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Le Cheikh Bachir El Ibrahimi : le combat pour la personnalité algérienne (2/2)
jeudi 11 juin 2009 - par Nadjib Achour
Le Cheikh Bachir El Ibrahimi au Machreq : l’Algérie à l’honneur Dans un article publié dans la revue « le jeune musulman » le 26 mars 1954, Atallah Soufari fit le bilan des deux années que le Cheikh Bachir El Ibrahimi passa en Orient. Il rendit hommage au Cheikh qui de part son entreprise avait permis de rétablir les relations entre l’Orient et le Maghreb musulman. Le rideau de fer que la France avait établit entre l’Algérie et le monde arabe, tombé. Atallah Soufari écrivit « Notre pays qu’on ignorait ou qu’on considérait comme perdu pour l’Islam, comme une seconde Andalousie, est aujourd’hui connu de nos frères »[1]. Celui-ci pour illustrer la force de son argument d’une Algérie vivante renouant avec ses racines historiques convoqua le témoignage de Saïd Qotb : « L’histoire de l’Algérie montrera aux désabusés, aux hésitants, aux faibles de tout le monde musulman que rien ne tuera la vitalité qui remplit le corps de notre patrie et que ce corps porte en lui la semence de la vie qui ne meurt jamais. Cette histoire apportera à tous ceux qui luttent dans le monde entier un souffle puissant d’espérance ardente dans sa libération »[2]. Le périple effectué en Orient par le Cheikh El Ibrahimi répondit à deux impératifs. Celui pressant de faire connaître au monde arabo-musulman le drame vécu par les populations du Maghreb vivant sous le joug du colonialisme français, et de renforcer, de consolider les liens unissant l’Algérie au Machreq, et à la sphère islamique. L’objectif était de faire savoir que l’Algérie grâce à l’action de l’Association des Oulémas avait réintégré le monde musulman dont elle avait été exclue par le colonialisme[3]. Le Cheikh se rendit tout d’abord au Pakistan pour participer au congrès islamique mondial. Il fut reçu par des officiels pakistanais dont le Gouverneur général du Pakistan Ghulam Mohamed, et son premier ministre Hadj Khwaja Nazimudin auxquels il exposa les problèmes que connaissait le Maghreb, sans oublier d’évoquer le sort de l’Islam et de l’enseignement de la langue arabe dans une Algérie colonisée. Il exposa à son homologue pakistanais Abdelhamid El Badabouni, le combat que menait l’association des Oulémas pour la renaissance islamique. Lors de ses multiples rencontres avec le peuple pakistanais, conscient de sa diversité religieuse, il invita celui-ci à ne point sombrer dans des querelles sordides, portant atteinte à l’unité islamique, et qui faisaient le jeu du colonialisme. Il ne cessait de rappeler aux foules venus l’écouter, le célèbre vers du père de la nation pakistanaise Mohamed Iqbal « cessons nos querelles entre partisans d’Othmane et d’Ali et retournons à Mohamed »[4]. La suite de son périple devait l’emmener en Irak où il fut accueilli par le Cheikh Souwaf leader de l’Association de la Fraternité musulmane affiliée au puissant mouvement des Frères Musulmans d’Egypte. Tout comme au Pakistan, il s’évertua à sensibiliser l’opinion publique irakienne au combat mené par les nationalistes Maghrébins, il parvint à séduire, à charmer de part son éloquence, son auditoire. La foule venue l’acclamer après l’un de ses prêches à la grande mosquée de Mossoul s’écria « Qui n’a vu Djamal Eddine El Afghani, Mohamed Abdou et Rachid Ridha, retrouvera en Bachir El Ibrahimi la flamme de Djamal Eddine et sa philosophie, la foi d’Abdou et ses idées réformistes, la science de Rachid et son éloquence »[5]. Il visita les villes saintes irakiennes, Nadjaf, Kerbala et Koufa et eut de nombreux entretiens avec les dignitaires religieux chiites notamment le Cheikh Hussein Kachef El Aghitaa. Son discours fut similaire à celui tenu au Pakistan : l’unité autour d’un même message face au colonialisme. Il termina son séjour Irakien par une conférence au Nadi El Bath El Arabi où il intervint sur l’Islam et le nationalisme arabe. Mais l’essentiel de ses activités se concentra en Egypte où le Cheikh décida de se fixer. Car Le Caire fut grâce à la révolution des Officiers Libres de juillet 1952 la capitale du monde arabe libre, Taleb Ibrahimi écrit dans ses mémoires qu’elle était devenu « le phare du monde musulman »[6]. Les dernières années de règne du Roi Farouk avaient certes vu la création en 1947 d’un Bureau du Maghreb arabe qui réunissait les trois grands partis nationalistes maghrébins : le Néo-Destour, l’Istiqlal et le PPA. Peu après, Le comite de libération du Maghreb Arabe se constitua et fut placé sous l’égide du héros de la guerre du Rif, l’Emir Abdel Krim El Khattabi. Mais ces structures étaient vouées à l’inactivité en raison des agissements d’un pouvoir monarchique jugé trop complaisant à l’égard des puissances occidentales. La révolution égyptienne imposa une rupture avec l’ordre ancien. Les « Officiers Libres » hanté par la défaite de Palestine étaient beaucoup plus enclin à soutenir les mouvements de libération nationale existant dans le monde arabe, le Colonel Néguib déclarait « le monde arabe s’est réveillé et ne s’endormira plus jamais »[7]. C’est dans la capitale égyptienne que se côtoya l’essentiel des cadres des mouvements nationalistes arabes en lutte contre le colonialisme. Le Cheikh y rencontra entres autres Allal El Fassi leader de l’Istiqlal, L’Emir Abdel Krim El Khattabi, Mohieddine El Klibi du Vieux-Destour, Salah Ben Youcef et Mohamed Badra du Néo-Destour, Hadj Amine El Husseini, Muphti d’El Qods…un vent d’espoir suscité par la révolution égyptienne soufflait sur le monde arabe. Le recteur d’El Azhar, le Cheikh El Khadra Hussein, d’origine tunisienne, se fit le porte- voix des attentes des militants maghrébins dans un manifeste intitulé « les musulmans au secours de leurs frères nord-africains ». Celui-ci déclara « Le sang de vos frères en Islam vous appelle des frontières occidentales de la Lybie jusqu’aux plus lointaines montagnes de l’Atlas pour dénoncer l’oppression et mettre fin à la tyrannie qui leur refuse leurs droits d’hommes et de citoyens. Le moins que l’on puisse attendre aujourd’hui d’un musulman pour remplir son devoir sacré est qu’il s’abstienne de toute collaboration avec les oppresseurs de nos frères nord-africains, qu’il boycotte avant toute chose leurs écoles et leurs instituts »[8]. Les membres du PPA présents au Caire, tels Chadly El Mekki, Mohamed Khider, Ben Bella, ainsi que les Oulémas profitèrent des tribunes que leur offraient les officiers libres pour défendre la cause algérienne. Le siège des Frères Musulmans constituait aussi un point de passage incontournable pour les militants algériens. Bon nombres des futurs cadres de la Révolution algérienne précités fréquentèrent les Frères Musulmans, qui étaient les principaux acteurs politiques de la scène égyptienne, sans lesquels la révolution de juillet n’aurait jamais vu le jour. A cette époque, nombreux étaient les cadres nationalistes du PPA qui furent emplis d’admiration pour le mouvement de Hassan El Banna, au point que certains d’entre eux à l’instar d’Ahmed Bouda et de Mohamed Lamine Debbaghine[9] étaient pour la constitution d’un mouvement analogue en Algérie pour transcender les divergences existantes au sein du mouvement national et radicaliser la lutte contre la présence coloniale française. Tout comme les hommes du PPA, le Cheikh El Ibrahimi noua de solides amitiés avec les cadres des Frères Musulmans auprès desquels il jouissait d’une grande considération. Il fut régulièrement invité au siège de l’association pour animer des causeries religieuses auxquelles assistaient les grandes personnalités de la confrérie : Hassan El Hodheïbi, Abdelkader Awda, Saïd Ramadan, Mohamed El Ghazali…Cette proximité lui fut préjudiciable lorsque les relations se dégradèrent entre Les Frères Musulmans et l’homme fort des Officiers Libres Djamel Abdel Nasser, qu’il tenta jusqu’au bout de réconcilier. Il fut même ; écrit son fils « taxé de mentor du mouvement »[10], ce qui l’amena à ralentir ses activités et ce peu de temps avant le déclenchement de l’insurrection du 1er novembre. Les Oulémas et la révolution algérienne Pendant ce temps, en Algérie, le Cheikh Larbi Tebessi présidait aux destinées de l’association des Oulémas. Le discours des leaders islahistes emmenaient par la nouvelle direction était volontiers plus belliqueux. Dans cette atmosphère de fin d’Empire, les Oulémas s’illustrèrent par des discours où ils en appelaient à la destruction du régime colonial. A Oran le 20 février 1954 Cheikh Larbi Tebessi clama en public « le jour viendra où la France sera obligée de partir [ …] tous les musulmans doivent s’unir pour atteindre ce but »[11]. A Constantine lors d’une cérémonie de remise de diplôme qui se déroula le 7 août 1954 à la maison de l’Etudiant, le Cheikh Ahmed Hamani prononça un virulent discours où il fit le procès du colonialisme et affirma qu’était venue la fin du temps des palabres. Il estima que le peuple algérien était désormais prêt à recouvrer son indépendance. Le Cheikh Hamani déclara : « après vingt années d’attente, d’espoir et de déception, l’association des Oulémas renonce aujourd’hui à tout compromis avec l’autorité pour le règlement de la question du culte musulman […] ce problème ne sera finalement résolu que dans la liberté et l’indépendance de l’Algérie »[12] De passage à Nedroma, le 3 septembre 1954, le Cheikh Abbas Bencheikh El Hocine tint un discours plus que prémonitoire à deux mois du début de l’insurrection du 1er novembre « Ne croyez pas que l’Algérie dort actuellement ; elle lutte, mais secrètement comme ont lutté la Tunisie et le Maroc. D’ici peu, dans un mois ou deux, en tout cas avant un an, elle se lèvera aussi comme tous les pays arabes. Votre plus grande obligation est d’y contribuer largement avec votre argent »[13]. A l’instar des autres formations du mouvement national, les Oulémas furent décontenancés par le déclenchement de la lutte armée orchestrée par le FLN et optèrent pour un prudent attentisme. Le Cheikh Foudhil El Ourtilani, alors au Caire, rompit le silence de l’association des oulémas. Il fit publier au nom de l’association réformiste dans le quotidien égyptien « Al Qahira » daté du 10 novembre un appel « aux insurgés héroïques d’Algérie et du Maghreb ». Celui-ci exalta la révolte bénie en affirmant qu’accepter le colonialisme est une impiété puis il ajouta « La France ne vous a rien laissé ni dans le domaine spirituel, ni dans le domaine temporel. De vos habous saisis, il n y a plus trace. Vos mosquées sont devenues des églises et des services publics. Vous avez été spoliés de vos meilleures terres. Vos aspirations ont été annihilées, votre honneur humilié, et la France a répandu à flots le sang de vos enfants dans des guerres colonialistes et criminelles. Hommes libres d’Algérie, combattants de tout le Maghreb arabe, sachez que le djihad qui vous délivrera de l’asservissement est pour vous une obligation sacrée imposée par votre religion, votre patriotisme et votre virilité »[14]. Les Oulémas étaient sentimentalement acquis à la révolution algérienne, mais l’engagement et le ralliement en sa faveur étaient toujours le fait d’individualité à l’instar de Brahim Mezhoudi qui devint officier supérieur de la Wilaya 2 ou le Cheikh Derdouri Belkacem tôt recherché par les autorités coloniales. La jeunesse étudiante des oulémas prit fait et cause pour le FLN et beaucoup prirent le maquis. Le Cheikh Larbi Tebessi, qui selon Ali Kafi était « le plus disposé à comprendre la révolution et à lui apporter son soutien »[15] en raison de ses convictions, entra en contact avec le FLN courant 1955. Des rencontres eurent lieu entre Abbane Ramdane, le Cheikh Larbi Tebessi et Kheirredine au domicile familial du Cheikh El Ibrahimi à Kouba. Le 20 janvier 1956 l’organe El Bassaïr précisa la position de l’association relative à l’insurrection « La rébellion ne cessera que si l’Algérie devint une nation libre, le Gouvernement Français s’engageant à respecter les aspirations du peuple algérien à la dignité et à l’indépendance. Le dialogue devra s’engager avec les combattants qui supportent seuls tous les fardeaux, ou avec leurs représentants légitimes. Aujourd’hui la parole est à ceux qui combattent, et non à ceux qui fréquentent les salons »[16]. Le 12 février de la même année, le Cheikh Larbi Tebessi fit part une nouvelle fois lors d’une conférence de presse, de la position de l’Association relative au conflit sévissant en Algérie. Cela ne pouvait se résoudre que par « la création d’un Etat algérien indépendant et démocratique où quiconque fut-il non musulman, puisse être porté à sa tête. Les évènements d’Algérie n’opposent pas Musulmans et Chrétiens, ni Africains aux Européens, c’est un Conflit entre opprimés et colonialistes. Pour mettre fin à la situation actuelle, la France doit admettre le principe d’une Algérie indépendante et négocier directement avec les chefs du FLN »[17]. Au même moment, le Cheikh El Ibrahimi scella définitivement le destin des oulémas à celui du FLN. Il déclara que l’association devait dans la mesure de ses moyens, participer à la lutte. L’engagement des Oulémas en faveur de la révolution s’accentua, les activités politiques et militaires prirent le pas sur les activités culturelles. Le réseau des médersas et des mosquées sous obédience oulémas servaient de lieux de propagande et faisaient partie intégrante de la logistique de soutien au FLN. En Octobre 1956, le comité directeur de l’association adressa à tous les chouyoukhs responsables une circulaire portant le cachet du FLN les invitant à soutenir d’une façon effective et totale la lutte menée pour l’indépendance de l’Algérie. Ces derniers étaient libres de s’engager au sein de l’ALN ou du FLN. En plus de fournir des combattants, comme le futur colonel Chaabani, l’association fut pourvoyeuse d’imams, de cadis, de commissaires politiques officiant dans le maquis à l’instar du Cheikh Naïmi Naïm, du Cheikh Bentama Salah ou encore du Cheikh Lalaoui Youssef. Faisant partie intégrante du dispositif politique et militaire du FLN qu’elle rallia, l’association des Oulémas ne fut pas épargnée par la répression. Les autorités coloniales françaises frappèrent la tête de l’association en faisant enlever le Cheikh Larbi Tebessi, dont on ne retrouva jamais le corps, Ahmed Bouchemal et Lamine lamoudi, eux aussi compagnons de la première heure du Cheikh Ben Badis, furent assassinés. Elles procédèrent à l’exécution du secrétaire de l’institut Ben Badis, l’écrivain Ahmed Réda Houhou, ainsi que des cadres enseignants, tel le Cheikh Djaffer El Adwi considéré en raison de son éloquence comme le second Ben Badis, et le poète Rabi Bouchama. D’autres, comme le Cheikh Saïd Salhi et le Cheikh Ahmed Hamani connurent la prison et les camps d’internements. Le testament politique du Cheikh El Ibrahimi Le triomphe de la révolution algérienne sonna l’heure du retour pour le Cheikh El Ibrahimi après plus de dix années passées en exil, mais déjà en coulisse les divers clans commencèrent à s’affronter pour l’obtention du pouvoir lors de la crise de l’été 62. Bachir El Ibrahimi fut sollicité par l’homme fort des services de renseignement Egyptien, Fathi Dib, afin d’appuyer Ben Bella contre le GPRA de Ben Khedda ; le Cheikh rejeta sa proposition arguant que « tous les protagonistes de cette crise algérienne étant mes enfants, je ne puis prendre position pour l’un contre l’autre. Si j’ai un mot à dire, à mon âge et dans ma position, c’est un appel à l’unité des rangs pour sauver l’Algérie d’une fracture funeste »[18]. Le Cheikh Bachir El Ibrahimi rentra en Octobre 1962, dans une Algérie indépendante dirigeait par le groupe de Tlemcen structuré autour du tandem Ben Bella-Boumediene et débarrassé de leurs rivaux du GPRA et du groupe de Tizi-Ouzou qui réunissait Krim Belkacem et Mohamed Boudiaf. Le succès du groupe de Tlemcen ne mit nullement fin aux tensions politiques existantes. Le pouvoir de Ben Bella était ouvertement contesté, par divers acteurs qui ne supportaient pour diverses raisons l’orientation que prenait l’Algérie. L’année 1963 fut marquée par la dissidence de nombreux politiques. Mohamed Khider démissionna du Secrétariat Général du FLN. Celui-ci échoua dans son entreprise de constituer un contre poids efficace, face à un exécutif autoritaire. Ferhat Abbas fit de même et démissionna de son poste de Président de l’Assemblée nationale pour protester contre « la soviétisation de l’Algérie »[19], Aït Ahmed prit le maquis pour signifier son refus du pouvoir personnel de Ben Bella. La contestation exista même au sein des rangs de l’armée. Le jeune colonel Chaabani, ancien commandant de la Wilaya 6, s’opposa ouvertement au tandem Ben Bella-Boumediene dont il réprouva non seulement la gestion du corps militaire mais aussi ses options idéologiques. Nombreux furent les anciens cadres de l’association des Oulémas à condamner le socialisme démagogique dont s’était vêtu le régime de Ben Bella. Taleb Ibrahimi, évoque les principaux griefs dressés à l’encontre du dirigeant algérien d’alors : « un discours fastidieux et insipides sur le socialisme, des nationalisations intempestives et parfois ridicules (comme celles des salons de coiffure), l’ouverture des Magasins Pilotes Socialistes, l’autogestion agricole qui fait fuir tous ceux qui aiment réellement la terre, une répression qui frappe tout élément qui ne fait pas preuve de collaborationnisme voire de servilité »[20]. Ce qui restait de l’association des Oulémas se fractionna et trois pôles firent leur apparition. Le premier emmené par Ahmed Tewfik El Madani qui se reconnu et s’identifia aux objectifs politiques déterminés par Ben Bella, et auquel fut attribué le ministère des affaires religieuses, le second qui accepta silencieusement son reclassement au sein des instances éducatives, et enfin le troisième structuré autour de la personne du Cheikh Bachir El Ibrahimi qui s’opposa à Ben Bella. Le Cheikh sortit de sa réserve le 16 avril 1964, jour anniversaire de la mort du Ben Badis et rédigea un mémorandum fort critique à l’égard du régime de Ben Bella. Le Cheikh écrivit « Dieu m’a accordé la grâce de vivre jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. Ce jour là, je pouvais affronter la mort, l’âme en paix car il me semblait transmettre le flambeau du combat pour la défense du véritable Islam et la renaissance de la langue arabe, combat qui fut la raison de ma vie, à ceux qui prenaient en mains les destinées du pays. Je décidai en conséquence, de garder le silence. Aujourd’hui anniversaire de la mort de Ben Badis, je me vois contraint de rompre le silence car l’heure est grave : notre pays glisse de plus en plus vers une guerre civile inexpiable, une crise morale sans précédent et des difficultés morales insurmontables. Les gouvernants ne paraissent pas réaliser que notre peuple aspire avant tout à l’unité, à la paix, à la prospérité et que leurs fondements théoriques de leur action, doivent être puisés non dans les doctrines étrangères mais dans nos racines arabo-islamiques L’heure est venue où les responsables doivent donner l’exemple du sacrifice, où seules la probité et la compétence doivent entrer en ligne de compte, où l’intérêt général doit primer. L’heure est venue de revaloriser le terme, si galvaudé, de fraternité et de retourner au principe de la consultation si cher au Prophète. L’heure est venue enfin de sonner le rassemblement de tous les enfants de l’Algérie afin qu’ils bâtissent ensemble une Cité de justice et de liberté, une Cité où Dieu aura sa place »[21]. Le Cheikh fidèle à la doctrine islahiste se fit le défenseur de l’authenticité culturelle algérienne qui devait demeurer le socle de l’édification de l’Algérie indépendante. Il fit ainsi écho aux craintes qui furent formulées dans la foulée par des intellectuels comme Malek Bennabi ou le docteur Khaldi pour lesquels « l’idéologie d’un peuple ne peut être formulée que par des hommes qui sont pétris par les évènements de son histoire »[22]. Rejetant la nouvelle tutelle qui s’exerçait sur l’Algérie et qui la menaçait dans son être, le Cheikh El Ibrahimi percevait le drame des peuples musulmans nouvellement indépendant qui se devaient de répondre aux défis imposés par l’Impérialisme des deux blocs en posant les jalons d’une alternative civilisationnelle qui permettrait de tourner définitivement la page de la colonisabilité tant évoquée par le penseur précité Malek Bennabi. La réplique ne tarda pas Ben Bella décida tout d’abord de s’entretenir avec le Cheikh. Lors d’une visite à son domicile, il lui rendit hommage et s’évertua à louer le combat initié par les Oulémas, combat que son gouvernement s’efforçait de poursuivre. Ce à quoi le Cheikh répondit « Tant que tu seras sur la voie de l’Islam et de l’arabité, je suis avec toi, si tu en dévies, je serai contre toi »[23].Néanmoins, peu de temps après, le Cheikh El Ibrahimi, malgré son âge, fut assigné à résidence. La répression s’abattit sur tous les opposants au régime de Ben Bella, Ferhat Abbas fut arrêté et déporté dans le sud algérien à Adrar, les fils du Cheikh Ibrahimi furent aussi arrêtés et emprisonnés. Le Colonel Chaabani connut un sort encore plus tragique, arrêté, il fut jugé lors d’une parodie de procès et sommairement exécuté. Le Cheikh se refusa à demander, pour lui ou sa famille, tout traitement de faveur qui était conditionné par une visite au Président Ben Bella. Sa santé déclina brutalement et il s’éteignit le 20 mai 1965. Plus de 200 000 personnes accompagnèrent la dépouille du Cheikh El Ibrahimi. Le peuple algérien de par sa présence tenait à rendre hommage à celui qui pendant quarante cinq ans durant n’a eu de cesse de lutter pour la défense de la personnalité algérienne, et qui affronta successivement le colonialisme français ainsi que les dérives autoritaires du régime politique de Ben Bella. [1] Soufari Atallah « l’Algérie à l’honneur » in le Jeune musulman N° 29, 21 radjab 1373/ 26 mars 1954 , Cet article est une réponse aux propos tenus par l’écrivain Egyptien Ziat qui lors d’un séjour à Bagdad déclara « Le peuple Algérien à l’instar du peuple andalous, a perdu le sens de son origine ». [2] Ibid., Soufari Atallah [3] Voir à ce propos l’article écrit par Ahmed Taleb Ibrahimi dans le premier numéro du jeune musulman qui a pour titre « l’Algérie dans le monde musulman » et daté du 13 ramadhan 1371/ le 06 juin 1952. [4] Taleb Ibrahimi Ahmed « Cheikh El Ibrahimi au Pakistan » in le jeune musulman N°03 du 19 chaoual 1371 / 11 juillet 1952, et N°4 du 03 dhoul qaada 1371/25 juillet 1952. [5] Taleb Ibrahimi Ahmed « Cheikh El Ibrahimi en Irak » in le jeune musulman N°05 du 22 dhoul hijja 1371 / 12 septembre 1952, et N°6 du 06 1372/26 septembre1952 [6] Taleb Ibrahimi Ahmed, Mémoire d’un Algérien, Tome 1 : Rêves et épreuves (1932-1965), op. cit., p 75, [7] Taleb Ibrahimi Ahmed « Le monde musulman en marche » in le jeune musulman N°12 du 16 rabi etthani 1372 / 02 janvier 1953. [8] Ibid., [9] FR CAOM 93/4338 [10] Taleb Ibrahimi Ahmed, Mémoire d’un Algérien, Tome 1 : Rêves et épreuves (1932-1965), op. cit., p 76, [11] FR CAOM 93/4496 [12] FR CAOM 93/4318 [13] FR CAOM 93 /4496 [14] FR CAOM 93/4496 [15] Kafi Ali, Du militant politique au dirigeant militaire. Mémoires (1946-1962). op., cit, p39. [16] FR CAOM 93/4496 [17] FR CAOM 93/4496 [18] Taleb Ibrahimi Ahmed, Mémoire d’un Algérien, Tome 1 : Rêves et épreuves (1932-1965), op. cit., p159 [19] Ibid., p 209 [20] Ibid., 179 [21] Ibid., p181-182 [22] Bennabi Malek, Les grands thèmes, Alger, Borhane, 2005, p 7 [23] Taleb Ibrahimi Ahmed, Mémoire d’un Algérien, Tome 1 : Rêves et épreuves (1932-1965), op. cit., p 183 Mots clésNadjib AchourDu même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article25 juin 2009
ZINEB a dit :
moi,j’en ai ras le bol de toute cette phraséologie,je connais un peuple "Berbère"auquel sont venus se joindre des Arabes et des Juifs puis des Andalous expulsés.Laisse tomber les Français,ils sont rentrés chez eux,point.Mon pays est toujours aussi pauvre ;on s’y paye de mots et c’est tout.
19 juin 2009
Slimane a dit :
Concernant la question qui a souleve tant d’echanges soutenus entre "RENO" et "Cheikh Bachir El Ibrahimi" : je me hazarde a rajouter ce qui suit : Reno, ce qui etonnant est que les reponses a tes questions resident dans tes questions meme (du 11 Juin). Je te repose TES questions : commment pourrait-on expliquer que les "algeriens" acceptent un soit disant envahisseur "Arabe", ou "Ottoman" et par contre rejettent l’occupation soit-elle Francaise ou Romaine ? C’est une enigme a priori. Et c’est bien de remarquer cet dichotomie. En effet, on a affaire ici, a un peuple qui au cours de son histoire passe par ces grandes rencontres historiques avec d’autres peuples/cultures et sa reaction vis-a-vis de cet "autre" est clairement differente selon la nature de cette rencontre. Pour les plus importantes, ces rencontres sont comme suit : 1) Avec les phoeniciens : entente cordial, echange commercial, phoeniciens invites meme a s’installer sur les terres nord-africaines. Un echange culturo-civilisationel s’ensuit et adoption de certaines elements de religion. 2) Qcq siecles plus tard : Les Romains envahissent et colonisent. A part certaines localites limitees aux centres "urbains", les berberes sont en guere continuel avec les romains et cela malgre la Pax Romana et offres de citoyente aux berberes (au point meme ou l’un d’eux deviendra un empereur a Rome meme). Ces querres de guerila sont bien ancrees dans la memoire collective de ce peuple ou de nos jours meme le nom tele que celui de Tacfarinas evoque cette guerilla qui a dure des siecles. 3) Les "arabes" arrivent. A part quelques accrochages qui sont bien documentes par les historiens de l’epoque, il y a meme une adoption de berberes dans les armees de l’Islam pour chasser les quelques instrus (espagnols..) sur les cotes. Les berberes representeront le fort de cette armee qui ramenera l’espagne sous le flambeau islamique. (Les Ottomans - c’est par continuite de cette periode). 4) Colonisation par la France. Cette rencontre est de meme nature que la (2)eme i.e celle des Romains. Les habitants de la region rejettent en bloc cet envahisseur et le combattent farouchement. Malgre sa presence sur leur terre pour plus d’un siecle, ils arrivent a s’en debarasser a la fin.# Ce qui ressort de cette comparison est un simple naratif : 1) Avec les phoeniciens ou les arabes, le contact a ete pour l’essentiel un contact civilisationel. Les berberes ne se sont pas senti imposes. Avec les pheoniciens, ils ont meme adopte quelques deites phoeniciennes. Avec les arabes, ils ont fait de meme et se sont converti volontairement a cette nouvelle religion.... 2) ... sinon, comment expliquer le rejet total de la PAX ROMANA et de la FRANCE avec la faillite preques quasi-total du Christianisme a s’y enraciner ? Un peuple qui a montre son esprit de non-soumission aux Romains a travers des siecles, comment oserait-on dire de lui qu’il a ete subjugue par les arabes et cela en l’espace de quelques annees ? Seule une vision myopique peut mener a une telle fabrication de l’histoire. Et de plus cette meme histoire avec les arabes soit disant "envahisseurs" a du se repeter maintes fois a une grande echelle sur le globe (la perse, les indes, l’indonesie, l’afrique Noire...) Quand meme, les arabes n’etaient pas aussi puissants que cela (militairement ou physiquement). Un tel succes a penetrer autant de cultures, de terres, de royaumes et de nations ne peut etre expliquer qu’en se ramenant a l’apport principal que les arabes ramenaient avec eux : en l’occurence la nouvelle religion i.e. l’Islam. Par la suite, ces peuples se definissaient en premier par leur religion : l’Islam. ET ensuite, par leur ethnicite locale (berbere, turque, ..etc). C’est ce qui permettait aux turques de s’installer en Algerie sans trop de tracas. La notion de "Nation" est originaire d’Europe post-renaissance et remplacait graduellement celle de "peuple" en Europe. Ce qui n’est pas le cas au meme degre ailleurs de par le monde. Ceci, ne peut diminuer en rien l’identite d’un peuple. Il a ses propres notions de definir son espace vital ( ses croyances, ses terres, ses coutumes, et ses amis et ses ennemis). Donc, juste parce que un peuple, a une epoque donne, ne se definissait pas par rapport a des normes europeenes, ne veut point dire qu’il est diminue d’une identite. Cette identite d’"Algerie" n’a peut etre pas ete utilisee comme telle pour designer cette Nation (un terme etranger sauf pour l’Europe ), mais n’en demeure qu’en essence et en tout ce qui importe, cet Peuple se reconnaissait toujours. Au fait,... tellement qu’il a su chasser ceux qu’il jugait comme un corps etranger parasitaire comme : les Romains, et plus recemment la France. 15 juin 2009
Reno a dit :
Bachir : Aucune nation dans le monde ne s’est constituée il y a des millénaires. L’Algérie serait bien la seule dans ce cas.
15 juin 2009
Djamiliberty a dit :
Ben Bella n’est pourtant pas resté longtemps au pouvoir. Ceux qui l’ont mis dehors par contre sont toujours là, ou leurs descendants... Depuis combien d’années ? L’Algérie n’est pas un pays où le peuple décide de son sort librement.
15 juin 2009
Reno a dit :
Pas d’importance Il faudrait faire un peu d’histoire : les Français remplace les Ottomans en Algérie à partir de 1830. La chute de l’Empire Ottoman est la conséquence de sa défaite (avec l’Allemagne surtout et de l’Autriche-Hongrie) en 1918. Avez-vous entendu parler de la première guerre mondiale ? Ca nous fait 88 ans de différence mais rien ne semble vous étonner. 15 juin 2009
Le Cheikh Bachir El Ibrahimi a dit :
Reno, Votre humour me laisse froid. L’Algérie telle qu’on la connait aujourd’hui est nouvelle, mais la nation algérienne existait bien avant la France de quelques millénaires seulement. Vous savez je suis kabyle d’origine, donc l’histoire de la colonisation arabe ne joue pas avec moi, je ne nie que les arabes ont eu leur lots de massacres et toutes les horreurs qui vont avec. Mais je vous pose une question à mon tour : Pourquoi 5 siècles de présence romaine n’ont pas christianisé tout le maghreb (ou l’Afrique du nord, comme préfère le dire mes frères kabyles qui sont vous mon cher Reno). Mais seulement quelques décennies ont suffit à islamisé tout le Maghreb ? il ya eu très peu d’arabes mais les berbères sont se arabisé. Pour l’Islam, toujours vous parlez avec préjugé. Je suis musulman, je suis né musulman, je mourrai musulman inch’Allah, mais si vous croyez que je suis musulman par ce que dans la famille on l’est , vous vous trempez complètement. mais comme je n’ai nullement envie de parlez de mon islamité avec vous, je passe. je suis musulman par conviction mon cher, j’ai grandit ici, j’aurais pu choisir d’autres chemins mais j’ai choisi celui d’être musulman comme vous qui avez choisi d’être athée. mais à votre différence j’accepte que vous soyez différents de moi mais vous vous n’acceptez pas que je soit différent de vous. Toute la nuance est là. Vous dites : ‘’ Allons de l’humour : nous parlons de choses qui ont été terribles et seul l’humour convient pour parler de choses terribles.’’ Pour vous répondre Je citerai kateb Yacine, il disait que nous autres algériens on croyait avoir un subconscient commun . 15 juin 2009
Reno, quels que puissent être la nature des problèmes que vivent ou pourraient vivre les Algériens, le seul souvenir de leur combat contre le joug colonial restera à jamais le plus grandiose des accomplissements. Nous en sommes très fiers.
14 juin 2009
Reno a dit :
Très bien Bachir. L’Algérie est un état créé récemment. Après l’indépendance. Prouvez-moi le contraire. Auparavant, il n’y a jamais eu d’unité nationale. Les différentes occupations du pays ne l’ont pas permis, mais Bachir, c’était comme ça partout. Comme quoi les envahisseurs laissent toujours quelque chose dans la tête des gens qu’ils colonisent. Ils changent même la société toute entière. Je ne pense pas que vous l’accepteriez maintenant. Vous êtes musulman ? Vous pourriez être chrétien, juif, boudhiste, indouhiste... selon les invasions successives. Le seul moment où l’Algérie a voulu se constituer en état et revendiquer son indépendance, ça s’est passé durant l’occupation française, période exécrable dit-on... mais les envahisseurs musulmans ont fait la même chose auparavant. L’ancienneté excuse tout. Et les Turcs ont parfois manqué de tendresse, cher Bachir. Allons de l’humour : nous parlons de choses qui ont été terribles et seul l’humour convient pour parler de choses terribles. Cordialement. 14 juin 2009
malcom a dit :
l’algerie est un pays la france est un pays qui cherche a savoir quel est le meilleur pays ?,le Cheikh Bachir El Ibrahimi a fait ce a quoi dieu le tres haut a poussez a faire et il l’a fait son combat,chapeau pour cet homme d’une poigne de fer et d’une foi tres ferme,nous on blablate et on ne change pas la france d’un poil c’est surtout qu’on s’y sent bien qu’on a pas envie quelle change.des hommes comme ce sheikh (que son ame soit en paix) faudrait qu’il en surgise encore pour des changement pour du serieux
13 juin 2009
Cheikh Bachir El Ibrahimi a dit :
Reno A parler de l’Algérie indépendante, il y a quoi se désoler clairement. Mais l’Algérie n’est pas un cas unique, tous le pays nouvellement indépendants se sont éloignés des idées fondatrices de leurs révolutions. Sur ce point, je ne peux qu’être d’accords avec vous(malheureusement), car le peuple algériens a de quoi être fier au vu de sa révolution, malheureusement détournées de ses objectifs. Mais comme on dit : la Révolution, est Pensée par des Génies, Exécutée par de Braves, mais qui en Profite à Traîtres. 13 juin 2009
Najelk a dit :
Meziane Préfèrez-vous vivre dans le système français ou dans le système algérien ? Répondez clairement. 13 juin 2009
Reno a dit :
Cher Bachir, je vous ai répondu il y a quelques heures mais j’attends que le site publie... On verra...
13 juin 2009
Reno a dit :
Méziane Longtemps après l’indépendance, il est évident que l’Algérie est plus riche et surtout plus libre. Comme les Français ne cherchent pas à émigrer vers un tel paradis, et que c’est l’inverse, il doit y avoir un petit problème. Depuis 1963, on pourrait peut-être se poser des questions, alors posez-les vous. 13 juin 2009
Reno a dit :
Au bout de 46 ans d’indépendance, l’Algérie est-elle heureuse ?
13 juin 2009
Méziane a dit :
A chacun son époque, le jour de l’entérrement du Cheikh.Houari Boumédienne me disait,son combat contre l’impérialisme est impérissable,sa fidélité constante aux valeurs de l’islam incarne en lui la sagesse,le respect et l’admiration,son attachement à son pays,au peuple Algérien et à son indépendance resteront gravés dans la mémoire des hommes.De générations à générations ses souvenirs surviront pour toujours.
13 juin 2009
Cheikh Bachir El Ebrahimi a dit :
@Reno, merci pour le conseil, mais pour stimuler mon cerveau, j’ai mon travail, et Dieu merci il me donne de quoi m’occuper. à vous lire, on a l’impression que vous contredisez tout le monde juste pour le fun. vous avez une telle haine du fait religieux, que vous prenez les autres pour des demeurés. j’espère pour vous, que vous ne croyez pas ébranler un tant soit peu notre foi avec vos contradictions. j’accepte que les autres soient athées, acceptez pour votre compte qu’on soit croyants. 12 juin 2009
Reno a dit :
Bachir On n’est pas là pour se taper dessus et avoir raison. Je suggère une chose, c’est de vérifier tout ce qu’on dit et ceci est facile sur Internet. On tape et on lit, MAIS de préférence en comparant les différents articles provenant de différentes sources. Ce n’est pas dans le Coran, la Bible ou les Evangiles. Il faut se renseigner. Les religions n’aiment pas trop, ça nuit à la croyance... Ne nous formalisons pas que l’Autre ne pense pas la même chose : le tout est de réfléchir, et ! surtout ! de le faire avec des gens qui pensent d’une façon différente. Quand on ne voit, chaque jour, que des gens qui pensent la même chose : le cerveau n’est plus stimulé. Où est l’échange d’idées ? Il suffit d’apprendre par coeur. 12 juin 2009
Reno a dit :
La censure est-elle un moyen de défense quand on ne peut pas argumenter ? D’avoir raison ? Je viens encore de me faire censurer.
12 juin 2009
Le Cheikh Bachir El Ibrahimi a dit :
Pas d’importance, je suis partiellement d’accord avec toi. effectivement ce sont les algériens qui les ont appelé, mais les ottomans sont devenus conquérants après les l’époque des frères Barberousse. mais l’Algérie avait effectivement une grande marge de liberté. pour Reno, je préfère qu’on s’ignore cordialement, je ne suis pas du genre à me laisser taper sur les nerfs sans réagir. 12 juin 2009
Reno a dit :
Ca n’a pas d’importance car vous semblez jongler avec les siècles et les événements comme ça vous arrange. L’islamisation du Maghreb se fait à la fin du 7e siècle, dans la foulée de l’expansionisme arabe. Les Français arrivent au 19e. Extrait de Wikipedia (tapez Algérie) en ce qui concerne l’invasion arabe : La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraine la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 665 et 708. De 644 à 656, la première tribu berbère algérienne à se convertir à l’Islam fut les Maghraoua. Leur chef, Ouezmar Ibn Saclab, fut sollicité par le Calife Uthman ben Affan à embrasser la religion musulmane [31] , [32]. Les Maghraouas se convertissent en masse à la nouvelle religion lors du retour de leur chef. En 665, [les Omeyades lancent leur première attaque sur le Maghreb ]. Cet assaut est sans lendemain. C’est en 683 que Oqba Ibn Nafaa entreprend la conquête. Si la résistance des Byzantins les arrête peu, il en va différemment de celle des Berbères. Par contre, les Maghraoua s’allient au tour des Omeyades dès le début." (il y avait dèjà des collabos à l’époque). Passons quelques siècles : "En 1556, les Ottomans attaquent les Zianides et prennent Tlemcen [52]. Le frère aîné de Khayr ad-Din Barberousse tue les derniers rois Zianides en les noyant dans l’eau au XVIe siècle." Cher ami, Arabes et Ottomans semblent être arrivés au Maghreb, le Coran dans la main gauche et le sabre dans la main droite. Peu avant l’arrivée des Français, les habitants de l’Algérie luttent contre la présence ottomane : reportez-vous à Internet. Je suis d’accord que l’Algérie a été envahie par les Français, mais elle l’a été auparavant par les Arabes et les Turcs ottomans. Seuls les Marocains parviennent rapidement à se débarrasser des Arabes tout en gardant la religion, facteur d’unité. Quand vous mettez quelque chose en doute, par prudence, allez vérifier ce que vous dites, cher ami. Vous avez été tellement digérés par la conquête musulmane que vous êtes devenus de bons Musulmans. Félicitations. 12 juin 2009
Pas d’importance a dit :
Les Ottomans étaient musulmans et ce sont les Algériens qui les ont appelés pour les protéger des attaques incessantes des occidentaux. Ce n’est qu’au moment de la chute de l’Empire Ottoman que les français, prenant les algériens de vitesse, en ont profité pour envahir l’Algérie, tuant et brûlant tout sur leur passage. Bachir, on a tout le temps des "reno" sur ce site. C’est leur job. 12 juin 2009
Le Cheikh Bachir El Ibrahimi a dit :
Reno, Et comment ? Heureux qu’on s’ignore... . 12 juin 2009
Reno a dit :
Bachir ??? On en reste là. Merci. 11 juin 2009
Cheikh Bachir El Ibrahimi a dit :
Reno, Si seulement vous parliez en connaissance de cause, ça aurait été avec plaisir de discuter avec vous. juste pour votre information : je peux parler de vous et de nous beaucoup mieux que vous le faites en parlant de nous sans tomber dans les travers comme vous, car j"ai eu le privilège d’être élevé dans les deux cultures. spécialement des kabyles que vous semblez défendre ( je suis kabyle-algérien et français). je préfère un contradicteur quand il argumente,mais vous parlez avec des préjugés. 11 juin 2009
Reno a dit :
Cher Bachir, vous n’êtes pas propriétaire de l’histoire algérienne. Vous parlez beaucoup de nous, souffrez qu’on parle de vous. 11 juin 2009
Cheikh Bachir El Ibrahimi a dit :
Reno, je n’ai jamais vu autant de BETISE concentrée en une seule personne. à vouloir fourer son nez partout, on finit par dire que des BETISES, en ayant la certitude d’être le seul à être dans le vrai. 11 juin 2009
Reno a dit :
C’est un combattant pour la liberté de l’Algérie, bien sûr. Mais quelques remarques sont à faire : La question de l’existence d’une Algérie indépendante avant l’arrivée des Français ? L’Algérie n’a, avant la conquête coloniale française, jamais eu d’existence politique. Elle devait obéissance et tribut aux Turcs Ottomans, depuis plusieurs siècles. C’était une région morcelée qui n’a jamais connu l’unité politique du Maroc (qui de ce fait a pu l’envahir à plusieurs reprises). L’occupation française ? Il s’est produit, comme partout, différentes invasions (faites vos recherches...) et au 7e siècle se produit l’invasion des Arabes (qui auraient dû normalement se trouver chez eux, c’est à dire en Arabie). On parle d’une femme (chose impossible maintenant !!!) berbère, symbole de la résistance, la Kahina, qui lutte contre l’invasion , et meurt finalement en conseillant par réalisme à son ou ses fils de se rallier aux envahisseurs arabes. (C’est loin pour moi : Voyez "Kahena" sur Internet). Lorsqu’on parle d’esprit de résistance, il faut dépasser la conquête française, il faut penser aux Turcs et aux Arabes qui n’étaient pas non plus invités. Ces derniers ont si bien conquis le pays au fil des siècles, qu’ils y ont implanté leur religion, ce que FONT TOUS LES COLONISATEURS pour mieux dominer les peuples conquis. La langue, quand on veut dominer un autre peuple, joue toujours un grand rôle, surtout si le procédé est couplé avec la religion. Redoutable... Les signes de la conquête arabe sont bien plus visibles que ceux de la conquête française, qui a duré beaucoup moins longtemps. Mais quand on aime son vieil envahisseur, pour lequel on a un attachement sentimental, et qu’on ne plus réfléchir parce que celui-ci contrôle votre pensée au-travers de la religion, au bout de quelques siècles, on lui pardonne tout... Là on peut s’étonner de quelque chose qui surprend : en Algérie, au bout de 130 ans d’occupation française, combien de millions de Musulmans sont-ils devenus chrétiens ? Pour terminer, je dirai que la libération d’un peuple ne se fait pas par une idéologie contraignante, comme l’a désiré Bachir El Ibrahimi. Ou le FLN avec le "socialisme à l’Algérienne", influencé par l’Union Soviétique avec les résultats que l’on sait. |
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