Nucléaire iranien : un pavé dans la mare belliciste
Par Bruno Guigue
lundi 17 décembre 2007
Véritable bombe diplomatique, « l’Estimation du Renseignement national » (National Intelligence Estimate) rendue publique le 3 décembre 2007 ne sera pas sans conséquences sur le déroulement de la « crise iranienne ». La coterie internationale des va-t-en-guerre qui appelaient à l’action musclée contre le régime des mollahs, en effet, vient de recevoir une gifle aussi fracassante qu’elle était inattendue.
Jugeons plutôt : dans son édition du 4 décembre, soit le lendemain de la diffusion du rapport, Le Monde annonçait encore que les « les Six vont élaborer de nouvelles sanctions contre l’Iran ». Il expliquait gravement que « face à un regain d’intransigeance de l’Iran sur la question nucléaire, l’unité des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU semble s’être refaite ».
En réalité, cette unité a volé en éclats aussitôt le rapport diffusé par les médias. Saisissant l’occasion, la Chine a déclaré que « maintenant, les choses ont changé ». La Russie, elle, a vu son dialogue constructif avec Téhéran largement conforté. Plus surprenant, l’Allemagne a estimé à son tour que « le rapport apporte une nouvelle chance de réanimer les discussions avec l’Iran sur le nucléaire ». La France, enfin, a brillé par son laconisme.
Seul George W. Bush s’obstine, au moins officiellement, à ignorer l’expertise fournie par ses propres services. Dans une formulation qui transpire le déni de réalité, il s’est contenté d’asséner mordicus la profession de foi néoconservatrice : « l’Iran était dangereux, l’Iran est dangereux, et l’Iran restera dangereux s’il a le savoir-faire nécessaire pour produire une arme nucléaire ». La messe est dite … avec ce sens du truisme répétitif qui signe les convictions inébranlables.
Sauf à croire sur parole le président américain (vu ses antécédents, ce sera difficile), les preuves de cette « dangerosité » se sont subitement évanouies. En révélant les hésitations qui émaillent la politique nucléaire de Téhéran, le rapport des services secrets ébranle, en fait, le principal pilier de la dogmatique belliciste : l’idée que le régime iranien s’efforce sans répit, depuis ses origines, d’acquérir l’arme atomique. Comme si sa malfaisance intrinsèque le faisait automatiquement pencher vers une nucléarisation à des fins militaires, supposée inhérente à sa volonté de nuisance.
De façon prosaïque, le rapport issu de la communauté du renseignement prend à contre-pied cette approche démonologique de la question iranienne. Il considère en effet, « avec un haut degré de confiance, que l’Iran a arrêté son programme d’armement nucléaire à la fin 2003 ». Il estime aussi « avec un degré de confiance modérée qu’à la mi-2007, il n’avait pas été relancé ». Et il en conclut que la République islamique est « moins déterminée à développer des armes que nous ne l’avions jugé depuis 2005 ».
La vaste coalition qui avait orchestré une puissante campagne internationale contre le régime iranien en sera donc pour ses frais. Mais la révélation du « gel » des activités nucléaires militaires de Téhéran n’administre pas seulement une douche froide aux ardeurs guerrières du bellicisme américain. Elle frappe d’inanité, en même temps, les élucubrations semi-savantes de ses sectateurs hexagonaux.
Car ces derniers ne sont jamais à court d’imagination pour relayer le discours dominant issu des officines néoconservatrices. « Parmi les décisionnaires iraniens, assure ainsi Frédéric Encel, il en est qui sont mus par des objectifs eschatologiques où la lutte religieuse est l’impératif subordonnant tous les autres. Une lutte incluant non seulement la destruction d’Israël mais aussi celle des valeurs du monde des « croisés », autrement dit des chrétiens. » (Libération, 19 septembre 2007).
Admirable confusion, pour commencer, entre le vocabulaire en usage auprès d’Al-Qaida et celui en vigueur au sein de la République islamique. Vu de Paris, en effet, comment saisir de telles nuances ? Mais prêter à la supposée « bombe iranienne » une fonction « eschatologique » relève, en outre, de l’exploit intellectuel : notre expert en géopolitique ignore peut-être que l’interruption du programme nucléaire lancé par le Shah avec l’appui occidental fut l’une des premières décisions du nouveau régime en 1979. Et notre apprenti théologien, lui, s’est manifestement trompé d’eschatologie.
Cette argumentation, au demeurant, sonne étrangement lorsqu’on prend connaissance de l’argument suprême avancé par ce zélote d’un Occident perpétuellement menacé : « Déjà convaincue d’avoir trempé dans de nombreux actes terroristes dans le monde, la république islamique d’Iran pourrait se doter d’un moyen de coercition supplémentaire, notamment contre l’Europe, en offrant des « bombes sales » à des groupes terroristes. La guerre de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah a donné un aperçu des capacités balistiques du mouvement chiite pro-iranien libanais ».
Dans ce monde binaire où les bombes israéliennes qui ont tué 1 500 civils sont « propres » et les roquettes du Hezbollah qui en ont tué 39 sont « sales », comment tolérer un seul instant, en effet, l’idée d’un Iran nucléarisé ? Les missiles sont en Israël et les cibles à Téhéran, mais comment ne pas frémir dans les chaumières occidentales au spectacle de ces barbus flirtant avec l’apocalypse ? Prodiges d’expertise, sans doute, de la part de ces « géopoliticiens » inlassablement conviés par des médias complaisants à vendre leur salade en la faisant passer pour de la science.
L’articulation du fanatisme religieux et de l’appétit nucléaire constituait pourtant un beau sujet, mais à condition d’inclure dans l’analyse les Etats nucléarisés. Quel dommage que Frédéric Encel ne nous ait pas gratifiés de considérations aussi inspirées sur la bombe israélienne qui a pour caractéristique de faire planer, elle, une menace non virtuelle : on perd sûrement quelque chose. Entre la prétention de ses dirigeants à « communiquer directement avec Dieu » (Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon) et l’obstination quasi mystique de l’Etat hébreu à se doter d’un arsenal atomique, on aurait pu déceler, ici aussi, une singulière « eschatologie ».
Dans un registre moins lyrique, le « Monsieur bombe iranienne » de la presse française, de son côté, ne pouvait garder le silence après la publication du fracassant rapport des services secrets. Sous le titre « Iran : un inquiétant rapport », Bruno Tertrais se livre ainsi dans Le Monde du 8 décembre à un exercice de haute voltige. Tout entier dévoué à sa mission de Cassandre belliciste, l’expert de la « Fondation nationale pour la recherche stratégique » tente de jeter le trouble dans l’esprit de ses lecteurs en assénant une série d’inquiétantes vérités.
D’abord, nous dit-il, « on apprend l’existence d’un programme parallèle, à vocation strictement militaire, depuis le milieu des années 80 ». Mais est-ce vraiment une nouveauté ? Il est logique que la tentation de se doter de l’arme nucléaire ait suivi de peu, à Téhéran, l’agression militaire irakienne. Au demeurant, l’Egypte, l’Afrique du Sud ou le Brésil ont aussi connu cette tentation sans avoir été mis au ban de la communauté internationale.
Deuxièmement, avance M. Tertrais à propos du nucléaire militaire iranien, « personne ne sait si ce programme demeure suspendu ou s’il a repris » puisque « le rapport ne s’engage pas sur ce qu’il en est advenu après juin 2007 ». Certes, il suffisait d’y penser : peu importe que le renseignement américain ait acquis la certitude que Téhéran a gelé son programme en 2003, puisqu’il est théoriquement possible qu’il l’ait repris il y a six mois. Du réel au virtuel, l’expertise passe avec une virtuosité déconcertante, l’essentiel étant de vider l’événement de sa substance en focalisant sur l’accessoire.
Troisièmement, « l’on apprend, et c’est une vraie nouveauté pour tous les experts du dossier, que Téhéran aurait importé de la matière fissile de qualité militaire, sans que l’on sache ce que l’Iran a pu faire de cette matière fissile ». On devine le raisonnement implicite : puisqu’on ne sait rien, autant suspecter le pire. Faire fond sur cette ignorance soupçonneuse permet d’occulter ce que nous apprend le rapport américain : Téhéran a cessé de vouloir la bombe depuis 2003 et n’a pas les moyens de l’avoir, à supposer qu’il la veuille, avant plusieurs années.
« Quatrièmement, les spécialistes américains nous disent clairement qu’au minimum Téhéran veut maintenir une option nucléaire, c’est-à-dire se garder la possibilité à tout moment de faire une bombe atomique ». Autrement dit, Téhéran s’interdit jusqu’à nouvel ordre la fabrication de la bombe, sans l’exclure pour autant s’il le juge un jour nécessaire. Va-t-on bombarder l’Iran pour ce motif ? C’est absurde. Si seulement Israël, l’Inde et le Pakistan, Etats nucléarisés hors de toute légalité internationale, en étaient restés au stade de « l’option nucléaire », on n’en serait pas là aujourd’hui.
Enfin, nous dit M. Tertrais, « la communauté du renseignement est devenue un peu plus pessimiste sur le temps qu’il faudrait à l’Iran pour produire dans ses propres installations suffisamment d’uranium hautement enrichi pour fabriquer la bombe : alors qu’elle évoquait traditionnellement la période 2010-2015, elle n’exclut pas désormais que cela puisse arriver dès 2009 ». En réalité, le rapport évoque « la fin de l’année 2009 » comme date la plus rapprochée, en indiquant que « cette éventualité est très improbable ». Mais cette amputation du texte permet à notre Cassandre de tricher sur les dates en faveur de sa thèse alarmiste.
Le plus intéressant réside toutefois dans la conclusion. « Le premier effet politique de la publication du texte américain, regrette l’expert, est de réduire à néant la perspective de nouvelles sanctions unanimes par le Conseil de sécurité » et de « rendre beaucoup plus difficile la poursuite des pressions contre Téhéran ». Assurément, mais pourquoi adopter des sanctions unanimes contre un Etat qui a gelé son programme nucléaire militaire depuis 2003 ? Question incongrue, sans doute.
Mais en définitive, que M. Tertrais se rassure : il a fait des émules. En Israël, la presse estime que le rapport américain est « un coup au-dessous de la ceinture contre les autorités israéliennes qui s’efforcent d’alerter la communauté internationale sur les ambitions nucléaires iraniennes ». Et à l’instar de notre expert, le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a déclaré avec assurance que l’Iran avait « probablement relancé son programme d’armes nucléaires depuis 2003 ».
Mieux encore, le gouvernement israélien considère désormais comme « très improbable » la perspective d’une action militaire contre l’Iran. « A n’en pas douter, on doit se réjouir à Téhéran des conclusions du renseignement américain », avouait pour finir Bruno Tertrais, visiblement la mort dans l’âme. Mais si les services secrets américains ont contribué à éloigner le spectre d’une guerre stupide et meurtrière, ce n’est pas seulement à Téhéran qu’on aura l’occasion de se réjouir.
Bruno Guigue
Diplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA
Auteur de "Proche-Orient : la guerre des mots", L’Harmattan, 2003
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article
Existe t’il un expert dans l’armement nucléaire pour repondre à une question simple.Comment ahmadinejad peut ’il rayer Israel de la carte du monde sans rayer tout les palestiniens avec ?. A moins qu’il exite des armes genitico-bio-nucléaires.La manipulation des esprits par les médias a atteint son paroxysme.On fait peur au gens , seule la peur empeche les gens de raisonner et les rends receptifs au plus vils messages.Et en poussant le raisonnement trés loins les grandes puissance Humano-Khoroto , je ne sais quoi n’ont qu’a se dénucléariliser pour donner l’exemple aux autres, les petits , les tiers mondiste.
L’invention de la crise iranienne (2003-2007) a été un exercice de ce que les diplomates de la Guerre froide appelaient "la diplomatie au bord du gouffre".
Elle était en fait destinée à rassurer Israël car les Etats-Unis ont plus peur de l’état hébreux, "leur ami" que de l’Iran, "leur ennemi".
Une escalade de mots et une mobilisation ne sont pas la guerre...
En revanche, l’attaque sans déclaration de guerre ni conférence de presse, au début septembre d’une usine soit-disant de retraitement nucléaire, en Syrie, par la chasse israélienne est plus inquiétante.
Si on prend comme référence la Guerre froide, elle fait penser à un plan d’attaque aérienne incognito de sites nucléaires chinois, élaborée par le Pentagone, en 1964, qui, bien sûr, n’eut pas eu lieu.
Les généraux US avaient imaginé d’enlever toute signature à leurs raids punitifs contre la Chine qui procédait alors à ses premiers essais nucléaires.
Il est à craindre que si Israël ne dispose plus de la couverture stratégique américaine, l’état d’Israël use de moyens de guerre non conventionnels contre la république islamique d’Iran.
Himalove
L’invention de la crise iranienne (2003-2007) a été un exercice de ce que les diplomates de la Guerre froide appelaient "la diplomatie au bord du gouffre".
Elle était en fait destinée à rassurer Israël car les Etats-Unis ont plus peur de l’état hébreux, "leur ami" que de l’Iran, "leur ennemi".
Une escalade de mots et une mobilisation ne sont pas la guerre...
En revanche, l’attaque sans déclaration de guerre ni conférence de presse, au début septembre d’une usine soit-disant de retraitement nucléaire, en Syrie, par la chasse israélienne est plus inquiétante.
Si on prend comme référence la Guerre froide, elle fait penser à un plan d’attaque aérienne incognito de sites nucléaires chinois, élaborée par le Pentagone, en 1964, qui, bien sûr, n’eut pas eu lieu.
Les généraux US avaient imaginé d’enlever toute signature à leurs raids punitifs contre la Chine qui procédait alors à ses premiers essais nucléaires.
Il est à craindre que si Israël ne dispose plus de la couverture stratégique américaine, l’état juif use de moyens de guerre non conventionnels contre la république islamique d’Iran.
Himalove
La morale n’a jamais gouverné le monde, et les pays musulmans s’ils avaient la puissance de leur ambition, se comporteraient de la même manière que les pays occidentaux.
Il n’y pas de gènes bénéfiques chez les musulmans et un gène du mal absolu chez les occidentaux, ce serait du pur racisme que de penser cela
Chaque pays gère sa relation avec la communauté internationale selon ses intérêts, avec plus au moins de maturité dans l’analyse de cette relation. Si un pays se comporte "mal" vis à vis de la communauté internationale il risque des sanctions de la part des autres membres de cette communauté.
Les membres influents de la communauté internationale sont les pays occidentaux et en particulier les USA, cet état de fait montre simplement que la puissance mondiale aujourd’hui sont les USA, comme le fut Rome en son temps.
Allez imposer des sanctions aux USA ! ou continuez à vous époumonez à l’injustice et au "2 poids 2 mesures" ! les USA et certains pays ont developpé un arsenal nucléaire, en particulier l’Inde et le Pakistan (pays musulman) et ils ont eu la malice de ne pas signer le TPN, afin de pas subir les foudres de la communauté internationale.
On ne peut ête à la fois dedans et dehors ! l’Iran au contraire à signé le TPN, il ne l’a pas respecté en essayant de développer la bombe nucléaire, il subit les sanctions en retour des conséquences de son action, tout cela est conforme à la marche du monde.
Les USA ont envahit l’Irak sans mandat de l’ONU, qui va les sanctionner ? la communauté internationale n’a pas de police ni justice sanctionnant les mauvais comportements, seul le peuple américain pourra renvoyer ses dirigeants lors d’élections. C’est de cette façon que les démocraties se régulent.
Il faut être réellement naïf pour croire que cette information va changer la donne. Les experts étaient clairs sur l’Irak, celui-ci n’avait pas d’ADM, mais l’administration Bush par un lobbying intensif a persuadé ces alliés (arabes et anglo-saxons) de l’utilité de cette guerre. Il en sera de même pour l’Iran ; l’Iran va bénéficier de 5 ans d’accalmie si les démocrates sont élus en 2008, mais les néo-conservateurs, le lobby pétrolier et le lobby israélien feront certainement repencher la balance en 2013. La guerre est reportée mais elle est inéluctable.
Lorsque veut construire une paix juste, durable et universelle, on donne l`exemple. La raison du plus fort n`est pas toujours la meilleure. Si autrefois les guerres conventionnelles restaient localisées, actuellement toute guerre nucléaire serait globale, irréversible et fatale pour tout le monde. Elle transformerait la terre en un immense brasier. Il n`y aurait alors plus de possibilité de parler de paix ni de revoir les actes antérieures pour les corriger à temps. C`est la raison pour laquelle tous les systèmes philosophiques, sous-tendant les mentalités actuelles de l`humanité, doivent changer rapidement pour laisser plutôt place aux compétitions constructrices en relation avec les bonnes mœurs. De ce fait, au lieu de pérenniser la raison du plus fort, il est préférable d`investir dans des recherches spéciales, du type psychosociologique, pour transformer les instincts primaires destructeurs de l`âme ordonnatrice du mal, à l`origine de l`animalité et de la violence de l`être humain, en forces évolutives positives. Mais, tout d`abord, il faut à tout prix se débarrasser de l`armement nucléaire, épée de Damoclès suspendue sur le cou de l`humanité. Si le Traité de Non Prolifération et les garanties associées sont un excellent pas dans cette voie, elles seraient d`autant plus efficaces si les détenteurs feraient le pas supplémentaire en abolissant à tout jamais l`usage des bombes atomiques par l`exemple, en s`en débarrassant simplement les premiers. Dans ce cas, il n`y aura plus de second et si l`Iran se permet de tenter de le devenir, elle n`aura pas seulement affaire aux USA, mais à la colère de toute la planète. A bon entendeur salut !
A "Waglioni" : bien pensé. L’Iran a toujours coopérer avec l’AIEA, il faut lire les rapports de cette agence. Les médias ont tendance à déformer l’information. La propagande (surtout en France) des médias occidentaux n’a rien à envier à la chaine "massrya" de moubarak lol. Et puis entre nous : un pays avec une bombe atomique n’a rien craindre, car qui oserait l’attaquer ??? Un pays sans bombe atomique est à la merci des plus puissants...cf Irak
Si l’Iran avait respecté les clauses du traité pourquoi ce dernier a t-il demonté les caméras de surveillance et interdit aux inspecteurs de l’AIEA de d’inspecter ses installation nucléaires ?
ben justement l’Iran n’a rien a se reprocher.
A l’anonyme qui demande :
"L’Iran a signé le traité de non-prolifération nucléaire qui est un traité international !Pourquoi l’état iranien ne respecte t-il pas sa propre signature ?"
il convient de répondre. Où a-t-il vu que l’Iran ne respecte pas le traité en question ? l’AIEA déclare, rapport après rapport qu’il n’en est rien. Mais rien n’y fait, tout comme dans le cas (d’école, désormais) de la préparation de la guerre contre l’Irak, les US tournent et retournent les conclusions de ces rapports pour en tirer le contraire de ce qu’ils disent. On en a encore la démonstration avec le NIE du 3 décembre : certes, il a pour résultat d’abandonner le va-t-en guerre Bush tout seul et confus en rase campagne. Mais il contient une affirmation venimeuse, et comme involontaire, cette affirmation que l’Iran aurait eu un programme d’armement jusqu’en 2003. Ce que l’Iran a démenti. Ce que tous les rapports de l’AIEA ont toujours démenti. En fait il ne faut rien croire des services US. C’est de la pure propagande, et non de l’information, de l’intelligence comme ils disent. Le NIE de décembre est de la pure propagande, son seul mérite est de torpiller le complot en cours. Mais il est tout aussi mensonger que les autres. Encore une fois, il ne faut rien croire qui provienne de ces gens, comme il faut se fermer à tout ce qui en provient.
La grande nouveauté qu’apporte cet épisode, c’est la reconnaissance de facto de la victoire de l’Iran. C’était le prix à payer, par les US, pour l’aide qu’ils attendent de la part de l’Iran, pour les sortir de la mauvaise situation où ils se sont mis. Deux faits récents qui ne trompent pas en témoignent : la récente complète entente cordiale entre "arabes" et "perses", qui se traduit par un pèlerinage du président Nejad à la Mecque.
L’Iran a signé le traité de non-prolifération nucléaire qui est un traité international !
Pourquoi l’état iranien ne respecte t-il pas sa propre signature ?
Il n’y a pas trop à débattre sur l’Iran tant il est clair que ce qui est sous-jacent à la destabilisation, l’embargo ou la destruction des pays musulmans ne sert que les intérêts d’Israël.
Tout en affamant les populations pour ensuite remplir les gamelles et en faire des chiens docilent, pensent-ils, ils faut supprimer toute forme de résistance ou de défiance : l’esclave pour rester esclave doit penser que c’est normal et qu’il est inférieur puisque tous ses semblables le sont.
Mais ne vous y trompez pas, toutes ces gesticulations sont les succès de la résistance.
les 7 miliards d’euros de promesses de dons par les occidentaux,à l’égard des palestiniens,hamas compris,ce soir à PARIS donnent un certain camouflet à ceux qui se sont acharnés à vouloir les éliminer. La vérité est plus forte que tout les mensonges,que toutes les vaines manipulations et que toute cette nauséabonde corruption qui gangrène le monde,dirigé par l’argent roi. DIEU EST GRAND.
" Cette fois, ce sera Iran vs Vassaux des USA (encore et toujours les pays arabes, des pays à la tête des quels des chèvres dirigent des moutons)... "
Les peuples arabes sous dictatures apprécieront le qualificatif " moutons " que Mr Anonyme leur donne.
Si les peuples arabes pouvaient se débarasser du jour au lendemain de leur dictateurs, ce serait déjà fait. Je pense qu’il faut adopter un certain réalisme et arrêter de toujours faire croire que les arabes ne protestent pas face à leurs dirigeants.
Ces protestations sont plus que présentes, elles sont vives et prennent en visibilité. Le durcissement de certains régimes arabes face à la colère de leur peuple, et la soumission de plus en plus patente de ces régimes aux dictats américains en est la preuve.
Que ces protestations se cristallisent sous la forme de partis soit-disant "islamistes" ou "extrêmistes" n’est pas le problème. Le problème est que ces partis n’ont pas accés à la parole publique, car si des éléctions étaient organisées demain, ils les remporteraient à coup sûr, notamment grâce à leurs implantations dans les quartiers pauvres et à leurs initiatives dans l’action sociale.
Ce déni de démocratie est soutenu par l’ensemble des puissances occidentales ( qui nous rabâchent les oreilles avec leur intransigeance quant aux Droits de l’Homme) qui ne veulent pas voir arriver au pouvoir des groupes contraires à leurs intêrets.
Trés bonne analyse de Bruno Guigue mais il est une question qu’il a oublié de traiter. A votre avis POURQUOI le Président US laisse rendre public un rapport qui le désavoue CLAIREMENT ou du moins à minima le met complétement en porte à faux avec sa stratégie belliciste ?? Sachant que la décision de rendre ce rapport public s’est faite sous l’aval du Président américain et avec l’accord d’Israël ? Question Ô combien difficile de prime abord. Mais quand on creuse un peu on s’aperçoit trés vite que c’est une stratégie qui vise deux objectifs : gagner du temps et faire croire à l’opinion internationale (mais surtout à l’opinion iranienne) que les frappes contre l’Iran ne sont plus à l’ordre du jour. Ainsi l’iran va continuer son programme nucléaire civile avec une meilleure collaboration avec l’AIEA (en clair il va baisser sa garde !). Faisant cela il va petit à petit réveler l’avancement réel de son programme ainsi que ses sites réels de développement.Entre temps l’armée US aura récupéré des forces (Irak stabilisé), l’armée israëlienne (nécessité de calmer le front palestinien d’ou le lancement du "processus de paix d’Annapolis") et Française (c’est la nouveauté du jeu international:la France remplace la Grande Bretagne comme supplétif de l’armée US) auront fini leur préparatifs de guerre et nous sommes déjà en 2009. Et là comme par hasard l’option militaire redeviendra d’actualité. Sauf qu’à la différence prés en 2009 il y aura plus de choses à détruire qu’en 2007(notamment la centrale de Bouscher qui sera entre temps entièrement finie et opérationnelle). Il faut faire trés attention c’est une stratégie trés machiavélique qui fait intervenir plusieurs pays chacun ayant un rôle à jouer. Quant au chef d’orchestre vous le connaissez... N’oubliez Unité et Lucidité les amis.
Il ne faut pas oublier que l’Iran a déjà connu une guerre face à une coalition presque international, ça ce qu’on appelle la guerre Iran-Irak... Cette fois, ce sera Iran vs Vassaux des USA (encore et toujours les pays arabes, des pays à la tête des quels des chèvres dirigent des moutons)... les Iraniens sont intélligents, ils connaissent les limites à ne pas franchir, et savent jouer de la diplomatie...
Ce rapport, c’est pas là pour servir les iraniens... Au contraire, il est là pour conforter la thèse selon laquel, l’Iran restera toujours un danger...
"L’illusion, il n y a que cela de vrai"
Le fameux triangle :France,Israel et USA. L’Iran est ce pétrolier qui doit etre absorbé par ce triangle J’espère en tout cas que ça sera juste une fiction
Je suis complètement d’accord avec Georgio. En France, on peut dire que l’opposition n ’existe plus. Il y a un règne sans partage de Sarkozy. En cas d’attaque contre l’Iran et au train où en va la presse, il est à prévoir que cette presse ( le jour où il y aurait une attaque contre l’Iran) titre sur 3 colonnes non pas sur la guerre contre l’Iran mais sur les épisodes de la vie sentimentale de Sarkozy. Il suffit de voir les médias ce matin qui en oublient tous les pbs de la France( chômage, inflation, pb des SDF)et font leur titre sur la grande nouvelle du jour : La liaison de Sarjozy avec le mannequin Bruni. Vous ne rêvez pas, vous êtes bien en France !!!
J’ai lu l’intervention de Denis qui est certainement de bonne volonté. Je ne vois pas comment pourrait bien se faire une mobilisation citoyenne contre la guerre contre l’Iran. Ce matin toute la presse en France parle de la nouvelle romance de Sarkozy et Carla Bruni. Cette nouvelle romance intéresse même les journaux dit sérieux. En France, les questions internationales sont relégués 10ème plan. Il sera difficile de mobiliser une population qui est abreuvée en permanence de la vie privée de Sarkozy. Tout le monde ne parle que de cela..
Il y a comme un air de "déjà vu" ; seulement pour ceux et celles qui souhaitent s’en rappeler. En somme, rien de nouveau sous le soleil. S’il y a encore des gens qui croient au père noël, il est clair que cette guerre se fera hélas et cela est bien triste. On ne saurait d’un côté réclamer la légalité internationale pour les autres et d’un côté , faire abrsaction de cette même légalité internationale pour soi-même...
L’Iran est très isolé. Plusieurs régimes arabes apprécieraient une attaque contre l’Iran. Hormis la Syrie et le Hezbollah, l’Iran risque d’avoir contre elle une coalition de pays arabes équivalente à celle qui s’est constituée contre l’Irak en 1991. Là est la véritable faiblesse de l’Iran et la principale force des Etats-Unis qui sauront trouver dans le monde arabe de solides alliés.
La France doit rester neutre. La France doit conserver sa politique traditionnelle dans cette région du monde qui est stratégique. La France risque de perdre l’estime qu’ ont pour elle de nombreux pays arabes. Une eventuelle guerre contre l’Iran aurait des conséquences désatreuses dans la région. Sarkozy qui est pro-américain est entrain de dilapider l’héritage de De Gaulle. Les relations internationales ce n’est du pipople..
Aujourd’hui, on considère généralement qu’il est presque inévitable que les Etats-Unis fassent de l’Iran leur prochaine cible. Que ce soit sous la forme d’une invasion à grande échelle en vue d’opérer un changement de régime, auquel cas, cette invasion sera probablement reportée jusqu’au moment où un certain degré de stabilité aura été imposé à l’Irak, ou que ce soit sous la forme d’une brève campagne aérienne très pointue destinée à infliger des destructions maximales aux infrastructures nucléaires, balistiques et de contrôle du commandement de l’Iran.
La réalité c’est que la guerre des États-Unis contre l’Iran a déjà commencé. En ce moment même, il y a des vols américains au-dessus du territoire iranien, utilisant des drones sans pilote et d’autres moyens plus sophistiqués.En elle-même, la violation de l’espace aérien d’une nation souveraine est un acte de guerre. Mais la guerre contre l’Iran a déjà largement dépassé la phase de la collecte de renseignements. Le président Bush a profité des pouvoirs considérables qui lui ont été conférés au lendemain du 11 septembre 2001 pour mener une guerre globale contre le terrorisme et pour lancer plusieurs opérations offensives secrètes à l’intérieur de l’Iran.
Les affirmations répétées de Washington selon lesquelles l’Iran aurait un programme de production de l’arme nucléaire furent contredites par le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei dans un commentaire fait dimanche à CNN. On lui avait demandé s’il avait une preuve quelconque que l’Iran cherchait à produire une bombe atomique. ElBaradei déclara : « Je n’ai reçu aucune information sur un programme d’arme nucléaire concret réalisé à ce moment précis. » Après avoir remarqué que l’AIEA cherchait à clarifier des questions non encore élucidées, il insista à nouveau : « Avons-nous vu l’Iran posséder le matériel pouvant être immédiatement utilisé pour produire une arme ? Non. Avons-nous vu un programme actif de transformation en une arme ? Non. »
Actuellement 3 pays sont entrain de se démener pour faire pression sur l’Iran : Israël, la France et Les Etats-Unis. Ce rapport est comme vous le signifiez avec sérieux "une bombe diplomatique". Mais ce rapport n’ pas tempéré la volonté d’en découdre avec l’Iran. Bien au contraire, un ton agressif est toujours de mise. Nous citoyens épris de paix, devons réagir pacifiquement pour empêcher un nouvelle guerre qui déstabilisera davantage le Proche-Orient.
Un texte superbe. Savez-vous également que des personnalités au states ont appelé à résister contre une guerre contre l’Iran :
« Nous, les citoyens des États-Unis, nous exhortons respectueusement, les hommes et les femmes courageux de notre armée, à refuser tout ordre d’attaquer de manière préventive l’Iran. » L’écrivain Gore Vidal, la pacifiste Cindy Sheehan, les journaliste Daniel Ellsberg Norman Solomon et Gareth porter, le chanteur Willie Nelson, le sénateur Eric Oemig et des dizaines de personnalités lancent un appel à l’insoumission.
Un ancien conseiller américain à la sécurité déclare que Bush cherche un prétexte pour attaquer l’Iran.
Témoignant devant la commission sénatoriale sur les relations avec l’étranger jeudi passé, Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale dans le gouvernement du président Jimmy Carter, a émis une critique acerbe de la guerre en Irak et averti que la politique de l’administration Bush menait inexorablement à la guerre avec l’Iran, avec des conséquences incalculables pour l’impérialisme américain au Moyen-Orient et internationalement. Brzezinski, qui s’était opposé à l’invasion de l’Irak en mars 2003 et qui a publiquement dénoncé la guerre comme étant une erreur monumentale de politique étrangère, a commencé ses remarques sur ce qu’il a nommé « le choix de la guerre » en Irak en qualifiant cette guerre de « calamité historique, stratégique et morale ».
« Entreprise sur la base de fausses hypothèses, » a-t-il continué, « elle mine la légitimité des Etats-Unis partout dans le monde. Ses victimes civiles collatérales ainsi que certains abus ternissent la réputation morale des Etats-Unis. Menée sur la base de principes manichéens et d’un orgueil impérial démesuré, elle intensifie l’instabilité régionale. »
Brzezinski a raillé « la lutte idéologique décisive » contre l’islam radical des discours de Bush comme étant « simpliste et démagogique », et l’a qualifiée de « récit historique mythique » utilisé pour justifier une « guerre qui dure et qui est potentiellement en expansion ».
« Argumenter que les Etats-Unis sont déjà en guerre dans la région contre une menace islamique plus large, dont l’Iran est l’épicentre, consiste à faire la promotion d’une prophétie dont on provoque la réalisation. »
Ce rapport prouve encore une fois que nous nous avons été grugés. Malgré cela, un pretexte sera toujours trouvé pour attaquer l’Iram, comme l’Irak a été attaqué.
Un tel rapport apparait comme un répis dans cette région meurtrie par plusieurs années de guère, de désolation et de terreur semée par les soldats l’alliance atlantiste, au nom de l’alliance spirituelle évangélique et de la sécurité de l’état d’israël.
A quoi devons nous ce brusque changement de cap ? On a tendance à croire à un “cessez-le-feu” temporaire dans les discours atlantistes ? Pourquoi ?
Que flairent les services secrets américains ? Qu’on ne les prennent une fois encore pour des cons ? A distiller de faux renseignements lourds de conséquences... pour les E.U. ?
Il semblerait que ce rapport ait été remis il y a déjà plus d’un an au chef des armées américaines. Nous venons de vivre une année de mascarade diabolique durant laquelle le cout des matières premières et du pétrole en particulier s’est envolé. Que doit on comprendre de tout ça ? Que se cache derrière les tentations “apocalyptiques” pour reprendre les termes de l’actuel locataire de la white house ?
Et une fois encore, à qui cela profite-t-il ?
Quant aux experts français des questions géopolitiques dans la région et à leurs analyses... cela se passe de tout commentaires.
