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Articles
Réponse aux commentaires de mon texte
mardi 9 février 2010 - par le père Samir Khalil Samir
Au-delà du voile, un projet commun : accueillir de façon critique les valeurs de l’Europe pour vivre ensemble Ayant lu les commentaires au texte d’hier, je vais essayer de clarifier quelques points qui me semblent plus importants, sans prétendre aborder tous les points soulevés. Je me permets de demander du lecteur un acte de bienveillance pour interpréter au mieux ce que j’exprime inévitablement de manière imparfaite. Au point de départ, j’ai cherché à distinguer entre le culturel et le religieux, et dans le religieux entre l’essentiel et le secondaire ; en fiqh, cela correspond à la distinction entre usûl et furû’. 1. Distinction entre culturel et religieux En conséquence, j’ai dit que le niqâb (généralement répandu dans la péninsule arabique) et la burqa (les bédouines portaient le burqu’) (répandue par exemple en Afghanistan) ne sont pas, selon la majorité des fuqahâ’, des obligations islamiques, tandis que la majorité des fuqahâ’ considèrent que le voile simple est une obligation islamique. C’est ce qui explique que la plupart des musulmanes de par le monde, qui doivent être environ 600 millions, ne portent pas le voile intégral ; parce que ce n’est une obligation islamique. En ce sens, c’est un fait culturel et non religieux, même si celles qui le portent lui donnent un caractère religieux. Ceci n’a rien d’étonnant, du fait que beaucoup de musulmans ne distinguent pas clairement entre le culturel et le religieux, mais tendent à attribuer toutes leurs pratiques à la religion. Bien sûr, dire que ce n’es pas une obligation religieuse ne signifie nullement qu’il est interdit de porter le voile intégral. Mais cela signifie qu’on n’a pas le droit de dire qu’il FAUT le porter. Moins encore de dire que celle qui ne le porte pas commet un péché. 2. Distinction entre essentiel et non essential Dans un système de pensée tout ne doit pas être mis sur le même plan. Dans un système philosophique également. En religion, il est essentiel de distinguer entre ce qui est fondamental (asl) et ce qui est secondaire (far’). En toute religion, prier est fondamental, essentiel. Comment l’on prie, quand, combien de fois, avec quelles formules, dans quelles positions, où, en quelles circonstances, etc., n’est pas sans importance, mais est moins important que le principe fondamental qui affirme « prier est une nécessité de la foi ». De même peut-on dire que le jeûne est une pratique qui appartient à toutes les religions. Comment se pratique le jeûne, quelles sont les heures où l’on jeûne, quels sont les jours de jeûne, etc. ; ou encore : la continence sexuelle est-elle liée au jeûne ? peut-on parler pendant le jeûne (je pense à la réponse de la Vierge Marie, sittinâ Maryam, dans le Coran, quand elle dit en observant ce que la Voix lui intime : innî nadhartu li-r-Rahmâni sawman, fa-lan ukallima l-yawma insiyyan ! (sourate de Maryam 19:26 = « Assurément, j’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain » traduction Muhammad Hamidullah). Peut-on aller au cinéma pendant la période de jeûne ? etc. La distinction entre ce qui est fondamental (prier, jeûner, avoir du respect pour toute personne, notamment ses parents, etc.) et les modalités (la manière de pratiquer ces point fondamentaux) est essentielle. C’est cette distinction qui permet à une religion d’évoluer sans perdre l’essentiel, de s’adapter aux circonstances de temps et de lieux tout en restant elle-même. Cette distinction peut s’exprimer aussi dans la distinction entre l’esprit et la lettre. Je pense à cette parole extraordinaire de l’Apôtre Paul (sur lui soit la bénédiction de Dieu !) : « La lettre tue, c’est l’Esprit qui vivifie ! » (2° lettre aux Corinthiens 3:6). C’est cet effort de discernement qui est le véritable ijtihâd, que tout croyant et toute communauté de croyants doit pratiquer. Si la porte de l’ijtihâd était réellement close, la religion mourrait. Cet effort de renouvellement est la condition même de la survie des religions. Le propre du salafisme ou du fondamentalisme, dans toutes les religions, est de ne pas savoir faire cette distinction, de mettre toutes les pratiques sur le même plan. Pour y parvenir, les fondamentalistes (juifs, hindous, chrétiens, musulmans, etc.) pensent que le moyen le plus sûr est de maintenir littéralement (cf. la lettre !) tout ce que pratiquaient les ancêtres, d’être littéralement fidèles à la tradition, au point d’absolutiser (de sacraliser) la Tradition. Alors que la tradition signifie simplement ce qui a été transmis, et chacun expérimente qu’on ne transmet jamais quelque chose sans y apporter quelque retouche. 3. Le voile : son sens et son but Pour en revenir au voile de la femme, chacun sait, pour peu qu’il ait un peu de culture historique, que cet ornement se trouve dans toutes les cultures du bassin méditerranéen (sans exclure d’autres régions du monde), et qu’il était à l’origine réservé aux femmes d’un certain rang, qui n’avaient pas besoin de travailler aux tâches considérées comme avilissantes. On le retrouve en Mésopotamie comme en Syrie ou Palestine, en Grèce comme à Rome ou en Egypte, chez les citadins comme chez les bédouins. On le retrouve chez les Juifs comme chez les « païens », chez les chrétiens comme chez les musulmans. Dans le judaïsme, comme dans le christianisme et l’islam, c’est un signe de modestie et de pudeur, de hichmah. C’est cette vertu qui est essentielle, laquelle s’exprime à certaines époques et dans certains milieux par le voile. Ce n’est pas le voile qui importe. Dans nos églises d’Orient, les femmes portent un voile quand elles s’approchent du Saint des Saints, l’Eucharistie ; et si elles n’en ont pas, elles se passent un voile mis à cet effet. Il est de tradition, quand une femmes rencontre personnellement le Saint-Père, de se couvrir la tête d’un voile. La question en Europe est aujourd’hui double. D’une part, comment exprimer cette attitude de pudeur et de modestie quand on vit en Europe ? Comment l’exprimer quand on est un homme, et comment l’exprimer quand on est une femme ? Et cela n’est pas une question posée aux musulmans seulement, mais à toute personne, homme ou femme, occidental ou oriental, croyant ou non croyant. Et la deuxième question est : est-ce que le voile, comment habit obligatoire et propre à la femme, exprime vraiment la modestie et la pudeur, en Europe ? C’est là le point. Je pense qu’il ne faut pas être grand clerc pour constater qu’en Europe le voile n’exprime plus ces vertus. Qu’il les aient exprimées autrefois, est un fait certain. Qu’il ne les exprime plus aujourd’hui, est non moins certain. S’attacher à ce signe, quand le signe n’est plus signifiant, ou a fortiori quand le signe signifie tout autre chose (en l’occurrence la soumission à une autorité masculine et la non égalité ontologique et de fait entre les sexes) est évidemment un contre-sens et un contre-témoignage. Que faire donc ? Toute personne ayant un peu de bon sens est en mesure de trouver la solution qui lui est convenable, tout en ne donnant pas de contre-témoignage. Ce n’est pas en étant couvert des pieds à la tête, comme ont pu le faire nos aïeules juives, chrétiennes ou musulmanes, européennes ou orientales, que l’on témoignera nécessairement de la vertu. On cite parfois l’exemples des religieuses catholiques pour justifier certaines tenues. On oublie que la grande majorité des religieuses ont très radicalement modifié leur tenue depuis près de 50 ans, précisément pour ne pas donner de contre-témoignage, vu que la culture de l’Occident avait évolué, voire changé. On oublie aussi qu’elles ont souvent une fonction sociale, qui permet de les reconnaître en cas de besoin, comme on le fait pour bien d’autres catégories de personnes ayant une fonction sociale. Souvent on oppose l’habit dit islamique à la « nudité » des femmes européennes. Qu’il y ait parfois des abus dans la tenue de certaines personnes, c’est incontestable. Je pense cependant qu’on ne peut pas entrer dans les détails vestimentaires ; on peut seulement souhaiter que le bon goût et la non vulgarité l’emportent sur la vulgarité. Mais ce comportement n’est pas le cas d’un groupe se définissant par sa religion ou son athéisme ; c’est un comportement personnel, et en cela c’est très différent de qui adopte une tenue vestimentaire choquante pour telle société, au nom de sa religion, compte tenu de la compréhension que l’on a (surtout en France) de la laïcité. 4. Accepter loyalement la culture occidentale pour vivre ensemble Reste une question lancinante. Pourquoi faut-il qu’en Islam il y ait toujours un traitement « spécial » pour la femme ? Pourquoi les règles « religieuses » s’appliquent-elles notamment aux femmes ? Pourquoi est-ce la femme qui est sous contrôle, et sous contrôle de l’homme ? Si un homme viole une femme, il n’a pas déshonoré la famille, mais la femme qui a subi le viol a déshonoré la famille … et nous savons, nous Arabes, ce que cela signifie en fait de conséquences ! C’est cette image que le voile transmet en Europe. On peut affirmer que cette image est fausse : on nous répètera tous les jours, usque ad nauseam, que l’islam a libéré la femme parce qu’elle était enterrée vive avant l’islam alors que le Coran a interdit un tel crime : il ne manquerait plus qu’il l’ait autorisé ! Si nous voulons que le monde ait moins de phobie pour nos comportements, il nous faut les réexaminer. Non pas seulement les réexaminer en soi, mais les réexaminer à la lumière de la culture occidentale. Encore une fois, la culture occidentale n’est ni pire ni meilleure qu’une autre. Mais elle est, elle existe, et a plein droit d’être ce qu’elle est en Occcident. De même que la culture musulmane n’est ni pire ni meilleure qu’une autre, et a droit, dans le monde musulman, à être ce qu’elle est. Vivre en Europe, et faire fi des traditions de l’Europe, me semble être un manque de respect. Si l’on n’est pas capable d’adopter les traditions de l’Europe, c’est un manque acceptable dans la mesure où l’on s’efforce de les acquérir ; sinon, c’est vécu comme un mépris ou une agression … et l’on risque d’être payé de la même monnaie ! Pour le dire en deux mots : Faire le discernement entre ce qui est fondamental à la foi de l’islam et ce qui ne l’est pas, accepter la culture du pays où l’on vit (sauf s’il y a péché évident à faire tel acte) est le B, A, BA du vivre-ensemble. Il va de soi que l’Européen a des obligations semblables : accueillir fraternellement (sororellement, diraient certains, geschwisterlich diraient les allemands) qui vient d’une autre culture pour l’aider à intégrer la culture locale et à conserver en même temps tout ce qu’il y a de beau et de bon dans sa propre culture, est un devoir pour pouvoir vivre ensemble. Intégrer les deux traditions culturelles (et spirituelles), pour en retenir le meilleur, est le summum du vivre-ensemble. Je suis persuadé, par expérience, que cela est possible. Une fois de plus, le monde musulman a beaucoup à apporter au monde occidental, et le monde occidental au monde musulman. Il nous faut retrouver, les uns et les autres, un humanisme, une courtoisie et une spiritualité que nous risquons fort d’avoir perdus. Il est normal que, dans chaque pays, ce soit la culture du pays qui soit normative. En ce sens, la tradition chrétienne (et même plus particulièrement catholique) est davantage représentée en France que la tradition juive ou musulmane ou autre. Et par tradition, j’entends aussi bien la foi que la culture, que la visibilité de cette foi et de cette culture. Qui s’en étonnerait ? On ne peut faire fi de l’histoire. Prétendre que toutes les traditions soient à parité, c’est violer la culture d’un pays. Mais en même temps demander un certain espace pour d’autres traditions, est aussi légitime, dans la mesure où cela n’est pas en opposition avec la culture ambiante. A nous d’œuvrer pour intégrer les deux traditions culturelles et spirituelles (et les autres, bien sûr !), la musulmane et la chrétienne, l’occidentale et l’orientale, pour en retenir le meilleur. Là est le summum du vivre-ensemble. Je suis persuadé, par expérience, que cela est possible, à condition qu’on le veuille et qu’on accepte, sans raidissement, le défi …qui nous fait progresser. Mots clés
Dialogue des cultures
Interprétation du Coran
Le Prophète Muhammad
Pluralisme religieux
Société
Vivre ensemble
le père Samir Khalil SamirLe père jésuite Samir Khalil Samir est professeur d’islamologie et de la pensée arabe à l’Université Saint-Joseph (Beyrouth) et au Pontificio Istituto Orientale (Rome). Du même auteur, à lire sur oumma.com :
Vos réactions et commentaires sur cet article10 février 2010
Hayat a dit :
Salam Aleïkoum Samir, Vous dites : "faut reconnaitre qu’un chrétien a la base ne croit pas en Mohamed comme prophète mais plutôt comme un faux prophète et un menteur." Mais Samir, qu’en savez vous ? Comment mettre ainsi tout le monde dans le même panier ainsi sur la base d’une "étiquette" religieuse ? Allah n’est il pas seul juge de ce qui est dans le cœur des Hommes ? N’est ce pas réduire considérablement la portée universelle de l’islam que de n’"autoriser" les seuls musulmans à émettre une analyse, un commentaire, une critique sur l’Islam ? Et qui est "musulman" ? "Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : "Nous sommes chrétiens." C’est qu’il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu’ils ne s’enflent pas d’orgueil. Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu’ils ont reconnu la vérité. Ils disent : "Ô notre Seigneur ! Nous croyons : inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran)." Coran, Sourate 5 verset 82/83 "Certes, ceux qui croient, ceux qui pratiquent le Judaïsme, ceux qui sont Chrétiens, Sabéens, quiconque croit en Dieu et au jour dernier et pratique le bien, ceux là trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur et ils n’éprouveront ni crainte, ni affliction" Coran : sourate 2 verset 62 Autant je trouve que le texte de Père Samir Khalil est très critiquable sur les arguments qu’il avance, autant je trouve que le critiquer sur le fait qu’il est Chrétien (ce qu’il lui enlèverait toute légitimité de s’exprimer sur l’islam) va à l’encontre d es valeurs de pluralisme, d’altérité et d’universalisme qui sont au cœur de l’Islam. Mais Seul Dieu Est Savant Espérant ne pas vous avoir heurté, car ce n’était pas le but, wa salam. 10 février 2010
fermion a dit :
Millassine, je pense que vous faites erreur quand vous dites "ne serait ce pas la crainte de voir disparaître la civilisation dite chrétienne en Europe qui vous effraie, mon père". La notion de civilisation se dédouane aujourd’hui en Europe de la question religieuse. En supposant que tous les européens abandonnent la pratique du christianisme et même leur croyance, la civilisation européenne restera chrétienne ou plus exactement judéo-chrétienne. Tout simplement parce ce que la chrétienté a marqué profondément les sociétés européennes, en élaborant, siècle après siècle les structures sociales et familiales, les valeurs les cultures et les politiques, même en dehors des pratiques et structures religieuses et même parfois en opposition avec elles. De plus la chrétienté, au sens civilisation du terme, puise ces fondements dans les civilisations grecques et romaines, encore plus anciennes mais polythéistes. Bien sûr, rien n’est inamovible ni définitif, mais les racines sont les racines, sauf à d’exterminer les peuples (comme les européens l’ont fait aux Amériques, et ce n’est qu’un exemple parmi des centaines). D’ailleurs, les problèmes rencontrés aujourd’hui sont-ils vraiment d’ordre religieux (croyance et pratique), ou ne sont-ils pas plutôt la crispation sur des conceptions sociétales ? Contrairement à ce qu’on imagine, les religions sont peut-être plus compatibles entre elles qu’on ne veuille bien le dire. Par contre, quand ces religions sont brandies en étendards ou en identités (ce qui revient au même), c’est alors que naissent les incompatibilités, l’incompréhension (pour utiliser un mot politiquement correct) et le rejet. Cette mécanique est vieille comme l’homme. 10 février 2010
Samir a dit :
merci Mamyli pour ton commentaire mais faut reconnaitre qu’un chrétien a la base ne croit pas en Mohamed comme prophète mais plutôt comme un faux prophète et un menteur.
Il peut faire l’analyse qu’il veut, que je trouve d’ailleurs juste dans quelques points et fausses dans d’autres comme son analyse sur la femme, car s’il a bien étudier l’Islam il saurait faire la différence entre Islam et tradition.
Un musulman a la légitimité pour parler de la thora, des psaumes, de l’évangile car ils croient en ses livres, ce qui n’est pas le cas du "père" Samir.
10 février 2010
Hayat a dit :
Chère Mamily, C’est précisemment parce que les cultures et les religions sont multiples qu’il convient de ne pas tout mélanger sans discernement aucun, surtout si notre but est le dialogue, l’échange, la coopération. Et de ce point de vue, je rejoint tout à fait Lectrice, ce texte manque effectivement de rigueur et fait des amalgames très préjudiciables entre l’Islam (révélation) et une certaine interprétation effectivement machiste et patriarcale de celui ci. C’est d’ailleurs ce que vous faites vous même lorsque vous dites : "Il convient sans doute de reconnaître que certaines religions sont machistes en accord avec des cultures de la même obédience." Dire que l’Islam est machiste parce qu’il est interprété (je dirais même, souvent manipulé)à des fins machistes relève du raccourci et fait fi de tous ceux, musulmans, qui vivent l’islam comme facteur d’épanouissement, d’émancipation, de recherche de savoir et d’éducation, de participation sociale et politique de la femme (comme de l’homme évidemment). Comme Millassine (que je salue), cette confusion flagrante me conduit à m’interroger sur les réelles intentions de l’auteur. Sincères salutations. 10 février 2010
moujàhid a dit :
L’islam est une religion universelle, et le père Khalil comme n’importe qui a le droit de donner son avis sur un aspect de la religion musulmane.d’autant plus qu’il le fait avec respect et profondeur.alors vouloir le faire taire parcequ’il n’est pas musulman, c’est vouloir étouffer l’esprit et l’intelligence.Ceux qui le critiquent sont les premiers à critiquer la religion chrétienne...avec le respect en moins.
10 février 2010
fermion a dit :
Momo, vous citez l’apôtre Paul. On m’a souvent dit que Paul avait tenu des propos misogynes dans ces écrits, et qu’en la matière, il se démarquait du Christ dont il se proclamait l’apôtre. Je ne sais pas si certains de ses propos qu’on m’a rapportés sont exacts, mais s’ils le sont, il est clair que que la femme était pour lui un être qu’il fallait surveiller de près ! Je pense tout simplement qu’il était de son époque et de son lieu, et qu’il parlait de la femme comme ses contemporains en parlaient. Le problème est de vouloir calquer in extenso des us et coutumes datant de un ou deux millénaires à notre époque, en les transformant en principes voire en dogmes. Pour moi, c’est privilégier le contenant au contenu, la forme au fond. 10 février 2010
Mamyli a dit :
Je dirai à Samir que la raison pour laquelle Samir Khalil Samir peur légitimement parler de l’islam est profonde. Il lit la Bible qui expose la révélation de Dieu et les lecteurs du Coran voient bien qu’il a raison. En d’autres termes que Dieu a parlé dans la Torah, l’Évangile et le Coran sans se contredire ! L’unité des révélations est une certitude à conquérir. Je sais bien après mes études de l’arabe coranique que Dieu nous parle dans le Coran. Qui dirait que cette expérience merveilleuse est illégitime ? La multiplicité des religions est un autre fait mais le Père Samir note bien qu’elles peuvent s’apporter beaucoup. À mes yeux comme à ceux du Professeur Muhammad Azab de l’Inalco, la reconnaissance de l’égalité des religions est capitale pour fonder un dialogue et chacun sait aussi que les cultures ne sont pas à hiérarchiser... Amitiés. Liliane Bénard 10 février 2010
Millassine... a dit :
ne seraist ce pas la crainte de voir disparaître la civilisation dite chrétienne en Europe qui vous effraie mon père ? Si tant est que cette dimension religieuse existe encore, car notre société anticlérical ne reconnait - malheureusement - aucun culte, et la première religion de France en terme de pratique est ... l’islam, nonobstant tout vos écrits ! en plus de cela, j ai remarqué dans un premier temps que vous nnous demandiez de faire la distinction entre culture et religion pour dire ensuite Reste une question lancinante. Pourquoi faut-il qu’en Islam il y ait toujours un traitement « spécial » pour la femme ? Pourquoi les règles « religieuses » s’appliquent-elles notamment aux femmes ? Pourquoi est-ce la femme qui est sous contrôle, et sous contrôle de l’homme ? Si un homme viole une femme, il n’a pas déshonoré la famille, mais la femme qui a subi le viol a déshonoré la famille … et nous savons, nous Arabes, ce que cela signifie en fait de conséquences ! La seule chose qui m’intêresse c’est de connaître véritablement vos motivations. Merci de ne nous avoir fait partager le terme "sororellement" qui me sera certainement bien utile... 10 février 2010
astell a dit :
chers frères je vous salue tout en vous demandant de m’aidez à résoudre des problèmes sur le comportement de certains des marabouts de chez nous, CAR moi je suis une musulmane qui cherche toujours a avoir des raisons pour les interdits. quand un marabout de chez moi dit à la population de chez moi qu’il y a un mercredi du moi ou les musulman ne doivent pas se doucher ni de faire le linge, j’avoue que je ne comprend pas. alors si vous avez déjà entendu parler de cela aidez moi à comprendre svp astoundiaye46@yahoo.fr
10 février 2010
Samir a dit :
Mr l’athée ! l’Islam encourage le fait de vivre ensemble quelque soit tes convictions religieuse, car "nul contrainte en religion", tel est l’ordre de dieu. mais apparemment, quoi qu’on te dise, tu reste sur ton idée pleine d’intolérances et d’ignorance, certes, dieu parlent des gens comme toi en des termes très durs. Tu ne veux pas croire en dieu et tu cherchent que tout le monde te suit, mais te suivre ou ? dis moi ! 10 février 2010
Samir a dit :
L’exposé du "père" Samir (je me sens obligé de mettre le mot père entre guillemets, car je suis musulman et je ne lui reconnait pas ce statut, ce n’est pas pour lui manquer de respect) est riche en argumentations et je le rejoins sur beaucoup de points mais quelque soit la justesse de son analyse, il lui manque un élément crucial, il n’est pas musulman !
"le père" Samir a étudié l’Islam et lu le Coran mais il reste insensible au message que Dieu a pourtant destiné aux chrétiens aussi.
Loin de moi l’idée de le censurer, il peut le faire avec ses co-religionnaires, mais a mes yeux, il n’a aucune légitimité pour donner une analyse comme il vient de le faire sur l’Islam en étant en dehors de ce dernier, et en plus en s’adressant aux musulmans eux même.
10 février 2010
Hasan a dit :
Salam, Une question subsiste au travers de tous ces commentaires et "mises au point" .Qu’adviendra-t’il après lecture de vos propos, Monsieur, si les lecteurs de ce site viennent à rejeter globalement votre analyse ? Sont-ils à l’image de cette minorité dont on parle tant qui n’auraient pour antienne que la haine et le refus de tout dialogue ? Ou alors, sont-ils des individus dotés d’une culture comme les autres et ayant le droit de s’exprimer ? Ce texte ressemble à une demande faite aux musulmans,au fond paternaliste mais gentille(mais sur la forme,on aurait pu faire le même sur un ton plus inquisiteur...), d’accepter la "culture" (il n’y aurait que la culture dominante , accueillante, ambiante... "chrétienne" ?) de l’autre ? Je suis Français musulman né en France il y a plus de 30 ans et on me demande encore d’accepter la culture de l’autre ? Mais qui est l’autre ? Je suis aussi l’autre moi ! Mon voisin de palier sort souvent avec des piercings sur le visage , tatoués sur les bras à coup de "fuck jesus", pourquoi ne lui dit-on pas "du calme respecte la religion chrétienne" ? Et on vient voir ma femme pour lui dire "du calme respecte la religion chrétienne". Elle ne porte pourtant pas le voile intégral. 10 février 2010
karmansbo a dit :
Le père Khalil voudrait une Vatican II version Islam, non merci.Toute véritable civilisation doit être nourrit par des principes métaphysiques intemporels.Le père Khalil voudrait inverser les valeurs ce qui est en Haut doit être a l’image de ce qui est en bas. Ce qui est manifestement un signe des temps, le temps des pseudo traditions ou de l’anti-tradition. En vous invitant mon père à lire "le règne de la quantité et les signes des temps" de René Guénon de façon à discerner ce qui est Traditionnel de ce qui est anti-traditionnel. Amicalement 9 février 2010
Mamyli a dit :
Ce blog est intéressant parce qu’il souligne des points cruciaux. Ce n’est pas qu’une impression : Je dirai à Lisa qu’il est aussi erroné de parler d’une culture Arabe uniforme que d’un islam ou d’un christialisme uniforme. L’exemple discriminant est celui de la situation de la femme. L’organisation de l’église catholique est clairement machiste alors que les principes essentiels de toute religion ne le sont pas. À I feel pas good je rappellerai que le voile féminin n’est pas un élément essentiel de la religion au service de tous les êtres humains. Pour vivre ensemble, il apparaît dangereux d’affirmer que celles qui portent le voile seraient plus pudiques. À Djamel que la pudeur est relative. Dans un camp de nudistes, on observe des comportements tant masculins que féminins qui invitent à la chasteté. À Hayat enfin que la distinction culture et religion est délicate parce que les cultures et les religions sont multiples. Il convient sans doute de reconnaître que certaines religions sont machistes en accord avec des cultures de la même obédience. Le Père Samir Khalil Samir a bien raison de parler de discernement. En Occident bien des hommes et des femmes contestent la représentation de la femme "objet de consommation" et cela quelque soit leur religion. En Orient et ici plus précisément dans le monde Arabe beaucoup ont contesté le voile féminin comme un attribut religieux. Je peux certes me tromper. Le terme de défi m’apparaît un peu trop fort pour assurer d’une manière pacifique le vivre ensemble, respectant à la fois la pluralité et la justice, une valeur universelle. 9 février 2010
djamel a dit :
A l’anonyme J’aime bien écouter chanter Fairouz et j’avoue qu’elle maîtrise la langue arabe mieux que moi mais cela s’arrête là. Ma religion je la prends des sources et ce n’est pas au premier arabe que je croise que je confierai mes tourments et mes questions doctrinales et existentielles. Le père Samir a le droit à la parole comme vous, moi , lisa, Hayat, Kamel ou n’importe qui d’autre. Sa qualité de Libanais et d’Arabe n’en font pas de lui une référence et son savoir sur l’islam ne peut être que livresque et académique, tout au moins culturel. Un islamologue ne reste qu’un islamologue tout comme un politologue ne fait pas forcément le bon président ou le bon stratège politicien. Par ailleurs, il est vain de reprocher à certains de ne pas parler l’arabe ni d’avoir vécu dans un pays musulman. Il faut admettre que ce qui est nécessaire (surtout la langue) n’est pas systématiquement suffisant. Il doit bien exister des croyants muets plus fervents que certains arabes ou arabophones... Votre raisonnement risque d’exclure plus d’un milliards de musulmans alors que le message islamique transcende les frontières de temps, d’espace, de langues et de cultures. Je salue personnellement la contribution du père Samir et je reste convaincu de la nécessité d’un dialogue franc, honnête et constructif car la diversité du genre humain est une miséricorde divine qui ne peut être qu’un apport enrichissant pour toutes les religions pour peu que les néo conservateurs et les partisans du conflit de civilisations n’amplifient pas les peurs en exacerbant les tensions entre les peuples pour masquer les vrais défis qui se posent tant sur le plan social, qu’économique, et environnemental. 9 février 2010
momo a dit :
essalam ! L apôtre Paul a dit :"toute chrétienne ne portant pas le voile ;rasez lui la tête...La caractéristique de l’islam est référentiel du monothéisme en général, puisque dans la plus grande partie du Coran,il est traité des 2 précédentes religions monothéiste d’une façon plus que claire et de cette particularité,nous trouvons toutes les réponses à toutes les questions de société...ce qui se passe ces derniers temps au Brésil en ait la preuve...(forte conversion de jeunes à cette religion).Sur le voile le Coran est bien précis, pourquoi aller chercher ailleurs ; Porter un voile (djilbab)pour différencier les croyantes des autres avec une précision fondamentale ;voile qui couvre les cheveux, le visage doit être visible ; et les membres jusqu’aux poignées et aux chevilles doivent être couverts...tout simplement ;Il existe des soeurs d’église qui porte cet habit religieux et qui ne choque personne...ni dans les lieux publics ni ailleurs...l’accoutumance n’est elle pas une seconde nature ?verset coranique en réponse à cet article :"je vous ait créer tribus et peuples pour vous rencontrer et vous connaitre".
9 février 2010
une lectrice a dit :
A l’anonyme Merci de parler pour vous, ce site est un site francophone et est lu en dehors de l’hexagone. Ayant personnellement vécue aussi bien en Europe que dans le monde arabe a majorité musulmane, je peux parler de ces différentes expériences sans prôner la supériorité de l’un sur l’autre. Il y a du bon et du mauvais dans toutes les cultures mais le souci avec le texte du Père Samir c’est qu’il a tendance a confondre sa culture arabe, qui en elle meme est variée, comme le rappelle très bien notre soeur Hayat, avec l’islam. Je ne conteste pas au père Samir le droit de parler de l’islam mais de parler de ce qu’il ne connaît pas bien, et dans ce cas j’ai le droit d’y apporter une critique. Je suis désolée de le répéter, mais les clarifications bienvenues n’ayant pas totalement modifie mon avis, je trouve que ce texte manque beaucoup de rigueur. L’humilité n’a jamais signifie devenir un mouton. Amicalement 9 février 2010
lisa a dit :
Ce n’est pas un scoop de dire que la burqua n’est pas un precepte religieux. Les musulmans francais le savent fort bien ! En revanche, ce que les musulmans francais trouvent etonnant, eux qui ont parfaitement intregre les concepts des libertes individuelles, c’est que la France democratique qu’ils aiment disent aux citoyens comment s’habiller, se mettant au niveau de l’Iran ou l’Arabie Seoudite ! Voyez les USA, premiere puissance economique et culturelle, ou meme les sectes et les raeliens ont droit de cite ! Je dois dire mon etonnement a l’injonction faite aux musulmans de changer, alors qu’ils sont les victimes de l’intolerance en Palestine, en Irak, en Afghanistan, a Gantanamo ! Notre epoque a ceci de particulier ; Inverser les valeurs ! Ainsi, l’etalage publicitaire des individus ne choque pas, mais le fait de se couvrir, si ! De meme les victimes, sont coupables, comme les musulmans sous les bombes actuellement en Irak ou en Afghanistan ! Oui, notre epoque marche sur la tete ! 9 février 2010
mostafa a dit :
Salam mon pere.
juste si on revient 1 peu en arriere ds les annees60 et70ds tous les pays musulmans les femmes portaient le niqab et pa seulement l arabie ou afganistan.meme en europe ds ces annees la les femmes s hbillaient avec pudeuraussi.oui pour le vrai vivre ensemble mais ce qu ils veulentmon pere cest d abondonner nos valeurs pour embrasser les leur la preuve cest que ils ont interditaux filles de porter le voile ceci est 1 exemple sans parler du niqab.et eux ches nous ds les pays musulmans ils sont traites avec respect.on leur impose pa comment s habilleretc etc.pour moi mon pere c est 1 guerre qui n ose pa dire son nom et ca ne date pa d hier.cette hainea commence avec l arrive du prophete que la paix soit avec luiet il va rester jusqu la fin des temps.malgre leur acharnement sur l islam lislam fait que progresser ilya des millies et des millies des conversions chaque annee et par tout ds le monde Allah a dit Nous avons fait descendre le livre et Nois le protegerons.
Concernant le niquab mon pere le hadith que vous avez citer apropos de oum al mouminin n existe pa na pa de source fiable donc n est pa authentiqueet oum al mouminin est au dessus de cade frapper sa servante.avant je croyais aussi que le niquab n est pa obligatoire mais qd j ai ecoute la cassette de shayk mohamad hassan jai rien trouve a dire ils citent des ahadiths authentiques donc je conseille a tout le monde d ecouter la cassette.apropos le shayk est de l egypte que Allah le protege.
Avec tous mes respects mon pere et salam a tous
9 février 2010
Kamel a dit :
Il est évident que la rigueure démonstrative du père Samir Khalil Samir semblent inspirer un sentiment de panique à quelques uns d’entre nous qui les conduit à réagir de façon épidermique au lieu d’une réponse sereine. Même si je ne suis pas totalement d’accord avec le père Samir Khalil Samir, je luis reconnais une qualité dans son argumentation. Et c’est à celle-ci que nous devons répondre calmement au frère lSamir Khalil Samir
9 février 2010
Farid a dit :
Merci père Samir pour votre éclairage précieux.
9 février 2010
Bravo et tous mes encouragements au père Samir pour la qualité et la rigueur de son texte. J’avoue mon effarement devant les propos de certains procureurs de ce forum qui s’érigent en donneur de leçon et conteste au père Samir le droit de parler de d’Islam et son interprétation. Au nom de quoi le père Samir serait-il illégitime au regard de certains ici sur ce forum qui ne parlent même pas l’arabe et non jamais vécu dans aucun pays musulman. Quand certains ne connaissent de l’islam que la mosquée du coin qu’il fréquente occasionnellement, le père Samir a vécu et baigné dans la culture musulmane et parmi les musulmans, arabisant et de surcroît islamologue, l’islam est donc pour lui plus qu’un objet d’étude. Il a donc une connaissance de monde musulman par son vécu et son savoir. Combien sur ce forum peuvent-il revendiquer cette double légitimité. J’invite tous ces petits procureurs de forum au jugement hâtif et vindicatif à faire preuve d’un peu plus d’humilité qui est une valeur essentielle de notre religion. 9 février 2010
dünya a dit :
On ne peut pas invoquer la culture majoritaire aux dépens de la culture minoritaire. Ce n’est pas ça le vivre ensemble.
9 février 2010
fb a dit :
Bonjour, Il y a un contraste frappant entre le texte d’hier et celui d’aujourd’hui, on ne parle plus de Bourka mais de voile ... Après les minarets, la bourqa, ... quel sera la nouvelle cible (la barbe pour les hommes, la prière, le jeune ...) surlaquelle focalisera l’occident ? En attendant ici en occident les femmes sont l’égale de l’homme, elles accèdent aux postes de responsabilité à parité avec l’homme, à l’assemblée nationale, elles ne subissent aucune violence conjugale, aucun sexisme, aucunes discrimination au travail ... Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. A l’inverse devons nous demander aux nouveaux entrants de s’adapter à ces spécificités, qui caractérisent aussi l’occident, au nom du vivre ensemble ??? 9 février 2010
Djamila a dit :
I-FEEL-PAS-GOOD + Lisa : excellent, rien à ajouter....je suis vraiment mais vraiment entièrement d’accord avec ce que vous avez écrit...Le père Samir oublie toutefois de préciser que dans la religion chrétienne, c’est la femme que l’on tient responsable du pêché originel...et pour terminer,j’aimerais juste lui poser une question : pourquoi écrire un article sur ce sujet alors qu’il y en a tant d’autres à rédiger sur la femme occidentale devenue un véritable objet de consommation ?
9 février 2010
djamel a dit :
Je respecte l’opinion du père Samir mais prétendre d’une manière péremptoire qu’il ne faut pas être grand clerc pour constater qu’en Europe le voile n’exprime plus ces vertus est une affirmation qui ne repose sur aucun fondement. En effet sur quelles études se base t-il ? Qui le pense ? Vous ? Moi ? Le maire de Paris ? Combien de personnes le pensent ? Quel genre de personnes ? Les Parisiens ? Les touristes américains ? Jusqu’à quel point sont-ils biaisés lorsqu’ils expriment un tel point de vue ? En bref, une telle assertion n’est qu’un point de vue flou et tout aussi invérifiable. C’est une tentative de donner l’apparence de la neutralité de point de vue qui ne se fonde sur rien de concret. De plus, poser la question de manière tendancieuse comme il le fait : Le voile a-t-il vraiment la modestie et la pudeur en Europe, trahit déjà un parti pris sinon pourquoi ajouter vraiment si ce n’est pour insinuer le contraire ? Poser une question est certes légitime mais souffler ne serait-ce qu’un soupçon de réponse est un procédé pour le moins douteux. Pour le reste , même si personnellement je suis contre la burqa et le nikab, je ne peux moralement exiger de ma femme ou de ma soeur un droit de regard sur sa garde-robe. Elles sont libres de mettre ce qu’elles estiment être de leur goût et qui soit conforme à l’éducation qu’elles ont acquise. Enfin si on s’accorde à dire que les accoutrements en question relèvent plus de la sphère culturelle que du religieux, je reste sidéré quant à ce branle-bas de combat pour un symbole culturel mais que l’on persiste à qualifier de religieux. Et dans cet élan, pourquoi ne pas interdire aussi le couscous-merguez, les falafels et autres excentricités orientales ou maghrébines ? 9 février 2010
Hayat a dit :
Assalam Aleïkoum Père Samir Khalil, Tout d’abord merci pour votre travail. Même si je partage entièrement, à titre personnel, votre souhait de voir se développer un dialogue et un enrichissement entre différentes cultures et religions en France ;plusieurs points m’interpellent néanmoins dans votre texte :
Notamment lorsque vous dites : "Si un homme viole une femme, il n’a pas déshonoré la famille, mais la femme qui a subi le viol a déshonoré la famille … et nous savons, nous Arabes, ce que cela signifie en fait de conséquences !" En quoi est ce que l’exemple pris est une application de l’islam et non une interprétation liée à une certaine culture (et encore , même là, il faudrait nuancer) ? En effet, quelle espèce de justification Coranique pourrait être donnée pour disculper un homme de viol ? Ne pensez vous pas que vous introduisez une confusion entre une certaine interprétation patriarcale et culturelle des Textes et ce que ceux ci disent réellement ? Pareillement lorsque vous dites : "Pourquoi faut-il qu’en Islam il y ait toujours un traitement « spécial » pour la femme ? Pourquoi les règles « religieuses » s’appliquent-elles notamment aux femmes ? Pourquoi est-ce la femme qui est sous contrôle, et sous contrôle de l’homme ?" Livrer cette lecture monolithique et patriarcale du Coran comme si c’était la seule valable et la seule présente me semble pour le moins fausser le débat.Plusieurs savants et intellectuels, nombreux musulmans tout court, développent une lecture tout à fait différente de la place de la femme en islam, pourquoi ne pas en tenir compte aussi dans votre approche ? Par ailleurs vous semblez omettre qu’en islam, s’il existe effectivement des règles de pudeur et de bienséance pour la femme, il en existe également pour l’homme.
N’est ce pas justement la grande force de la France que de promouvoir des valeurs communes permettant la cohabitation et le partage entre les différence : l’égalité, la liberté, la fraternité, la laïcité ? Pourquoi, subitement,ce qui s’appliquait aux autres "cultures", bien présentes, ne pourrait s’appliquer à l’islam ? Est on en train de sous entendre que l’islam est intrinsèquement incompatible avec ces valeurs communes ? En toute humilité, il me semble que si l’on veut œuvrer pour un meilleur vivre ensemble, une meilleure compréhension de la culture de l’Autre (de part et d’autre), un dialogue fructueux, et la co-construction d’un projet commun, alors le minimum requis est que nous partions sur des bases objectives et non des a priori qui entretiennent l’incompréhension mutuelle. Sincères salutations. 9 février 2010
Athée a dit :
Monsieur, je crois que votre intervention a un grand mérite, celui de montrer que l’intolérance n’est pas là où on la croit. Il existe en France, et sur ce site, des représentant d’un Islam conquérant, rigoriste, littéraliste, pour lesquels le vivre ensemble n’est pas une priorité. Ce serait même une forme de renoncement. Cette minorité sectaire entend faire rendre gorge à la majorité des citoyens, pour on ne sait quelle faute originelle et inexpiable vis à vis de leur religion et de leur communauté. Faute où se mélangent pêle-mêle, croisades, sionisme, colonialisme, décadence morale, capitalisme, esclavagisme, islamophobie, racisme et xénophobie. La France sera pour eux éternellement débitrice et redevable à leur encontre d’une dette permanente. Toute esquisse d’une quelconque intégration se ferait par le reniement de valeurs qu’ils jugent fondamentales et vues, au pire comme une trahison, au mieux comme une collaboration indigne. Je crains donc malgré la justesse de vos propos qu’ils ne soient pris comme une simple tentative de subordination. Venant d’un athée de telles idées sont par définition irrecevables ; venant d’un chrétien comme vous elles sont inévitablement entâchées d’intentions inavouées et de méconnaissances liées à votre regard extérieur, viendraient-elles de musulmans qu’elles seraient marquées du sceau de la trahison et de l’infâmie. Bonne chance. 9 février 2010
I-FEEL-PAS-GOOD a dit :
Salam, Mon père, Vous nous expliquez que le voile n’étant plus perçu socialement comme un élément de pudeur en Europe alors il n’a plus lieu d’être. Nous parlons bien ici du voile en général et non pas du voile intégral, puisqu’en France, ce sont toutes les musulmanes voilées qui sont discriminées (Cf. jeunes filles expulsées des écoles de la république), les femmes voilées intégralement n’étant qu’un épi-phénomène amplifié par les médias et par un débat politique douteux. Et que pour sauver le "vivre-ensemble", nous les musulmans devons renoncer à ce concept d’un autre temps. Vous partez du concept du voile intégral, puis après quelques lignes, vous nous demandez de bien vouloir nous plier au confort visuel de certains européens pour sauver le vivre-ensemble. En somme, c’est la femme musulmane avec son voile, qui met en péril le vivre-ensemble. Il y a quelques décennies, on nous disait sur les bancs de l’école, que l’interdiction du porc n’avait plus lieu d’être grâce au "Frigo". Le porc était interdit dans la péninsule arabique car on ne savait pas le conserver. Pour le voile comme pour le porc, les musulmans répondent à une obligation religieuse. Un produit de technologie (Le frigo) n’annule pas une obligation religieuse. Mon père, comme vous êtes chrétien, vous connaissez bien l’histoire de votre religion et les nombreuses concessions qu’elle a faite dans le passé (bien avant la laïcité, à l’époque romaine déjà). Vos religieuses sont mises en quarantaine aujourd’hui dans des couvents comme l’étaient les lépreux autrefois. Je suis vraiment déçu qu’un prêtre combatte un concept (le voile), élément qui fait partie de votre foi !!!! Vous devriez, au contraire, vous agripper aux bras des ses valeureuses femmes croyantes et aller libérer les religieuses de leurs couvents pour qu’elles puissent enfin revivre en société dans les grandes villes comme autrefois. J’en profite pour faire un clin d’oeil à mes soeurs en religion et leur apporter mon soutien pour les épreuves qu’elles vivent au quotidien (un p’tit bisous ...) Je pense, Mon père, que votre thèse nécessite la publication d’une nouvelle clarification. (Pas trop de clarifications quand même : Clarificator II, le retour, cette fois-ci il ne fera pas d’cadeau...) Bien fraternellement, que la paix soit avec vous. salam. 9 février 2010
Rachid Zani a dit :
Comme quoi l’habit ne fait pas le moine certes mais indique tout au plus une tendance culturelle ou cultuelle à l’évidence. Tendance qu’il faut étudier pour comprendre les motivations qui la nourrit. Je vous suis grée mon père de nous aider de votre savoir. La décadence morale m’apparait comme la principale raison et si je puis faire un parallèle : quand il pleut,elle ferme sa fenêtre. 9 février 2010
lisa a dit :
Cher monsieur, merci d’avoir pris la peine de "clarifier" certains points. Plusieurs de vos remarques laissent interrogateurs ! Par exemple, vous ecrivez ;"Accepter loyalement la culture occidentale pour vivre ensemble". Vous melangez culture et pratique religieuse. Vous savez bien que les musulmans europeens et francais sont de culture europeenne, ne parle dans bien des cas que le francais ou autre langue europenne, etudient, travaillent, payent des impots et respectent la loi commune ! Mais la visibilite religieuse d’une petite minorite d’entre-eux derange. En effet, le voile et la burqua sont minoritaires, et la majorite des musulmans sont vetus comme tous les citoyens ! Vous posez aussi la question ;"Pourquoi faut-il qu’en islam il ait toujours un traitement special de la femme ?" Je vous l’accorde, l’islam a bon dos depuis le 11/9, mais il me semble que dans certains pays non musulmans la situation des femmes n’est guere brillante ! En Inde, certaines femmes sont brulees vives pour manque de dot, En Chine l’avortement des embryons feminins est courant au point de menacer l’equilibre hommes/femmes, le trafics des filles de pays de l’est dans la prostitution, l’industrie pornographique avilit l’image de la femme, la representation de la femme ultra-erotisee dans la culture capitaliste laisse croire que la femme est un objet de consommation,etc... Les moyens universels de domination sont d’abord entre nations, puis entre groupes, enfin entre homme et femmes. Aucun groupe humain n’echappe a cette logique qui se perpetue sous differentes formes ! Aucun groupe humain n’a atteint un degre moral suffisant pour donner des cours de morale a un autre ! Notre monde est devenu un village planetaire, les equilibres sont rompus, les intimites violees, les frontieres eclatees, les cultures uniformisees. Au final les terriens ont peur. Cette peur est savamment entretenue par le politique. 9 février 2010
Kamel a dit :
Excellente analyse.Je m’ y reconnais totalement.
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