est de fait, considérée comme une aumône mutuelle et est incontestablement le nid de tous les miracles. Nier ce don céleste, qui permet à chacun de transmettre la vie, c’est remettre en cause un des plus beaux « signes » de Dieu et rater une véritable occasion d’émerveillement devant Sa création.
Nous souhaitons donc sensibiliser les musulmans sur cette question et sur l’éducation sexuelle que cela implique, car connaître le fonctionnement de son corps et de sa psychologie est, nous semble-t-il, le meilleur moyen de « s’apprivoiser » et de canaliser la puissance de ses pulsions sexuelles. De plus, nous pensons fermement que le fait de combler ses carences - en termes d’information - permet de limiter les incompréhensions entre les deux sexes et donc, de désamorcer les conflits que la méconnaissance de l’autre peut engendrer.
Nous avons bien conscience des difficultés que génère le fait d’aborder l’intimité des corps, thématique largement exploitée par les marchands d’illusions - cela peut surprendre, voire heurter la sensibilité des plus pudiques. Mais, nul ne saurait nier la nécessité d’apporter des éléments de réponses (et donc un soutien) à ceux qui ont fait vœux de chasteté et de fidélité dans une société où tous les sens sont mis en émoi, où le (semi) nu est omniprésent et où la pornographie est à portée de main. En outre, nous sommes persuadés que la connaissance de son intimité sexuelle s’apprend ! D’abord dans la théorie, ensuite dans la pratique (licite).
C’est donc afin de fournir quelques clefs de compréhension sur ce sujet crucial, pourtant très peu abordé dans les sphères musulmanes, que ce livre est né. A défaut de pouvoir répondre individuellement aux problématiques de chaque musulman, nous souhaitons amener l’ensemble des adolescents comme les adultes, vers une réflexion personnelle et profonde sur les pulsions naturelles de l’être humain (le but étant que chacun inscrive son intimité sexuelle dans un projet de vie serein).
Dans un souci de vulgarisation - qui nous permettra d’approcher le plus grand nombre - nous avons voulu aborder le thème de la sexualité de façon ludique et originale, en mariant les sciences dites « profanes » à la vision islamique du sujet.
L’idée de ce texte est la conséquence d’une absence relative d’un tel écrit sur le marché du livre. Combien de fois nous est-il arrivé de rechercher en vain, des ouvrages pratiques et en rapport avec notre mode de vie !
Certes, dans la plupart des librairies classiques, on y trouve de nombreuses publications spécialisées, traitant de la sexualité moderne au sens le plus large. Cependant, certaines de ses formes actuelles ne correspondent pas à la grille de lecture du musulman (la succession des conquêtes sans « cadre », l’échangisme, la pornographie, l’homosexualité, etc.). De plus, les illustrations et les photographies de corps dénudés, plus ou moins explicites, peuvent gêner les croyants. Nous imaginons aussi que le fidèle recherche une saveur religieuse qu’il ne pourra pas trouver par définition, dans la relative neutralité des écrivains non-musulmans.
Parallèlement, il existe des ouvrages très intéressants sur le « devoir » de sexualité en Islam. Ainsi, de nombreuses références religieuses sur le sujet ont été répertoriées. Cependant, malgré le profond respect que nous vouons à leurs auteurs, nous pensons que ces écrits manquent d’un travail de « réactualisation » : ils donnent parfois l’impression au lecteur d’être éloignés de sa réalité, en abordant par exemple la sexualité uniquement sur le plan législatif (droits/devoirs).
Notre texte est donc la synthèse pratique de ces différents univers. Nous souhaitions qu’il réponde (très) concrètement aux questions (très) pratiques que se posent les musulmans en matière de sexualité. Evidemment, nous encourageons les femmes et les hommes, jeunes et moins jeunes, ensemble ou séparément, à le lire et à engager des discussions entre eux.
La sexualité est en effet l’entreprise de deux individus et il n’y a pas de sexualité épanouie sans échange. Il ne peut donc y avoir de connaissance spécifiquement masculine, ni de connaissance spécifiquement féminine. Il n’y a rien que les hommes doivent ignorer sur leur conjointe, sous prétexte que ce serait un savoir réservé aux femmes… et vis et versa. L’un et l’autre sont concernés… par l’un et l’autre ! Chacun pourra donc réfléchir sur son corps et celui de son partenaire, apprendre à les connaître, les aimer et leur offrir ce qu’il y a de bon pour eux.
Notre volonté est aussi d’accompagner ces musulmans sur le chemin du mariage car, pris entre les préparatifs de la fête, les entretiens familiaux et les petits tracas du moment, beaucoup en oublient de s’intéresser à la rencontre des corps ! Acquérir des notions théoriques sur sa sexualité doit pourtant être l’objet d’un travail sincère, avant et pendant le mariage. Il rassure les (futurs) mariés et permet d’acquérir de la substance pour discuter, argumenter, argumenter, communiquer et dédramatiser « la chose » avec son conjoint.
De plus, les mariés d’aujourd’hui seront les parents de demain et il leur incombera donc de donner une éducation sexuelle globale à leurs enfants le moment venu. Ceci relève tout simplement du bon sens et de la survie des bonnes valeurs transmises.
Et parce qu’il est parfois plus simple de piocher des réponses directement dans un petit livre que d’assumer une discussion face à face, cet ouvrage peut être proposé plus ou moins finement aux adolescents ou aux jeunes adultes, dont l’éducation sexuelle à proprement parlé, a débuté un peu tard.
En effet, si des prémisses pédagogiques en la matière n’ont pas été transmises relativement tôt (discours adapté à l’âge évidemment !), il devient difficile ensuite, d’installer une complicité et une aisance de parole entre parents et enfants. Certains jeunes (pour ne pas dire tous) deviennent alors extrêmement gênés lorsqu’un proche aborde ce sujet. Il est pourtant nécessaire de prendre conscience, d’une manière ou d’une autre, de son corps, de ses attentes, de ce qui est biologiquement normal et de ce qu’il faut religieusement atteindre.
Pour des raisons pratiques (le livre aurait été trop volumineux), nous avons préféré séparer notre travail en deux tomes, le premier sur la sexualité féminine et le second - à venir - sur la sexualité masculine. Cet ouvrage peut être lu d’une traite ou en fragments. Les chapitres peuvent être triés, lus et relus au gré des préoccupations du moment. Ils s’articulent autour d’interrogations pratiques, auxquelles s’ajoutent des réponses simples et claires. Il est évident que le « je » qui interroge dans ce livre, est impersonnel et n’existe pas. Le lecteur seul et dans le creux de son intimité se reconnaîtra dans les réflexions et les sujets abordés.
Certains seront peut-être surpris par le caractère détaillé et explicite de cette étude, mais évoquer la sexualité sans langue de bois, sans détours, sans fausse pudeur, avec un franc parler, nous paraît être le seul moyen d’approcher cette dimension inhérente à l’être humain. Ainsi, le lecteur doit s’attendre à rencontrer des mots relativement connotés, tels que : pénis, vagin, libido, orgasme, pénétration, etc.
De plus, nos réflexions, nous l’espérons, seront dénuées de passion et ne s’inscriront pas sur le registre de l’accusation et du mépris. Certains ont en effet pris l’habitude d’aborder essentiellement la question sexuelle sur ce ton, répétant infatigablement les interdits et les condamnations qui s’en suivent.
Certes, nous ne pouvons traiter de la sexualité en Islam sans en déterminer les limites - nous ne remettons pas ce principe en cause - cependant notre travail ne cherchera pas à incriminer le lecteur plus qu’il n’en faut. Loin de nous l’idée de nous enfermer dans un discours négatif et culpabilisant, qui peut parfois manquer de pédagogie et ainsi provoquer une stagnation, voire un recul spirituel des personnes concernées.
Notons aussi que la plupart de nos observations, fondées sur la biologie par exemple, concernent les hommes et les femmes dans leur essence même - et ce quelles que soient leurs convictions philosophiques ou religieuses. Quant à l’aspect culturel de la sexualité, nous avons choisi par affinité, de travailler essentiellement sur la référence islamique. Le lecteur ne sera donc pas surpris de voir nos analyses se marier avec le champ lexical du religieux.
Pour finir, nous rappelons par principe notre intention première, même si dans les faits elle relève exclusivement du secret divin. Ce petit traité de gynécologie, sans être totalement exhaustif, a été écrit pour permettre aux jeunes femmes et aux (futures) épouses de se « réapproprier » leur corps, de le connaître, de l’accepter, puis de l’aimer. Il a également été rédigé pour les hommes sensibles et désireux de comprendre les spécificités physiques et psychologiques de leur (future) compagne. Des clés indispensables, nous semble-t-il, pour accéder à une intimité épanouie à deux !
Introduction au livre « le Manuel des corps mariés », Amira Nassi, aux éditions L’éclipse, 2008
Note :
Amira Nassi
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
Salem Aiilikoum
J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteur et elle est très sympa. MachAllah... Nous avons eu une discussion sur le sujet et c’est vrai que plus que jamais l’éducation sexuelle est importante, particulièrement dans ce contexte difficile où la chasteté n’est pas vraiment à la mode !
De plus, il y a toute une réflexion sur la contraception, le Sida, les troubles sexuels, etc.
Cette initiative est vraiment à encourager !
Bravo et qu’Allah accepte votre démarche.
« je crois pas qu’il faille voir la chasteté comme une malédiction mais plutôt comme l’affirmation de sa foi... » Qu’il soit dit tout de suite, la chasteté ce n’est pas l’abstinence. La chaste, nous dit le Robert vient du latin castus " conforme aux rites". Les rites dont il est question ici en l’occurrence c’est l’islam. Etre chaste dans l’islam, c’est avoir des relations dans le cadre défini par les rites. Aujourd’hui, le drame des drames, les musulmans semblent ne suivre aucun rite.
Sachez mes frères et soeurs que le besoin de sexe est indipensable pour la stabilité de la vie humaine. Par contre si on est croyant, on n’agit que dans le cadre du permis en islam, c’est à dire le mariage. Il faut donc fournir tous ce qu’on peut pour choisir la femme pieuse ou l’homme pieux. Si, on trouve pas on doit patienter et faire les conseils du prophète que Dieu le salut à savoir éviter le regard vers l’autre sexe, éviter les lieux mixtes, jeuner... L’acte sexuel avant le mariage est appelé ’zina’, Dieu le tout Haut dit "32. Et n’approchez point la fornication. En vérité, c’est une turpitude et quel mauvais chemin !"chapitre 15-32 Et sachez que la bonne intention ne fait pas que la turpitude ne peut être transformé en un bon acte par la bonne intention. Apres ALLAH attend toujours à ce que ses esclaves repentissent. Comme il est Miséricordieux
Pour Kamel, Je trouve très triste que tu rejètes tous tes maux sur l’Islam. Si nos règles existent encore aujourd’hui, c’est qu’elles ont fonctionné pendant des siècles durant. Donc, je crois pas qu’il faille voir la chasteté comme une malédiction mais plutôt comme l’affirmation de sa foi... En ce qui me concerne, j’ai 23 ans et je me préserve pour ma future inch allah. Pourtant je plait aux filles en général mais jamais je ne donnerai ma virginité à le première venue...Les règles dans l’Islam ne s’appliquent pas seulement aux filles mais aussi aux jeunes hommes...
Nous avons aujourd’hui un système qui ne tiens plus ses promesses. Nous sommes tous chacun responsable les uns que les autres, cela dit nos responsables (de mosquées, et autres associations musulmanes)ont un double responsabilité. Remettre en cause ses systèmes ce n’est pas remettre en cause l’islam.
« Mais chez les maghrébin on ne donne pas sa fille à un étudiant. » Et c’est bien dommage ! car à ce stade, il y a bien des famille qui tolèrent les écarts de conduite de leurs enfants (filles et garçons). Un tolérance non islamique, et qui obéit à d’autres logiques, d’autres préoccupations non islamiques.
"Je ne savais pas que l’Islam autorisait des mariages intermédiaires." ces mariages sont au contraire condamné par dieu.
DIEU a donné à l’Homme ce qu’il n’a pas donné aux animaux ; "la Reflexion" (intelligence consciente). Maintenant, un Homme (homme/femme) reste un homme sur une base tres "animal". Les Religions ne fesant que Ritualiser les instincts naturels. Résultat ; Que celui ou celle qui n’a jamais péché me jette la première pierre ;-)
brasco
Je me suis préservé jusqu’au mariage c’est-à-dire jusqu’à l’âge de trente ans ! Cette chasteté je ne l’ai pas souhaité, elle m’était imposé d’une part par la culpabilité religieuse, d’autre part par la grande difficulté à trouver une épouse. Donc j’étais tiraillé par mon devoir d’être un bon musulman et le souci de me marier alors que j’étais étudiant. Mais chez les maghrébin on ne donne pas sa fille à un étudiant. Conséquence : La frustration de toute ces années a contribué de manière décisive, à l’échec de mes études (étudiant je ne pensai « qu’à ca », au lieu de penser à mes études). Je ne savais pas que l’Islam autorisait des mariages intermédiaires. J’ai la rage contre le « système » de chez nous qui m’a transformé en moine malgré moi. En tous cas j’en suis sûr que l’Islam n’est pas responsable de cela. Merci Samira pour ton livre. Kamel.
pour répondre à la question du frère ou de la soeur : Oui l’islam recommande la virginité aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Qu’une majorité d’homme ne respectent pas cette prescription était sans doute vrai il y a encore quelques années mais les choses ont bien changé. De qui parle t’on. Il y a musulman et musulman. Un homme ou une femme de confession musulmane et un musulman ou musulmane pratiquante, ce n’est pas la même chose (même si il y des dérives chez certains pratiquants). je ne vous apprendrez rien en vous disant que dans les cités par exemple, une majorité de filles et garçons de confession musulmane ne se posent plus de limites sexuelles. Ce phenomène qui ne date pas d’hier est d’ailleurs trés largement répandu jusque dans nos pays d’origine. Dieu merci, il existe encore des musulmans et musulmanes trés impliqués dans leur foi qui veulent preserver leur chasteté
L’Islam recommande une "virginité" avant le mariage aussi bien de la part des hommes que des femmes. Or, une majorité d’hommes musulmans ne respecten guère cette prescription, quand il est impérativement exigé des femmes une virginité totale. N’est-ce pas ici une profonde hypocrisie acceptée et tolérée par les sociétés "musulmanes" !
Parler de majorité ou de minorité manque de rigueur scientifique. Il n’en reste pas moins qu’on fait face à un réel malaise spirituel de la part de certains de mes coreligionnaires, et j’estime avoir une certaine crédibilité étant jeune musulman moi-même. Moi je pense qu’il faut bien mettre les points sur les "i" et souligner l’importance de la chasteté et du respect envers les autres et son propre corps auprès des jeunes musulmans et aussi musulmanes, surtout en Occident.
C’est vrai que la sexualité en Islam reste un sujet avec bien ses tourments encore plus dans notre cas les filles.On est déjà née qu’on nous conditionne et nous emprisonne dans des discours bien trop formatés.Je pense que c’est la transmission et la communication qui aide dans toutes les experiences de la vie a comprendre et à se construire.La sexualité ne doit pas être percue comme sale. Est ce bon est ce mal est bien chacun doit savoir faire vivre son plaisir et rester a l’écoute de lautre...c’est ce qui rend l’homme et la femme complementaire, indispensable l’un à l’autre.
Il convient de bien poser le débat. Islamiquement parlant, il n’y a pas de problème particulier au sujet de la sexualité. Les choses sont claires, il y a deux positions que l’islam rejette : l’abstinence, comme chez bien des religieux des certaines religions et la dépravation, du genre orgie à la romaine (par exemple). Entre ses deux extrêmes, il y a la voie du juste milieu : le mariage dans lequel les époux doivent rivaliser d’imagination (la sodomie étant exclue). Autrement, debout, assis, couché, par devant comme par derrière, en haut en bas, écoutez, soyez inventif, il y a largement dans la position de l’islam de quoi satisfaire la curiosité des plus curieux. Seulement, l’amour ne ce n’est pas que du sexe, encore du sexe, rien que le sexe. Réduit à cette seule dimension, on s’en lasse très vite. Il est vrai qu’aujourd’hui (en France), l’éducation sentimentale n’est plus dans les programmes, nul part, même pas dans les mosquées et ils s’imaginent que les gens font comment alors ses imams et autres responsables associatifs (musulmans) ? La difficulté majeure aujourd’hui est d’ordre pratique. Comment « il » rencontre « elle » ? Ah ! et la virginité ? Je suis tenté de dire, qu’il faut rester vierge avant le mariage, pendant le mariage et après le mariage (c’est des choses qui arrivent). Dans ce cas, le mot vierge, n’est peut-être pas le mot qui convient. Parlons donc plutôt de la chasteté (à ne pas confondre avec l’abstinence) ; ici fille comme garçon sont concernés. De plus le mariage, est quelque chose qui se fait tôt car c’est aussi le lieu d’apprentissage de la sexualité et de la sensualité. On ne peut pas arriver dans le mariage déjà expert (sauf pour les remariages), cela suppose que l’apprentissage s’est fait ailleurs, en un mot, il y a eu tricherie. Donc dans la théorie, les choses sont simples. Il reste à les réaliser sur le terrain. A quel moment se fait cette éducation sentimentalo sexuelle chez les musulmans (en France) ? Si on ne répond pas d’une manière claire à cette question, il est normal que les gens se débrouillent comme ils peuvent, ici et là, comme si, comme ça…, bref en dehors de l’islam, tout est tout, sauf islamique.
Pour répondre à la question de la virginité des hommes : j’ai grandi dans une cité, et il est clair que l’objectif à court terme de tous les "frères" étaient de pouvoir consommer avant le mariage, je ne généralise pas mes tous les gars de mon quartier en tout cas ne pensaient qu’à ça. Alors oui il y a une Enorme hypocrisie sur ce sujet, surtout celui qui me fait hurler : l’homme qui profite avec les françaises et le jour J va se marier de manière HALLAL et devenir un ’bon père’ de famille (situation vécue encore récemment)... A bon entendeur... (Dieu n’aime pas les hypocrites)
La sexualité, avant et pendant le mariage ?
Tout est dans l’intention : an niya.
Les relations amoureuses ne sont qu’un des chapitres des relations humaines.
Le Dieu nous demande d’entamer des relations avec une bonne intention. C’est à dire l’intention de Lui plaire.
Donc, si vous approchez la personne avec l’intention de l’honorer, de la respecter, de faire les efforts (jiHad) nécessaires pour pérenniser votre relation ... ... alors, aucune contrainte dans la Loi du Dieu.
http://chayr.blogspirit.com chayR abou riyaD.
"allez chercher la science fût-ce jusqu’en chine" est un hadith fabriqué , le prophète n’a jamais dit ça par contre il y’a d’autres hadith qui sont relatifs à la science et qui sont authentiques comme celui là : "celui qui prend un chemin à la recherche d’une science , Dieu lui facilite -à cause de cela- un chemin vers le paradis" A bon entendeur
Bravo ! Même si je trouve encore le propos un peu convenu (le sexe hors des "corps mariés", ça existe, surtout pour les musulman(e)s on occident !), tout cela est franchement bienvenu à une époque où l’Islam est perçu comme une religion sexuellement répressive.
Historiquement, c’est assez ironique, car Montesquieu et les auteurs occidentaux classiques accusaient les "Turcs" d’être de vrais obsédés sexuels, face à la "retenue" chrétienne... Comme quoi les accusations changent du tout au tout !
Merci pour ce livre qui apportera sûrement une utilité aux musulmanes et aux musulmans qui se posent des questions sur le sujet. J’aimerais toutefois faire deux remarques sur cette introduction de l’auteure :
1° Pour apprendre à marcher faut-il se munir d’un manuel théorique au préalable ? En effet, le cheminement à deux au sein du couple - avec toute l’attention que se doivent entre eux les époux musulmans (les versets coraniques et les hadiths sont précis et très explicites) - est, comme souvent, la plus belle partie : car c’est le voyage qui donne la saveur de la destination. Or, s’agissant très expressément ici d’expressions physiques et sensorielles, il faut au contraire savoir savourer ensemble la découverte par l’autre et pour l’autre à la recherche d’un épanouissement mutuel : et en la matière, plus le cheminement est long, meilleur est le voyage et plus agréable encore est la destination ; toute en surprise et en redécouverte sensorielle.
2° Dans le même sens et c’est ma deuxième réserve, je suis très loin de partager le procès d’intention de l’auteure qui considère qu’au sein de la communauté musulmane, une majorité de croyantes et de croyants aurait quelque souci et frustrations à associer Islam et sexualité ; car en effet, je doute qu’une étude sérieuse ait été conduite sur le sujet sachant la pudeur toute vertueuse (et non pas le tabou !) qui anime les croyantes et les croyants sur le sujet en dehors de l’intimité du cadre conjugal (conformément au hadith : « Il est parmi les sagesses de la plus haute antiquité, celle-ci : si tu n’as pas de pudeur, fais ce qu’il te plaît ! ») . En second lieu, ce procès d’intention s’appliquerait plutôt à nos sociétés occidentales dans lesquelles la frustration sexuelle a été longtemps et effectivement entretenue par l’Eglise - car, de facto, ses représentant(e)s autorisé(e)s en étaient totalement exclu(e)s par leurs propres voeux de chasteté. De telle sorte que dans les sociétés occidentales l’impudeur libertaire - en tant que seule issue alternative ici et au même titre que la laïcité concernant la vie sociétale au sens général - a pu faire facilement florès sous toutes ses formes - en littérature pour le moindre mais en grande déviance des moeurs et des pratiques pour le pire (de l’impudeur vestimentaire tentatrice à l’adultère régulier et sereinement assumé). En d’autres termes, dans les sociétés qui ont encore su préserver le sens civilisationnel véritable, et en particulier pour l’Islam, nous pourrions dire que la pudeur est à la vertu ce que la clé est à la porte : sans sésame, nul trésor ...
Bon profit néanmoins pour les lecteurs et les lectrices de l’ouvrage.
Salutations fraternelles,
Djamel Dabeldi
réponse a la question :
"une majorité d’hommes musulmans ne respectent guère cette prescription" D’où tirez vous cette information ?
Merci Amira Nassi pour cet ouvrage qui va contribuer à vaincre nos ignorances sur la question mais également, je l’espère, à pousser les musulmans à briser les tabous qui les empêchent d’avancer. L’ouvrage du Dr. Ahmed Labiadh(Mariage et plaisir selon l’Islam) m’a beaucoup apporté mais je n’en trouvais pas d’autres pour compléter mes conaissances.
ça renforce mon espoir qu’un jour les musulmans oseront se poser les questions qui fâchent pour pouvoir aller de l’avant. Bravo et merci encore !
Merci Amira Nassi de vouloir aborder cette question avec franchise sans donner des gages à ces puritains de l’Islam rigoriste qui dissimule une frustration plus qu’une conviction.
Assalam alaykoum !
Bravo à Amira. Il faut insister sur la ’Métaphysique du Sexe’ - c’est le titre d’un des ouvrages les plus connus de Julius Evola que tout Musulman devrait lire. Le Sexe est avant tout le désir d’un homme et d’une femme d’effectuer ensemble la remontée vers les sphères célestes, le reste n’est que secondaire et accessoire. ’Allez chercher la science fût-ce jusqu’en Chine’ (Mohammed Rasoul Allah). Toute une littérature chinoise existe sur la question.
Je repose ma question qui semble gêner :
Une petite question. L’Islam recommande une "virginité" avant le mariage aussi bien de la part des hommes que des femmes. Or, une majorité d’hommes musulmans ne respecten guère cette prescription, quand il est impérativement exigé des femmes une virginité totale. N’est-ce pas ici une profonde hypocrisie acceptée et tolérée par les sociétés "musulmanes" !
« Il fallait oser relier l’Islam à la sexualité et à la féminité. On avait jusqu’alors, pris l’habitude de réunir ces mots pour mieux les opposer. »
Si les ignorants et les islamophobes opposent ces « conceptes » avec l’Islam, c’est surtout parce que pour l’occident décandante, sexualité et féminité signifient « débauche » et « dépravation ».
Bravo à toi Amira Nassi ! Certes ceci va incommoder sûrement plus d’un Musulman , certes aussi tu vas t’attirer des vindictes des autres , néanmoins , c’est un thème qui dans le silence fera des ravages dans la maison des Muslims . Expliquons , éduquons les , faisons leur comprendre que la femme n’est pas une bête , qu’elle a ses besoins et que l’homme n’est pas cette machine qui fait mal et que l’on craint trop ! Y’a des plaisirs charnels à partager , et du bonheur , y’a l’équilibre moral et biologique , y’a aussi ces machins ( cette mécanique mâle et femelle ) qui doit fonctionner , donner et procréer . Merci à toi ... Taoufik d’alger
Une petite question. L’Islam recommande une "virginité" avant le mariage aussi bien de la part des hommes que des femmes. Or, une majorité d’hommes musulmans ne respecten guère cette prescription, quand il est impérativement exigé des femmes une virginité totale. N’est-ce pas ici une profonde hypocrisie acceptée et tolérée par les sociétés "musulmanes" !
tres bien j’espere qu’il faut bien savoir depasser les prejuges religieux qui font de l’islam un ensemble de dogmes auquel on ne porte pas du tout debat...preuve d’une malveillance de l’esprit nombreux en effet sont ceux des parents qui occultent carrement cette education sexuelle chez leurs fils choses qu’ils apprennent d’eux meme a une age extraordinairement suspect...j’estime que c’est ici toute la force de notre faiblesse...et je te remercie
salam
Merci AMIRA pour cet excellent travail...j’ai lu votre livre avec intérêt et espère voir vite le TOME 2
Il n’y a pas assez de livres sur ce sujet, ni en arabe ni en français.
J’ai pas mal de questions aussi je les ai postées sur votre blog.
