Wednesday 14 May 2008

Entretien exclusif avec Moncef Marzouki

Le président Sarkozy au chevet du dictateur Ben Ali

Entretien réalisé par Vincent Geisser

Par Vincent Geisser
lundi 28 avril 2008

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, débute aujourd’hui une visite d’Etat en Tunisie. L’occasion nous est donnée de s’interroger sur l’évolution de la politique française à l’égard de la dictature du général Ben Ali qui règne, avec une main de fer, depuis plus vingt ans sur le pays. Rupture ou continuité avec la France-Afrique de son prédécesseur ? Volonté de conditionner l’aide française au dossier sensible des libertés fondamentales et de la démocratisation du « système tunisien » ? Pour répondre à ces questions, oumma.com a rencontré le professeur Moncef Marzouki, médecin internationalement reconnu, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), président-fondateur du Congrès pour la République (CPR), résistant de la première heure au régime autoritaire et qui est aujourd’hui l’une des rares figures de l’opposition tunisienne à prôner la « rupture » avec la dictature policière.

Moncef Marzouki

Vincent Geisser : L’élection de Nicolas Sarkozy, en mai 2007, a-t-elle représenté un espoir chez les opposants tunisiens de voir émerger une « nouvelle politique » à l’égard du régime autoritaire du général Ben Ali ?

Moncef Marzouki : On se souvient que le Président Sarkozy a dit qu’il ne sera jamais l’ami des dictateurs. Nous allons donc attendre ce qui va se passer. J’espère que les Tunisiens écrasés par une dictature sophistiquée mais implacable ne verront pas l’illustre hôte apporter, comme le fit son prédécesseur, Jacques Chirac, son soutien politique et économique à leur tyran mal aimé. La réputation de Nicolas Sarkozy et de la France en sortirait grandement malmenée auprès de millions de Tunisiens.

V. G. : Sur le long terme, comment qualifieriez-vous cette politique française de soutien à l’égard du régime policier ? Dans la mesure où la Tunisie n’est ni un pays pétrolier, ni une base militaire stratégique pour l’Europe, quels facteurs précisément expliquent ce soutien inconditionnel de Paris à la dictature de Ben Ali  ?

Moncef Marzouki : Je la qualifierai de politique de courte vue contraire aux idéaux et aux intérêts de la France. Les raisons sont complexes. Il y a la tradition de la diplomatie française. On traite avec des Etats, les peuples et leurs sociétés civiles n’existent pas. Il y a le cynisme de la Realpolitik. Celle-ci ordonne de traiter avec des régimes, certes peu recommandables mais dociles et collaborationnistes en matière de surveillance des flux migratoires et de guerre contre le terrorisme.

Bien sûr, il y a les contrats et là il n’y a pas de petits bénéfices. Il y a aussi des raisons structurelles propres au système démocratique lui-même. Les responsables politiques passent vite. Ce qui les intéresse ce sont les résultats immédiats, le long terme ce n’est pas leur affaire. Tout cela se fait au détriment des intérêts légitimes de notre peuple et surtout des intérêts à long terme de la France. Je n’arrête pas de répéter que les Occidentaux, en matière de lutte contre l’immigration illégale et le terrorisme, prennent les pyromanes pour les pompiers.

Les décideurs des grands pays occidentaux prennent une très lourde responsabilité en refilant la patate chaude d’une rive sud de la Méditerranée ravagée par le désespoir et la violence à leurs successeurs et aux générations futures. Stabiliser la région n’est plus une question de politique internationale mais de politique interne. C’est un devoir des gouvernants occidentaux vis-à-vis des peuples européens auxquels nous sommes irrémédiablement liés. Notre développement dépend beaucoup du leur.

Ils dépendent pas mal pour leur sécurité de l’avancement de nos libertés. J’ai proposé dans mon livre Le Mal arabe (éditions L’Harmattan, 2004) de considérer que la ligne de partage entre Orient et Occident passe à l’Est de l’Iran, ce qui fait de nous des sud –Occidentaux, par rapport aux Nord – occidentaux que sont les Européens, ces voisins de paliers avec qui on se querelle depuis Carthage mais avec lesquels nous devons collaborer et vivre, si possible et c’est possible, en partageant des valeurs et un projet communs.

V. G. : La situation des opposants tunisiens en exil en France a-t-elle changé depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République ?

Moncef Marzouki : Non, je ne crois pas.

 

V. G. : Imaginons que le Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères) vous consulte sur la « nouvelle politique française » à adopter à l’égard de la Tunisie, quels conseils lui donneriez-vous précisément ?

Moncef Marzouki : Cela fait six ans que je suis à Paris, je ne sais même pas où se trouve le Quai d’Orsay. Mais admettons. Bien sûr, que je crois que c’est à nous Tunisiens de libérer la Tunisie et que personne ne le fera à notre place. Mais si la France veut réellement aider notre pays à sortir avec le moins de dégâts possibles de la dictature, voila comment vous pourrez nous aider.

Les Européens et les Français en particulier ont un grand capital de sympathie en Tunisie et dans le Monde arabe. Ne le gaspillez pas, on va en avoir besoin pour réparer la bourde américaine en Irak, éviter la guerre des civilisations, instaurer la paix juste au Moyen Orient. Or ceci ne peut advenir si vous continuez à soutenir, par maque de vision, des régimes morts dans les cœurs et les esprits des Arabes. Ne pariez pas sur des cadavres en décomposition.

D’abord prenez langue, comme le font les Américains, avec les démocrates et les islamistes modérés. Il faut exiger du pouvoir tunisien la libération de tous les prisonniers politiques, notamment du journaliste Slim Boughdir, et de façon générale des réformes qui ne soient plus des simulacres.

Un geste d’une grande signification. La France ne devra pas reconnaîtra les élections présidentielles de 2009, telles que projetées c’est-à-dire instituant une reconduction automatique de Ben Ali et la présidence à vie de facto. Ceci devra être signifié dés maintenant. C’est ce que nous allons demander en tant que résistance tunisienne à tous les leaders occidentaux et notamment au prochain président américain.

V. G. : Depuis son indépendance la Tunisie n’a jamais connu la démocratie. Elle est en passe de devenir l’une des plus vieilles dictatures du monde. Comment qualifieriez-vous le régime de Ben Ali par rapport à celui de Bourguiba ?

Moncef Marzouki : Il en est la triste fin, l’aboutissement grotesque, le grossissement jusqu’au ridicule de toutes ses tares : le culte de la personnalité, le règne de l’Etat parti, la mise au pas des institutions, le refus de l’autonomie des consciences et des groupes sociaux ….tous cela sans l’intelligence et l’intégrité de Bourguiba. D’où ce terrible gâchis qu’est la Tunisie d’aujourd’hui.

Il ne faut pas se voiler la face sur la responsabilité de cet homme et de son parti dans ce gâchis. Pour avoir reculé devant les réformes nécessaires et encore possibles dans les années 1980, donc, l’ouverture vers les démocrates ; ils ont livré le pays à deux familles maffieuses les Ben Ali et les Trabelsi [famille de la femme du président tunisien, Leïla Ben Ali née Trabelsi].

V. G. : La France compte l’une des plus importantes « communautés tunisiennes » de travailleurs, d’étudiants, de cadres supérieurs et d’intellectuels dans le monde ? Selon vous, quel pourrait être le rôle des Tunisiens de France et des Français d’origine tunisienne pour l’avènement de la démocratie en Tunisie ? Paris peut-il être le « Londres » (en référence au Général de Gaulle 1940-1944) de la résistance tunisienne ? Les Franco-Tunisiens ont-ils un rôle à jouer dans la lutte contre la dictature ?

Moncef Marzouki : Je prône sans relâche deux approches pour en finir avec la dictature. D’une part, la résistance civile et le rejet total de ce régime et de sa démocratie d’opérette…. Et d’autre part, l’appel pour une transition pacifique vers la démocratie.

 

Une telle transition nécessite la synergie d’actions des trois acteurs qui ont voix au chapitre.

 

Il y a d’abord les patriotes au sein de l’Etat confisqué. Leur rôle est important dans la préparation d’une solution « à la mauritanienne » ; c’est-à-dire le renvoi du dictateur sans effusion de sang et sans procès tonitruants, et la remise du pouvoir après un délai court dans les mains du suffrage universel.

Le deuxième acteur est le partenaire occidental, notamment français, qui doit pousser dans le sens d’une telle solution.

Mais l’acteur principal est le peuple tunisien, qui par la résistance civile doit peser de tout son poids pour accélérer la fin trop longue, insupportable et ridicule dictature…et surtout d’empêcher que si changement il y a, on ne retourne à la case départ avec un 7 novembre bis [en référence au 7 novembre 1987, date du "Coup d’Etat médical" de Ben Ali]. Or les Tunisiens de l’étranger et les Franco-tunisiens, sont partie prenante de ce peuple que j’appelle à reconquérir sa dignité bafouée et ses libertés confisquées par des mafieux notoires qui n’auraient dû jamais se faufiler dans le champ politique.

Pour ceci, les Tunisiens d’ici et de là bas doivent cesser d’être terrorisés par un régime sur le déclin et qui vit lui-même dans la peur. Les Tunisiens doivent tous comprendre qu’il n’ y a pas, qu’il n’y a plus de place pour les solutions individuelles. Notre drame à tous est d’origine collective et politique. Seule une action collective et politique y mettra fin.

Tunisiens, retrouvez votre sens de l’honneur, du devoir, du courage et de la responsabilité. C’est cela et rien d’autre qui vous sauvera et nous ne sauvera tous et qui remettra enfin le pays en perdition sur les rails.

A lire l’ouvrage écrit par Moncef Marzouki, Le mal arabe. Entre dictatures et intégrismes : la démocratie interdite, Paris, L’Harmattan, 2004. .

Voir aussi les écrits en arabe et en français de Moncef Marzouki sur le site : www.moncefmarzouki.net

Vincent Geisser

Politologue, chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (CNRS), enseigne à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence.

Dernier ouvrage paru : Marianne et Allah, Editions La Découverte (15 mars 2007)

Il est également l’auteur de :

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par amazone - le 6 mai 2008
Et c’est ce même Président qui se dit défenseur des droits de l’homme, qui se permet ensuite de donner des leçons de droits de l’homme à une civilisation aussi grande que la Chine. Mais bien sûr pas un mot sur la dictature et les violations des droits de l’homme qui sévissent en Tunisie, pays ami oblige...
le 30 avril 2008

ibrahim tu vis vraiment sur un nuage, en ce qui concerne la chine les manifestations ont été organisés par rsf qui est finiancer par l’administration bush. Il s’agit uniquement de géostratégie de même que la campagne diffamatoire à l’encontre des produits chinois qui a débuté depuis 2 ans (dans les années 80 on dénoncé les produits japonais et on parlait du péril jaune)

Tu sais, ce que pensent les gens qui regardent la télé est volatile. Tu y mets ce que tu veux quand tu veux. Au pire ils sont 80% contre au départ et 80% pour 2 mois plus tard. Pour le reste ils ne font rien à par parler. d’ailleurs on s’étonne que la communauté musulmane soit passive et fait dans le victimisme mais pourtant c’est typiquement français rien de plus, tous les français sont comme ça, regardent la télé, blablattent, se plaignent, trainent des pieds mais ne font rien d’autre que ce qu’on leur dit de faire : râler quand ils ont faim. Pour le reste doits de l’Homme et blabla, ils se comportent comme les supporters d’une équipe de football.

On ne peut même pas dire que ce soit à géométrie variable c’est tout le contraire.

le 30 avril 2008

Preuve que la démocratie est un concept fumeux qui ne sert qu’à endormir les masses. Finalement les tunisiens sont contents de leur maître, ils sont reconnaissants pour les coups qu’ils reçoivent et ont à manger, alors que ça pourrait être pire. Au final, ils n’ont plus de foi et ne se souviennent même plus en avoir eu une alors il est où le problème ?

En plus, la Tunisie a même été cité en exemple en France pour la loi sur la laïcité, c’est vous dire comment ce pays est en avance puisque même les lumières s’en inspirent.

Y a-t-il de grandes différences entre benali et sarkozy ? le président français est tout autant dans le culte de la personnalité, la flatterie du chauvinisme, le populisme et la matraque. benali en europe ne serait-il pas un berlusconi ou un sarkozy ?

Sur quelle base critiquer la Tunisie ?

Par ibrahim - le 29 avril 2008

De la théorie à la pratique, il faut croire que le goufre s’élargit chaque jour. Dès lors qu’il est question de contract, tous les principes s’envolent. la Chine, c’est méchant, la Tunisie , c’est encourageant. Bravo ! Pauvre humanité !

ibrahim

le 29 avril 2008
a anonyme réveille toi c’est déjà le cas en France, en Europe et aux états-unis, il n’y a jamais eu autant de loi liberticide sous prétexte de lutte contre l’islamisme . C’est paradoxal cette attitude défensive. Maintenant en France on est fliqués comme jamais, un certain nombre de droits on été supprimés et la taxation à tout va est justement partout. A côté de cela les gens se raccrochent à des mots et des concepts, se bercent de chauvinisme (comme dans le maghreb) et vive le chacun pour soi, obéissant au populisme mais ils finiront par reposer les pieds sur terre inchaAllah.
le 29 avril 2008

NEFZI c’est bien tu as à manger et en échange tu es docile et tu dis merci quand tu prends des coups, bravo pas besoin d’être un homme pour ça. Quand à dire qu’il ne s’agit pas de parler à la place des tunisiens parle pour toi. Un tunisien me disait encore ce soir "la tunisie c’est le premier état policier au monde" et il n’a rien d’un voyou. Ben Ali a fait un coup d’état, fatigué des éléctions truquées, il s’est déclaré président à vie et tu es content, pas étonnant que tu aie une définition particulière du mot "voyou".

A part ça en Tunisie, il y a des lois barbares qui classent n’importe qui au rang de voyous.

J’ai compris plus tard et les tunisiens m’ont expliqué mais la première fois que je suis allé en Tunisie, je ne connaissais rien de la politique tunisienne, mais j’ai trouvé bizarre qu’il n’y ait pas une femme voilée, qu’il y ait des jeunes qui suivent la mode occidentale ok mais pas une seule femme voilée dans un pays musulman c’est bizarre. De plus, on entend que rarement l’appel à la prière et quand on l’entend dans un village c’est un disque. Par contre je me souviens du ridicule des hommes de bureau costard sombre leur bouffant la peau et cravate leur serrant le cou par 45°c.

En tunisie A Monastir, sur le port, j’ai rencontré des anglais, ils m’ont dit "les gens ici ont l’air si pauvre". Mais les européens aurait beau jeu de critiquer alors que tout un peuple courbe l’échine pour qu’ils se sentent chez eux. Quand par exemple, un jeune homme à 15h se dénude complètement pour aller se baigner personne ne lui dira rien. Et si un tunisien a un différend avec un touriste il a intérêt à vite se la fermer s’il ne veut pas se retrouver dans un cachot. Inutile de parler des "indics" qui pillulent aussi bien en Tunisie qu’à l’extérieur...

La Tunisie ? Pour le tourisme c’est pas mal et encore. Débarquer dans un pays et n’y trouver aucune trace de vie, aucune âme si ce n’est le rythme des boîtes de nuits et des bars, ça fait pitié.

Il y a quelques années j’ai donné de l’argent pour le frère d’un ami tunisien qui s’est retrouvé du jour au lendemain avec l’administration sur le dos et dépossédé de tout. Toi même tu es victime et tu dis merci. Alors je veux bien que tu sois tunisien et que la fierté nationale l’emporte mais il y a une limite à la bêtise.

Vous allez faire comment sans benali ?

Par anonyme - le 29 avril 2008
imaginez en france on enlever tte les libertees individuelles sous pretexte de nous proteger de la montees de l extreme droite vous aurez un ordre discours la a bonne entendeur !!!!!
le 28 avril 2008
Nicolas Sarkozy place sa visite à Tunis sous le signe de l’Union de la Méditerranée selon le journal Le Monde. Pour ceux qui ne le savent pas Israel fait partie du projet UM.Autant que maghrébine il faut d’abord me tuer pour accepter qu’un état voyou, raciste et qui ne respecte pas le droit international fasse partie de l’UM. Nadia Guellati.
Par NEFZI .M - le 28 avril 2008
J’ai lu l’article de Mr marzouki aisi que certains commentaires de je ne sais qui ... Ma premiere remarque a vous tous messieurs , c’est que je ne suis pas defendeur de Ben Ali ni son porte parole , je suis tunisien vivant actuellement en Tunisie , le pouvoir ne me fais pas beneficier d’un statut particulier , rien de cela , au contraire , je suis victime d’une injustice administrative qui a couté chere a ma famille , mais avec cela , je suis tres fier d’etre Tunisien , et de vivre en tunisie egalement , contrairement a ce que vous dites , notre pays est en meilleur etat economique et social , la preuve c’est qu"on a pas - comme en france ou ailleurs - des SDF , ou des familles qui meurent de faim , vraiment rien de cela . Vous parlez de dictature ... nous bon cityons on ne la voit pas , alors surement vous parlez au noms de dileurs et malfaiteurs , la c vrai , cette minorité merite ce qu’elle doit meriter et ce par des lois et non par dictature ... Et si je reviens un peu a ce que veut dire Mr Merzouki , et avec tous mes respects a cet homme , je remarque qu’il parle au nom de tous les tunisiens , a mon avis il n’est pas habilité a le faire , peut au nom de certains , pas pas tous , je peux lui confirmé que seul le Nom BEN ALI , fait grand Honneur a tout tunisien la ou il est ... car on se rappelle tous , - moi j’ai 50 ans - de l’ere de bourguiba , surtout les dernieres annees ou le pays est presque au bord de la faillite ... je pense c’est grace a Ben Ali que la Tunisie est revenue a sa stabilité economique et sociale .Vous parlez toujours de Droits de l’homme , c’est d’ailleurs le seul sujet ou les tetes vides se retrouvent , a mon avis , pas de droits si on fait pas son devoir , les premiers sont tributaires de notre role de cytoyens , vrai citoyens ... Ce que je peux vous confirmer c’est que n’importe qu’el Tunisien aime de tt coeur son president , content de sa vie , de sa situation , et espere que ce Ben Ali durera 1000 ans , cela ne va pas vous plaire surement mais c’est la verité Tunisienne . Si vous parlez de jeunes et de chomage , seule chose a dire c’est que notre jeunesse desire s"enrichir au plus vite , vivre la vie des riches sans bouger le petit doigt ... ça n’existe pas .pour finir , j’aime bien vous dire que les chinois , pas tous ... ne connaissent le lait que depuis 2 ans , alors nous tunisiens on le connais avant meme l’independance , maintenant on mene une vie normale , moins certe que certains pays , mais mieux que la majorité des pays . NEFZI . M
le 28 avril 2008

Le développement économique qui n’est lié qu’à la jeunesse n’a pas grand chose à voir avec la politique ; politique qu’il faudrait bannir quand elle s’occupe de ce que pensent les gens. Dans le monde moderne, c’est le cas partout : en Europe, aux Etats-Unis et bien sûr dans le monde arabe. On est là à vous guetter à vous interdire d’être, à faire des lois pour vous empêcher de vivre ou à vous mettre des coups pour que vous finissiez par admettre "vive la modernité, la démocratie, la liberté" sans même savoir à quoi cela se réfère si ce n’est que le plus fort à raison puisqu’il est le plus fort.

La politique façonne les gens pour les rendre malléables à souhait, y a-t-il plus mouton que l’individualiste, que l’homme sans foi ? Mais de gré ou de force, a-t-il choisi de faire contre mauvaise fortune bon coeur ?

Par Abd-Elbasset - le 28 avril 2008

Bonjour tout le monde,

Je lis plein de choses sur ce site et cela ne peut m’empêcher de réagir. D’abord l’article est très intéressant car il met en évidence la réalité tunisienne qui n’est pas uniquement l’image que beaucoup de personnes se font à savoir "djerba et le désert" !!! Je suis moi même franco-tunisien et mes parents sont tous les deux tunisiens, il y a un fossé en tunisie entre les régions touristiques et les régions rurales. Cela devient de plus en plus flagrant. De nombreux tunisiens sont délaissés et il existe une injustice folle dans ce pays. De plus, les gens sont embrigadés et littéralement drogués par la télévision. C’est bien simple regardez tunis 7 une journée et vous verrez on ne parle que de trois choses : le sport (et pourtant je suis sportif !!), la musique (les tunisiens sont champions du monde !!!!) et .....Ben Ali (quel surprise !!!). Voilà ce qu’il en est de la réalité. De plus il n’y a aucune liberté individuelle et religieuse. Donc oui il faut que la population agisse ou au pire condamne la situation là bas. Et arrêtons de croire que la tunisie c’est génial. ça l’est pour les vacances mais les gens qui habitent là bas ne sont pas en vacances 365 jours par an.... A bon entendeur (ou plutôt lecteur !!!)

Par Lola - le 28 avril 2008

Une question : le Haïk blanc traditionnel est-il interdit en Tunisie ?.

Un grand salut aux marocaines qui n’ont pas renié leur djellabas traditionnelles contre le hidjab, mode imposée par les pétro-dollars en paquet-cadeau accompagnant l’expansion de l’idéologie salafiste-wahabite. Il faut avoir le courage de le reconnaître. Certes, le hidjab est plus pratique. Mais, rien ne nous interdit d’adapter notre haïk traditionnel aux besoins des femmes algériennes et tunisiennes d’aujourd’hui.

Un grand salut aux tunisiens qui ont porté secours aux trop remuants supporters algériens pourchassés et agréssés par la police tunisienne en 2004.

Les Tunisiens sont pacifiques. La conjoncture n’est pas idéale pour des changements radicaux. Ben Ali, (parentèle et clientèle compris) devraient discuter et négocier avec les opposants à son régime, partager le pouvoir et leur confier des secteurs nouveaux de développement au lieu de les étouffer, les forcer à l’exil ou à contracter des alliances douteuses.

Méditerrannée : Lac de Paix ? C’est possible.

le 28 avril 2008

C’est drôle, parce que moi je fais partie de ces jeunes qui n’ont connu la Tunisie que récemment à cause de Ben Ali !

@ Fabrice : Un régime laïc qui empêche les jeunes filles voilées d’entrer en cours, ou leurs arrachant leurs foulards dans la rue, c’est peut-être l’émancipation de la femme, non ? C’est de l’humiliation. Et ceux qui vont trop souvent à la mosquée, ne sont-ils pas fichés ? Ce sont tous des islamistes, des terroristes ? Rien, je dis bien RIEN ne justifie la torture et les humiliations utilisées en Tunisie, en particulier contre les musulmans "trop" praticants !

@ Shainake : Détrompe toi, un nombre toujours croissant de jeunes veulent venir ici en France, ils en ont marre d’une société où les plus diplômé ont le moins de chance de trouver du travail. Marre d’un pays où on les abruti devant la télé, mais où on ne les éveille à aucune conscience politique. Je te jure que ça m’a fait presque peur la première fois où j’y suis allé. Sans oublier le nombre considérable de réfugiés politiques qui se sont enfuis dans les années 90, et qui ont du refaire leur vie ici, sans jamais oublier leur pays, bien sur.

Et enfin, @ Rachid : Oui, Ben Ali est malade (cancer ou un truc dans le genre), mais il s’accroche à son trône, il se prend pour Louis XIV !

Par ZulFiqar - le 28 avril 2008

En Tunisie on est pas puni parce qu’on ne croit pas aux précéptes d’une religion, ni puni pour s’être dénudé, mais manifestement, les femmes qui portent le hijab elles sont puni pour le seul tort d’avoir porté le hijab, pour s’être couvrte et pour avoir respecté les préceptes de l’Islam... Même en France, premier pays laïc et à majorité chrètien on ne voit pas ça.

J’ajoute que ce n’est pas parce qu’un pays connait un développement économique que les droits fondamenteaux que garantie un Etat de droit à ses citoyens doivent être baffoué tous les jours par un régime autoritaire, en agitant devant les foules "l’apouvantaille islamiste" pour faire peur...on peut très bien avoir un devéloppement économique et avoir un Etat démocratique, ce n’est pas incompatible.

le 28 avril 2008

Ce que je connais de la dictature en Tunisie ce sont les tunisiens et les tunisiennes qui me l’ont dit.

La Tunisie c’est la dictature a l’état pure, il y a évidemment une bourgeoisie issue de cette dictature mais dès que tu t’éloignes un peu des sites touristiques le contraste est impressionnant. En Tunisie, il y a le monde du pouvoir et de l’apparence soumis aux tourisme et il y a le peuple qui subit.

Les tunisens sont trés beaux quand ils sont arabes et la culture arabe existe encore dans ce pays. Il y a deux ans, il y avait même un timide vent d’affirmation de soi. Les tunisiens n’attendent qu’une chose c’est que Ben Ali dégage ou que ça éclate.

La dictature ne rigole pas avec l’opposition.

le 28 avril 2008

"lesquels nous devons collaborer et vivre en partageant des valeurs et un projet communs" Le droit à l’autodétermination ne peut être conditionné ni soumit. En prenant leurs indépendances, plus que quiconque, les pays arabes ont donné des garanties afin de rassurer les occidentaux. Cela les as menés où ?

"éviter la guerre des civilisations" les occidentaux sont en pleins dedans ils ne cherchent à n’éviter que le réveil des masses.

Halim en tunisie comme dans le monde, les musulmans constituent la seule force de résistance, c’est d’ailleurs l’unique force d’émancipation du monde arabe. C’est l’islamisme qui fait évoluer le monde arabe, si les occidentaux aujourd’hui sont sur la défensive c’est bien du fait de la crainte de la volonté d’émancipation des musulmans. Le monde musulman a déjà connu par le passé des vagues de soumis et ça ne l’a pas empêché de progresser. Alors prochaine étape ?

shainake, il n’y a pas de quoi censurer ton message quand tu vas en Tunisie comme c’est mon cas à plusieurs reprise tu entend les gens parler de l’intérieur et tu leur dit alors la Tunisie c’est bien ? Et ils te murmurent tous que c’est une dictature et qu’ils sont surveiller et controller en permanence.

En Tunisie, on arrache le voile des jeunes filles qui le portent dans la rue. Par contre on se prostitue pour le tourisme avec la bénédiction du gouvernement.

Les nombreuses tunisiennes que j’ai connu ont un profond mépris pour les tunisiens et un grand respect pour les algériens. C’est même vrai pour les tunisiens eux-mêmes. Quand tu discutes avec les maghrébins en France et que tu évoques le fait de vivre dans un pays arabes, marocains et algériens pointent les aspects économiques les tunisiens objectent immédiatement les droits de l’Homme.

La dernière fois que je suis allé en Tunisie, c’était dans un hotel, il y avait des serveurs qui prenaient soin de moi particulièrement, je suis algérien, j’arrivais souvent en retard au repas mais ils me gardait toujours quelque chose, j’ai bien vu que derrière la dictature ils étaient encore arabes et qu’ils aspiraient encore à cette fraternité qui nous caractérise. Mais quand l’espèce de king kong qui étaient le chef débarquait ça courrait dans tous les sens la peur sur les visages, quand tu voyais ce que le "chef" mangeait et comment il mangeait tu avais peur aussi...

Par shainake - le 28 avril 2008
Francheme nt je n’y comprend pas grand chose. Mais à mon humble avis il y a nettement pire dans les pays musulmans et ou arabe. Au moins en Tunesie une femme a le droit de se promener en jeans, en bikini etc. C’est énorme. C’est formidable de ne pas être puni parcequ’on ne croit pas aux préceptes d’une religion. C’est drole...on ne voit pas non plus plein de Tunesiens qui veuillent démenager vers l’Europe. Par contre, en Algerie... Et bien sur, ce message va être censuréé. LOL
Par HALIM - le 28 avril 2008
Les islamistes ont lontemps constitué une menace pour la Tunisie. L’autoritarisme du pouvoir en Tunisie s’explique surtout par la volonté de protéger la Tunisie de l’obscurantisme islamiste.
Par Fabrice33 - le 28 avril 2008
Le regime tunisien est un régime laïc, le plus laïc de tout le monde musulman. La condition de la femme y est la plus développée et la plus émancipée du monde musulman. A ce titre , le regime tunisien est un régime qui présente beaucoups d’aspects progressistes. Ne l’oublions pas.
Par Merouane - le 28 avril 2008
Moncef Marzouki est un véritable démocrate. La Tunisie comme d’autres pays arabe a en elle les ressources démocratiques capables d’instaurer un système démocratique en phase avec la société tunisienne et non pas une simple importation d’un régime démocratique clef en main, comme le souhaite les droits de l’hommiste.
Par Rentier - le 28 avril 2008
Ben Ali est appartient à la caste de ces dirigeants arabes autocrates qui comptent rester au pouvoir toute leur vie. Cela fait 20 ans que ce président règne sans partage sur la Tunisie, pays qui a pratiqué la torture. Reendre visite à un tel personage, n’est pas de l’honneur de la France.
Par Kalbi - le 28 avril 2008
Il faut également voir le côté positif d’une telle visite. Beaucoup d’entreprises françaises sont intallées en France, ce qui permet de créer beaucoup d’emplois. La Tunisie est un pays dynamique sur le plan économique. Les relations franco-tunisiennes seront profitables au peuple des 2 pays.
Par Christophen - le 28 avril 2008
Ben Ali est tout sauf un démocrate. On aimerait entendre la position de Rama Yade sur le régime de Ben Ali.
Par Rachid ZANI - le 28 avril 2008
"Au chevet" ? Son altesse sérénissime serait-elle souffrante ?

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