Tuesday 13 May 2008

Les Musulmans sont-ils fous ?

Par Jean-Michel Cros
mercredi 22 novembre 2006

Mais rien n’arrête Anne-Marie DELCAMBRE. Le meilleur est, à mes yeux, le passage qu’elle consacre aux « convertis européens ». Dès les premières lignes du chapitre, il est difficile de s’y reconnaître : la première phrase nous dit en effet qu’il « existe désormais dans les pays européens un islam autochtone, résultat d’une conversion récente »[40] alors que le paragraphe suivant nous apprend que « les pouvoirs publics désirent normaliser leurs rapports avec cette collectivité musulmane issue de l’immigration. »[41] On n’y comprend goutte : la « communauté » musulmane est-elle composée de convertis ou de populations d’origine immigrée ?

Il est impossible de le savoir ici. La suite va-t-elle nous éclairer ? Que l’on en juge… Après affirmer que « les convertis sont appelés à jouer un rôle croissant dans un islam français »[42], Anne-Marie DELCAMBRE nous dit page suivante qu’il « n’est pas question pour ces convertis prestigieux d’intervenir dans les questions interne à l’islam. »[43] Comment jouer un rôle dans une situation si l’on n’y intervient pas ? Je l’ignore… Ces convertis, sans doute traîtres, collaborateurs ou « idiots utiles », présentent des aspects inquiétants. Les convertis belges ? Certains d’entre eux auraient justifié l’assassinat des moines de Tibéhirine par le G.I.A..[44]

Les convertis espagnols ? ils « sont aussi attirés par l’islam radical. »[45] Non seulement ces convertis européens sont donc des fanatiques, mais ce sont en plus des lâches : dans les prisons « les convertis européens osent demander, pour se faire bien voir des détenus musulmans, l’aménagement d’une salle de prière, des repas halal ou une aumônerie. »[46] Toutes demandes qui semblent effectivement extravagantes… En France, « certains adolescents français des cités embrassent collectivement l’islam par solidarité avec les jeunes musulmans qu’ils estiment victimes de racisme. »[47]

Ici je désirerais connaître les sources de l’auteur, car, depuis des années que j’observe l’islam, que je visite des mosquées, je n’ai jamais vu ni entendu parler de conversions de masse issues des quartiers de banlieues. Est-ce là encore un phantasme ? Sans doute, car nous ne sommes plus, dans ce chapitre, dans une démonstration rationnelle – pour autant que l’on y ait jamais été dans ce livre – mais en pleine fantasmagorie !

Après avoir pris la précaution de parler de « fausses rumeurs » - l’expression est curieuse - sur la conversion de « certaines personnalités », Anne-Marie DELCAMBRE cite - si je me mettais moi aussi à oser, j’écrirais : « jette en pâture » - plusieurs noms, qui, par conséquent, sont des faits avérés puisqu’ils sont exclus de la catégorie des « fausses rumeurs » : outre le fait que j’apprends à cette occasion qu’Eric GEOFFROY est « professeur d’islamologie » à l’université – une matière qui n’existe pas ! – je me découvre dans cette liste, en excellente compagnie : outre mon ami Eric GEOFFROY, donc, l’on y trouve en effet Maurice BEJART que j’admire – et chez qui la foi est une affaire purement privée, Cat STEVENS dont j’aime par ailleurs les chansons, Cassius CLAY, Neil AMSTRONG, Maurice GLOTTON et Didier-Ali BOURG, qui aurait découvert l’islam grâce au soufisme, ce qui est pour autant que je le sache inexact.

Comment ai-je pu me retrouver en aussi brillante compagnie ? Parce que je porte la barbe ? L’auteur ne m’ayant jamais rencontré ne peut le savoir. Ma religion, si d’ailleurs j’en ai une, fait en outre partie de ma vie privée : c’est pour cela que je n’en parle généralement pas en public. Est-elle bien celle que croit Anne-Marie DELCAMBRE ? La réponse ne regarde que moi et je n’ai pas pu la lui faire à elle, car elle ne m’a jamais posé personnellement la question.

Pourquoi a-t-elle donc écrit cela ? Je vois deux possibilités : soit elle a pris des renseignements à Strasbourg, où je réside, et où certains essaient effectivement d’expliquer mon intérêt pour l’islam non seulement par une conversion personnelle (car comment s’intéresser à l’islam si l’on n’est pas soi-même converti ?) mais en répandant la rumeur que je serais en fait proche de mouvements islamistes. Cette rumeur est d’autant plus malintentionnée que je ne travaille même pas sur la mouvance islamiste !

Mais peu importe qu’une chose soit fausse, dès l’instant qu’elle peut faire du tort… L’autre possibilité, qui n’est pas exclusive de la première, est que Mme DELCAMBRE a eu connaissance des articles que j’ai publiés sur Oumma.com. Essayons d’imaginer son raisonnement : voici un bon Français, qui écrit sur l’islam, qui n’en dit pas de mal, qui critique les islamophobes… Il est donc musulman ! C’est un converti !

J’ignore par quelles voies Mme DELCAMBRE a pu arriver à écrire ce qu’elle écrit. Néanmoins elle pose un problème grave, dont elle n’a apparemment pas conscience : il semble en effet de plus en plus difficile à certains d’imaginer que l’on puisse trouver des aspects positifs à l’islam, que l’on puisse trouver inadmissible l’islamophobie au même titre que l’antisémitisme et le racisme, sans être soi même musulman.

Cette attitude, de la part de personnes – et je ne parle pas ici de Mme DELCAMBRE – qui prétendent en même temps se réclamer de la conception universelle de l’homme issue des Lumières et disent vouloir lutter contre le communautarisme, montre de façon remarquable et redoutable qu’est en train de se construire dans le discours social une communauté imaginaire, la « communauté musulmane », porteuse de toutes les tares de notre société, bouc émissaire idéal.

Elle est non seulement composée de délinquants, de fanatiques, d’obscurantistes de tout poil (de barbe surtout), mais encore, et c’est relativement nouveau, de fous, de schizophrènes. Faut-il s’adresser aux hôpitaux psychiatriques pour y enfermer les musulmans que l’on n’aura pas pu mettre en prison ? L’islam est-il une déviance ?

A ces errements s’ajoute une invraisemblable myopie, qui conjugue stigmatisation d’un phénomène et absence de propositions pour y remédier : l’auteur dénonce, dans sa dernière partie le phénomène des fatwas rendues sur internet. Pourquoi pas. Mais à qui veut-elle que les musulmans vivant en Europe, en France, s’adressent, quand ils ont une question à poser ? Vers quelle autorité musulmane se tourner ?

La conclusion qui me semble logique, serait de dire que nous souffrons, ici, d’un manque de formation des cadres religieux, et qu’il est donc nécessaire d’avoir une faculté de théologie musulmane sur le modèle des facultés de théologie protestante et catholique. Cette hypothèse n’a semble-t-il même pas effleuré notre auteur. Elle n’en parle pas en tout cas. Il est vrai que cela pourrait être dangereux, l’islam étant « par nature » schizoïde[48].

Une fois de plus, je me demande qui délire le plus : les gens dont on parle ou ceux qui en parlent ? « Quand le psychisme de l’internaute refuse de dissocier le virtuel et la réalité et passe à l’acte criminel, mettant en application les directives données sur le net, de façon brutale, directe et autiste, c’est là où l’on peut voir un lien entre islam radical et terrorisme. […] Toutes les distorsions seront utilisées pour protéger la foi, y compris les idées les plus folles, empruntées à la modernité. Le résultat est une schizophrénie aggravée, rendu parfois explosive où se mêlent à la fois la rage de survivre et le désir de détruire ce monde réel qui fait obstacle au paradis perdu. »[49]

C’est exactement ce que l’on pourrait dire de la vision de l’islam qui sous tend ce livre : une vision a historique, érigeant en orthodoxie le discours islamiste radical et en orthopraxie le modèle de cet islam qui n’est celui que d’une minorité de l’islam français. Ici aussi, toutes les distorsions sont permises pour faire entrer cette altérité épouvantable dans son rôle de repoussoir et déplorer la sortie de la matrice originelle d’une France chrétienne et rurale, aux journées ensoleillées s’écoulant paisiblement, scandées par les sonneries des cloches, des journées rêveuses au goût de madeleine…

Il est si agréable, d’oublier les galériens pour la foi au XVII° siècle, les massacres des marais à Aigues-Mortes à la fin du XIX°, véritable chasse à l’homme à l’encontre des immigrés italiens, qui ne mangeaient ni ne priaient comme nous, l’antisémitisme virulent de l’entre-deux guerres…

Ce que nous avons perdu, ce n’était pas le paradis ; mais ce que nous risquons de retrouver, si nous n’y prenons garde, c’est bien l’enfer.



[1] Ed. Desclée de Brouwer, 2006, 258 pp.

[2]Cf. p. 9

[3] idem

[4] idem

[5]cf. p. 11

[6] cf. p. 12

[7] cf. p. 16

[8] cf. p. 89

[9] cf. p. 59

[10]cf. p. 64

[11] cf. p. 75

[12] cf. p. 81

[13] cf. p. 91

[14] idem

[15] cf. p. 88

[16] cf. p. 99

[17]cf. p. 27

[18]cf. p. 131

[19] cf. note 2 p. 131

[20] cf. p. 138

[21] cf. p. 132

[22] cf. p. 147

[23] cf. p. 141

[24] cf. sur ces questions : CHABRY (Laurent et Annie), Politique et minorités au Proche-Orient – les raisons d’une explosion, Maisonneuve & Larose1984, 359 pp.

[25] Contrairement à ce qu’écrit Anne-Marie DELCAMBRE, op. cit. p. 141

[26] cf. p. 133

[27] Cf sur ces questions : AMIR-MOEZZI (Mohammad-Ali) et JAMBET (Christian), Qu’est-ce que le shî’isme ?, Fayard, 2004, 387 pp.

[28] cf. p. 126

[29] cf. p. 130

[30] cf. p. 42

[31] Lire à ce propos le stimulant ouvrage de Claude TRESTMONTANT : Le Christ hébreu, éd. O.E.I.L., 1983, 320 pp

[32] cf. p. 130

[33] cf. p. 53

[34] cf. p. 54

[35] cf. p. 12

[36] cf. p. 131

[37] cf. pp. 153 et 159

[38] cf. p. 163 et ss

[39] cf. p. 175

[40] cf. p. 179

[41] idem

[42] cf. p. 180

[43] cf. p. 181

[44] cf. p. 180

C’est la question que l’on peut se poser à la lecture du dernier ouvrage d’Anne-Marie DELCAMBRE : La schizophrénie de l’islam[1], dont je dois avouer qu’il serait passé inaperçu s’il ne m’avait été récemment signalé pour une raison que j’indiquerai plus tard. Il semble à ce propos qu’il soit passé inaperçu de beaucoup puisque, par exemple, la FNAC de Strasbourg n’en a vendu, à l’heure où j’écris, que deux exemplaires depuis sa parution.

Selon elle, les musulmans seraient victimes de « dissociation » et de « perte de contact avec la réalité »[2], depuis « la sortie des Arabes d’Arabie et leur pénétration dans des contrées ayant une autre culture. C’est là le premier choc, le premier traumatisme dont l’islam ne guérira pas. »[3], l’islam étant devenu « trop tôt »[4] une « religion de convertis ». Ayant fait de nombreux emprunts à différentes cultures, les musulmans, sous toutes les latitudes, sont convaincus de pratiquer « le même islam »[5] et refusent donc de voir la réalité sociologique.

Cette hypothèse de départ pourrait a priori être intéressante, pour toutes les religions, au demeurant. Que va en faire l’auteur ? Bien qu’elle précise dans l’introduction que « ce court essai n’est pas un pamphlet »[6], après une citation de Camus, « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », la lecture de ce qui est plus un recueil d’articles qu’un essai à proprement parler, vérifie hélas cette citation : la méthodologie hasardeuse, le style relâché, les notions d’histoire incertaines, les concepts sociologiques et religieux abordés dans la confusion… tout ou presque, sur cette copie bâclée, nécessite du rouge dans les marges.

Eliminons tout d’abord l’un des poncifs contemporains dès qu’il s’agit de parler de l’islam : « il faut oser » le faire paraît-il. Anne-Marie DELCAMBRE ne manque pas de sacrifier au rituel : elle « ose » se pencher sur la structure du Coran pour « reconnaître que ce livre sacré est à l’origine de la schizoïdie de l’islam comme il est à la base du délire antijuif, véritable paranoïa qui frappe les musulmans intégristes, pas seulement ceux qui se qualifient de « fous d’Allah ». »[7] Elle « ose à peine énoncer » ensuite que « les Arabes omeyyades d’Espagne étaient au fond peu croyants, dignes héritiers de la famille des Banû Omayya (Omeyyades) de La Mecque qui préféraient le commerce à la religion. »[8]

Lorsque l’on voit la production contemporaine sur l’islam, que ce soit à travers l’édition, la presse écrite ou télévisuelle, ou bien à travers les sites Internet ouvertement racistes, on se demande bien de quelle audace il s’agit ici. L’audace de hurler avec les loups ? Sans doute. Celle de se conformer au moule actuellement dominant de l’islamophobie ? Sans doute aussi. Celle de se prendre, au moment où l’on tient la plume, pour un Salman Rushdie en puissance et sentir le long de son dos le frisson de la célébrité ? Peut-être encore…

A la différence d’Anne-Marie DELCAMBRE, qui diagnostique la schizophrénie allègrement, je ne ferai pas de psychanalyse sauvage.

La question que je me pose et de savoir pourquoi l’on a cru bon de publier un ouvrage aussi bâclé : la méthodologie, le style, les conclusions faussées probablement par ce défaut de méthode.

Quel sérieux accorder à un ouvrage qui met sur le même plan, pour étayer ses démonstrations, des références tirées de romans et des ouvrages « scientifiques » ?

Quel intérêt mettre des notes,pour nous expliquer que Constantinople est « l’ancienne Byzance, l’actuelle Istanbul »[9], que le Basileus est l’ « empereur byzantin »[10], que le Khorassan est « le sud de l’Asie centrale »[11], que Rayy est une « cité de l’Iran »[12], qu’un relaps est « celui qui est de nouveau tombé dans l’hérésie, après l’avoir abjurée »[13], que le supplice du pal est un « supplice qui consistait à transpercer d’un pieu, par le fondement, le corps du condamné »[14], sans parler des définitions qui sont fausses, comme celle de porphyrogénète[15] ou celle du donatisme[16], etc, etc…

Pour parler des religion, il faut d’abord avoir, me semble-t-il, un minimum de connaissances théologiques de base, afin d’éviter les erreurs les plus grossières. Ces connaissances concernent non seulement ce qu’une religion dit d’elle-même mais aussi ce que les religions disent les unes des autres, le discours sur l’Autre étant souvent un discours sur soi.

Ces connaissances semblent faire cruellement défaut à Mme DELCAMBRE, je vais en donner quelques exemples. Dans sa première partie intitulée « La nature schizoïde de l’islam », elle aborde le sujet du processus de la révélation, selon du Coran – du moins le pense-t-elle : « Lorsqu’il est dit : « Je vous narre les récits du Livre », alors que le Coran n’existe pas encore puisqu’il a été composé qu’après la mort de Mahomet, c’est du livre de Moïse dont il s’agit. Cela est confirmé par la sourate 6, verset 154 : « Thumma âtaynâ Mûsa al-kitâb », « Puis Nous avons donné à Moïse le Livre. » Le verset 155 continue : « Et voici un Livre que nous avons fait descendre », et les commentateurs musulmans tiennent à préciser que ce livre est le Coran. Comment ce livre pourrait-il être le Coran alors qu’il ne fut jamais à l’état de livre du temps de Mahomet ? » C.Q.F.D.

Cette belle démonstration confond cependant deux choses : la recension d’Omar qui, effectivement, est postérieure au « temps de Mahomet », et le phénomène du Livre saint, tel qu’il est conçu et vécu en islam : il s’agit de ce que l’on appelle le Coran incréé, qui existe, selon les théologiens et les fidèles, de toute éternité. C’est bien de celui-ci, qui est « descendu » sur le Prophète, qu’il s’agit en l’occurrence.

Précisons ici que l’on n’est pas obligé de croire à cela ; mais si l’on veut parler de l’islam, il faut cependant en tenir compte car en sciences sociales est vrai ce qui est cru tel et il n’appartient pas au chercheur de traiter les croyances à l’aune des siennes propres, comme de vulgaires fables, sauf si l’on veut se condamner à ne rien comprendre au sujet que l’on étudie.

Continuons : au sujet du châtiment des voleurs, l’auteur cite « un verset du Pentateuque »[17], ce qui ne veut rien dire. Elle précise pourtant dans une note que le Pentateuque est constitué par les cinq premiers livre de la Bible ; pourquoi ne pas citer, comme c’est l’usage, le livre précis dont est tiré ce verset, en donner la référence exacte ? Fait ainsi cela n’a aucun sens : n’importe qui peut citer n’importe quoi.

Les pages sur le shî’isme sont également consternantes : le shî’isme est défini ainsi dans une note[18] : « Chiisme, en arabe shî’a, c’est-à-dire « parti de Ali ». Ce sont les légitimistes de l’islam car ils considèrent que la direction de la communauté musulmane, à la mort du prophète, aurait du appartenir à Ali et à ses descendants, les Alides, plus particulièrement à ceux que l’on appelle les imams alides. Ils refusent donc d’admettre la légitimité des dynasties des Omeyyades et des Abbassides et ils refusent même le califat des trois premiers califes, Abû Bakr, Omar, Uthmân ».

Passons sur le style qui glissse sans s’en apercevoir, du shî’isme aux shî’ites, pour dire que ce galimatias ne veut rien dire et n’explique en aucune façon au lecteur ce que peut-être le shî’isme. Redisons donc, que le shî’isme pose à l’origine l’existence d’un sens caché des Ecritures, le « bâtin », qui vient en compléter le sens apparent, le « zâhîr » et que les Imâms (les « grands imams » comme les appelle comiquement l’auteur) sont dépositaires de ce sens cachés auquel ils peuvent initier les fidèles qui en ont le désir.

Nous apprenons ensuite que « Ali est considéré comme un imam »[19] - on ne saurait moins dire ! Qu’Hassan Askari, le 11° Imâm, aurait un jour « disparu »[20], alors qu’il a été assassiné ; que « la notion d’occultation de l’imam a des conséquences importantes sur le contenu du chiisme. Elle explique le caractère eschatologique : le chiisme attend les fins dernières et le retour de l’imam considéré comme le triomphe de Dieu. »[21], explication qui n’explique rien, puisque je judaïsme et le christianisme sont, comme l’islam, des religions eschatologiques, qui attendent aussi un messie (ou son retour), sans passer par le concept d’occultation.

Les connaissances en histoire ne semblent pas meilleures que celles en théologie. Pour en finir avec le shî’isme, elle confond dans ce qu’elle appelle les alevis, deux choses différentes : d’une part les nuçayris, ou alaouites, et les kizilbaş de Turquie. Les premiers, contrairement à ce qu’elle écrit[22], ne sont pas issus de la branche ismaélienne du shî’isme, mais bien de la branche duodécimaine, puisqu’ils ont contesté la désignation du XI° Imâm au IX° siècle de l’ère chrétienne ; de même, les alevis/kizilbaş de Turquie, ne sont pas des « chiites extrémistes ismaéliens »[23], mais sont également issus du shî’isme duodécimain[24] et n’ont donc rien à voir avec les Druzes[25], qui sont, eux, bien issus de l’ismaélisme.

De même, ils ne se sont pas convertis non plus au XVII° siècle, puisque l’émergence des mouvements messianiques dont ils sont issus – il y en eut de nombreux - s’est faite à la suite de la désagrégation politique de l’époque post mongole, au XIV° siècle de notre ère ; au XVI° siècle, le chef de l’un de ces groupes, Ismaïl, conquerra l’Iran et sera le premier Shah de la dynastie Safavide, Ismaïl 1er.

Toujours en Iran, « ce n’est qu’à la fin du XIX° siècle qu’on verra le clergé chiite faire son entrée sur la scène politique avec une autonomie financière. »[26] Là encore, d’où peut-on tirer une pareille fable ? C’est dès l’époque safavide, donc au XVI° sicle, qu’est institué en Iran une véritable « Eglise officielle », avec un clergé structuré[27].

L’histoire turco- ottomane est tout aussi malmenée. Nous apprenons ainsi que « Dans l’imaginaire collectif, l’islam turc ou mongol est un islam violent, image de cruauté, d’enlèvement au sérail : ce qualificatif de « cruel »attaché aux sultans turcs, quelques grands noms mongols enracinent encore cette réputation. »[28]

Ce type de phrase est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire : tout y est faux. Quelle est, tout d’abord, la valeur scientifique de « l’imaginaire collectif » dans le jugement que l’on peut porter sur une civilisation ? La réponse est simple : elle est nulle. Contrairement à ce qui est suggéré ici, Mozart, dans « l’enlèvement au sérail » réalise une illustration de la générosité des Turcs, puisque le Pacha Selim, quand il apprend que Constance et Belmonte sont fiancés, décide de libérer la première, qui est retenue prisonnière dans son sérail et de favoriser l’union des amoureux.

Ce pourrait être une réminiscence du « Turc généreux » mis en scène par Rameau dans les « Indes galantes »… Le qualificatif de cruel attaché aux sultans turcs (elle veut dire ottomans) ? Sur 39 sultans, 40 si l’on ajoute le dernier Calife, UN SEUL d’entre eux, Selim Ier (1512 – 1520) sera qualifié ainsi.

Un peu plus loin, elle déclare : « La grande réaction turque à la dégénérescence de l’Empire fut les « Tanzimat », « les réformes », dont le coup d’envoi fut donné par Selim III (1789 – 1807) ; Le sultan avait compris qu’il fallait changer les structures de l’Etat mais les janissaires et les religieux, d’un commun accord, le firent mettre à mort. »[29] laissant l’impression que l’histoire s’arrête là.

Il aurait fallu lire la suite du livre consulté pour savoir que quelques années plus tard, en 1826, le sultan Mahmut II fit massacrer les janissaires et que son fils et successeur immédiat, Abdülmecit Ier, poursuivit sans violences les réformes de son père, accorda à ses sujets l’égalité entre les confessions, et créa, entre autre, le Conseil du Tanzimat chargé d’appliquer et d’étendre lesdites réformes.

Si la suite de l’histoire a été éliminée, c’est qu’elle contredit en fait la vision que veut présenter l’auteur : celle de la schizophrénie de l’islam, qui vient de ce qu’elle est une religion de convertis.

Tout le problème viendrait de là : l’islam est d’abord une religion « régionale »[30], qui n’exprimerait que le tempérament religieux des Arabes d’Arabie. Est-ce le fait d’apparaître sur un point donné du globe qui rend une religion régionale ? Le zoroastrisme, qui s’est – à l’époque - peu étendu en dehors de la Perse, n’est-il pas une religion régionale plus que l’islam ? Personne n’en sait rien, et ce n’est apparemment pas ce livre qui nous l’apprendra.

L’islam ensuite, serait schizophrène parce qu’il serait une religion de convertis. Si nous restons dans le cadre du monothéisme, laquelle des trois grandes religions du Livre n’est-elle pas une religion de convertis ? Le judaïsme ? Il a connu, dans l’antiquité tardive, un mouvement de conversion phénoménal tout autour de la Méditerranée, ce qui explique que, pour les gens qui ne parlaient pas hébreu, la Bible ait été traduite en grec, langue de culture universelle à l’époque.

Cela explique aussi sans doute pourquoi les évangiles sont en grec et non en hébreu[31]. Le christianisme ? S’il y a bien une religion de convertis, c’est celle-ci ! A moins que l’on ne croie que l’Europe ait été chrétienne avant le christianisme… L’islam enfin, est lui aussi, une religion de convertis.

Ce que je ne comprends pas dans la thèse d’Anne-Marie DELCAMBRE, c’est pourquoi seul l’islam, compte tenu de ces faits, serait schizophrène. Soit elle ignore l’histoire et la théologie, soit – ce n’est qu’une hypothèse ! – il s’agit là de l’effet d’un mécanisme psychologique que l’on appelle la « projection » : le sujet projette sur autrui ce qu’il aime le moins en lui, pour s’en débarrasser, en quelques sortes.

Quand elle définit la schizophrénie comme une perte de contact avec la réalité, et que je lis, ensuite, des propos totalement déconnectés des réalités historiques, théologiques ou sociologiques, je me pose des questions ; quand je lis « Le propre de la schizophrénie c’est de s’enfermer dans sa psychose plutôt que de consentir à regarder la réalité et de supprimer ce qui s’oppose au délire, quitte à aller jusqu’au meurtre. »[32] et que je vois, comme je viens de le montrer, l’histoire tronquée pour justifier sa thèse, je continue à me poser des questions.

Je m’en pose encore, mais plus du même ordre, lorsque je lis des chapitres intitulés « La trahison des chrétiens »[33], dans lequel on compare l’islam avec le nazisme et certains chrétiens qui ont aidés les pouvoirs musulmans à des collaborateurs[34], je m’en pose toujours, quand je vois qualifiés de convertis, aujourd’hui, les Turcs[35], les Iraniens[36], certains Africains et Comoriens[37], des « Asiatiques » comme les Pakistanais, les Indonésiens…[38], ceux « issus de l’univers communiste »[39], dans lesquels on comprend Ouzbeks et Tadjiks… Que signifie cette extravagance ? Est-on toujours un converti des siècles après que ses ancêtres l’aient été ? Cela ne signifie plus rien et cela ne rime à rien.

[45] cf. p. 182. C’est moi qui souligne.

[46] cf. p. 184. C’est toujours moi qui souligne.

[47] cf. p. 180

[48] C’est le titre de la 1ère partie.

[49] cf. p. 253

Jean-Michel Cros

Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

Par leyla - le 7 février 2008
franchement on peut pas parler avant de le vivre c une religon komme les otres apar kil y a dotre principe el abouti a bocou de chose pour ns les musulmans el repond a bocou de chose ke je me pose sur la vie dotrui en comunoté lolllllllllllllllll en fet jmennui c pr sa je jecri nimp chui o cdi avek ma copssssssssssss lol bref allah o akbal et on est pas fouuuuuuuuuuuuuuuuuu gardez la pécheeeeeeeeeeeeeeeee
Par Asmaa - le 4 avril 2007
Désolant.. Ca en devient même comique, tant cette obssession anti-islam est déconnectée de toute réalité.. merci Mr Cros pour cette critique qui nous en apprend beaucoup sur le fond de la pensée de certains "intellectuels" de notre beau pays.
Par Martin.L - le 28 novembre 2006

Décidément, Mme Delcambre ne recule devant aucun stratagème pour arriver à ses fins ! En effet, quand on voit la manière avec laquelle elle décrit ce qu’elle pense être l’Islam dans ses livres (d’une pauvreté intellectuelle navrante) et surtout sur des forums comme celui de libertyvox où elle se "lâche" littéralement - on se demande si c’est bien la même personne qui s’est exprimée ici ! Si nous faisions de la psychologie de bas étage - comme elle le fait impunément - nous dirions qu’elle est...schizophrène. Pour en venir au fond du problème, il me semble qu’on ne peut réellement saisir la démarche de cette personne sans interroger ses présupposés méthodologiques.

Mme Delcambre considère que le Coran est avant tout une Loi, que tous les énoncés y ont nécessairement une portée législative et que pour cette raison ses énoncés doivent être entendus dans leur sens littéral. Ce qui est paradoxal et en même temps plein d’enseignements, c’est de remarquer que cette dame a exactement la même attitude que les fondamentalistes les plus radicaux vis-à-vis du texte du Coran. Mme Delcambre partage avec ceux qu’elle prétend dénoncer la même démarche d’interprétation : le littéralisme. En effet, quand le Coran invite par exemple à la lutte armée ou prend pour cible tel ou tel groupe, Mme Delcambre cite le verset en laissant entendre que cela ne peut qu’engendrer une religion d’assassins. C’est exactement la lecture que font les groupuscules les plus radicaux. Or, il faut le souligner, les exposés de Mme Delcambre ne sont pas un compte rendu des thèses soutenus par ces groupuscules, comme pourrait le faire un spécialiste des ces mouvances passées ou actuelles, mais ils sont bel et bien ses conclusions personnelles. Par là, elle laisse entendre aux ignorants qu’elle est une des rares personnes à avoir découvert la « vérité » de l’Islam, et à être consciente du danger imminent qui nous guette tous ! En adoptant l’analyse de cette personne, on arriverait à la conclusion que la société française ne peut être que sanguinaire puisque la Marseillaise, encore chantée aujourd’hui, invite à ce « qu’un sang impur abreuve nos sillons » ! Mme Delcambre n’a-t-elle jamais entendu parler de symbolisme ? Ne sait-elle pas qu’un texte sacré ne se lit pas comme un article d’Arabica ou de Studia Islamica ? Ne sait-elle pas, par exemple, que de nombreux textes sacrés emploient le vocabulaire de la guerre, de la lutte, de l’invitation au combat ? C’est ainsi que dans l’Ancien Testament Dieu est décrit comme le Seigneur des Armées, il juge, punit et se venge. La Baghavad Ghita – un des plus importants textes sacrés de l’Hindouisme – est un récit de guerres et de batailles et une invitation au combat parsemée d’enseignements spirituels : c’est précisément ce texte qui a nourri la foi et les méditations de Ghandi et l’a soutenu dans sa lutte pacifique et non-violente. D’après la lecture de Mme Delcambre tous les Hindous devraient être des assassins en puissance. C’est en tout cas ce qu’elle n’hésite pas à laisser entendre des Musulmans ! C’est bel et bien le littéralisme de Mme Delcambre – qu’elle partage avec les plus dangereux littéralistes se réclamant de l’Islam - qui l’amène à des conclusions quasi-hystériques que l’on lire sur libertyvox. Comme Mme Delcambre semble bien ignorante, nous ne pouvons que l’inviter sérieusement à se former par des lectures solides et Dieu merci, les ouvrages de qualité ne manquent pas en français. J’aimerais terminer ces quelques remarques par une citation d’un des plus grands spécialistes de l’Islam qui, bien que n’étant pas Musulman, a su par son intelligence s’ouvrir à cette spiritualité : je veux parler d’Henry Corbin : « C’est une assertion assez courante en Islam qu’il n’y a rien de mystique ni de philosophique dans le Coran, et que philosophes et mystiques ne lui doivent rien. La question ne sera pas ici de discuter ce que les Occidentaux trouvent ou ne trouvent pas dans le Coran, mais de savoir ce que les Musulmans y ont trouvé en fait. » (Histoire de la philosophie islamique, p.21) Mais bien entendu, cette dame qui voudrait faire croire à une grande érudition en affichant des titres, n’a jamais lu Henry Corbin…

Par ismaeloxo - le 28 novembre 2006
Cela n’a rien à voir....le nombre de livres traduits ne traduit surement pas le désir ou la curiosité du monde musulman mais plutôt la pauvreté du monde musulman.D’autant plus que la television ,les journaux ecrits ,les sites internet (l’article de Ben Jelloun n’en parle même pas ,il y évoque le monde de l ’écrit mais la culture ne peut se réduire à l’écrit)dans le monde arabe sont fort bien developpés et servent beaucoup plus à l’enrichissement culturel de la population. Votre référence à la grèce ne serait -elle pas une référence à l’article de Tahar Ben jelloun sur l’état de la culture dans le monde musulman ? D’autre part le fait k il y’ai tant de livres aux states n’est certainement pas un indicateur de la curiosité intellectuelle des américains..et puis vous savez il y a livre et livre vous pouvez faire lire autant de policiers que vous voudrez vous n ’augmenterez pas pour autant le niveau culturel d ’un pays.. Enfin je trouve bien plus triste le peu de curiosité en occident vu la masse de livres .Nous sommes plus à blamer que l’afrique et le monde musulman.
Par Corinne de Paris - le 27 novembre 2006

Réponse au commentaire anonyme.

L’insulte n’a jamais constitué un argument, mais rappelle les tristes souvenirs des procès staliniens. Y aurait-il une filiation ?

Quand à la curiosité du monde musulman, la réponse est dans la question suivante : combien de livres sont traduits par an dans les pays se réclamant de l’islam par rapport à un petit pays comme la Grece par exemple ?

le 27 novembre 2006

Commentaire par rapport au commentaire de Corine

Dans une réponse précédente, Mr. CROS reconnaît volontiers qu’« il n’est pas agrégé en arabe » alors pourquoi l’accusez-vous d’employer des termes arabes pour se conférer un statut d’expert ? Non, c’est bel et bien vous qui employez des termes arabes - sans forcément connaître leur sens - afin de passer pour une spécialiste de l’Orient. Je vous avouerais également avoir énormément de mal à suivre votre fameuse démonstration à base de relativité... Mme. DELCAMBRE est intervenue sur ce forum. Voici comment elle résume ce qu’elle appelle la schizophrénie de l’islam : « Or précisément le malaise qui traverse l’Islam contemporain est cette tension entre un IDEAL , celui de l’islam des origines , qui veut l’application rigoureuse des textes (Coran et Sunna)- et la REALITE vécue par les musulmans, à travers la diversité des cultures. »

Dans votre volonté de vous faire son avocat - comme si cette grande damme ne pouvait pas répondre à ses détracteurs - vous résumez sa thèse d’une toute autre façon : « il y a une autre commuanuté non musulmane plus forte, plus developpée, sûre d’elle même, qui a domnine et domine encore la commnauté des mulsumans pourtant déclarée comme étant la meilleure par Dieu !!!, c’est cette contradiction réelle que vit le musulman au quotidien dont Mme Delcambre pointe du doigt. »

Alors comme ça vous avez la prétention de nous éclaircir le point de vue de l’auteur alors que vous semblez vous-même ne pas l’avoir compris !!! Par ailleurs vous racontez un peu n’importe quoi quand vous dites que certains veulent éviter la contradiction : il ne s’agit pas d’interdire à Mme. Delcambre d’aborder les problématiques de l’islam. Simplement, le fait d’avoir le droit de dire ne signifie pas qu’on a forcément raison. Mr. CROS peut donc mettre en pratique son droit de réponse. En définitive, j’arrive à la conclusion que êtes intellectuellement malhônête (et croyez-moi, il vaut que je retienne cette conclusion qui a l’avantage de ne pas insulter votre intelligence...). Autre détail, concernant le prétendu manque de curiosité des musulmans pour l’Occident : des millions de musulmans le sont tout en étant Occidentaux. A méditer avant de dire des bêtises...

Par ismaeloxo - le 27 novembre 2006
kitab ne veut pas dire livre ...dans votre article vous parlez de livre de l archetype celeste c est vrai il y a cette notion mais je pense ke le mot kitab ds le coran signifie texte simplement et c’est une erreur de le traduire par livre...car le coran etait en construction en tant ke livre au sens ou nous le comprenons aujourd hui...mais du temps de mohamed il y a des textes ecrits sur differents supports des kitab et c est à cela ke se refere le coran...du vivant de mohammed les textes sont mis par ecrit mais ils ne sont pas un livre au sens ou nous l entendons de nos jours...
le 27 novembre 2006
je veux juste signaler une petite information qui n’a pas été signalé par l’auteur de l ’article..il faut se rappeler ke le terme coranique kitab traduit par livre n ’est aps correct ...en arabe moderne on l utilise au sens de livre mais dans le coran il s ’agit d’écrit...d ailleurs la racine kataba signifie l ’ecrire....donc kitab signifie tout écrit ..et le coran a été un ecrit des le depart par le soin de mohammed et de ses disciples ...ça n’a rien à voir avec la rescencion de omar....ne pas toujours voir ds le terme kitab le sens du mot livre..car sinon il y a en effet anachronisme
Par Sami - le 26 novembre 2006

Ceci dit, au dela de son islamophobie patente (si peu dissimulee...), Madame Delcambre, qui a bien entendu le droit universel de dire ce qu’elle veut de l’Islam (encore heureux !) pose une bonne question, que les musulmans ne peuvent faire l’economie d’ignorer, ou de passer par pertes et profits : Le Coran est il immuable ? Et par consequent, les musulmans ne pourraient imaginer aucune reponse raisonnable face aux defis de la modernite, tout ayant ete des l’origine, definitivement decide, edicte. Il est evident, que si on s’en tient a des idees et des exegeses emmises au moyen age, et considerees comme ayant force de loi en 2006, eh bien, les musulmans seraient effectivement dans une belle impasse.

Mais ce ne me semble pas le cas.

Je suis de ceux qui pensent que le Coran, au contraire de ce que pretend Madame Delcambre, est un livre de liberte. Il possede deux niveaux de lecture : un niveau universel, spirituel, cosmique, etc (l’Unicite de Dieu, le bien, le mal, l’origine de l’Homme, etc), et un niveau conjoncturel, historique, legislatif : quelques faits exemplaires d’epoque, quelques lois (le Coran ne legifere pas sur tout, lojn de la !!) qui nous donnent des directions, des sortes de vecteurs. Et qui dit vecteurs, dit dynamique, mouvement. (Les hadiths ne valant que ce qu’ils valent, ils possedent un interet historique, religieux, certes, mais ils ne sont pas l’Islam. L’Islam, c’est le Coran. Pouquoi Dieu aurait il prit la "peine" de s’adresser a l’homme, en engageant son propre verbe sacre, pour ensuite aller s’expliciter dans des haddiths pour une bonne part incertains ?)

Exemple donc, de la dynamique du Coran :
- La femme, avant l’Islam, n’heritait pas : au contraire, elle faisait partie de l’heritage. Le Coran lui donne des droits, immenses, au vu de la situation de l’epoque. Il suffit de condiderer cela comme UN MINIMUM. Dieu nous montre la bonne voie (faire evoluer le statut de la femme !!!), et RIEN ne nous empeche d’aller plus loin : Faire de la femme et de l’homme des heritiers parfaitement egaux. De la meme maniere que beaucoup de musulmans pensent qu’il est bon de jeuner plus que les trente jours reellement obligatoires, parceque cela est bon, parceque cela est dans l’esprit du Coran (CAR IL Y A UN ESPRIT DU CORAN !), de la meme maniere rien ne doit nous empecher d’accorder encore plus de droits a la femme (la rendre l’egale absolue de l’homme), puisque cela va DANS LE SENS de la reforme islamique par rapport a la Jahilyya. Bien sur, Dieu dit qu’il accorde un certain avantage a l’homme. Mais il fallait que le Coran "prenne racine", dans cette societe bedouine hyper machiste de l’epoque. Il fallait que la graine plantee, puisse pousser. Si Dieu voulait imposer directement l’Islam au monde sans le faire passer par le filtre de l’evolution historique des societes humaines, il Lui suffisait de dire : "Que l’Islam soit !" Mais il ne l’a pas fait ! CQFD. Au contraire. Il nous demande de lutter, de raisonner, de comprendre, de prendre nos responsabilites en toute conscience, avec courage (l’exemple d’Abraham face a sa tribu qui refusait de changer ses traditions).... Nous autres hommes musulmans, nous devons considerer la femme telle que Dieu lui meme la considere : EGALE DE L’HOMME, puisqu’il lui donne les memes devoirs et les meme droits, en matiere d’enfer et de paradis. Oui, Dieu, dans l’Absolu de la croyance, considere les deux sexes egaux. Alors suivons cette voie !

Cette digression, pour montrer le processus qui permet par la raison et la reflexion, de considerer le Coran non pas comme un livre ferme, et l’Islam comme un Systeme clos, mais au contraire, comme un livre qui nous montre la direction. TOUT DANS LE CORAN POUSSE A LA REFLEXION INCESSANTE (n’en deplaise au Pape). Un livre donc emminement pedagogique.

MAdame Delcambre, comment avez vous fait pour lire le Coran, et ne pas avoir vu combien il contient d’appels a la raison ? Au fond, vous en avez une lecture integriste, qui ne vaut pas mieux que celle de nos fondamentalistes a nous. Nous nous devons donc de lutter sur tous les fronts. A vous votre lecture, a moi la mienne.

J’ajoute que si le Coran nous a preserve d’un clerge (malheureusement il n’est pas suivi par les musulmans, sur ce point fondamental...), c’est pour permettre a chaque homme d’etre son propre pretre, avec, pour chacun, sa propre conscience et ses propres facultes intellectuelles. Jamais religion n’a fait de l’homme un etre autant responsable de son destin. Mais je l’admet : jamais religion ne fut auntant bafouee par ses adversaires et ses propres ouailles, que ne l’est l’islam par les temps qui courent. Des temps bien durs.

Par Mathieu Laurentz - le 26 novembre 2006

Chère Madame Delcambre,

Je dois vous avouez que je ne suis pas parvenu à achever la lecture de votre dernier livre. Outre le fait que le style y est dès plus fastidieux, les demi vérités, les a priori, les erreurs plus ou moins grossières qui parsèment votre livre m’ont donné le sentiment d’une perte indéniable de temps. Il y a plus urgent à faire ou à lire.

Je sais gré bien sûr à Monsieur Cros d’avoir pris soin d’analyser votre mauvais pamphlet et d’en avoir explicité historiquement et théologiquement les graves défauts. Je ne crois pas Madame que Monsieur Cros ait fait preuve de journalisme. Bien au contraire : la qualité des références - et leur justesse ! - en témoigne. En revanche, il est manifeste que vous, Madame, vous ne proposez à vos lecteurs que des écrits d’un journalisme et d’un simplisme désolant. Abdelwahhab Maddeb sur un plateau de télévision a exprimé le caractère dangereux de votre propos. Il vous a même dit : "Vous êtes pire que Ben Laden", ce qui a eu son effet. L’expression est certes forte. Mais il est vrai que sur le plan de la méthode, vous ne faites que ressassez les mêmes arguments, les mêmes sourates - que vous ne connaissez pourtant pas encore par coeur -. Votre pensée, si pensée il y a, tourne en rond. Mais il y a pire, vous n’aidez pas à penser, vous fermez la pensée sur l’islam. Vous parlez d’ijtihâd, mais vous même, alors que vous n’êtes pas musulmane, vous reproduisez les discours sclérosés et étriqués des islamistes.

Mathieu Laurentz.

PS/ Je précise, chère Madame, que je ne suis pas musulman, et que comme vous et comme Monsieur Croc, je suis opposé à l’islamisme. Mais comme Monsieur Croc, et contrairement à vous, je suis opposé à toute forme de sectarisme dont vos livres sont hélàs imprégnés.

Par Corine de paris - le 26 novembre 2006
A mme Delcambre. Vous avez raison de poursuivre vos travaux de recherches et de nous apporter le fruit de ceux-ci, vos titres universaitaires vous donnent cette autorité (sans quoi moi aussi je pourrais contester la theorie de la relativité générale, puisque tout ce vaut !! mon ignorance vaut les connaissances du scientifique ; ceci pour donner une image exagérée bien sur !!!) et ce nest pas parce-que je connais le nom de la théeorie de la relativité que je connais celle-ci, comme Jean-Michel Cros en citant un mot arabe laisse entendre qu il est fin connaisseur de cette langue. Evidemment la contradiction peut-être niée comme le fait si bien Jean-Michel Cros, mais cette derniere demeure et agrave les tensions que Mme Delcambre met en évidence. Le contact avec l’autre exacerbe cette contradiction, et oui il y a un autre monde possible !!!, il y a une autre commuanuté non musulmane plus forte, plus developpée, sûre d’elle même, qui a domnine et domine encore la commnauté des mulsumans pourtant déclarée comme étant la meilleure par Dieu !!!, c’est cette contradiction réelle que vit le musulman au quotidien dont Mme Delcambre pointe du doigt. On peut traiter Mme Delcambre de tous les noms d’oiseaux, ça ne reglera pas le problème. Cette absence de curiosité du monde oriental envers l’occident est étonnante, c’est écrit et c’est parole de Dieu, lorsqu’on pense faire partie de la meilleure communauté pourquoi chercher à connaitre l’autre ? Des chaires d’occidentalisme ou de civilisation occidentale dans les universités de la Mecque ou du Caire ne serait en aucun cas choquantes et permettraient sans aucun doute une meilleure connaissance entre l’orient et l’occident. Ce manque de curiosité de l ’autre, le percevoir que sous la forme de méchant, au lieu de le percevoir et l’étudier en vue d établir un dialogue en tant qu’un autre moi ,est un élément de la contradiction dont parle Mme Delcambre.
Par Samir - le 26 novembre 2006
En ce qui me concerne c’est la dernière fois que j’achèterai un livre édité par Desclée de Brouwer. Les responsables qui ont autorisé ce livre ne peuvent être qu’islamophobe. Je boycotte tous les magazines, journaux, maisons d’éditions et annonceurs de pub dans les émissions ou en se moquent de nous ou de notre religion. C’est le seul pouvoir que j’ai et je l’exerce.
Par rachid - le 26 novembre 2006
Au nom de DIEU Clément et Miséricordieux : Sourate II "176. C’est ainsi, car c’est avec la vérité que Dieu a fait descendre le Livre ; et ceux qui s’opposent au sujet du Livre sont dans une profonde divergence. " "...c’est avec la Vérité que DIEU a fait descendre le LIvre ;"me parait bien expliquer que le Livre peut et doit etre contextualisé,interprété au fur et à mesures des évolutions matérielles et spirituelles de l’homme dans son ensemble pour le salut et la paix de son ame ; Seule la Vérité est incontournable. Appliquer les textes à la lettre : peut être pas complètement mais s’en inspirer, certainement car ils nourrissent la Foi ! Merci Mme DELCAMBRE et M.CROS pour ce débat pleins d’enseignements.
Par philippe - le 25 novembre 2006

Réponse de Philippe à Corinne de Paris

Je suis moi même Docteur es sciences. Et il n’est pas fait mention de ce diplôme sur GGoogle, où ne sont répertoriées que certaines de mes publications. Par ailleurs, la possession d’un diplôme n’est pas une garantie d’éthique ni de qualité scientifique sur le long terme.La recherche scientifique est avant tout une démarche personnelle de quête de savoir et est donc en grande partie autodidacte... La précision de l’article de jean Michel Cros témoigne de la profondeur de son esprit scientifique et de l’étendue de ses connaissances, que le précieux sésame que vous lui réclamez existe ou non. Par ailleurs l’extrême spécialisation des sciences fait que l’on pourrait dénier à une spécialiste du droit musulman une compétence sur l’ensemble de la civilisation islamique en étant cohérent avec votre raisonnement...

Par Jean-Michel CROS - le 25 novembre 2006

Je voudrais répondre à "Corinne" :

1/ Que chacun aille sur Google pour vérifier ce que l’on y trouve sur mon compte : il est faux de dire que l’on ne trouve "rien" ;

2/ Invoquer l’argument d’autorité sans répondre sur le fond est d’une insigne faiblesse. De fait, je ne suis pas agrégé d’arabe, mais je sais au moins que confrérie se traduit par "tariqât" et non par "zâwiya", par exemple ;

3/ Etre le M. Jourdain de "l’islamologie" ? pourquoi pas, si "Corinne" en est la Magdelon ou la Cathos ?

Par Delcambre - le 25 novembre 2006
Je voudrais apporter une précision pour répondre au procès qui m’est fait. Pourquoi me serait-il interdit d’écrire sur l’islam puisque je suis professeur d’arabe littéraire, juriste et islamologue, spécialiste de droit musulman(fiqh) ? Je n’ai pas à faire l’apologie de l’islam. Etant spécialiste des textes de droit musulman, pour moi l’islam n’est pas seulement une foi , c’est également une LOI, avec des interdits. Or précisément le malaise qui traverse l’Islam contemporain est cette tension entre un IDEAL , celui de l’islam des origines , qui veut l’application rigoureuse des textes (Coran et Sunna)- et la REALITE vécue par les musulmans, à travers la diversité des cultures. Pour moi il y a là une difficulté parfois quasi insurmontable à appliquer les commandements divins. Soit on s’enferme dans une application littérale des TEXTES , refusant de voir le contexte, soit on décide de ne plus voir certains textes, d’où cette "déchirure" que l’éditeur a qualifiée de "schizophrénie".C’est l’application des interdits de l’islam qui risque de poser problème à certains musulmans désireux de suivre fidèlement les Textes. N’est-il pas écrit dans un hadîth de Nawawi , rapporté par al-Boukhâri et Mouslim "Qui innove dans notre religion ce qui n’en fait pas partie, (son acte d’innovation) sera rejeté ( man aHdatha fî amrinâ hadhâ mâ laysa minhu fa huwa raddun".) N’est-il pas écrit que verser le sang d’un musulman est interdit , sauf dans l’un des trois cas : le fornicateur, une âme pour le meurtre d’une âme , l’apostat qui se sépare de l’assemblée des croyants (..az-zânî wa an-nafsu bin-nafsi wa at-târik lidînihi al-mufâriq liljâmâ’ati") Ce qui est dommage , dans l’article de monsieur Croc c’est qu’il place l’article dans le champ de la polémique. Je pense que le musulman croyant qui considère que le Coran est la Parole de Dieu et que le Prophète de l’islam est un beau modèle - s’il veut appliquer les TEXTES intégralement et rigoureusement risque de se trouver écartelé entre les exigences des INTERDITS et celles d’une société moderne laïque. La "schizophrénie de l’islam" est l’islam en contexte et je l’ai écrit pour faire suite à "l’islam des interdits" qui présente l’islam essentialiste, immuable, détaché de tout contexte. Mais il y aura toujours ce problème posé que pour certains la Parole de Dieu ne saurait être amputée d’un iota. C’est la raison pour laquelle j’ai écrit un article " L’islam a-t-il deux visages ?- article cité ici par Sami et auquel je donne une réponse négative. Pour moi il n’y a pas deux islams. Les islamistes sont seulement les musulmans qui veulent aller jusqu’au bout de leurs textes. Et jusqu’à maintenant ils ne m’ont pas fait ce procès que me fait monsieur Croc dont je n’ai cité le nom dans mon livre que parce qu’il est dans la liste des convertis européens mentionnée par Allievi Stefano, "les convertis à l’islam", l’Harmattan, 1998. Je n’ai jamais entendu parler , dans le milieu des Arabisants , de monsieur Croc.
Par De-Qui-Se-Fout-On - le 24 novembre 2006
De toute évidence, Mme. DELCAMBRE entre dans cette catégorie d’« intellectuels » qui veulent goûter à un quart d’heure de gloire médiatique en publiant une charge - le titre provocateur de son livre suffit pour s’en convaincre - contre l’islam et les musulmans. Vous avez certainement remarqué l’étrange promotion dont bénéficient ce qui s’attaquent au « fascisme vert » : Mohamed Sifaoui est récompensé pour un de ses reportages, les filles de Ni putes-Ni soumises ne sont pas en reste avec de nombreuses distinctions (légion d’honneur, prix littérairse,...). N’importe quel « petit rigolo » qui veut faire une apparition sous les feux des projecteurs va lancer une attaque en règle contre l’islam et les musulmans. Sous prétexte de défendre les valeurs de la République, de dénnoncer les dérives effectivement condamnables d’une minorité d’extrémistes ou même de démasquer des intégristes supposés (cher frère Tariq, combien mettent du beurre dans leur assiette d’épinards « grâce » à toi !), on va véritablement se lancer dans une véritable croisade cathodique contre le Mal ! Après, on va encore en entendre certains qui vont s’indigner en affirmant qu’aujourd’hui on ne peut pas critiquer l’islam ! Absolument grotesque !!! Heureseument, dans ce monde de mensonge et d’hypocrisie, il existe
Par Delcambre - le 24 novembre 2006
Je crois que mon message a disparu. Cela ne fait rien , je donnais le lien du site où mon livre est en ligne. Il ne faut pas se fier à un article pour juger !
Par Delcambre - le 24 novembre 2006
Samy dans son commentaire fait référence à l’article " L’islam a-t-il deux visages" ?, comme modèle ..pour Anne-Marie Delcambre. Cela ne manque pas de piquant.C’est un article écrit par Anne-Marie Delcambre . Mais passons le ridicule ne tue pas ! L’article de Monsieur Croc est malhonnête car je n’ai jamais intitulé mon livre "Les musulmans sont fous " ! L’éditeur(car c’est son titre) a repris un titre utilisé par l’iranien Daryush Shayegan, "le regard mutilé" "la shizophrénie culturelle". J’ai d’ailleurs mis une partie de mon livre en ligne sur le site liberty Vox, sur le fil " la schizophrénie de l’islam".Il y a deux fils sur ce sujet et j’ai posté de larges extraits de mon livre afin de pallier la désinformation qui est en train de s’opérer. Et pour commencer je suis bien, n’en déplaise à certains, docteur en droit, docteur en civilisation islamique sur un sujet de droit musulman , sous la direction de Charles Pellat, et je suis professeur d’arabe littéraire. Cela fait des décennies que j’étudie le droit musulman, car j’ai frédigé les articles de droit musulman pour l’Encyclopédie de l’islam. Bref je suis étonnée de ce qui ressemble fort à un règlement de comptes. Je vais je crois mettre le livre en ligne in extenso. Je ne vois pas ce qui choque à ce point monsieur Croc. Quant à son titre il est déjà tout un programme. Et il le sait. Pas très honnête tout cela. Monsieur Croc se conduit ici comme un vulgaire journaliste .
Par Corinne de paris - le 24 novembre 2006
J’ai cherché sur internet (Google) des références sur Jean-Michel Cros, serait-il agrégé d’arabe classique lui permettant de lire dans le texte les livres relatifs à l’islam ?, serait-il docteur en droit lui permettant de procéder à une étude comparée des sources du droit de l’islam et du monde occidental ? ou docteur en civilisation islamique ( et oui ça existe !!) lui permettant une connaissance certainement plus fine que que celle que je possède ou que possederait Jean-Michel Cros ? Rien de tout cela ? je n’ai helas rien trouvé. Serait-il alors un simple citoyen qui donne son avis comme Mr Jourdain faisait de la prose ? ou cacherait-il modestement ses titres universaitaires qui donnent un vernis d autorité comme à Mme Delcambre ?
Par Trend - le 24 novembre 2006

Juste une petite question sur ce bon texte. J’ai l’impression qu’il manque une suite a cette phrase dans le premier paragraphe :

"dont je dois avouer qu’il serait passé inaperçu s’il ne m’avait été récemment signalé pour une raison que j’indiquerai plus tard."

Quelle est cette raison ?

Par Fred - le 24 novembre 2006
Je voudrais juste apporter une petite précision au commentaire de Jacques Lazier :Personnellement,lorsque j’ouvre mon poste de télévision,je constate davantage de violence à l’encontre des musulmans comme c’est le cas en Tchéchénie,Afghanistan,Irak,liban,Gantanamo bay.On voit clairement que les musulmans sont la cible des violences et non les acteurs.Par quel mirage de l’esprit veut-on faire passer ceux qui subissent la violence pour de dangereux islaministes.Le matraquage idéologique ne suffit plus à masquer la réalité.
Par Salya. - le 23 novembre 2006
Merci,mille fois merci à tous les Jean Michel Cros,à tous les Louis Massignon,à tous les Jacques Berque,à Tous les Vidal Naquet,à tous les Théodore Monod,à Tous les Franz Fanon,Aimé Césaire,Maurice Audin,et bien d’autres encore...C’est grâce à leur lucidité que nous pouvons encore nous contempler sans avoir honte de faire partie du genre humain.
Par Jacques Lazier - le 23 novembre 2006

Mme Delcambre, selon moi, décrit parfaitement bien la triste réalité de l’Islam qui ressemble, de plus en plus, à une secte... Il suffit, pour cela, d’ouvrir son poste de télévision pour voir les horreurs que commettent les combattants djihadistes au nom d’Allah

Au fait, a-t-on, déjà, vu une manifestation, dans les pays musulmans, contre les attentats-suicides ? Non jamais.

Mme Delcambre dit simplement que l’Islam a deux visages. Elle dit aussi qu’à côté d’un islam pacifique il existe un islam belliqueux, pour ne pas dire guerrier. Cela me paraît être une évidence.

Par Des jeunes - le 23 novembre 2006
En tant qu’enfants d’anciens colonisés nous avons tiré plusieurs leçons de l’histoire :1) L’histoire coloniale est remplie de représentations négatives du "prochain".2) Un livre,une image,un article de presse peuvent servir de support à l’idéologie ambiante et les intellectuels sa caution.Le passé éclaire le présent et nous avons tort de croire qu’il y a du nouveau.C’est juste une réédittion de la politique d’hier.Leçon de civisme numéro 1:Nous n’achetons aucun support médiatique qui nous dénigre gratuitement.Nous le lisons sur place en biais,ou nous l’emprûntons.
Par Azzeddine - le 23 novembre 2006
Toute mes félicitations les plus sincères Jean Michel pour cette remarquable analyse. Azzeddine
Par Mounya - le 23 novembre 2006
Les dangereux discours ,style néo-colonial,sont réactivés. Ici, ce ne sont pas les musulmans qui cherchent à rendre l’Islam visible mais ceux qui ont besoin d’un objet à mépriser,d’un ennemi à abattre.Comme d’habitude l’occident "est le spectateur,le juge et le jury",disait Edward Saîd.
Par Olivier - le 23 novembre 2006
Y a-t-il une possibilité que l’auteur donne une réponse à cet article ? Son point de vue sera intéressant pour tout le monde...
Par Philippe - le 23 novembre 2006

Commentaire de Philippe

Toute mes félicitations les plus sincères à Jean Michel Cros pour cette remarquable analyse qui pose d’ailleurs la question de la valeur du Doctorat en « Islamologie » de madame Delcambre… On ne peut s’empêcher de penser au Doctorat d’Elisabeth Tessier…La « liste de convertis » citée par Madame Delcambre renforce encore cette similitude… Jacques Berque doit se retourner dans sa tombe en découvrant l’érudition de » l’Islamologue » comme on le découvre en visitant le site que Sami nous indique dans son commentaire… La définition que Madame Delcambre donne de la schizophrénie qui est un être forcément dangereux « quitte à aller jusqu’au meurtre », est erronée et effroyable. Je ne peux que lui recommander la lecture de l’ouvrage de Catherine Tobin, « les schizophrénies » (et pas la schizophrénie). « Etre schizophrène, c’est être différent des autres, c’est vivre autrement sa relation au monde. Mais la souffrance, qui naît de cette singularité est insupportable… » Les schizophrénies sont estimés à 500 000 en France et la quasi-totalité ne sont pas des meurtriers potentiels. La carence du service public fait que un très grand nombre d’entre eux, des adultes jeunes, se retrouve à la rue, sans domicile fixe (SDF). Les schizophrènes sont souvent des personnes très sensibles avec fréquemment des capacités intellectuelles très développées qui sont « parasités » par des hallucinations visuelles ou auditives ( des voix qui le plus souvent les poussent au suicide). Connaissant personnellement un Jeune souffrant de cette horreur absolue, qui est par ailleurs un condensé d’humanité et d’intelligence, lorsqu’il contrôle sa maladie, Je ne peux laisser circuler de telles affirmations discrinantes. La souffrance des schizophrènes est extrême et l’absence totale de compassion de Madame Delcambre, « intellectuelle » serait choquante si elle n’était malheureusement logique… Des grands écrivains, poètes et musiciens (suicidés pour la plupart) étaient schizophrènes. Par exemple, l’un des poètes favoris de Dominique de Villepin, Jean Pierre Duprey, et le mythique guitariste de Blues-Rock Jimi Hendrix… Dernière citation, à méditer par Madame Delcambre, pour terminer : un proverbe Vietnamien « Une ignorance compacte vaut mieux qu’un savoir délayé »

Par Kiklou - le 23 novembre 2006
toutes mes sincères félicitations Monsieur Jean-Michel CROS pour votre brillante et rigoureuse analyse. Il est gens (comme vous) dont Dieu a doté d’une intelligence exceptionnelle. Puisse-t-IL faire en sorte, dans un avenir que j’espère très proche, à ce que des têtes bien faites (telle que la vôtre cher Monsieur) perdurent afin que l’Intelligence intuitive (normalement innée chez l’être humain) rayonne et demeure Inch’Allah. J’exerce moi même dans un cabinet où le Droit est notre gagne-pain et je constate hélas chaque jour que les personnes chargées de faire appliquer et respecter le Droit de tout un chacun manquent grandement de discernement juste, elles qui, précisément -plus que tout autre personne- doivent être aptes à faire la part des choses eu égard au Droit. Bravo cher Monsieur.
Par Dalans - le 22 novembre 2006

Vous écrivez :

« Le judaïsme ? Il a connu, dans l’antiquité tardive, un mouvement de conversion phénoménal tout autour de la Méditerranée, ce qui explique que, pour les gens qui ne parlaient pas hébreu, la Bible ait été traduite en grec, langue de culture universelle à l’époque. »

Dans le cadre de votre entreprise de rectification des erreurs des autres (et c’est en effet une oeuvre salutaire), je vous signale que vous faites ici un parfait contresens historique. En effet, pour ce que la science historique peut en dire, la première "Bible" est la Septante, compilation de mythes divers d’origine moyen-orientale. Et cette compilation fut conçue vers la fin du troisième siècle avant notre ère, pour servir les visées des Ptolémées sur la Palestine.

La Bible n’a pas été « traduite en grec », elle fut écrite dans cette langue, et traduite ensuite en d’autres langues. Les version qui s’ensuivent historiquement, grecques aussi qu’hébraiques, sont tirées de la Septante. Aucune version de ce que l’on nomme l’Ancien Testament, la Thora, ne remonte antérieurement à la Septante. Je parle ici de données historiques vérifiables, de document archéologiques consultables, et non de croyances et de prétentions absurdes et dangereuses.

Il faut rappeler toujours et encore que l’on n’a trouvé aucun vestige archéologique attestant d’un quelconque royaume "hébreu" sur la terre en question avant la colonisation suscitée par l’expansion de l’empire des Ptolémées.

Par Djamel Dabeldi - le 22 novembre 2006

Merci à Jean Michel CROS pour sa contribution à dénoncer l’IMPOSTURE qui semble bien être le mal de notre millénaire commençant et déjà finissant (au train où certains veulent nous mener) . Par ailleurs, je réside dans la région de Colmar et je serais ravi de vous rencontrer sur Strasbourg.

A cet égard, je souhaitais partager avec le présent forum une contribution écrite ce jour pour un autre forum de oumma.com ; car comme dit, il est des messages qu’il faut marteler tant les forces (et les farces également) de l’imposture semblent bruyantes.

Mais avant, je voudrais partager deux petite remarques :

1° concernant la réponse dans l’article à l’assertion totalement délirante de Mme Delcambre sur la notion de « Livre » dans le Coran et également en réponse au commentaire de M. Pierre P. dans le forum : même pour le lecteur dilletante du Quo’an que je suis - tant sa profondeur et ses niveaux de lecture sont incommensurables et inaccessibles à proprement parler (cf. les nombreux ouvrages traduits et commentés des Maîtres spirituels musulmans tels : Ibn Arabi, l’Emir Abdel Qadir, Abdel Qadir Jilani, Cheick Ahmed Alaoui de Mostaganem et bien d’autres...) - la notion de « Livre » dans le Coran renvoit de manière extrêmement claire et sans aucune équivoque possible à toutes les révélations sacrées authentiques et particulièrement au trois révélations monothéistes ; à cet effet, l’expression coranique très fréquente « ahl el kitab » soit les « gens du Livre » fait explicitement référence aux croyants qui croient en Dieu, en ses révélations et en ses prophètes messagers saws : ainsi l’expression « Livre » dans le Coran désigne « la révélation divine » et ne se limite en aucun cas à une recension écrite (sic !). Encore, afin de lever toute ambiguïté : l’évangile (« Injil » dans le Coran) est une révélation divine attestée dans le Coran (par le modèle incarné de Jésus fils de Marie saws) çà n’est pas un « livre » or l’expression « ahl el kitab » s’applique aux premiers croyants chrétiens, également.

2° concernant Mme Delcambre : qui est-elle au juste et quels buts poursuit-elle en se présentant en tant que Docteur en civilisation islamique et Professeur d’arabe ? A la lecture de ses ouvrages et de ceux de son mentor (Mme Chabbi), la posture permanente qui l’anime vise à réduire l’Islam, son Coran et son Prophète saws à un épiphénomène « tribal » (cette notion de tribalité est une véritable obsession dans leurs écrits). Je pense qu’elles devraient se « réorienter » totalement et chercher à étudier plus modestement le curieux phénomène suivant : comment (pour ne pas dire par quel miracle) les avatars de ces tribulations sectaires arabes et primitives sur 23 années entre l’an 610 et 632 sur l’ère chrétienne ont-elles pu donner naissance à ce mouvement spirituel et temporel adopté par plus d’un quart de l’humanité (plus d’un milliard et demi de personnes) en auto progression constante et qui couvre tous les pays des cinq continents désormais ?

Finalement Mme Delcambre est un dinosaure en quelque sorte avec Mme Chabbi (du même acabit) et qu’elle aime bien citer dans ses ouvrages (je pense même que Mme Chabbi est son mentor) : ce sont des docteurs prétendus en civilisation islamique alors que ce qu’elles peuvent percevoir et comprendre de cette civilisation et de l’Islam, un enfant pubert de classe de 3ème et musulman en France le comprend infiniment mieux qu’elles. En effet, pour simplement tenter de comprendre - sans même avoir la prétention d’en devenir un Docteur spécialiste ! - ce qui touche à la Foi, il faut croire et pratiquer la prière car "on ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible à nos yeux" ; elles devraient relire St Exupéry ou tout du moins chercher à le comprendre un peu avant de s’atteler à des thèses doctorales. Oui, grâce à Dieu, l’ère des orientalistes athées est définitivement révolue (leurs mentors et sponsors colonialistes francophones se font très rares) et Mmes Delcambre et Chabbi, à l’évidence, ne semblent pas s’en être rendues compte. Concernant leurs éditeurs en revanche, le même excès d’indulgence serait déplacé.

Au delà des deux remarques, je vous propose en lecture une contribution que je viens de poster à un autre forum de oumma et qui exprime bien mon sentiment ici aussi :

Dénonçons l’imposture Cf. article et forum Oumma.com Bruno Gigue / Israël-Palestine : géopolitique du divin

Merci pour cet excellent article : très complet et très éclairant ; servi avec pédagogie et talent. Egalement, la qualité des intervenants sur le forum oumma.com fait, une fois de plus, plaisir à lire. Il y a deux réflexions liées que je souhaite partager avec vous.

La première réflexion tient dans la mesure - consternante et à proprement parler invraisemblable aujourd’hui - de l’ignorance sur l’Islam qui semble affecter la quasi totalité des journalistes, pseudo-experts, hommes politiques et autres pseudo-essayistes qui, en même temps, semblent occuper de manière permanente et exclusive tout l’espace médiatique : presse et TV. Si nous rapprochons cette observation du fait que les études sur l’Islam et les ouvrages sérieux et faciles d’accès depuis au moins les 30 dernières années font florès en France et qu’il suffit de s’adresser chez son libraire pour consulter ces excellents ouvrages et traductions (du Coran également), cette ignorance quasi absolue du sujet devient éminemment suspecte pour ne pas dire plus. La présente guerre mondiale ouverte et dont le front oriental rapporte tous les jours sa cohorte de victimes (Afghanistan, Irak, Palestine, Liban) aurait-elle été également déclarée sur le front occidental par une main mise médiatique absolue avec pour objectif premier de couvrir les exactions et de tenter de légitimer cette guerre qui ne dit pas son nom, ni ne nomme conventionnellement son adversaire ? et avec pour objectif second de préparer et de manipuler les esprits occidentaux à voter dans « le bon sens » à chacune des consultations politiques clés en Europe (avec Merkel ils ont gagné une bataille ; mais quid après Blair ? quid après Bush ? sachant le sort qui a été réservé à Berlusconi et à Aznar). Le temps semble devenir pressant et les exactions sur les fronts guerriers et les déstabilisations semblent progresser toujours davantage en cruauté et en injustice : en effet, l’atteinte du point de non retour de cette folie meurtrière semble devenir l’enjeu des impérialistes belliqueux et justifier cette course croissante vers l’horreur et l’injustice la plus criarde et la plus aveuglement sourde en même temps. Ainsi, pour la France et son échéance 2007, les candidats de « la rupture » Sarkozy (à titre personnel et aficionados suiveurs) et Royal (pour l’ensemble du PS) ont déjà clairement déclaré leurs allégeances à l’ordre impérial atlantico-sioniste ; ainsi se profile - à nouveau - une issue entre, d’une part, le champion français du nationalisme absolu : Le Pen (qui au delà de toutes ses tares : racisme larvé, xénophobie, antisémitisme semi avoué, etc... ; est totalement crédible en revanche sur le fait qu’il n’embrigadera jamais la France derrière les US et encore moins derrière Israël) ; et entre, d’autre part, une relève d’inspiration gaulliste authentique c’est à dire nationaliste certes mais nourrie spirituellement et internationalement d’une volonté agissante et forte de dialogue et de coopération culturelle et économique entre civilisations occidentales et orientales ; toutes livrées et jetées bon gré mal gré dans cet hydre moderne de la mondialisation. Chirac et Villepin ont été les meilleurs orateurs et probablement les meilleurs garants encore de cette ligne de conduite en ce qui concerne les affaires étrangères (guerre de l’Irak et crise actuelle du Liban) ; en revanche, sur le plan intérieur, ils ont visiblement échoué à enrayer cette propagande de guerre vers l’opinion publique et dont le maître mot est la promotion de l’islamophobie, in fine. Donc, une des issues salvatrices pourrait tenir dans un troisième mandat de Chirac qui prendra soin de mettre en avant son équipe gagnante en garantie autour du dernier chevalier blanc de la politique française (en qualité de premier ministre ?) : Alain Juppé (avec Villepin, Alliot-Marie, Breton, Borloo, etc...)

Ma deuxième réflexion est de dénoncer l’imposture du discours dominant en énonçant une vérité fondamentale et qui ne s’est jamais démentie depuis 1400 ans. Alors que de tous temps, les apprentis sorciers avides de pourvoir temporel et ne reculant devant aucune bassesse et/ou d’odieux stratagèmes pour parvenir à leurs fins cupides (le 11/9 est en l’espèce une figure de style contemporaine tout comme les ADM irakiens ou la pseudo menace AlQaïda), l’usage du concept d’opposition supposée entre les grandes religions - via leurs adeptes manipulables et fanatisables par ignorance -, a souvent représenté un moyen de choix ; la reprise délibérée à des fins belliqueuses de la théorie du clash des civilisations et le credo islamophobe actuel des néocons-evangélistes-sionistes n’est rien d’autre. Aussi, il me paraît indispensable de marteler la vérité suivante : si toutes les traditions religieuses authentiquement révélées (hindouisme, bouddhisme, taoisme, judaisme, christianisme et d’autres probablement encore et mal connues) et qui ont précédé l’Islam, ont bien été délivrées pour l’édification religieuse d’un peuple donné par la partie exotérique du message et/ou de la révélation porté par un prophète messager saws (sachant que la partie ésotérique inhérente à chaque tradition demeure strictement la même et ne consiste qu’en un même rappel à chaque fois -cf. à ce sujet l’œuvre magistrale de feu René Guénon), l’Islam et son prophète messager ne s’inscrivent dans cette définition de « religion » que pour partie seulement : l’édification religieuse monothéiste dans le sens abrahamique du peuple arabe ; alors essentiellement polythéiste de type animiste. En revanche l’Islam, et c’est là le point et la partie importante et essentielle, par son Livre sacré (le Coran), et par l’exemple de son prophète messager Mohammad saws, se définit et se présente comme la dernière révélation divine protégée par Dieu Lui-même contre toute altération (cf. Coran) et, comme rappel et synthèse des enseignements divins précédents depuis Adam saws pour toute l’humanité entière ; et ce, jusqu’à la fin de notre monde.

Ainsi, le musulman - adepte de l’Islam - ne peut absolument pas s’opposer à d’autres êtres humains pour des raisons religieuses vu qu’il souscrit et qu’il adhère pleinement par définition à toutes les traditions précédentes connues et/ou méconnues à la condition qu’elles soient authentiquement révélées (il suffit à n’importe qui de lire une traduction du Coran, même superficiellement, pour s’en convaincre). C’est cette imposture énorme qu’il convient de dénoncer et de marteler, inlassablement et à la mesure des efforts des imposteurs trompés eux-mêmes par cet adversaire absolu de l’humanité entière, qui sur le plan spirituel n’est autre que le diable lui-même, pour tenter de contrer cette propagande islamophobe permanente et grotesque mais qui, pernicieusement et malgré ses formes outrancières, ne désespère pas de marquer et d’influencer les esprits faibles et mal informés (et il y en a assurément ...) et bien sûr pour le pire, sans nul doute possible.

Par ailleurs, sur le plan spirituel commun aux trois dernières révélations monothéistes, la fin de notre monde sera précédée par l’avènement d’un personnage faiseurs de miracles et se présentant comme Dieu. Les chrétiens l’appelle l’Antéchrist (car c’est Jésus fils de Marie saws, celui de la seconde venue qui le tuera ; sachant que cette prophétie est non seulement confirmée mais enrichie de nombreuses précisions dans la révélation musulmane) et les musulmans l’appelle Dadjjal (en arabe) que l’on peut traduire par l’imposteur. Si la venue effective de ce personnage demeure inconnue à ce jour, le moins que l’on puisse dire et observer aujourd’hui est que sa qualité éponyme le précède largement et de manière aussi inquiétante que consternante.

Très fraternellement,

Djamel Dabeldi

Par rachid - le 22 novembre 2006
suis tj ravi de vous lire M.CROS et j’avoue maintenant attendre impatiemment vos articles futurs sur OUMMA. Merci de nous éclairer de votre savoir et n’en déplaise à Mme DELCAMBRE si ce dernier vous rend grâce. A vous relire bientôt
Par aladin - le 22 novembre 2006
j’aimerais un approfondissement sur le thème du coran incrée , un article à venir j’espère, merci pour cet article en tous cas
le 22 novembre 2006

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

Que c’est beau autant de personnes spécialistes en Islam ! C’est magnifique ! Alors qu’un Uléma musulman enchaîne des années d’études religieuses avant de connaître les textes, la jurisprudence, l’histoire de la civilisation islamique ; certains non musulmans aujourd’hui, et même des musulmans sont capables d’interpréter, de comprendre, de faire de l’exégèse avec aucune notion, aucune connaissance religieuse.

Certaines personnes sont donc d’une intelligence extraordinaire. Arrêtons d’étudier le droit dans les facultés françaises, voyons ! En France, il existe des personnes pouvant comprendre et interpéter la règle de droit sans faire d’étude au préalable.

Chers religieux juifs, chrétiens, et autres, cessez donc vos études religieuses. En France, joli petit Etat, bordant l’Atlantique à l’Ouest de l’Europe, il existe une multitude de spécialistes religieux. Et en plus, ceci est inné chez eux.

Pauvre France que j’aime tant. Quand reviendras-tu à tes idées humaines, critiques, éclairées ? L’information de masse, la désinformation, la volonté de certains à vouloir créer la haine en semant la xénophobie, t’affaiblit. Moi, je sais, je le sais que ce n’est pas la faute de ces personnes qui ont peur des étrangers, qui ont peur de l’Islam, qui ont peur des religions, qui ont peur d’une quantité de choses sans savoir pourquoi.

La faute incombe à ceux qui veulent faire peur. A cette minorité, ensemble d’hommes politiques, d’Industriels, d’idéologues aux intérêts autres que ceux dévoilés.

Je suis musulmane et je vous aime tous autant que vous êtes, car vous êtes diversité dans vos états d’esprit, dans vos pensées, dans vos émotions. En vertu de ma religion, je vous aime au nom de Allah car vous êtes sa création. Je prie Allah, pour q’un jour vous n’ayez plus peur de moi, comme je n’ai pas peur de vous. Ma religion est compatible avec le droit français. Je suis juriste et religieuse et je sais que rien dans le droit français ne s’oppose à l’Islam.

Je vous demande juste de tolérer ce que suis. Une personne comme vous, qui aime la vie, qui a des aspirations personnelles et sociales dans un Etat démocratique, comme vous.

Je prie Allah, pour que les gens se tolèrent enfin. J’ai trouvé en Lui la force d’aimer. Que chacun trouve en ce qu’il veut ,au moins la force de tolérer. Pour que l’on puisse faire un monde meilleur à nos enfants. Les bonnes paroles apportent les bonnes choses. Souriez, vous verrez, tout ira mieux.

Bonne journée. Que Dieu nous protège.

Fatma

Par salahdin - le 22 novembre 2006

Salem,

Cette ouvrage de delcambe participe comme beaucoup à une volonté propagandiste de discréditer l’islam. Le communisme vaincu , il faut trouver un nouvel ennemie (le monde arabe et musulman sont actuellement convoitie pour leurs richesses énergitiques par de puissants centres économiques). Dans cette optique l’islam comme civilisation alternative, capable d’organiser la résistance devient la mur à abattre. La meilleure réponse