Thursday 28 August 2008

Le Darfour et ses faux amis

Par Bruno Guigue
lundi 26 mars 2007

C’est une règle d’or du système médiatique : plus la dénonciation de l’indifférence se fait entendre, plus elle contribue à ruiner son propre objet. Indifférente au drame du Darfour, l’opinion mondiale ? En partie peut-être, car ce drame humanitaire n’est hélas pas le seul sur la planète. Mais peut-on en dire autant de la « communauté internationale » ? Hormis le Liban, peu de pays ont récemment bénéficié d’une telle activité onusienne. En trois ans, le conseil de sécurité de l’ONU a adopté onze résolutions sur un conflit qui aurait fait 200 000 victimes depuis le printemps 2003. La dernière en date est la résolution 1706, du 31 août 2006, qui prévoit de transférer à l’Organisation des Nations unies la mission de paix confiée en 2004 à l’Union africaine.

Depuis l’adoption de ce texte, un véritable bras de fer oppose le gouvernement de Khartoum à l’ONU qui veut lui imposer l’envoi de plusieurs milliers de « casques bleus ». Défenseur sourcilleux de la souveraineté nationale soudanaise, le président Omar el-Béchir a néanmoins consenti, du bout des lèvres, à la formation d’une force hybride ONU-UA. En attendant, il fait traîner en longueur les négociations, ce qui suscite l’impatience américaine. La secrétaire d’Etat, Condy Rice, a ainsi annoncé que « de nouvelles options étaient à l’étude ». Animant une conférence conjointe avec son homologue israélienne, elle a déclaré que « le Soudan doit comprendre que la communauté internationale ne peut pas rester inactive alors que les gens souffrent ». (AFP, 15 mars 2007)

Si seulement ce message avait une portée universelle, et concernait aussi les Palestiniens sous occupation militaire depuis quarante ans, nul doute qu’il emporterait une large adhésion. Malheureusement, il n’en est rien. La présence de la ministre israélienne des affaires étrangères à cette conférence de presse, au demeurant, délivre un message limpide : la sollicitude américaine pour le Darfour n’a d’égale que sa complaisance pour Israël. Avec la même ardeur, Washington dénonce les atrocités commises par les sbires de Khartoum et fournit à Tel-Aviv les armes lui permettant de terroriser la population palestinienne. Volontairement schizophrène, l’hyperpuissance immunise Israël contre la machine onusienne tout en voulant la déchaîner contre le Soudan.

Le paradoxe est d’autant plus flagrant que la crise du Darfour, en droit international, est une affaire intérieure soudanaise. En Palestine, frappée d’impuissance par le veto américain, la communauté internationale laisse impunie une violation flagrante de la légalité internationale. Au Soudan, elle a pris soin d’étayer la légitimité de son intervention, tandis qu’en Palestine elle s’interdit même d’y songer. L’ingérence internationale dans les affaires intérieures d’un Etat, en effet, tire sa légitimité du soupçon de crimes contre l’humanité. D’où l’importance cruciale, pour l’issue de la procédure, de la qualification des crimes commis. Mais encore faut-il que les instances internationales aient été saisies.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a été officiellement saisi, à juste titre, de la situation qui prévaut au Darfour. A peine créée, cette nouvelle institution internationale a trouvé dans le drame soudanais un champ d’action privilégié. C’est le rapport de la mission d’évaluation du CDH, remis le 12 mars 2007, qui a provoqué le récent durcissement de la politique américaine. Dénonçant à nouveau « des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » au Darfour, le rapport est particulièrement accablant pour Khartoum.

La résolution de l’assemblée générale du 15 mars 2006, qui a créé le Conseil des droits de l’homme, affirmait « qu’il importe d’assurer l’universalité, l’objectivité et la non-sélectivité de l’examen des questions relatives aux droits de l’homme, et de mettre fin à la pratique des deux poids deux mesures et à toute politisation. » Un vœu pieux, assurément, car il y a peu de chance de voir la politique israélienne dans les territoires palestiniens soumise à une enquête similaire du Conseil des droits de l’homme.

Souvent stigmatisée pour sa prétendue pusillanimité à l’égard du Soudan, l’ONU y déploie, au contraire, une activité d’autant plus fébrile qu’elle veut exorciser son impuissance passée face au génocide rwandais. Usant tour à tour de la menace et de la persuasion, cette action diplomatique s’accompagne, de surcroît, d’une véritable action judiciaire. Le 15 mars 2005, le conseil de sécurité de l’ONU a déféré la situation au Darfour au procureur de la Cour pénale internationale. Une liste de 51 chefs d’accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité fut livrée en pâture à l’opinion publique, exerçant une pression considérable sur les autorités soudanaises et leurs alliés locaux. Car même si les noms des présumés coupables n’ont pas été divulgués, nul n’ignore que de hauts dignitaires soudanais figurent sur cette véritable liste noire.

Aide humanitaire massive, avalanche de résolutions, saisine de la CPI : cette débauche de moyens s’est avérée jusqu’ici d’une efficacité douteuse. Elle eût été impensable, en tout cas, sans le puissant aiguillon de la politique américaine. Le Darfour cumule trois avantages, il est vrai, de nature à susciter un réflexe compassionnel outre-Atlantique : il est géographiquement éloigné (exotisme propice à l’épanchement), son malheur est étranger à toute influence américaine (bonne conscience garantie), il est victime de la cruauté supposée du monde arabo-musulman (confort idéologique assuré). Du coup, il n’est pas étonnant que 50 000 personnes aient défilé à Washington en avril 2006 contre le « génocide » du Darfour, soit autant que lors du dernier défilé contre la guerre en Irak.

Don Cheadle, George Clooney, Angelina Jolie, le Congress Black Caucus, le musée de l’Holocauste, les associations juives, les milieux chrétiens évangélistes : la vaste coalition « pour sauver le Darfour » affirme représenter 130 millions de personnes à travers 178 associations. Les plus dynamiques sont incontestablement les associations juives. Mais les institutions mémorielles sont aussi de la partie. Ainsi « l’Initiative de prévention du génocide du musée de l’Holocauste », à Washington, qui s’est fixé pour mission d’ « honorer la mémoire de l’Holocauste en agissant contre les génocides contemporains ». Elle a décrété une « urgence spéciale » pour le Darfour en 2004, après avoir conclu que « les victimes étaient ciblées en raison de leur origine ». L’administration Bush lui a aussitôt emboîté le pas en qualifiant la guerre civile au Darfour de « génocide », alors que l’ONU et les Européens parlent de « crimes contre l’humanité ». (Libération, 20 mars 2007)

En France aussi, un mouvement d’opinion médiatiquement orchestré se dessine en faveur du Darfour. Julien Clerc prête sa voix à un message vidéo au profit de l’appel lancé par Bernard Kouchner dans Le Pèlerin pour l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Artistes et intellectuels se rassemblent autour du collectif « Urgence Darfour » qui, précise Libération, « compte des francs-maçons, des chrétiens, des associations juives, noires (le CRAN), mais quasiment pas d’Arabes ou de musulmans ». Le Nouvel Observateur s’associe avec enthousiasme à l’appel lancé par « Urgence Darfour » au Parlement européen en faveur de l’envoi d’une « force de protection internationale ».

Bernard-Henry Lévy, lui, publie cinq pages touffues dans Le Monde après avoir erré une semaine en 4/4 climatisé à la frontière tchado-soudanaise. Participant à la soirée organisée par le collectif « Urgence Darfour » le 21 mars, Ségolène Royal et François Bayrou ont signé un « engagement en huit points pour sauver le Darfour ». Les autres candidats à l’élection présidentielle s’empressent d’en faire autant. Pour finir, un message du président de la République lu par BHL a menacé le Soudan de « sanctions » si les « exactions » se poursuivent. C’est « le réveil des consciences », résume Libération.

Si cette mobilisation avait pour effet d’améliorer le sort des habitants du Darfour, qui refuserait sincèrement de s’en réjouir ? Mais c’est peu probable. D’abord parce que ces initiatives médiatiques reposent souvent sur une analyse erronée de la situation. Ensuite, parce que cette partialité dans l’analyse produit précisément l’inverse de ce quelle prétendait obtenir. En proférant des généralisations abusives, on fournit à Khartoum le prétexte idéal pour justifier son immobilisme. C’est le cas, par exemple, lorsqu’on ressasse le réquisitoire simpliste contre « les milices arabes issues des tribus nomades qui massacrent les populations du Darfour au seul motif qu’elles sont négro-africaines ».

A entendre d’authentiques spécialistes de la région, ce genre d’assertion mérite d’être sérieusement nuancé. Certes, un certain « racisme » à l’égard des populations périphériques est le fait d’une partie des élites soudanaises d’origine arabe vivant dans la vallée du Nil. Détentrices du pouvoir à Khartoum, elles sont les véritables commanditaires des exactions commises par les miliciens « janjawids », ces « cavaliers diaboliques » qui font régner la terreur dans les zones rebelles. Mais les « janjawids », eux, sont aussi noirs que leurs victimes, explique Marc Lavergne, directeur de recherche au CNRS et spécialiste du Soudan : « pour moi, tout le monde est noir dans cette histoire. La notion de racisme n’a pas sa place. Les milices tribales janjawids sont des mercenaires qui ne se revendiquent pas du tout arabes. Ils ne sont pas le vrai problème. En exagérant, on pourrait dire que ce sont des pauvres qui se battent contre des pauvres. » (Afrik.com, 16 juillet 2004)

Rien n’est plus pernicieux, par conséquent, qu’une racialisation intempestive de la grille de lecture appliquée au conflit. Elle occulte le fait que toutes les ethnies vivant au Darfour, en réalité, ont été arabisées et islamisées au cours d’un long processus historique. Les tribus nomades du nord-Darfour, les Bagaras, l’ont été avant les autres, mais toutes utilisent l’arabe, même si elles continuent de pratiquer les parlers africains. Au surplus, le brassage multiséculaire des populations interdit de faire des distinctions « raciales » que les mariages interethniques ont rendu imperceptibles. « Tout autant victimes de la discrimination sociorégionale que leurs concitoyens noirs, les Bagaras ne se trouvent du côté des élites tueuses de Khartoum que par le jeu de la fausse conscience d’une arabité plus fantasmée que réelle », explique Gérard Prunier, chercheur au CNRS. (Le Monde diplomatique, mars 2007)

Ces milices manipulées par le gouvernement soudanais, du coup, sont loin d’être l’expression armée des « pasteurs nomades arabes ». Repris de justice libérés contre la promesse d’un engagement milicien, ex-déserteurs de l’armée gouvernementale dans le sud, membres des tribus chamelières victimes de la sécheresse, ressortissants de certaines ethnies négro-africaines qui attendent une rétribution pour leur ralliement : la composition des milices « janjawids » est extrêmement variée. Marc Lavergne y voit même un « lumpenprolétariat » (« prolétariat en haillons », selon la célèbre formule de Karl Marx), cyniquement utilisé par Khartoum pour « chasser les habitants du Darfour et installer à leur place de grandes fermes mécanisées confiées à des entreprises agricoles ou à de grandes familles ». Inversement, on oublie souvent de le mentionner, la principale ethnie arabe du Darfour (les Bagaras Rezeigats) a créé son propre mouvement de guérilla antigouvernementale pour protester contre la misère des populations et l’incurie de Khartoum.

Cet entrelacs de faits qui paraissent contredire les idées reçues devrait donc inciter à la prudence dans l’analyse. Les mêmes précautions méthodologiques, en outre, devraient être employées lorsqu’on aborde la dimension religieuse. Au Darfour tout le monde est musulman, et le conflit n’a aucune connotation religieuse. C’est l’une des différences majeures avec la sanglante guerre civile qui opposa Khartoum et la rébellion sudiste entre 1983 et 2005. Mais cette évidence ne gêne nullement BHL.

De passage au Darfour, le philosophe itinérant a eu une révélation : « J’ai vu, en fin de compte, peu de mosquées dans ce Darfour dévasté. Je songe que je n’ai pas croisé de femmes voilées. Je repense à l’école bombardée de Deissa, où l’on m’a montré les classes de filles à côté des classes de garçons. Et l’idée me vient que c’est peut-être là, après tout, un autre trait de cette guerre -et une autre raison, surtout, de se mobiliser : islam radical contre islam modéré ; le régime qui, à la fin des années 90, donnait asile à Ben Laden contre des populations musulmanes rebelles à l’islamisme ; au cœur de l’Afrique, dans les ténèbres de ce qui peut devenir, si nous ne faisons rien, le premier génocide du XXIème siècle, un autre théâtre pour le seul choc des civilisations qui tienne et qui est celui, nous le savons, des deux islams. » (Le Monde, 12 mars 2007)

Décidément, on ne voit que ce qu’on a envie de voir. Mais plus grave encore, on procède à la reconstruction imaginaire d’une réalité qui est toute différente. Le conflit du Darfour a éclaté en février 2003 avec la rébellion de deux groupes armés, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS), puis le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Doté d’une réelle influence politique, ce dernier est d’obédience islamiste, et même suspecté d’être proche d’Hassan-al-Tourabi, chef de file des Frères musulmans et ex-éminence grise du régime issu du coup d’Etat militaire de 1989. A l’inverse, le pouvoir soudanais a clairement pris ses distances avec l’islamisme radical au lendemain des attentats du 11 septembre. Le président Omar-el-Béchir a évincé le courant « tourabiste », et Khartoum a fini par accéder au rang de partenaire des Etats-Unis dans la lutte contre Al-Qaida.

Le Soudan expiait de la sorte ses compromissions passées avec Ben Laden, et présentait une apparence respectable dans la perspective d’un accord de paix dans le sud. En tout cas, s’il y a des « islamistes » au Darfour, ils sont manifestement dans les deux camps. Une situation complexe qu’a récemment résumée Rony Brauman : « il ne s’agit pas d’un conflit entre islamistes extrémistes et musulmans modérés. Le front de résistance, à peu près uni jusqu’en 2006, s’est fragmenté en une douzaine de groupes qui se combattent entre eux tout en continuant à lutter contre les forces gouvernementales et les milices. Parmi les plus acharnés, parce qu’ils estiment que le Darfour ne leur a pas fait la place qu’il convenait, il y a les islamistes radicaux. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)

Pourquoi, dans l’axiologie du conflit, privilégier de manière systématique la grille de lecture ethnique et religieuse ? Et ne pas se résoudre à considérer le conflit du Darfour, d’abord, comme un conflit politique ? « Les mouvements de libération, expliquait Marc Lavergne en 2004, ne revendiquent ni l’indépendance ni l’autonomie, mais un meilleur partage du pouvoir et des ressources. Ils considèrent que leur région est défavorisée par rapport à d’autres, en particulier celles du centre. La rébellion a éclaté, entre autres raisons, parce qu’un accord était sur le point d’être conclu entre Khartoum et la rébellion sudiste. Les gens du Darfour ont peut-être été tentés d’imposer, comme les gens du sud, un partage du pouvoir et des richesses. La répression a été disproportionnée. L’armée est intervenue avec des bombardements massifs, et le pouvoir a fait appel à des milices tribales, les janjawids. » (Le Nouvel Observateur, 5 août 2004)

Conflit politique entre un pouvoir accapareur et une région déshéritée, entre un centre hégémonique et une périphérie livrée à elle-même, la guerre du Darfour est une véritable tragédie. Le gouvernement de Khartoum, à l’évidence, porte une lourde responsabilité dans ce désastre, auquel les populations civiles paient un lourd tribut. Sur le sombre bilan de cette guerre, les estimations divergent, mais le chiffre de 200 000 victimes est retenu par l’ONU. Selon Rony Brauman, « on peut estimer que durant la période la plus violente, du printemps 2003 à l’été 2004, entre 30 000 et 70 000 personnes ont été tuées. Auxquelles il faut ajouter, comme dans tous les conflits, les victimes de la surmortalité provoquée par la malnutrition, soit 200 000 personnes environ. » (Le Nouvel Observateur, 15 mars 2007)

C’est une guerre civile terriblement meurtrière pour une région qui compte environ 7 millions d’habitants. Mais peut-on parler pour autant de génocide ? Pour l’ancien président de MSF, « ce n’était pas l’enjeu de cette guerre. A aucun moment, les dirigeants soudanais n’ont tenu des propos évoquant l’idée de détruire un groupe donné. Ils veulent marginaliser ce peuple et le garder sous la botte, c’est indiscutable. Mais pas l’exterminer. » 30 000 à 70 000 victimes directes des tueries commanditées par Khartoum, c’est un chiffre terrifiant et révoltant. Mais guère plus que les 30 000 morts provoquées par l’invasion israélienne du Liban, en 1982, dans un pays qui comptait à peine 3 millions d’habitants. Et aucun Conseil des droits de l’homme, ni aucune Cour pénale internationale n’a cru bon d’en blâmer les dirigeants israéliens.

Orchestrée par les médias américains, l’accusation de « génocide » permet de stigmatiser un régime arabe ayant longtemps flirté avec l’islamisme. Elle vise aussi à accréditer l’idée d’une intervention musclée des pays occidentaux. Mais hormis « l’hybridation » entre forces de l’ONU et forces de l’UA, dont Khartoum a accepté le principe, cette solution militaire a-t-elle un sens ? Comment une intervention étrangère, dans une région grande comme la France, aurait-elle la moindre chance de succès ? Le réflexe compassionnel occidental débouchant sur l’envoi d’un corps expéditionnaire : gardons-nous, ici comme ailleurs, de ce couple infernal.

Les partisans enthousiastes de la « solution militaire », outre qu’ils comptent sur les autres pour se faire trouer la peau, sont pour le Darfour de véritables faux amis. Non contents de réduire à sa dimension ethno-religieuse la perception du conflit, ils s’inscrivent dans un courant dominant dont la lutte contre « l’islamo-fascisme » constitue l’article de foi. Apologistes du bombardement humanitaire en Irak et supporters délirants de la « démocratie israélienne », ce sont eux qui fournissent à la politique néo-impériale de l’administration Bush ses cohortes d’idiots utiles.

Cumulant les infortunes, la population du Darfour voit ainsi s’ajouter à ses misères l’encombrant soutien de ceux qui applaudirent aux massacres israéliens en Palestine et au Liban, s’extasièrent sur les prouesses des B 52 en Irak, et considèrent toujours Abou Ghraib et Guantanamo comme de simples commissariats de police. Coincée entre les associations juives américaines et les intellectuels organiques hexagonaux, la cause du Darfour aura du mal à se faire entendre en dehors de la sphère d’influence des médias occidentaux. Il est infiniment regrettable que ses défenseurs les plus sincères ne l’aient pas compris, comme est particulièrement scandaleux le silence complaisant du monde arabe à l’égard des responsabilités de Khartoum dans la tragédie du Darfour.

A l’évidence, la seule solution au conflit est de nature politique. Le Darfour n’est pas un Etat indépendant, mais une région du Soudan. Toute démarche reposant sur le déni de la souveraineté nationale soudanaise conduira à une impasse. Catastrophique, la situation humanitaire au Darfour justifie une intervention massive de l’ONU pour nourrir et protéger les populations. Mais cette intervention doit surtout obtenir des parties en présence un accord politique permettant de mettre fin aux combats.

Simultanément, seule une pression de la communauté internationale peut infléchir Khartoum, mais à condition qu’elle n’apparaisse pas comme discriminatoire à l’égard d’un Etat arabe. Les imprécations anti-soudanaises des lobbies pro-israéliens relèvent d’une indignation sélective qui fait la différence entre « bonnes victimes » au Darfour et « mauvaises victimes » en Palestine. Mais surtout, et c’est plus grave encore, elles desservent la cause du Darfour sur la scène internationale, où Khartoum a beau jeu d’invoquer la solidarité arabe contre l’ingérence occidentale et la politique des « deux poids, deux mesures ».

A l’issue de son équipée dans les pick-up du Mouvement de libération du Soudan, BHL a proposé dans les colonnes du quotidien Le Monde de livrer des armes à cette fraction irrédentiste de la guérilla. Rejetant les accords de paix signés à Abuja sous la houlette de l’ONU en mai 2006, le MLS poursuit le combat au côté des « islamistes » du Mouvement pour la Justice et l’Egalité. Peu importe que le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ait accusé la guérilla, elle aussi, de crimes contre l’humanité, ni que le retour à la table des négociations soit l’unique issue à la guerre civile. Indécrottables, les muscadins fortunés de la philosophie et les chantres hypocrites de l’humanitaire appellent leurs protégés à se battre jusqu’au bout, et pour les convaincre, ils leur promettent monts et merveilles. Véritables héros par procuration, ils sont prêts à se faire tuer jusqu’au dernier Darfouri.

Bruno Guigue

Diplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA

Auteur de "Proche-Orient : la guerre des mots", L’Harmattan, 2003

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par Jicé de Belgique - le 25 mars 2008
Étonnantes ces absences de réaction après certains textes essentiels !... Et ces impossibilités de réagir !... Dépêchez-vous de télé-charger ces textes car ils pourraient disparaître très Sarkôt, après le limogeage gaulliste de cet excellent Bruno Guigue...
Par Bruno GUIGUE - le 13 mai 2007
En réponse à Samer ... Je ne reproche pas du tout à l’ONU d’intervenir dans ce conflit ! Bien au contraire, je pense qu’il n’y a pas d’autre solution qu’une reprise des négociations de paix sous l’égide internationale. Parfaitement légitimes, les pressions diplomatiques sur Khartoum peuvent contribuer à une issue négociée et ne doivent évidemment pas se relâcher. Reste qu’elles gagneraient en crédibilité vis à vis du monde arabe, complice de Khartoum par abstention, si les supporters enthousiastes de la colonisation israélienne et de l’interventionnisme américain mettaient une sourdine à leurs imprécations. Car cette OPA sur le malheur des autres rend un piètre service aux Darfouris, en fournissant au gouvernement soudanais le prétexte de son immobilisme et l’une des raisons évidentes de son impunité. Comme si les crimes de Khartoum, par milices interposées ou pas, ajoutés aux exactions de certains groupes de résistance, ne suffisaient pas ..
Par Samer - le 12 mai 2007

Les associations juives, arméniennes, noir-américaines, chrétiennes, et musulmanes sont aussi actives que les associations de droits de l’homme dans la dénonciation des crimes contre l’humanité au Darfour. Et les associations juives peuvent être fiers du fait qu’ils sont les plus actives. Nous, les arabes, nous aurions dû être les premiers à protester dans les rues pour exprimer notre colère et pousser nos gouvernements à agir.

L’article de M. Guigue compare les souffrances des Palestiniens avec ceux des Darfouris, et critique l’attention donné au Darfour par l’ONU et par les médias. Pourtant, demander la justice au Darfour n’empêche pas de demander la justice en Palestine. Au lieu de critiquer la couverture médiatique du conflit au Soudan, il aurait pû mentionner que 3 millions de personnes ont été déplacés et 70,000 morts de maladie en 6 mois, sans compter les près de 200000 (estimations non-officiels) tués directement par les violences. Il ne faut pas que la demande d’un procès pour les crimes au Darfour attire des accusations de racialisation, d’anti-arabisme, et de pro-américanisme.

Par Geocartophile - le 29 avril 2007
Je suis tout à fait d’accord avec votre opinion. Je ne crois absolument pas qu’une véritable action humanitaire passe par la vengeance des fanatiques du MLS et du MJE. La justice ne sera rendue qu’avec un procès impartial de la CPI. Si ces deux mouvements autonomistes annulent leur désir de vengeance et que l’ONU vient sans armes, les Janjaweeds n’auront d’autres choix que d’arrêter la répression, parce qu’ils sauront qu’ils seront jugés pour les crimes qu’ils ont commis. En l’absence de marge de manoeuvre, pris entre l’arbre et l’écorce, les Janjaweeds respecteront les accords de paix et l’aide humanitaires aux réfugiés sera beaucoup plus efficace sans la crainte de tout perdre, de boire l’eau contaminée et même de ne pas avoir de quoi manger. Il n’y a pas de meilleure arme que des appareils photo numériques et des caméras. Les pourparlers entre les Janjawids et les Darfouri rebelles et même les troupes de l’ONU ne peuvent qu’échouer en reprochant les atrocités commises par l’ennemi et en menaçant de commettre des représailles en brandissant des armes. Bref, je suis persuadé que même quatre ans après le début du conflit, il est possible de faire de la diplomatie en arrêtant cette guerre de peur si l’ONU promettait d’être plus clément envers la faction qui laissera tomber les armes en premier quand ce conflit, le dernier de tout les génocides, sera définitivement et irréversiblement terminé.
le 28 mars 2007
Les kalashikov ne tombent pas du ciel, toute rebellion est toujours soutenue par un intérêt extérieur. Cependant la méthode employée pour liquider la rebellion (envoi de paramilitaires pour chasser les populations indésirables) n’est pas acceptable. En tout cas le mal est fait, et l’intervention militaire suggérée par la campagne médiatique actuelle ne peut que dégénérer.
Par alandalus - le 28 mars 2007
à rachid zani, je suis extrêmement sensible à la flatterie donc je vous en prie, continuez j’adore ça. sur le fond, je maintiens que votre message demande reformulation. bien à vous. david
le 28 mars 2007
En fait, c’est un article de haute qualité car il démasque le jeu des humanistes séléctifs (au dessein masqué) et en même temps il nous donne une vision plus claire de la situation que celle donné par ceux qui aiment désigné d’1 coté "les gentils" et de l’autre "les méchants". L’article paru dans Libération (racourci) est encore plus clair. Mais quoi qu’il en soit tout hésitation ou réserve sur la question ne fait qu’augmenter le nombre de morts. Donc il faut réagir.
Par Rachid ZANI - le 28 mars 2007
Désolé d’avoir mis à contribution vos méninges david mais j’ai cru comprendre que votre infatigabilité à débattre de tout sur tout , survolant toujours un peu plus la mélée ,vous dispensait de vous attarder sur d’aussi pietres reflexions. Andalous, vous êtes toute la lumière du monde.
Par alandalus - le 27 mars 2007
à rachid zani, je dois vous avouer que je ne comprends rien à votre message. cordialement, david
Par Happywiseman - le 27 mars 2007

Merci Bruno pour votre réponse. Mais malheureusement cela ne répond pas complètement à ma question.

Je pense qu’i serait naïf de penser que les Etats-Unis et ses partenaires européens et israéliens n’essayent pas d’anticiper er de créer les meilleures conditions pour intervenir et façonner l’Afrique comme bon il leur semble. L’exemple des armes de destruction massive en Irak en est la meilleure preuve !

A titre d’exemple, il y a des indices qui montrent que la guérilla sudiste soutenait les rebelles au Darfour justement pour affaiblir le pouvoir central et le faire plier dans les négociations menées par les Etats-Unis. Ces mêmes Etats-Unis avaient incité l’ancien président soudanais (L’ex président Al-Noumaïri) en début des années 1980 à armer des tribus sudistes contre d’autres tribus sudistes qui provoquaient des troubles dans une région où opérait la compagnie pétrolière Chevron. Maintenant que ce sont surtout des sociétés chinoises et indiennes qui travaillent au Sud, ils ne veulent pas perdre du terrain sur le reste. Il y a aussi la France qui à travers le Tchad, le voisin du Darfour, se bat pour garder son influence dans cette région. Et bien sûr, il y a l’intérêt majeur de l’état d’Israël d’isoler l’Egypte au Nord et faire pression sur lui en menaçant les sources d’eau au Soudan, et de faire en sorte que les états africains ne soutiennent pas la cause arabe en Palestine. C’est d’ailleurs lui qui avait participé dès le départ dans la création du mouvement sudiste et dans la désignation et la préparation de John Garang pour affronter le gouvernement du Soudan.

Bref, c’est un jeu bien complexe, dont les victimes sont des gens innocents écrasés ou manipulés par se faire écraser. Les Etats Unis et leurs alliés européens et israéliens n’y sont pas innocents.

Amicalement

Par Bruno GUIGUE - le 27 mars 2007
Réponse à Happywiseman .. Je ne crois pas que les puissances occidentales aient joué le moindre rôle dans le déclenchement de la rébellion armée au Darfour en février 2003. Les autorités américaines, par exemple, se seraient volontiers passées de ce nouveau conflit au moment où elles tentaient d’amener Khartoum et la guérilla sudiste à la table des négociations. En revanche, la mobilisation de la société civile américaine en faveur des populations du Darfour a poussé Washington à durcir le ton, cueillant au passage le double bénéfice politique que lui procurait l’affaiblissement du gouvernement soudanais : stigmatiser un régime arabe considéré comme hostile, et faire passer au second plan, simultanément, le drame palestinien et le fiasco irakien. La récupération éhontée de la souffrance darfourie par la caste médiatique parisienne complète harmonieusement le dispositif, puisque ces mêmes intellectuels sont les avocats passionnés de la politique néoconservatrice au Moyen-Orient.
Par alandalus - le 27 mars 2007

m. guigue, merci pour le compliment ! ce qui me gène, ce n’est pas que vous soyez pour ou contre l’intervention armée ou la livraison d’armes à telle ou telle fraction. mon désaccord profond (et mon étonnement parce que je respecte votre intelligence) vient du caractère monocausale que vous donnez à toutes les crises internationales : la volonté hégémonique d’israel, le poids des lobbies, l’anti-islamisme des "sionistes" (dont je suis comme je l’ai déjà dit 100 fois).

mes modestes études dans le domaine des relations internationales et de la géopolitique m’ont appris que le seul prisme de l’anti "impérialisme" rendait très mal compte de la complexité du monde. en s’y limitant on s’interdit de comprendre les cause des conflits, d’en prévoir les prochaines étapes et surtout d’y proposer des solutions. pour un spécialiste, je trouve ça un peu pénalisant.

cordialement, david

Par Rachid ZANI - le 27 mars 2007
bonjour, devant le commentaire d’AG plutôt "idiot qu’utile" sauf son respect , une ou deux réflexions m’interpellent . Monsieur AG ! Les "potentats" de l’autorité palestinienne ne souffrent-il pas justement du manque de moyens qu’ont à leur niveau les dirigeants d’ISRAËL qui refuse systématiquement tout changements, toutes personnes nouvellement élus à leur tête , tout ce qui pourrait nuire à la "sécurité de leur belle démocratie" ?? Pourquoi la PALESTINE n’a t-elle pas les moyens ??? le débat démocratique n’existe pas ou est quasi-inexistant chez les palestiniens faute de leur laisser la liberté de le faire sans ingérence de la part de l’intelligentsia israëlienne....et d’une partie de l’occident impérialiste qu’il vous plaît à citer. Comment peuvent t-ils faire ? comment peuvent t-ils vivre ? ils sont emmurés . Même Feu Yasser ARAFAT était confiné dans ses quartiers, prisonnier du "modèle démocratique israëlien". La démocratie oui mais la démocratie pour tout le monde !!!! Les propos dont on nous a "autorisé la teneur" n’ont d’égale que l’ignorance dont vous faites montre et nous permettent d’espérer qu’il y a autre chose que ces règles si subtilement établies dans lesquelles vous vous êtes endormies. Il est temps de vous réveiller AG !!!!
Par Bruno GUIGUE - le 27 mars 2007
A Alandalus .. (mon infatigable détracteur) .. Le manifeste signé par de prestigieux intellectuels auquel vous faites allusion est surtout un cri d’indignation auquel je souscris volontiers .. En effet, ce texte ne brandit pas l’accusation de génocide à tort et à travers, il n’attribue pas le drame du Darfour, de manière pavlovienne , au "racisme des milices arabes", et encore moins à "l’islam radical", il ne préconise aucune expédition punitive des puissances occidentales, il ne réclame aucune livraison d’armes à la fraction irrédentiste de la rébellion, bref il évite soigneusement les raccourcis manichéens et l’aventurisme par procuration qui caractérisent BHL, Kouchner et leurs amis. Que BHL ait signé ce texte traduit d’ailleurs, une fois de plus, la cohérence de sa "pensée" ..
Par Happywiseman - le 27 mars 2007

Merci Bruno pour cet article bien plus équilibré par rapport au plat médiatique qu’on veut nous faire avaler.

Je ne sais pas si vous lisez ces commentaires mais j’ai une question à vous poser sur un aspect du conflit sur lequel vous ne vous arrêtez pas.

En fait vous mettez l’accent sur un conflit dû à l’hégémonie d’un pouvoir central sur une province marginalisée. Il se peut que ce soit la raison de départ, mais les puissances occidentales sont-elles étrangères à ce conflit ? Les USA, Israël et leurs partenaires, n’ont ils pas joué un rôle pour exploiter cette fissure à l’ouest du Soudan , après celle du sud, pour amorcer cette tragédie et l’attiser afin d’affaiblir le Soudan et le diviser. L’enjeux principal étant de mieux contrôler ses riches ressources (Eau, Pétrole, Uranium etc.) et pour redessiner la carte de l’Afrique avec des régimes faibles et complaisants, plus coopératifs avec les ussiens (ou états-uniens) et leurs partenaires occidentaux et israéliens qu’avec les chinois et les indiens ?!

Le conflit a commencé en février 2003 avec la rébellion de deux groupes armés, le Mouvement pour la Libération du Soudan (MLS), puis le Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE). Mais qui a financé et armé ces mouvements et continuent à le faire ? Et pourquoi des associations sionistes s’impliquent dans cette campagne médiatique d’aliénation de l’opinion public occidental ???

Qui attise cette tragédie ?

Par alandalus - le 27 mars 2007

m.guigue, vous lisez libé, c’est bien. moi aussi. j’y trouve aujourd’hui un texte intitulé "Ne pas tolérer" au sujet du darfour. Il est signé par Par Umberto ECO, Dario FO, Günter GRASS, Jurgen HABERMAS, Vaclav HAVEL, Seamus Heaney, Bernard-Henri Lévy, Harold Pinter, Franca Rame, Tom Stoppard.

je n’ai qu’une question : est ce que ces gens sont des sionistes à la solde d’israel et soucieux seulement de faire oublier ses "crimes" ?

cordialement, david

Par jamalou - le 26 mars 2007
réponse à l’article "stupide raisonnement" : votre commentaire est bien un "stupide raisonnement....
Par AG - le 26 mars 2007

En tant qu’idiot utile,vous me permettrez de vous faire partager une ou deux de mes naïves convictions.

Vous me permettrez de placer - c’est primaire, j’en conviens - davantage de confiance dans les politiques au pouvoir à Tel Aviv que dans les potentats de l’Autorité Palestinienne. Au moins,le débat démocratique ne s’y pratique pas à la kalash dans la rue. Et quand un chef militaire provoque des dommages chez des civils, il en répond en justice...

Vous me permettrez aussi de penser - masi je suis sans doute un jobard - que du point de vue des libertés publiques, il vaut mieux être un ressortissant de l’horrible occident totalitaire que d’une démocratie avancée du Moyen-Orient. C’est vrai : quand on pense à la chance qu’ont les journalistes iraniens ou saoudiens d’exercer dans leurs beaux pays !

La meilleure preuve de l’ineptie de vos propos, à vous tous pourfendeurs de l’occident impérialiste et faussement démocrate, c’est que,précisément, ON VOUS AUTORISE A LES TENIR... On peut en reparler au café du Commerce, à Ryad, si ça vous fait plaisir et qu’on nous en donne le droit. Entre idiots utiles...

Pour le reste, énoncer le caractère géopolitique plutôt qu’ethnique ou religieux du conflit du Darfour relève de l’enfoncement de porte ouverte ou du scoop éventé ; le faire sur une telle longueur, de l’exploit sportif.

Bon, je retourne regarder Al Manar, pour parfaire ma culture démocratique. A bientôt !

PS : une devinette pour la bonne bouche ! Vaut-il mieux le pétrole aux Chinois et la guerre au Soudan, ou le pétrole chez nous et la paix au Soudan ? En bon occidental rationnel, j’ai - pardon,mille fois pardon - la faiblesse de choisir, froidement, la seconde solution. Ce dont les Darfouris ne devraient pas se plaindre... Mais, pardon, c’est de la géopolitique d’idiot.

Bon, promis,maintenant j’arrête !

Par Bruno GUIGUE - le 26 mars 2007

Réponse à l’intervenant qui s’auto-désigne du nom de "Darfour" .. J’ai beau chercher, je ne vois nulle part dans mon article le "raisonnement" qualifié de "stupide" et résumé ainsi :"attendre la résolution du conflit israélo-palestinien pour condamner le gouvernement soudanais". Les responsabilités de Khartoum dans cette tragédie, elles, sont clairement établies. Personne n’en doute, même ceux qui se taisent lâchement dans le monde arabe ou ailleurs. Mais je soutiens que : 1. C’est desservir la cause du Darfour, à coup sûr, que de cautionner les "deux poids, deux mesures "dont on a encore, dans cette affaire, une flagrante illustration. 2. L’interprétation dominante du conflit, largement erronée, vise à légitimer une intervention occidentale en la parant de vertus humanitaires. Comme par hasard, les lobbies pro-israéliens en sont les maîtres d’oeuvre. 3. BHL et ses amis ont une attitude complètement irresponsable, qualifiée d’"aventuriste" par le président de Médecins sans frontières lui-même .. 4. L’option militaire occidentale, combinée à la fin de l’embargo sur les armes réclamée par BHL, serait une catstrophe de plus pour le Darfour et ses populations martyrisées.

Si l’administrateur d’Oumma l’autorise, je crois très utile de faire connaître la prise de position de MSF dans Libération du 23 mars :

Massacres et démagogie Par Fabrice Weissman, directeur de recherche et Jean Hervé Bradol, président de la fondation Médecins sans frontières.

"Le collectif Urgence Darfour vient de lancer un appel demandant aux Etats européens « d’envoyer immédiatement une force d’interposition » au Darfour afin de « protéger efficacement les populations d’un massacre généralisé » et de « mettre en place des corridors humanitaires sécurisés ». Cinq candidats à l’élection présidentielle française se sont engagés à prendre des mesures en ce sens. Il s’agit là d’une initiative aventuriste voire dangereuse. En effet, les grands massacres du Darfour ont déjà eu lieu. La campagne contre-insurrectionnelle menée par le gouvernement soudanais entre mars 2003 et décembre 2004 s’est accompagnée du meurtre de dizaines de milliers de civils accusés de soutenir la rébellion en raison de leur origine ethnique. Sur la base de 58 enquêtes de mortalité (dont 16 réalisées par Médecins sans frontières), le Centre pour l’épidémiologie des désastres estime à 131 060 le nombre de décès liés au conflit entre septembre 2003 et juin 2005. Un quart des victimes ont été assassinées (41 000), les autres sont mortes de faim et de maladies alors qu’elles fuyaient les tueries, l’incendie de leurs villages et l’anéantissement de leurs moyens de subsistance. Tout en restant à un niveau inacceptable, les violences contre les civils ont significativement baissé à partir de la fin de 2004 avant de connaître une certaine recrudescence. Depuis le second semestre 2006, la mission des Nations unies au Soudan recense en moyenne 200 morts civiles par mois, avec un pic dépassant les 400 en septembre-novembre. Ce regain de violence est lié à la reprise des hostilités entre le gouvernement et les mouvements rebelles non signataires des accords de paix du 5 mai 2006. Mais il tient aussi à la fragmentation des groupes armés (rebelles et paramilitaires) en factions rivales, ainsi qu’à la multiplication des conflits entre communautés voisines surarmées. Au total, les victimes civiles sont moins nombreuses qu’en 2003-2004 pour une raison très simple : une grande partie des zones touchées par la nouvelle vague de violence a déjà été vidée de sa population. Les meurtres se répartissent sur un territoire grand comme la France où vivent 6 millions d’habitants, dont la moitié au moins dans les villes et les camps tenus par le gouvernement, à l’intérieur desquels les violences sont sensiblement plus contenues. Selon les experts militaires de l’Union africaine et des Nations unies, il faudrait bien plus que les 20 000 Casques bleus prévus par la résolution 1 706 du Conseil de sécurité pour rétablir l’ordre et prévenir de nouveaux assassinats... à condition bien entendu que ce déploiement soit accepté par toutes les parties au conflit. Tel n’est pas le cas, puisque le gouvernement soudanais s’y oppose. Passer outre ce refus signifie envahir l’ouest du Soudan, autrement dit lui déclarer la guerre. Sans certitude aucune que cela contribuera à la sécurisation des populations civiles. Une intervention internationale au Darfour présente des difficultés autrement plus épineuses qu’au Kosovo, au Timor oriental ou en Sierra Leone, territoires de petite taille, tenus par des groupes armés bien identifiés, et dont les habitants étaient acquis dans leur écrasante majorité à l’intervention étrangère. Il est à craindre que l’invasion de l’Ouest soudanais se solde par un bain de sang qui n’épargnera pas les civils, à l’image de l’opération « Rendre l’espoir » en Somalie (1992) ou de « Libérer l’Irak ». Sans compter qu’une telle intervention conduira inévitablement à l’effondrement des programmes d’assistance ­ comme au Kosovo, en Sierra Leone, au Timor-Est, en Afghanistan ou en Irak pendant les phases d’offensive. Or, au moment où nous écrivons ces lignes, plus de 13 000 travailleurs humanitaires (dont 2 000 MSF), 12 agences des Nations unies et 80 ONG sont déployées au Darfour. Grâce à un vaste réseau de corridors aériens et routiers, ils apportent une assistance vitale à environ 2 millions de personnes déplacées. Bien que les conditions de vie soient toujours précaires dans les camps, les taux de mortalité et de malnutrition sont nettement en deçà des seuils d’urgence (voire, dans de nombreux camps, plus bas qu’avant-guerre). Du jamais-vu au Soudan, pour qui se souvient de la paralysie du système de l’aide durant les grandes famines des années 80 et 90. En revanche, les attaques contre les humanitaires se sont intensifiées au cours des six derniers mois, rendant plus dangereuses les missions en cours et très difficile l’accès aux nouvelles victimes. Une partie de ces agressions est le fait de bandes armées de tous bords (y compris rebelles) qui n’hésitent pas à assassiner des travailleurs humanitaires pour s’emparer de leurs véhicules ou d’autres moyens logistiques. D’autres attaques cruelles et meurtrières relèvent d’une stratégie délibérée du gouvernement soudanais. Celui-ci semble poursuivre deux objectifs : éloigner les organismes d’aide des zones d’opération militaire et contrecarrer les projets d’intervention internationale en prenant les humanitaires en otages. L’augmentation drastique des attaques ciblant le personnel de secours après le vote de la résolution 1 706 ne laisse planer aucun doute. Seule la reprise de négociations entre le gouvernement, les mouvements rebelles et les milices paramilitaires est susceptible d’endiguer le niveau de violence au Darfour. Une action concertée de la communauté internationale, prenant en compte les besoins d’assistance et de protection des populations civiles, est à cet égard essentielle. On peut regretter qu’un collectif capable de convoquer les principaux candidats à l’élection présidentielle préfère donner dans la surenchère guerrière (au risque de miner l’une des opérations de secours les plus efficaces des vingt dernières années) plutôt que pousser les gouvernements européens à s’engager sérieusement dans une politique de médiation. Quant à nos présidentiables, il est inquiétant de les voir souscrire aveuglément aux recommandations d’un collectif plus préoccupé de justifier la guerre au gouvernement soudanais que du sort immédiat des populations du Darfour."

Par zineb - le 26 mars 2007
Ces "ames "dont la sensibilité selective n’est plus a prouver sont venue solder leur poudre de "perlinpinpin" . comme si les milliers de morts pendant la guerre du liban etait des poussieres d’hommes
Par grya26 - le 26 mars 2007
Pour moi il s’agit là d’un excelent article sur la question du Darfour. Malheureusement il se trouvera toujours quelques trublions pour contester la justesse des arguments développés. Mais que cela ne nous désole pas, car ce qui est important c’est qu’un site comme =oumma.com= donne la parole à des auteurs qui par leurs contributions viennent enrichir les débats sur toutes les grandes questions de l’actualité. C’est ce qui fait que des gents comme moi qui sans être arabes ni musulmans le visitons assidument avec plaisir.
Par DARFOUR - le 26 mars 2007

Stupide raisonnement

C’est qui est essentiel à mes yeux c’est la protection des droits de l’homme peu importe la personne qui a recupéré la cause. Si des êtres humains sont discriminés dans leur droit, et qu’on tient comme raisonnement que ceux qui veulent la justice sont des sionnistes, on organise une hiérarchie des souffrances. Lutter pour la cause palestinienne, ne doit pas et ne peut pas nous empêcher en tant que musulmans de dénoncer les horreurs du gouvernement soudanais contre des populations pauvres sans défense. Attendre une résolution du problème israelo palestinien avant de dénoncer le crime du gouvernement soudanais est stupide comme raisonnement. Que BHL et Kouchner et bien d’autres récupèrent le problème du Darfour est une chose, se voiler la face parce qu’ils sont devant cette cause est stupide comme raisonnement. Les musulmans ne doivent pas faire un tri selectif dans la condamnation des violations des droits de l’homme. Il faut cesser de défendre des Etats ou des gouvernants parce qu’ils sont musulmans, il faut défendre des principes au nom de la foi islamique et des principes universels.

Par Nicolas - le 26 mars 2007
Merci Pour votre texte objectif et non passionnel. Israel qui soit dit en passant a été élu dernièrement au travers un sondage comme la source des problèmes dans le proche orient et est devenu ainsi le pays le plus détestable avec les Usa et l’iran. En fait l’état hébreu cherche à créer une zone tampon de sécurité dans le cadre du garnd moyen orient afin de se protéger et d’augmenter son pouvoir dans la région.
Par Rachid ZANI - le 26 mars 2007
Bonjour, suite à la lecture du commentaire de David( andalus) qui dit : " les "associations juives" ne peuvent en parler que dans un seul but : qu’on oublie ce que fait israel".... Je souhaiterai ajouter ceci : Non seulement les associations en parlent mais surtout les MEDIAS dont bhl est le chantre. David voyons ! nul hypocrisie vous trouverez dans ce texte ni même dans aucun autre texte de qui que ce soit et encore moins de M.GUIGUE. Seulement il faut vous mettre à l’évidence : DEUX POIDS / DEUX MESURES........... La beauté de votre pseudo vous fait oublier d’ou il est tiré aussi permettez que je vous rappelle qu’en d’autre temps MAIMONIDE savait lui, louer les louanges de cette grande civilisation.
Par Farid - le 26 mars 2007

A nour

Je tiens à vous signaler que ce sont des noirs qui tuent d’autres noirs et que tous les protagonistes musulmans. Alors, cessez de voir la tragédie du Darfour par le petit bout de la lorgnette. De plus, vous nous dites : "Si l’occident fait le dizième de ce qui se passe au Darfour sur des arabes, on aurait crié à l’islamophobie !!!!!!" Mais c’est déjà fait, c’est pourquoi l’on parle de la Palestine et de l’Irak.

Par Salah - le 26 mars 2007
Je suis tous les jours les infos à la télé (matin et soir), mais quiconque me demande de lui expliquer la nature du conflit au darfour je lui repondrais : « je n’en sais absolument rien !... » Mais en lisant votre article, Mr Guigue, j’ai eu l’impression de découvrir pour la première fois cette triste réalité. J’étais un peu trop naif peut être, en pensant que Tf1, France 2 etc... diffusaient un journal d’informations.
Par kami - le 26 mars 2007
kouchner et bhl j’ai cette image de mr kouchner portant un sac de riz pour la somalie je crois ;mais n’a jamais rien dit ou fait pour le peuple palestinien ,comme si des enfants palestinien ne sont pas des enfants comme les autres peuple. quand à mr bhl je pense sont but principale n’est pas d’aider le peuple du soudan ,mais surtout diaboliser la religion mumulman ainsi que les musulmans ,pour essayer de faire accepter les crimes d’israêl ou yeux de l’opinion occidentale que israêl et le rempart contre la barbarie venue des musulman.
le 26 mars 2007
Il est suprenant de constater que ceux qui sont si prompts à dénoncer les massacres des autres se taisent sur les massacres perpétrés par Israël sur les palestiniens. Cette émotion sélective suffit à les disqualifier à jamais et fait de ces défenseurs des droits de l’homme des droits de l’homiste pour qui un homme n’est pas égale à un autre homme. Honteux et scandaleux à la fois !!!!!
Par nour - le 26 mars 2007
georges stanechy et autres, savez-vous ce qui se passe au Darfour ? Y êtes-vous allés ? Que font les arabes au pouvoir du soudan aux noirs du Darfour ? Allez-y, faites un tour dans cette partie de l’Afrique qui a toujours servi aux arabes pour la pêche aux esclaves et ramenez nous des images qui parleront mieux et qui contrediront mieux ce que BHL a vu et alors vous aurez toute crédibilité à le critiquer. Moi, je suis noire et j’en ai assez qu’à chaque fois que des arabes qui n’ont pas le monopole de la souffrance, évoque la palestine et l’irak dès qu’on leur montre du doigt les horreurs qu’ils commettent et qu’ils souhaitent cachées. Si l’occident fait le dizième de ce qui se passe au Darfour sur des arabes, on aurait crié à l’islamophobie !!!!!! Mon peuple souffre et je remercie tout ce qui peuvent allerter le monde. J’espère que cette fois je ne serai pas censurée !
Par Tlaxcala - le 26 mars 2007

Pour comprendre ce qui se passe au darfour, au Soudan et en Somalie, lire

Les Américains noirs et la conquête impériale de l’Afrique – Entretien avec Prexy Nesbitt

http://www.tlaxcala.es/pp.asp ?reference=2285&lg=fr

Et maintenant, on va en Afrique ! Somalie, Soudan : le retour du colonialisme

http://www.tlaxcala.es/pp.asp ?lg=fr&reference=2265

Main basse sur l’Afrique : la stratégie de l’Empire pour contrôler le continent

http://www.tlaxcala.es/pp.asp ?lg=fr&reference=2216

Afrique : l’héritage impérialiste de guerres, de misère et d’horreur - Une nouvelle vague de luttes ouvrières

http://www.tlaxcala.es/pp.asp ?lg=fr&reference=2192

Somalie, Afghanistan d’Afrique

http://www.tlaxcala.es/pp.asp ?lg=fr&reference=1867

le 26 mars 2007
Salam, Merci M Guigue pour cette analyse brillante et j’espère qu’elle sera lue par beaucoup des gens
Par Georges Stanechy - le 26 mars 2007

Bravo !

Il est important de débusquer les manipulations médiatiques dans l’opération Darfour :

1) Les activistes pro-sionistes, BHL et Kouchner se fichent complètement du sort des populations. La preuve : dans les drames inacceptables de Palestine et d’Irak, ils ne bougent pas le petit doigt… Je me souviens encore des déclarations de Kouchner, recommandant le bombardement de l’Irak pour délivrer ce pays de son dictateur… Sachant que cela allait provoquer des destructions incalculables et des centaines de milliers de morts. Je me souviens encore des contorsions de BHL pour approuver l’officialisation de l’apartheid en Palestine, sous forme de la construction d’un Mur, ou encore des massacres de Gaza ou du Liban. Palestine, où une quarantaine de résolutions de l’ONU restent inappliquées sur une période d’un demi-siècle. De la pure hypocrisie…

2) Pour ces fanatiques, l’affaire du Darfour est destinée à occulter les horreurs perpétrées au quotidien en Palestine ou en Irak. Tout en se donnant bonne contenance, si ce n’est bonne conscience. La tactique de la cape rouge devant le taureau…

3) Les ressources du Darfour, encore inexploitées, sont parmi les plus prometteuses dans cette partie du continent : pétrole, gaz surtout, et encore plus important : des réserves d’uranium de grande qualité… Les multinationales ont intérêt à obtenir la partition du Soudan et l’autonomie du Darfour pour y installer un gouvernement de marionnette aux ordres…

Le plus affligeant est de voir des candidats « présidentiables » foncer tête baissée dans la première manipulation venue, organisée par des lobbies facilement identifiables. Cela donne une idée de leur capacité d’analyse, du niveau de leur esprit critique et de leur maturité politique… Ou, de leur indépendance vis-à-vis de ces multinationales... Sans parler « d’honnêteté » ou « d’éthique »…

Par faridb - le 26 mars 2007

Bonjour,

Merci à M Guigue pour cet article d’une lucidité remarquable à côté des torchons honteux que les médias officielles nous distillent .

Un point n’a pas été abordé celle de l’influence du tchad pays voisin dans le conflit du Darfour qui pourrait atiser le conflit. Le tchad est un nouveau venu trés envié dans la production et l’exportation de pétrole sous contrôle de la banque mondiale à 80 % ; Il est certain qu’un Soudan indépandant comme pays voisin pose de grands soucis à l’impérialisme américain. D’ou peut être l’empressement americain, sous couvert d’aide humanitaire, de controler le Soudan ... laissons le Soudan régler le probleme du Darfour comme il a su le faire avec les milices du Sud

Par Marc - le 26 mars 2007
Article de très haut niveau qui est un excellent antidote contre la propagande ambiante qui donne une vision idéologique et non réel de ce conflit.
Par un non-manupilé - le 26 mars 2007
Merci M Guig pour cet article.Je partage avec vous le meme point de vue.ces acteurs de paillettes ne connaisent meme pas le soudan sur la carte, et parlent du sujet comme s’ils étaient sur le terrain depuis 2003, ils ne connaisent absolument rien sur le sujet.ces intellos français, où ils étaient en 1994 , lorsque 400 000 mille Rwandais ont été massacrés ? la difference c’est que le soudan est unpays musulman et arabe, alors en monte en pièce des accuations caricaturales sur le Darfour. c’est vraiment lamentable ce qui sepasse dans ce monde.les palestiniens connaisent de puis un demi siecles les pires exactions , personne ne bouge, .I y a meme pas 6 mois, le sud du Liban été rasé , lors de la guerre israelienne contre le Hezbollah, qui a fait plus de 1200 victimes, des,milliers de blessés et envireons 5milliards de dollars de dégats, personne ne bouge, et bien sur sans parler de l’Iraq, .... ? vous voulez vraiment vous informer sur ce sujet, suivez , aljazeera et pas TF1 et le nouvel observateur , et vous verrez vraiment qu’il n’ya rien de tous ces mensonges. BRAVO M GUIGUE
le 26 mars 2007
Excellent article qui résume bien les vraies causes de ce conflit que certains-aux Etats-unis et en France-s’évertuent à instrumentaliser pour des buts pas du tout nobles.Pendant ce temps-là,Israel peut continuer à massacrer les Palestiniens tranquillement...
Par Phil - le 26 mars 2007

Aldanlus est tellement habitué à entendre et à cautionner des discours faisant l’apologie d’Israël qu’il en vient à paniquer et a être choqué, quant il entend la moindre critique sur cet Etat qu’il a littéralement idolâtré.

On comprend que les articles de Bruno Guigue toujours aussi rigoureux et argumenté dérange la bonne conscience d’Al Alandalus.

Par Rémy - le 26 mars 2007

Article d’une qualité incontestable, tout a été dit.

Bravo M.GUIGUE

Par Karaibos - le 26 mars 2007
Pourquoi essayer de dedouaner les pays arabes du drame du Darfour, ils ont vote contre la resolution d’envoyer des troupes de l’ONU au Darfour
Par alandalus - le 26 mars 2007

décidément, parler d’autre chose que de la palestine est un crime pour monsieur guigue ! tout en reconnaissant qu’il se passe au darfour des atrocités, m.guigue nous explique doctement que les "associations juives" ne peuvent en parler que dans un seul but : qu’on oublie ce que fait israel.

cet israélo-centrisme relève de la pathologie.

david

Par Ismael - le 26 mars 2007

Mr Guige ferait mieux d’expliquer, puisque précisément les habitants du Darfour sont musulmans, pourquoi ils suscitent si peu de compassion de la part des frères et soeurs de religion.

Ou même pourquoi la visite de Poutine, le massacreur des Tchetchenes, au Moyen Orient n’a pas entraîné ne serait ce qu’une manifestation de protestation- on n’ose imaginer ce qui se serait passé si Sharon avait fait une telle tournée !

Là peut être que l’on pourra répondre aux raccourcis, accusations et autres pratiques troubles contre les musulmans. Mais force est de constater que la Ligue Arabe et l’OCI, quand ils ne défendent pas tout simplement le régime soudanais, sont étrangement silencieux.

Par Eric - le 26 mars 2007
On aimerait que BHL et sa petite bande déploient la même énergie pour la défense des irakiens et des palestiniens toutes religions confondues.
Par christophe - le 26 mars 2007
Je crois que le Darfour arrange surtout les mouvements évangèlistes pour leur lutte idéologique contre l’attirance des populations noirs pour la religion musulmane. Chris.
Par Kamel - le 26 mars 2007
Mèrci monsieur Guigue pour votre texte ;d’autant plus que la rumeur médiatique pro-us laisse entendre à demi-mot que le drame du darfour a pour résponsable des "arabes" méttant ainsi en opposition les gens de "la cause noir" à ceux de la cause palèstinienne ;assimiler ces criminels à des arabes pèrmets entres autres d’endiguer la vague de convèrtion à l’islam de nombreux noirs amèricains... ;En plus de cela on parle de plus en plus des éxlavagistes arabes envers les noirs....Ces assimilations sont l’arbre qui cache la forèt des crimes commis par l’occident(amèrique+europe+russie) sur les musulmans(tchétchènie , irak ,palèstine etc...)et sur les autres peuples au cours de ce siècles(génocides des indiens d’amèriques,des aborigènes d’australies,massacres des vietnamiens,bombes atomiques sur les japonais etc....) ;cela pèrmet de dire facilement "vous aussi les arabes etes des génocidaires" ;maintenant les occidentaux ont deux éxemples de génocides des musulmans sur d’autres peuples (qu’ils vont éxploiter au maximum):Le darfour et le génocide arménien par les turcs ;cela donne prétèxtes et bonnes consciences aux occidentaux qui ont fait milles fois plus de malheurs dans ce siècles. Kamel.

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